Vivre dans le cerveau d'un coureur de fond engagé dans la course la plus longue qui soit: 6 jours et 6 nuits soit 144 heures.

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The project

 

1 4 4  HEURES COURSE  CONTRE  LA  NUIT 

Une production ZEBRAS FILMS

 

Pour les biomécaniciens, la course se différencie de la marche par une phase de suspension en l’air, sans appui. Courir c'est donc, pour un bref instant seulement, voler.

Je propose de vous envoler pendant 28 minutes  avec un oiseau qui détient le record du monde d'une discipline improbable: le 6jours-6nuits sur tapis roulant. Pierre-Michaël Micaletti livre son corps vivant à la science. Le tapis roulant permet d'équiper le coureur de capteurs et de mener à bien une mesure scientifque de son sommeil. Ce dispositif rappelle que le premier adversaire de cette discipline n'est pas la distance mais le temps, et que le seul moyen de mettre cet adversaire en échec est de durer. 

 

Ci-desous, la pose des capteurs:

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Pour Pierre-Michaël Micaletti surnommé Mica, le format de cette course correspond peut-être à une séance de rattrapage. Cloué sur un fauteuil ou entre des béquilles à l'âge de seize ans suite à un accident de route, Pierre-Michaël devra attendre dix ans pour courir. Il se révèle alors être un des meilleurs mondiaux de cette discipline avec plusieurs palmarès et des faits d'armes qui ont motivé ma curiosité, voire ma stupéfaction. En 2006, il participe en effet à la Transe Gaule, une course extrême de 1150 km traversant la France de part en part. À la sixième étape, il se fait une double fracture au plateau tibial droit. Un exploit selon le monde médical, la fracture se ressoude en partie durant l'épreuve. Il fera 700 km avec cette double fracture avant de fnir la course. Il entre ainsi dans le cercle fermé des «fnishers» de cette épreuve.

 

Aujourd'hui, le documentaire est en cours d'achèvement. Le montage est presque achevé et il ne reste plus qu'à mixer le son et la musique ainsi qu'étalonner les images. Nous pouvons donc vous proposer ci-dessous un extrait qui vous donnera une idée du traitement:

 

 

 

 

Si vous le voulez nous pouvons revenir à la genèse de ce projet. J'ai rencontré Pierre-Michaël chez un de ses sponsors, il venait d'achever quelques semaines auparavant une course de six jours et six nuits sur tapis roulant. Il revient avec une verve ininterrompue sur l'événement, exprime de manière répétée ses étonnements. À savoir comment son corps a réagi, les sensations qu'il a ressenties. Jamais, la question du pourquoi ne se pose. Courir est une évidence.

 

Je l'ai questionné sur la perception, sa propre perception. Il me décrit des états de conscience accrue, une capacité auditive augmentée. Il nourrit ma curiosité d'anecdotes. Je reconnais que la discipline m'a tout de suite fasciné, voire même envouté car je ne pouvais imaginer que cela était physiologiquement possible. J'ai donc voulu et c'est la raison du documentaire, en savoir plus, voir les choses par moi-même.

 

Quelques semaines plus tard, au pied levé, j'embarquai avec ma caméra dans l'équipe scientifque d'un 6jours-6nuits sur tapis roulant. La course s'est tenue dans la salle de réunion d'un laboratoire en santé et bien être. Cette maison en bord de Loire devenait le vaisseau d'un voyage spatio-temporel à la limite de ce que je n'avais jamais connu. En partant, je me fxai l'objectif de répondre à cette question: « qu'est-ce qui les porte encore plus loin, encore plus longtemps ?».

Je désirai y répondre avec une méthode: « Chercher l'humanité dans cette épreuve inhumaine. »

 

Toute course d'endurance est marquée par des moments diffciles lorsque l'organisme vit une adaptation dans la douleur. Pour le marathon, il s'agit du trentième kilomètre. C'est le premier cap. Après, le corps est sur les rails de l'ultra-endurance. Au bout de dix heures de course à l'approche du centième kilomètre, le coureur aura déjà alterné course et marche pour se prémunir d'une fatigue trop précoce. Mais le cerveau commence à enfler, la tête est douloureuse, avant qu'elle ne dise non, le coureur s'allongent au pied des tapis pour quelques minutes.

La course reprend de plus belle avec la venue du jour, avec la relève de la garde, avec la visite intriguée des riverains, des connaissances, des curieux ou du journaliste local. L'empathie est palpable, les regards mélangent étonnement et admiration. Tout porte à la communion: la convivialité du lieu, la simplicité et la générosité des hôtes et l'on peut même courir avec Philippe et Mica.

 

Je reste donc un peu perplexe face à cette machine à ne pas bouger: le tapis roulant. Certes, le tapis permet à la caméra, comme aux capteurs électromagnétiques de suivre le coureur sans relâche. Ainsi la caméra sera le réceptacle d'un document audiovisuel sur les péripéties physiologiques des coureurs. Le tapis roulant permet donc une captation plus continue, presque scientifque. Gardons cet acquis au montage en respectant la chronologie et en mentionnant à chaque début de séquence les heures de course parcourues. Le train de la course en bord de Loire a sa propre durée.

 

Lorsque le corps est parti, il ne semble pas pouvoir s'arrêter. Mais la tête a d'autres intentions, elle l'arrête. Elle ne biaise pas, elle ne veut plus. C'est étonnant de voir comment les coureurs parlent de leur cerveau. C'est un peu comme si cet animal domestique se rebellait. Quelque chose de proche mais séparé du corps et de sa conscience. Certainement il faut courir ou marcher aussi longtemps pour entretenir cette relation au cerveau, le mauvais élève de l'ultra-endurance. Le sommeil est donc un enjeu de la course longue, à voile ou à pied.

 

Le somnologue Eric Muellens a suivi les courses antérieures de Pierre-Michaël, notamment à Antibes. On le rencontre à la Cité des Sciences, six mois après la course des bords de Loire. Mica est reparti pour une séquence très médiatisée de six jours accompagné du cycliste Phillipe Dieumegard. Le docteur a équipé les coureurs de capteurs électromagnétiques pour mesurer en permanence leur état de conscience, de somnolence et de sommeil. Suivant ses conseils, Pierre-Michaël est devenu un expert du sommeil polyphasique. Cette méthode est aussi utilisée par les navigateurs solitaires. Elle consiste à dormir pendant de courtes durées mais fréquemment.

Les résultats de cette étude sur le sommeil sont étonnants. Pendant 144 heures, le coureur ne se permet pas le luxe d'atteindre le sommeil paradoxal. Ce sommeil où l'activité cérébrale est aussi importante que pendant l'éveil, ce sommeil de rêve. Pendant six jours et six nuits, jamais Pierre-Michaël ne rêvera. Par contre, son corps lui commandera de plus en plus rapidement d'atteindre le sommeil profond. Un sommeil lourd où l'activité cérébrale est minimale et le repos physique maximal.

 

Au sortir des courtes siestes conditionnées, au moment de l'éveil, le coureur reste suspendu au seuil de la conscience. Ainsi, à peine éveillé, au quatrième jour, il confe à son coach avoir cru pour un moment être à Antibes, six mois plus tôt, au milieu de la course précédente. Les souvenirs des courses antérieures viennent se confondre avec la course présente peut-être pour communier dans un même et unique mouvement.

Aux moments les plus durs, le temps et l'espace s'évadent sans prévenir, immédiatement remplacés par les souvenirs. Ces sensations qui ne sont pas fugaces se lisent longuement dans le regard halluciné du coureur.

 

C'est pour ceci que je croiserai les séquences provenant des deux courses, de deux univers visuels antagonistes, l'un urbain, l'autre rural, de manière elliptique, en flash.  Le flash (c'est ainsi qu'il nomme les courtes siestes) ne sera ni back, ni forward, il sera l'illusion de vivre en rêve ou en souvenir dans plusieurs réalités simultanément.

 

Cela ressemble à un flm d'anticipation: l'invraisemblable course, l'insoupçonnable ressource, l'incroyable sensation d'être à la fois ici et ailleurs. 

 

 

Ci dessous: remise du Guiness World Record à la cité des sciences.

 

Fin1

Why fund it?

La somme collectée servira pour:

 

- 600 euros, à mixer en stéréo au studio la Fugitive à Paris

- 450 euros, à étalonner les images sur écran calibré, (c'est à dire à donner une identité propre aux images    ainsi qu'égaliser les différences de qualités d'images

- 450 euros, à finir le montage en compagnie d'un monteur

- 150 euros, à éditer des copies de projection master en différents formats

- 150 euros, à louer une salle de cinéma pour vous présenter en avant première le résultat

- 150 euros, à éditer un dvd 

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Jean Marc

Jean-Marc Munerelle jeanmarcmunerelle@gmail.com Je suis diplômé du Royal College of Art de Londres et j'ai poursuivi mon intérêt pour l'image en mouvement au Studio National des Arts Contemporains du Fresnoy. Entre 2001 ET 2007, mes films sont des véhicules narratifs et subjectifs retraçant mes voyages réels (L'indian 2003) ou inventant... See more

Last comments

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Bravo à Mica,notre héros si généreux, bravo à l'équipe autour pour monter ce projet et le faire aboutir, bravo à toi Jean-Marc pour TON film, bravo à toi Marie Laure qui est à l'origine de ce projet. A tout bientôt de vous revoir tous. dany
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over 1 year
Bravo pour ce projet et bravo à toi Mica et ton ame soeur de défi !
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over 1 year
bisou au frangin force avec toi toujours, toujours et encore et au-delà de la vie, ce film doit vivre !!!!!!!!!!!!!