The project
Il existe peu de pièces puissantes, humaines et drôles, qui parlent à la fois de couple, de sexualité, de politique, de ménage, de la condition de la femme ou de celle de l’étranger dans notre société... Une pièce qui parle de l’autre et de soi ! Alpenstock est apparue comme une évidence. L’envie de faire de cette pièce un projet plein d’humanité, de rires, d’images pour les yeux, de sons pour les oreilles, de souvenirs pour le coeur, où l’humain est traité sous toutes ses formes, dans ce qu’il a de travers et de magnificences... L’envie finalement d’un beau texte à partager sur scène et dans la salle avec amour et questionnement.
La pièce parle de Grete, une femme avide de propreté, qui tient son foyer de manière irréprochable et forme avec Fritz un couple apparemment solide. Mais Grete commet l’erreur, aux yeux de Fritz, d’acheter un détergent au marché cosmopolite. Une première souillure sur leur implacable mariage ?

J’aime travailler sur une pièce comme un chercheur travaillerait dans un laboratoire , testant pas à pas, mélangeant plusieurs ingrédients, plusieurs univers (théâtraux, musicaux, visuels...) Alpenstock, c’est l’histoire de Grete, l’histoire de la Femme face à sa société de consommation, face à son quotidien de femme au foyer, d’épouse. Grete, croyante et dévouée à son mari Fritz, se doit d’être irréprochable. Mais elle faute, en achetant un détergent au marché cosmopolite. Ce “péché” entraîne l’arrivée d’un grain de sable (Yosip) dans la mécanique du couple, tout se dérègle amenant à l’adultère, et la remise en question de ce qu’on avait si bien (ar)rangé.

Je me sens le besoin de puiser dans une période que je n’ai pas connue, et qui pourtant me passionne : les années 70. Cette époque où la femme est réellement à l’aube de son émancipation, d’un changement radical de sa situation dans une société dirigée principalement par les hommes. Je souhaite que les costumes, la musique, le décor, soient empreints de ces années-là, puisant dans l’esthétique du pop art, des spots et affiches de publicité de cette période, tout en les modernisant pour permettre de dépasser “l’époque” et tendre vers l’actuel, l’universel. Que cela puisse se dérouler hier, aujourd’hui ou demain, et ne pas rester seulement de l’ordre de l’anecdote passée. L’action se déroule en huit-clos, dans un chalet de montagne. Grete et Fritz sont enfermés dans un intérieur propre et pop à l’image de Grete, mais un décor qui doit permettre de suivre Grete dans des “bulles” spacio-temporelles où elle se coupe de son quotidien de femme au foyer pour rêver et s’évader. Le seul moyen qu’elle a alors est la télévision. Une télévision qui, dans les années 70, commençait à pénétrer dangereusement les intérieurs ménagers. Avec des émissions destinées à la Femme, telles que “Aujourd’hui Madame”; qui lui offrent des moments d’évasion musicale entre deux reportages sur la nouvelle boîte Tupperware ou le dernier aspirateur à la mode. L’écriture d’Alpenstock fait d’ailleurs écho à certains scripts de séries télévisées, c’est pour cela que les vidéos auront un rôle extrêmement important, notamment dans les transitions de scènes.
Pour les costumes, j’ai choisi de travailler avec Tania Zekkout, une styliste au talent incontestable. Concernant les musiques et les vidéos, Sébastien Jakubowicz et Sébastien Antoine, qui ont tous les deux le don de proposer à la fin un véritable objet artistique qui va au delà de ce que j’aurais pu espérer. J’essaie de convoquer tous les corps de métier pour cette pièce, car pour moi le théâtre du XXIe siècle se doit d’être résolument moderne, d’utiliser des technologies visuelles, et de permettre un lieu où le spectateur convoque chacun de ses sens, passe dans une même soirée par le rire, l’émotion, le questionnement, le ressenti, à travers un texte, une musique, une danse, une vidéo, un silence...
Qui sommes nous ?
Le metteur en scène : Julien Alluguette
L'auteur : Rémi De Vos
Les Acteurs :
Vinciane Goullon est Grete.
Albin Lelong est Fritz.
Assane Timbo est Yosip.






