La Drôlesse
@ Paris, France
La Drôlesse est une jeune compagnie, on dit « jeune » parce qu'elle a été créée en 2009, alors que ses membres se connaissent et sont professionnels depuis plus de quinze ans... Il y a un an, Caroline Pallarès, metteur en scène déjantée, vivant sur une péniche, décide de monter « Le Malade Imaginaire » sur le toit de son bateau. Ancré au milieu de l'eau, le public à ... See more
Biography
La Drôlesse est une jeune compagnie, on dit « jeune » parce qu'elle a été créée en 2009, alors que ses membres se connaissent et sont professionnels depuis plus de quinze ans... Il y a un an, Caroline Pallarès, metteur en scène déjantée, vivant sur une péniche, décide de monter « Le Malade Imaginaire » sur le toit de son bateau. Ancré au milieu de l'eau, le public à quai, le bateau est intégré à de la scénographie. Le collectif adhère immédiatement au projet. L'idée forte étant pour tous l'envie de faire du théâtre autrement, en dehors des réseaux habituels sclérosés, sclérosants : d'aller à la rencontre du public avec une proposition atypique d'un classique du répertoire . Bref : faire du théâtre itinérant en plein-air et sur l'eau. Bien entendu il n'y que peu d'argent ! Le port de plaisance de Joinville-le-Pont où se trouve la péniche se mobilise autour du projet. Grace à cette petite communauté, mêlant artistes et habitants, huit mois plus tard, après un long, très long travail, l'accouchement a lieu. Sans péridurale façon maison ! Nous partons en tournée "rurale" sur le canal du centre en Bourgogne ; le spectacle rencontre un accueil enthousiaste et chaleureux auprès du public et des rares programmateurs qui ont pris le risque d'acheter un spectacle en création. Le spectacle existe, l'équipe ne s’est pas noyée. Ça c'est l'épisode 1. L'épisode 2 commence en novembre 2011 Nous reprenons le travail de diffusion,. Mais, bien entendu il n'y a toujours pas d'argent.. Nous "ratissons" toutes les communes, festivals de France et de Navarre bordant les fleuves. Nous recevons toujours un bon accueil, la proposition séduit, puis très vite nous nous heurtons à deux problèmes : le premier va sans doute vous surprendre : on évoque très souvent des coupes sombres de budget !! Etrange... Hallucination, mythomanie collective, argument de politesse ? Nous nous interrogeons encore... le second est le suivant : beaucoup de programmateurs veulent voir le spectacle avant de s’engager, seulement nous ne pouvons jouer que l'été : c'est un spectacle en plein-air… On fait comment ? Compagnie inconnue au bataillon, pas de subventions, projet atypique qui ne rentre pas dans les cases. On fait comment ? Les festivals de rue trouvent le projet pas "assez rue", il n'y a plus d'argent dans les collectivités locales pour développer les tournées en mileu rurale, pas assez d'eau dans les salles... On fait comment ? Et bien, après des mois de boulot, on commence à supplier des financements privés, à chercher du sponsoring, à s’inscrire sur kisskissbankbank dans l’espoir de trouver une alternative... Nous ne faisons pas les choses "dans les règles", pas "dans l'usage", nous sommes naïfs, rêveurs peut-être... Mais si nous marchions dans les clous, si nous envisagions nos projets en termes de rentabilité, de viabilité, ils ne verraient pas le jour ! Cette culture la n'est pas celle que nous défendons ! Et vous ?

