Présentation détaillée du projet
CRI : Expression phonique d'une sensation, d'un état physique ou moral, ressenti en profondeur, très intensément.
Le film s’intitule CRI car il s’agit effectivement d'une manière d'exprimer plusieurs souffrances, celle de la forêt et de la végétation qui la compose et celle des animaux qui la peuplent, jusqu'à devenir une projection de toutes les souffrances que l'homme inflige à la nature et à lui-même. Il y a évidemment un aspect écologique qu'il serait difficile de nier. Pourtant ce n'est pas un film « écolo » à proprement parler, mais avant tout une fable fantastique de l'homme face à la nature.
Bien que le film se déroule entièrement dans une forêt sans limite et verdoyante, il n'y a pas la volonté de confronter l'homme à la nature, mais plutôt de montrer la rudesse de l'un et de l'autre. Ainsi, tantôt Dziga subit la nature, tantôt elle l'accompagne et l'aide au long de sa marche. Ce retour à la vie « sauvage » fait ressurgir chez lui une certaine animalité, qui progresse tout au long de la narration.

Ce retour à ce que l'homme a de plus primitif se caractérise par des changements physiques et prend tout son sens dans la scène finale, quand Dziga pousse un long cri. C'est comme l'accouchement d'une rage qu'il aurait gardée cachée tout au fond de lui et qui s’éveille au fur et à mesure de son avancée. C'est également de manière naïve, une prise de conscience de la violence des actes de l'homme envers la nature.
En cela ma volonté est de mettre en avant une industrialisation qui agit de son propre chef ; le site de déforestation est une sorte de « champ de dinosaures » qui mangent et malaxent tout sur leur passage. C'est en quelque sorte l'aube d'une nouvelle humanité, dirigée par des machines. C'est une analogie de notre monde moderne qui ne prend pas le temps de regarder derrière lui, de s’arrêter, mais brûle petit à petit toutes les ressources terrestres.

Le film se situe dans une atmosphère de tension et d'angoisse où la composition chromatique de gris, de verts et de tons terreux et la création sonore ont une importance prépondérante. Le langage filmique alternera entre la caméra à l'épaule et le travelling d'accompagnement et d'exploration afin de coller aux actions du personnage, à l’esthétique des lieux. Notre volonté est de faire un film qui trouve son dénouement dans le réel mais qui, tout au long de la progression du personnage, sera traité avec les codes sonores et visuels du film de genre.
Qui suis-je ?
Après avoir suivi des études d'arts plastiques, je me suis dans un premier temps tourné vers la réalisation de films expérimentaux et d'oeuvres Land Art. Fan inconditionnel de Lynch, Boorman, Fredkin et Carpenter, je mêle expérimentations plastiques et recherches narratives.
Carl Carniato et Alain Chasseuil
Retrouvez tous les films sur www.carniatocarl.net
FILMOGRAPHIE
2005 : Requiem - 16 minutes - Cripcéa & Paradoxal
2006 : Transit - 5 minutes - Cripcéa & Paradoxal
2007 : Amateurs - 8 minutes - Paradoxal & Artrock
2008 : Les Désarmés - 15 minutes - Paradoxal & Coop & Courts
2009 : Résidents - 6 minutes - Paradoxal & A l'Ouest Productions
Le Témoin - 10 minutes - Paradoxal
2010 : Web Série 84 – Episode 1à 5 - Paradoxal
D)rôles de vies - Film institutionnel - 7 minutes - Thêatr'action
2011 : Captive – 12 minutes – Formation Adams (voir ci-dessous)



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