Présentation détaillée du projet

Le 25 janvier 2011, ils étaient en première ligne. Ce sont eux qui défilaient dans les rues du Caire, d’Alexandrie, de Suez, bravant l’interdiction de manifester en vigueur dans leur pays depuis 1981. Eux qui affrontaient les bombes lacrymogène et les matraques des policiers anti-émeute, avec un courage insensé, pour « prendre » la place Tahrir. Eux, ce sont les jeunes Egyptiens, qui ont entraîné tout leur pays dans la révolte, déboulonnant Hosni Moubarak, pharaon indétrônable depuis 29 ans.

Un an plus tard, le constat est sans appel : Tahrir n’était qu’une première étape. Si les jeunes ont réussi à couper la tête du système, son corps marche encore. Aux manettes depuis la chute de Moubarak, l’armée pilote d’une main de fer la période dite de « transition ». Conservateurs et attachés à défendre leurs intérêts, les militaires musellent toute contestation tandis que le pays s’enfonce dans un marasme économique inquiétant.

Pourtant, l’espoir est encore permis. Les jeunes Egyptiens savent qu’ils peuvent désormais échapper à cette vie que leurs aînés leur promettaient, une existence sans avenir, faite de chômage, pistons, petits boulots, mariage tardif et frustration. Ils sont 48 millions – 60 % de la population, à avoir moins de trente ans. De l’activiste cairote au paysan du Delta, de la jeune Sœur musulmane au contrebandier du Sinaï, du jeune ultra aux étudiants coptes de Haute-Egypte, tous se sentent désormais concernés par le futur d’un pays qu’ils ne rêvaient souvent que de quitter il y a quelques mois. Qu’est-ce que la révolution a vraiment changé dans leur vie ? Comment se représentent-ils les années à venir ? De quoi serait faite leur « Egypte idéale » ? En lançant la révolution du 25 janvier, la jeunesse égyptienne a repris son destin en main. Tout l’enjeu désormais, est de savoir si elle saura se faire la place qui lui revient dans la nouvelle Egypte.
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Qui suis-je ?
Nous sommes quatre jeunes journalistes installées au Caire depuis quelques années. Nous avons vécu la révolution ensemble, et au-delà de l’expérience professionnelle, ces dix-huit jours restent pour nous une aventure humaine exceptionnelle. La détermination et l’énergie des jeunes Egyptiens nous ont donné envie de nous lancer dans un projet au long cours : dresser le portrait de cette jeunesse en mutation. Photographe, journalistes de presse écrite et de radio, nous sommes l’homme-orchestre (ou plutôt la femme-orchestre) de Génération Tahrir.
Marion Guénard, 29 ans, correspondante de Radio France
Pauline Beugnies, 29 ans, photojournaliste, Out of Focus
Rachida El Azzouzi, 30 ans, journaliste à Mediapart
Nina Hubinet, 28 ans, correspondante de La Croix


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