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#2 Correspondance | TOGO IDENTiTES 
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Je suis heureux de vous retrouver. Voici la deuxième et dernier partie ;
 
 
5 février #Sinkasse frontière Ghana | Togo
890Km
 
Sans appréhention et l'esprit en éveil, le paysage file sur le verre de mes lunettes noires . La frontière du Togo ne se trouve plus qu'à quelques kilomètres, la voiture s'arrête, je dois prendre une moto pour accéder au poste d'immigration togolais de Sinkasse qui se trouve entre le Ghana le Burkina et le Togo. Un peu surréaliste cette chevauchée en moto sur les pistes défoncées de la frontiere, on a  même traversé une rivière desséchée avant d'arriver  à la frontière.
Le passeport tamponné me voilà désormais en territoire Togolais.
J'arrive à la station de taxi brousse pour aller à Dapaong, petite ville du nord.
Je me souviens encore de mes premiers échanges avec les togolais, je leur parlais en English ! J'ai eu beaucoup de mal à «  swisher «  mon cerveau en mode français !!... Mais quand j'ai commencé à rigoler avec les femmes et les hommes dans le taxi j'ai tout d'un coup ressenti une fraternité extraordinaire ! Nous sommes français !
Vraiment cette expérience de la langue française avec les gens m’a beaucoup marqué… tout d'un coup nous sommes des frères de langue. Après 2 heures de "transport sardine" et quelques petites bosses sur la tête j'arrive dans ma premiere ville au Togo ; Dapaong.
 
5 Février #Dapaongpo
940Km
 
Petite ville du nord du Togo,  connue pour ses divers marchands et artisans. Le paysage est vallonné et comme la plupart des villes du nord c'est l'appel à la priere ici qui rythme les jours
Petit tour au marché… Sur le chemin du retour un jeune mec m'interpelle de l'autre côté du trottoir et me fait signe de lui donner une de mes brochettes de viande que j'étais en train de manger, "oui ici, c’est comme ça...tu as , tu donnes" je traverse et lui donne direct une brochette. Un peu étonné et gêné a la fois, il me remercie et m'explique qu'il est animateur à la radio locale, il m'invite ce soir sur son émission "Couloir des sentiments" je lui dis que je serai là avec plaisir.
Le soir venu j'arrive au studio : Radio Mecap "c'est une ONG qui gère la radio..
-Bienvenue sur votre émission   Couloir des sentiments. Nous sommes en compagnie de notre ami "le Magicien" ainsi que Siréna et notre invité Benjamin qui est venu au Togo pour son projet IDENTiTES !
-Alors ce soir nous avons une lettre d'une femme qui souffre du manque de relation sexuelle avec son mari qui ne la touche plus depuis longtemps ... Alors Magicien comment peut-on aider notre chère auditrice .... .... ....
Et me voilà désormais pris au jeu de l'émission ! Franchement pour une première journée au Togo c'était pas mal... Bon je vous dis la vérité  j'ai joué le jeu et j'ai répondu a toutes leurs questions j'ai d'ailleurs enregistré l'émission "franchement c’est assez intéressant" promis vous aurez l'occasion de l'écouter   Bref à la fin de l'émission nous avons fait un appel aux auditeurs qui souhaiteraient participer au projet ID et nous leur avons donné  RDV lendemain matin à la radio dès 09:00
Le lendemain je suis arrivé à 9h00, des hommes des femmes des enfants attendaient  déja pour faire la photo ! C'était la premiere fois que je planifiais  mes portraits IDENTiTES. Un super moment... Les gens étaient tellement heureux de voir leur visage ainsi photographié... de plus en plus dans mon voyage je commence a regretter le fait de ne pas pouvoir imprimer les photos sur place..
Je suis resté 3 jours à Dapaong avec mon nouvel ami Obi sur qui je pourrais écrire encore tellement… vraiment une belle personne ce Obi, une belle rencontre…
 
 
8 Fevrier #Mango
1020Km
 
Les paysages défilent telle une histoire sans fin sur fond bleu ou seul le soleil a pris place.
Mango, rien que ce nom m’a fait rêvé ! effectivement j’adore ce fruit. Aujourd’hui Je me sens bien physiquement, mon corps reste calme et mon esprit est plus à l’écoute, je me sens invincible et j’ai envie de faire de nouvelles photos, de nuit cette fois, juste avec les lumières des voitures et des motos qui révèlent  la poussiere soulevée par d’étranges personnages en ombre chinoise dans une ville ou la lumière des lampadaires n’éclaire plus…
Il est tard, je rentre me coucher dans un petit motel de la ville, ‘le refuge’
Apres une nuit difficile ‘lit pourri « ’ et un léger mal de tête je me lève prend mes appareils  et sort pour trouver quelque chose à me mettre sous la dent. Je passe devant une école ou les enfants jouent au foot.. après 30 minutes  de match j ai la bonne idée de faire le portrait de tous ces enfants (soit plus 100 enfants) c’est vraiment dans ces moments que je prend pleinement conscience de ma grande naïveté… comment j’ai pu imaginer un seule  seconde que j allais pouvoir organiser à moi tout seul une séance photo avec des enfants de 5 à 12 ans sérieusement surexcités par la venue d’un blanc dans leur école !
Bref je vous passe tous les détails… j’ai bataillé durant 45 minutes pour réaliser 3 portraits et j’ai fini par abdiquer face à la ‘vague’déchainée.
On m’avait prévenu que Mango était l’une des villes les plus chaudes du Togo, voire la plus chaude… Ici c’est bien cette chaleur qui se fait l’arbitre de vos actions . A peine 12h00 et la chaleur a eu raison de toutes mes bonnes volontés de photographe. Je suis rentré me mettre à l’abri. Je me suis assoupi dans ma chambre avec les ventilateurs comme faibles  sauveteurs
Je me suis réveillé 2 heures plus tard en sursaut, j’étais en sueur, j’ai regardé autour de moi, le ventilo ne tournait  plus !! je me précipite dans la salle de bain, plus d’eau.. plus de courant. . Et l’horreur je sens un contact étrange sur une jambe       Une  énorme araignée aux pattes velues grosse comme  une soucoupe commençait son ascension le long de mes jambes ! Je la chasse en criant et levant la tête  sur les murs blancs je découvre que  sa petite famille l’accompagnait !     Dans ma chambre désormais exposée coté soleil le chaleur a certainement  dépassée les 45˚ je sors et le garde me  dit ; pas de courant, pas d’eau, mais araignées pas méchantes !. Le motel est excentré de la ville et rien a proximité… j’étais exténué, La grosse fatigue.. Je suis allé chercher de l’eau et le lendemain matin j’ai fui cette ville…( mais j’ai dormi d’un œil dans un couloir )
 
10 fevrier #Kara
1180Km
 
Nous sommes tous agglutinés dans cette voiture qui file sur les routes  défoncées d'une Afrique belle et sans compromis. Ma fatigue de la veille est toujours la. Les uns, collés aux autres, la chaleur, la tension nous habitent peu à peu. Sans force ni énergie coté fenêtre, chacun recherche une position plus clémente moins douloureuse...
La difficulté nous unie, à présent  ne faisant plus qu'un dans la douleur, nos regards chargés de compassion nous donnent encore l’énergie pour rester tranquilles. Le silence est palpable, ici seule la route a des droits.
Bien éprouvés après 5 heures de route nous arrivons a Kara.
Je trouve un petit hôtel agréable avec la clim un peu juste pour mon budget mais je sens que j’ai besoin de repos. A peine mes sacs posés dans la chambre je m’écroule littéralement sur le lit…
Je me réveille 4 heures plus tard il est 5 heures de l’après midi  je me sens un peu mieux mais toujours cette drôle de fatigue... je sors faire un petit repérage des lieux.
Kara est une grande ville de la partie nord du Togo Elle possède une belle université ainsi que des administrations et sans oublier son grand marché dont la renommée  est connue de tout le pays
Effectivement le marché est superbe, les gens sont agréables et l’ambiance générale est chaleureuse. Alors que ma  fatigue semble revenir occuper mon corps, je me dis que je revisiterai demain matin pour quelques portraits...
Je commence à me sentir mal, la fièvre monte et je me sens brulant
Durant la nuit je me réveille toutes les 2 heures, j’ai des crises de chaud puis des crises de froid intense, je commence à comprendre que je suis entrain de tomber sérieusement malade….. ?
Le lendemain matin je me sens mieux, ;-) c’était surement une insolation !!. Je quitte l’hôtel vers 9h00   je commence a faire quelques portraits mais vers 10h00n la fatigue revient, il me devient de plus en plus difficile d’aller vers les gens, j’arrête tout je rentre... vers 15h00 alors que je suis pris d’une crise de froid j’ai l’idée de sortir dehors. Effectivement cela s’avère être une bonne idée ! la chaleur me paraît tout d’un coup bienfaisante ! Je suis en plein caniar  et je me sens bien ! incroyable ! cela s’avère efficace contre mes crises de froid ! Franchement dans les rues de Kara, on aurait dit un petit vieux  chacun de mes pas est devenu une expérience, malgré ma grosse fatigue, je me sens mieux sous ce soleil de plomb, pour la premiere fois je n’ai pas chaud . Je regarde les gens, les arbres, les pierres, tout ce qui passe devant mes yeux,   semble en mouvement, en fait, je commence a avoir de légères hallucinations… Je me souviens d’un fou  rire que j ai eu tout seul dans la rue suite à l’interpellation de deux filles sur une moto qui sont passées à mon niveau en me jettant un regard effrayé et un ‘-ca va  !?’ furtif tout en continuant leur route…
C‘est à ce moment que j’ai réalisé (en plein fou rire) la gravité de ma situation…
Le soir même à l’hôtel deux touristes belges à qui j’ai décris mon état m’ont dit d’aller sans attendre à l’hôpital que j’avais surement le Palu. Effectivement  les symptômes du Paludisme sont ; Fièvre, crise de froid, de chaud, grosse fatigue, et hallucinations, entres autres qui se traduisent par des cycles de souffrances et de calme en oscillation exponentielle.
Apres une nuit dont cette fois je vous épargne mes souffrances qui se sont multipliees depuis trois jours. Je suis parti à la premiere heure a l’hopital de Kara.
J’ai effectué des analyses de sang et apres m’avoir pesé j’ai constate la perte de 7 Kilos.
Les médecins m’ont prescrit un traitement anti palu. Pour moi c’est une nouvelle expérience dans les services hospitaliers, une nouvelle vision sur les conditions précaires dont le personnel et les patients doivent faire face au quotidien ; peu de matériel, beaucoup d’instruments obsolètes mais toujours en fonctionnement, manque de produit, manque de place…
Apres avoir partagé la matinée avec les médecins, infirmiers , personnel du service, et bien évidement les patients qui souffrent, je peux vous avouer sans aucune hésitation que mes petits problèmes de sante, turistas et palu, s’avèrent tout d’un coup bien insignifiants en comparaison de ceux que vivent ici les populations au quotidien. C’est comme ca ! Ici on souffre, on meurt d’une simple grippe, on perd un membre d’une blessure mal soignée, ex…Vous saviez que tous les africains avaient le palu ? et que de temps à autre ils en souffrent par des crises chroniques et en meurent parfois alors que les traitements sont là...Combien de personnes j’ai rencontré qui ont des histoires comme celles ci dans leur famille.. Beaucoup, beaucoup trop…
Je sais que ca va peut être vous paraître stupide, mais cette expérience du Palu fut pour moi d’une certaine façon une étape de partage et de compassion envers l’africain.
 
17 Février Frontière du Benin  
1220km
 
Mon traitement a très bien marché et au bout de trois jours j’étais de nouveau sur pied. Il est temps pour moi de quitter le Togo pour le Benin.
Mon sac sur le dos, je pars à moto pour rejoindre le poste frontière.
Je sors du Togo et j’arrive  à l’immigration du Benin. Le douanier m’explique que depuis quelques mois le Benin ne fait plus de visa dans cette zone du nord. Il faut descendre à la capitale tout au sud du Togo.
Cette nouvelle a eu l’effet d’un coup de matraque. Un peu comme quand on se relève après une chute et que juste derrière on vous balaye de plus belle..
Toujours diminué par la maladie que je viens de traverser, je ne peux imaginer plus de deux minutes de faire un aller retour aussi long, perdre du temps et de l’argent qui commence a manquer… A contre cœur je  fais  demi tour…
Les jours qui ont suivis j’étais totalement déboussolé ‘j’ai toujours eu beaucoup de mal a accepter la défaite’
La colère commence a gagner mon esprit et je recommence à douter sur ma place ici, du réel intérêt de ce projet identités…
Je vais à l’errance dans les villages voisins dormir dans des hôtels miteux.. Je n’arrive plus à aller de l’avant, à aller vers les gens, a être le photographe blanc sympathique et toujours prédisposé aux autres. Je suis resté dans cet état pendant environ 3 jours, trois longs jours à errer autour de la frontière béninoise.  Certaines personnes m’ ont proposé de me faire traverser tranquillement avec eux en voiture par des routes sans poste d’immigration. Mais le risque financier de l’amende que j’aurais surement dû payer à la sortie du territoire m’a refroidi.
Finalement je fini par reprendre la route, les changements de paysages et les nouvelles rencontres me font du bien.
 
20 Fevrier, Bafilo
1270Km
 
Bafilo, une petite ville entourée de montagnes de pierre. Arrivé dans un petit hôtel très bon rapport qualité prix avec un accueil très chaleureux..
Le premier jour je m’y suis un peu réfugié, j’étais le seul client, avec la gérante nous regardions des vieilles prod américaines des années 80, ‘les classics oublies de ces bons films d’action qui ont marqué toute une génération...
Le lendemain au pied de la petite montagne de pierre j’ai fait connaissance avec Clarisse une veuve avec trois enfants de 3, 5, 8 ans.
Elle m’a accueillie comme son fils et je me suis laissé prendre au jeu. Nous avons partagé deux journées ensemble avec la famille grande mama, les tantes, les enfants, et le ‘Frère’ de clarisse que l’on surnomme le lion ! car il fait peur à tout le monde soit disant.. moi j’ai bien vu que le lion n’était pas bien méchant, mais qu’il était blessé, et cela le rend craintif et par conséquent un peu agressif. J’ai vite fait comprendre à Clarisse que ’je n’avais pas peur du lion qui rugit et que ces haussements de voix en public n’étaient que des appels au secours…
Armé de la confiance que nous avions développée Clarisse et moi, j’ai décidé de faire face au Lion.
Nous étions entourés d’enfants et toute la famille était là dans ce village au pied de la petite montagne de pierre éclairée par la lune.
Soudain le lion me dit ; - et toi le blanc, j’ai vu que tu faisais des dessins au marché cet après midi sur les enfants, dessine moi un lion ! je veux un beau lion tu as compris ! et j’ai aussi envie que tu m’apprenne quelque chose !
-OK ok, avec plaisir je te dessine un lion et je vais également t’apprendre quelque chose, mais avant je fini le diner que ta sœur m’a servie. –Ok ok…
Une fois le foufou terminé ‘pâté local à la sauce fortement épicée’ je me suis dirigé vers le lion, je me suis assis à cote de lui et tout en le regardant dans les yeux avec tranquillité, calme et bienveillance j’ai commencé à lui dessiner un lion sur son bras.
J’ai fait un petit clin d’œil complice a Clarisse tout en continuant a dessiner le lion.
Le lion terminé il me rappelle  que je lui  ai promis également de lui apprendre quelque chose..
Alors accompagné des enfants autour de nous, j’ai commencé à chanter ; Dans la jungle, terrible jungle, le Lion est mort ce soir…
L’effet fut garanti ! le lion me dit ; – quoi le lion est mort ce soir ! je suis mort !! et sans prêter beaucoup d’attention à ses gesticulations j’ai continué à chanter de plus en plus fort en faisant répéter les enfants !!! avec moi ‘dans la jungle, terrible jungle, le lion est mort ce soir…’ le lion a fini par se prendre au jeu de la chanson et il a commencé à chanter avec nous..
En l’écoutant chanter… je me suis apercu de quelque chose .   j’allais lui apprendre un secret… Je vais t’apprendre a respirer ! Allez tient toi droit et pose ta main sur mon plexus… tu sens comment j’utilise mon ventre pour respirer.. Allez maintenant on le fait ensemble… et nous avons entamé 30 minutes sur l’apprentissage de la respiration et l’utilisation du diaphragme pour la respiration. Tu vois le lion, tu es plein d’énergie, mais comme tu ne sais pas respirer tu ne peux pas canaliser toutes tes forces en un point, tu dois absolument essayer de contrôler ta respiration si tu veux maitriser pleinement ta force.. nous avons fini la soirée par de grandes embrassades et le lion ‘qui est mort ce soir’ m’a raccompagné chez moi.
 
24 Fevrier Sokode
1320Km
 
Grande ville étendue encore une fois célébre pour son marché, je suis resté deux jours où j’ai passé mon temps avec les femmes au marché à faire des photos à vivre des choses cool à partager, rien de particulier juste de belles et de simples rencontres durant deux jours et un superbe portrait.
 
26 Fevrier Tchebebe
1370Km
 
Tchebebe est un tout petit village sur la N1 ‘le seul du pays’ sans intérêt particulier. Je suis arrivé dans ce village et je ne sais pour quelle raison je me suis entêté à rester sachant qu’il n’y avait pas d’hôtel ici.. après avoir insisté auprès des gens pour trouver un lieu où dormir un mec est venu à moi et m’a dit ; - je connais un ‘endroit’ où tu peux dormir ! suis moi..
Nous sommes arrivé au ‘centre culturel de Tchebebe ! dans ce centre une petite chambre enfin, une pièce sans électricité sans eau de 5m2 ou un ‘lit’ simple m’attendait humblement
Ce fut la chambre la plus bon marché de mon voyage ; 2000 franc CFA soit 3euros.
L’après midi même je me suis dirigé vers le marché à 2 kilomètres de là.
C’est là, dans ce marché, que j’ai fait une rencontre qui va marquer la suite de mon voyage. J’ai rencontré les Peuls ! Ils sont fascinants, leurs expressions, leurs habits, leurs regards, leurs énergies. Je suis complètement tombé amoureux de ces personnes, ils produisent  sur moi un effet d’une profonde intensité… je ne l’explique pas vraiment, ils renferment quelque chose d’unique, d’authentique, de véritable, c’est physique à leur contact je perd un peu mes moyens.
Apres 2 heures d’observation mutuelle je réussi à faire quelques photos. Je leur montre les photos ils éclatent de rire !! ils aiment ca ! ils doivent partir Ils s’éloignent et se perdent dans la foule
Je rentre dans ma petite chambre, sort pour diner un petit truc, fait quelques rencontres et la premiere pluie eclate,,, quel bonheur cette pluie, j’ai oublié… c bon de la retrouver..
Dans le fracas des portes métalliques et les éclairs et autres bruits improbables je réussi a dormir quelques heures…
 
27 Fevrier Blita
1430Km
 
Blita ou 112 comme on l’appelle ici. Dans le temps où la gare ferroviaire était en fonction, la ville se trouvait exactement à 112 km de la capitale, Lomé.
Je commence à me sentir beaucoup mieux physiquement à présent.
Le lendemain de mon arrivée, 28 février ‘date de mon anniv’ j’ai toujours en tête cette rencontre extraordinaire avec les Peuls au marché de Tchebebe. Obsédé par cette envie de les revoir je demande à tout le monde où revoir les peuls..
Un mec finit par m’embarquer  sur sa moto et m’explique que c’est un peu loin mais que là bas les Peuls ont établi leur maison nomade. J’étais super excité à l’idée de les revoir ! après environ 45mn de traversée à moto dans des paysages magiques et sauvages, nous continuons notre route à pied… désormais nous sommes en pleine nature loin de tout. L’atmosphère en paisible et l’homme m’explique qu’il y a encore quelques années nous pouvions encore apercevoir des éléphants là où nous étions, mais les hommes les ont tous chassé…
Apres 30 mn de marche nous apercevons un petit campement et son troupeau de boeufs
Ce sont les Peuls, s’exclame mon ‘guide’.
Avec la plus grande précaution je m’approche.
Ils nous saluent on les salut en retour. Les femmes nous accueillent volontiers et sans se dire grand chose je contemple leur espace de vie… Les homme ne sont pas là, ils sont partis faire paitre leur troupeau.. Les femmes sont splendides, elles arborent de superbes colliers de perles, des tatouages tres minutieux mais également de belles scarifications sur leurs visages. Les enfants se sont cachés derrière les huttes et les jeunes filles aussi.
Dès que je croise leur regard elles ouvrent en grand leurs yeux et fuient en riant et prononcent des paroles d’excitation mêlées de peur et de curiosité…
Apres quelques minutes je décide de leur faire une offrande en reconnaissance de leur accueil. Je sors de mon sac des biscuits que j’offre à chacune des personnes. Ils remercient tous avec distinction. A présent les enfants sont plus calmes et moi moins craintifs , ils commencent à comprendre que je suis gentil et qu’ils peuvent me regarder et me toucher sans crainte. Pour la plupart d’entre eux c’est la première fois qu’ils rencontrent un blanc ! (vous vous imaginez, la réaction que vous auriez eue si vous n’aviez jamais vu de noir et qu’un beau jour ils viennent frapper à votre porte.. )
Je commence à faire quelques photos et leur montre le résultat sur l’écran ! ils s’exclament tous !! ils rient, ils hurlent, ils sautent sur place, ils adorent. A l’exception d’un petit, quand il a vu sa photo sur l’écran sa réaction m’a choquée! dès qu’il a aperçu son image il s’est mis à hurler d’effroi, je suis resté stupide, je ne savais plus où me mettre. Les mama m’ont rassuré mais je me suis senti très mal. Apres quelques temps je me suis acclimaté auprès de la maman avec le petit en question  Il a reprit confiance ,n’a plus crié et finalement il est même devenu un peu curieux…
Avec les Peuls je me sens bien, je suis en paix.. il m’ont offert du lait frais de leurs beaux boeufs blancs et une femme m’a également offert deux magnifiques colliers en perles de couleur qu’ils confectionnent avec beaucoup de finesse. Je crois que je ne pouvais rêver plus beau cadeau d`anniversaire…
On se dit au revoir avec de plates salutations mutuelles et je rebrousse chemin à contre coeur…
De retour en ville nous allons au marché acheter deux poules ‘vivantes bien évidement’ de la farine de manioc et quelques légumes pour mon diner d’anniversaire à l’auberge. Une très belle soirée d`anniversaire s’en suit..
 
1 Mars #Anjé
1510 Km
 
Arrivé à Anjé de nuit, je n’ai plus qu’une idée en tête, revoir les Peuls dans leur milieu. Réveillé à l’aube, j’enfile mes chaussures et trouve un taxi moto qui connait la région et surtout qui sait où sont les Peuls actuellement. Nous partons pour 1 heure de moto à travers de petits chemins tortueux aux paysages sublimes… On finit par trouver un campement de Peul. Cette fois ils sont plus nombreux leur troupeau est encore au campement et les hommes se reposent abrités sous les arbres.
On s’approche du campement avec mon ‘taxi guide’ qui apparemment connait bien leur culture.. les femmes et les hommes nous accueillent chaleureusement et nous invitent à boire le lait de bœufs , bien frais…
Je me sens épanoui, je suis complètement fasciné par la beauté d’une jeune maman en particulier.. je ne saurais pas vous retranscrire véritablement la force que recèle ces femmes et ces hommes, ils sont d’un grande et rare beauté d’âme. On a pas besoin de parler, le simple fait de se regarder suffit.
C’est vraiment difficile à décrire, mais quand je suis avec eux j’ai l’impression d’être sur une autre planète, leur humanité est si différente que j’ai littéralement l’impression d’avoir à faire à des extraterrestres.
C’est vraiment une GRANDE chance et richesse pour l’humanité tout entiere de pouvoir préserver nos identités respectives, on apprend tellement plus de nos différences que de nos similitudes…
Apres quelques temps je sors mon appareil, je leur explique un peu mon projet IDENTiTES et commence des photographies, leurs portraits. Femmes, hommes, enfants, tout le monde y passe ! certaines jeunes filles un peu taquines veulent me prendre en photo. Je suis rentré a fond dans leur jeu et elles ont fini par se faire des photos entre elles.. C’était vraiment un très beau moment de partage de connaissance…
Apres çà je suis allé voir les hommes qui s’apprêtaient à faire partir le convoi de bœuf dans les champs naturels  Apres 3 heures à partager ensemble, nous nous quittons avec ce début d’amitié qui laisse un peu de nostalgie dans nos coeurs… j’espère vraiment avoir la chance de revoir ma petite famille Peul un jour, inch Allah…
 
 
2 Mars #Atakpamé
1560Km
 
Je suis arrivé Atakpamé qui est la deuxième grande ville du pays. Arrivé le soir, le lendemain matin j’avais déjà prévu de partir et continuer mon voyage, j’ai pris un café au lait vers 9h00 puis je suis retourné a l’hôtel récupérer mes affaires.
Sur le retour un jeune homme m’interpelle ; -Viens ! Je le regarde et je lui répond viens toi ! et je continue à marcher tranquillement. Deux mètres parcourus il est venu ! on rigole, on se salut et il m’explique qu’il est artiste, qu’il va danser cet apres midi dans un petit village pas loin d’ici.. je lui explique que malheureusement je suis sur le départ et je n’aurais pas le temps… il insiste en m’expliquant que je vais adorer que leurs danses sont des danses traditionnelles et que ses amis sont trop cool ex… -ok tu as gagné   je te suis.
Donc nous voilà partis pour rejoindre la troupe de danseurs.
Effectivement il a vraiment bien fait d'insister, grâce à Koffi j’ai fait des rencontres extraordinaires, ils sont vraiment tous très cools et motivés  pour monter des projets culturels à travers la danse le chant et la musique instrumentale traditionnelle. La troupe s’appelle ZOGBEADJI, il sont connus dans une grand partie du pays.
Nous sommes partis tous ensemble au village en camionnette et moto avec les instruments où ils vont faire  une danse traditionnelle en hommage à une personne décédée.
Ici on danse pour nos morts. Le spectacle est superbe je suis impressionné de leur professionnalisme et leur talent ! il sont vraiment bons ! A la fin du spectacle nous avons tous diné ensemble, désormais j’avais l’impression de faire partie de la troupe.
Nous sommes rentrés à Atakpamé, j’ai participé à leur réunion hebdomadaire de l’association de la troupe, puis nous nous sommes retrouvés le soir pour faire la fête dans un bar.
Ce fut une rencontre extrêmement riche, nous sommes désormais bien en contact et nous espérons bien réaliser quelque chose ensemble avec nos associations respectives ‘à bon entendeur..’
Le lendemain matin on se retrouve pour les adieux..
ZOGBEADJI signifie ; la terre où l’on se retrouve pour la bataille entre tribus.
 
4 Mars #Notsé
1620Km
 
Je suis arrivé   à Notsé de nuit sous une pluie diluvienne, attaqué par des trombes d’eau je me suis réfugié dans le premier motel venu.
Ma première nuit fut l’une de mes nuits les plus terrifiantes.
Je me suis endormi sous le poids de la fatigue.. vers 00h00 une bourrasque a subitement ouvert la porte de ma chambre, à demi éveillé j’ai crie ; QU EST CE QUE VOUS FAITES LA !! Mais il n’y avait personne j’ai refermé la porte et je me suis mis dans mon lit. Les éclairs , les feux des camions, le bruit du tonnerre ont fait de ma chambre un lieux inquiétant et fantomatique…
Le lendemain matin malgré cette nuit d’épouvante je me suis réveillé plutôt en forme. J’ai pris un café et je suis parti en ville pour essayer de trouver un taxi moto pour revoir les Peuls. Le taxi moto m’a déposé à l’extérieur de la ville et m’a fait comprendre que si je voulais vraiment voir des Peuls il fallait compter 3 heures de moto dans la brousse. Pour cette fois j’ai plutôt décidé de suivre les femmes qui vont aux champs. C’est en marchant sur une superbe grande piste de sable rouge ocre que tout naturellement je me suis retrouvé à suivre deux femmes et deux jeunes filles et un bébé.
Sans vraiment se parler j’ai senti qu'elles étaient contentes que je fasse la route avec elles.
Nous avons continué à nous enfoncer de plus en plus dans la brousse, les paysages sont ici encore une fois très beaux et changeants. Apres 1 heure de marche dans des petits chemins nous sommes arrivés aux champs. Leurs maris étaient déjà là à débroussailler  le terrain. Sans perdre une minute les femmes se sont elles aussi mises au travail et les enfants à jouer ici et la.
Voyant que je n’étais pas d’une grande aide je me suis baladé dans les environs et j’ai découvert une distillerie d’alcool de palme en plein air !
Je n’avais aucune idée de l’existence de cet alcool auparavant  Je leur demande naïvement si l’alcool vient du fruit de palme ? ils répondent– non il vient de l’arbre… - de l’arbre ? c’est à dire des feuilles ? – non de l’arbre… - de l’arbre… oui c’est ca l’alcool vient de l’arbre.. je fais semblant de comprendre et il me fait signe de le suivre.. nous arrivons face à un tronc du palmier qui se trouve coucher à l’horizontal.
Vers le milieu du tronc il défait quelques écorces et me montre un trou rectangulaire qui creuse toute la partie du tronc ce qui a pour effet de faire suinter la sève du palmier qui est sucré. Un petit trou en bas du tronc permet au précieux liquide d’être récupéré dans un bidon.
Premièrement ils me font gouter directement le jus, qu’ils appellent vin de palme, c délicieux ! puis ils me font goutter l’alcool issu de ce même vin de palme. L’alcool est très bon également. Vu le rapport qualité prix, des idées d’import export me viennent à l’esprit.. enfin je ne suis pas ici pour cela. Je les remercie, les salue et retrouve ma petite famille d’agriculteur  à qui j‘apporte un bidon de vin de palme frais.
on passe un peu de temps puis je décide de repartir sur le chemin de retour.. Ils me disent de suivre cette petite trace de chemin toujours tout droit…
Ainsi soit t-il. Au bout de 30 mn je ne reconnais pas grand chose autour de moi, mais la solitude et le paysage féerique me font perdre toute notion de stress ou de danger..
Je fini par croiser des paysans qui me disent de suivre toujours tout droit…
Au bout d’1 heure je finis par retrouver la grande piste rouge ocre.
Sur le retour comme par magie un groupe d’homme Peul était la ! nous avons fait connaissance, on m’a un peu charrié quand je leur ai expliqué que j’étais de retour du champs, on rigole on se teste mutuellement puis je finis par leur faire des portraits.
 
6Mars #Tabligo
1700Km
 
Je sens que la fin du voyage approche, la nature a bien changée et les paysages du nord me semblent bien loin à présent.
Tabligo une ville luxuriante de végétation tout est riche ici les agricultures font moins appel aux engrais, sur les marchés les étals sont plein de marchandises , les gens ont l’air de bien profiter de cette aubaine naturelle.
Le soir même de mon arrivée j’ai fait la connaissance d’un jeune Prince du nom de Agbe Viagbo. Il me propose que l’on se trouve le lendemain car il veut me présenter à sa famille.
Le lendemain matin je le retrouve là où nous nous étions quittés, il m’amène chez lui et me présente à la famille. C’est dans une humble maison familiale où père soeurs femmes et petits cohabitent tous ensemble.
Puis il me propose d’aller à la frontière du Benin qui se trouve sur un grand fleuve. Une fois sur place nous apercevons de l’autre coté du fleuve, le Benin… Je suis resté là à contempler   l’autre rive celle que je n’ai pas atteint , un brin de nostalgie s’est emparé de moi pendant quelques secondes.. Puis finalement j’étais heureux d’être resté au Togo, de ce fait j’ai parcouru tout le territoire de ce petit pays que je connais bien désormais. Malgré mes difficultés et les maladies  endurées, je garderai à jamais gravés dans mon cœur, ces inoubliables rencontres avec le peuple Peul et toutes les autres personnes qui m’ont aidés et avec qui nous avons liés une amitié…
Je discute un peu avec le Prince et il me dit qu’il voudrait aider sa région pour son développement. Je m’aperçois qu’il n’a pas de compte mail et fb et je lui propose de lui créer tout ca, que c’est fondamental pour la suite de son évolution et cela nous permettra également de rester en contact. Depuis ce jour je suis fier de recevoir des ses nouvelles par mail et fb. On fait quelques photos et l’on se quitte avec beaucoup de projets en tête pour le futur !
 
7 Mars #Aného
1760Km
 
Aného ville côtiere à l’est de Lomé, je suis arrivé dans un hôtel au bord de la plage. J’en ai profité pour me reposer un peu, décanter de toutes ces expériences et commencer à essayer de me retrouver un peu.
Le lendemain matin j’ai pris ma serviette et direction la plage ! aujourd’hui matinée vacance ! je me suis installé sur une grande plage déserte. Ici les vagues se transforment subitement en mur d’eau de plus de 2 mètres de haut, juste au bord ! c'est impressionnant !!   je n’ai jamais eu aussi peur de me baigner.. j’ai tout même réussi à me rafraichir, mais impossible de faire plus de 5 mètres, le courant est trop fort.
Alors que j’allais rentrer pour repartir à Lomé, un jeune homme de 24 ans s’est approché de moi et nous avons commencé a discuter. Ce garçon est tout simplement surprenant, il a fait des études de développement personnel.
sa vision de la vie lors de notre discussion, m’a vraiment touché, il fait partie de ces personnes qui voient réellement les difficultés de la vie comme des superbes occasions pour apprendre et s’enrichir personnellement. Nous sommes rentrés à l’hôtel et je lui ai offert un livre que (hasard ou coïncidence ) je venais de finir ce matin même !
Nous avons échangé nos contacts et il m’a promis de me dévoiler  ses secrets.
 
8 Mars #Lomé
1820Km
 
Lomé la grande capitale, dernier étape de mon voyage au Togo.
Accompagné d’un greffier rattaché au palais de justice de Lomé, j’ai découvert leur bureau au palais. Inutile de vous décrire encore une fois les moyens archaïques dont bénéficient les bureaux de la justice. Je ne vais pas m’étaler sur le sujet, quand vous arrivez devant la grande façade du palais de justice et que vous peinez à déchiffrez: P L A S DE J S T E vous avez tout compris…
Le lendemain fut une drôle de journée apres la visite improvisée du palais des congres ou j’ai eu l’immense privilège d’assister a la répétition d’un concert, j’ai continué ma balade pour finir en pleine manifestation du parti de l’opposition.
Les femmes sont parées des couleurs du parti noir et orange et me voilà en pleine manifestation pour les droits de l’homme la liberté et la lutte contre la corruption !
Pour moi cette marche a symbolisée l’aboutissement de toutes les paroles que j’ai pu donner durant mon voyage en expliquant aux gents que c’est a vous et à vous seuls de faire que les choses changent !
En vue de la couverture médiatique qui était présente, je me suis dit que l’image d’un blanc aux coté des noirs  unis pour ces valeurs démocratiques pourraient peut être avoir de l’impact…
Le lendemain matin j’ai rassemblé toutes mes affaires, je rentre au Ghana, je rentre chez mon amie Esi…
 
10 mars Frontière du Ghana
1821Km
 
 
Je suis arrivé a l’immigration du Ghana et il a fallu refaire mon visa qui avait expiré  ces entrés sur le territoire – (valide 3 mois entré unique)
L’officier m’explique que le visa pour recentrer au Ghana va me couter 150 dollars
Je lui dis que je n’ai pas cet argent et lui demande s’il n’ y a rien a faire…
Il me demande combien j’ai sur moi je luis dis 200 Cedi, l’équivalent de 80euros
Il sort passer un coup de fil apparemment à son supérieur, puis il revient et me dit que c bon, il me tamponne mon passeport et me fait une extension de visa jusqu’au 17 mars.
Je sors de là et je monte dans le bus qui se rend à Accra.
Environ à 50Km de la frontière alors qu’il fait nuit a présent, le bus s’arrête et l’on demande les passeports de tout le monde.
Un officier des douanes me fait signe de descendre et de le suivre sans commentaire.
J’arrive dans un petit bureau ou le chef tient  dans ses mains mon passeport. Il me regarde d’un air antipathique et me dit que mon visa n’est pas bon. Je lui explique que j’ai payé pour l’extension de celui ci comme indiqué sur le tampon, mais il ne veut rien savoir. Je commence a m’inquiéter pour mes bagages restés dans le bus. Il me dit d’aller les chercher et de revenir. J’ai compris à cet instant que je n’allais plus revoir mon bus. De retour au bureau le chef,  me redit que je suis en situation irréguliere et que désormais j’ai un petit problème… Avec tout ma bonne foi je continue à lui expliquer que j’ai donné tous mes sous pour l’extension du visa, mais c toujours la même chose , il ne veux rien entendre. La tension commence à se faire sentir, je me sens de plus en oppressé.. Il fait sortir les officiers qui étaient dans la pièce avec nous. Plus que tous les deux a présent, je respire profondément et concentre toutes mes énergies à rester le plus calme possible. Je l’écoute m’expliquer un tas de raisons toutes plus improbables les unes que les autres, qu’il faut que je comprenne le ‘’Système africain’’ … je continue à l’écouter sans broncher…
Avec tout mon calme je lui explique la raison de ma venue ici, mon projet, ex… je lui montre que je n’ai pas d’argent sur moi, je dépose mes trois derniers billets sur la table, il me jette un demi regard et me dit ; - c quoi ca ! – c’est tout ce qu’il me reste.. Je commence à déballer quelques souvenirs et babioles que j’avaient dans mon sac et lui propose en gage de ma bonne volonté , il regarde mes gesticulation avec curiosité, puis j’ai eu l’idée de lui poser sur la table un talisman que j’ai reçu d’un rasta man. Je lui décris les pouvoirs que recèle cette pierre et il me pose des questions sur son origine..
Finalement il me demande de remballer mes affaires et me redonne un de mes billets pour que je puisse reprendre un bus pour Accra.
Au final je m’en sort bien, il n’aura réussi à m’estoquer qu’un pauvre billet de 10 cedi. Tout ca pour 5euros.
 
11 Mars Accra
1910Km
 
Essi ‘ma sœur noir’ Vient m’accueillir et nous rentrons de nuit à la maison.
Le lendemain je suis allé à l’ambassade pour signaler ces pratiques frauduleuses des service d’immigration Ghanéennes. Mon pauvre ambassadeur m’a fait comprendre que ces pratiques sont malheureusement très courantes et qu’il a connu des cas ou des personnes ont du payer des fortes sommes… Car plus on imagine que l’on est dans son droit et donc que l’on résiste, plus ils vous gardent et peuvent vous malmener dans leurs procédures douteuses.. ‘j’ai vraiment bien fait de garder tout mon calme’ Il m’a tout même conseillé d’aller aux service d’immigrations d’Accra pour valider mon visa.
Une fois là bas l’immigration m’a clairement stipulé que mon visa était bon.
Bref tout cela m’a beaucoup appris sur la gestion des visas à présent.
 
Accra, c’est avec nostalgie que je suis de retour ici, je suis parti il y a deux mois et j’ai l’impression que c’était hier…
Je retrouve mon ami Esi qui prend toujours autant soin de moi, malheureusement elle travaille beaucoup avec l’université de danse et nous n’avons pas beaucoup de temps pour nous. Enfin cela ne nous empêche pas de passer de très bons moment ensemble et de partager son projet…
Le lendemain je suis retourné dans la vieille ville qui se trouve au sud. J’aime beaucoup ce quartier, c’est un drôle de mélange entre vieux bâtiments administratifs laissés  à l’abandon de petites maisons et de baraquements de fortune. J’ai découvert grâce un vieux rasta qui m’as pris sous son aile un surprenant ghetto qui borde en contre pied du vieux faré de la ville. Cela fut l’occasion de rencontrer et d’échanger avec de jeunes artistes du ghetto ; gaffeur, danseur, chanteur, compositeur. Dans l’esprit fraternel du langage ghetto, il ne m‘a pas été difficile d’accéder directement à des relations de complicité avec eux. On a commencé à imaginer des échanges culturels   France&Ghana pour de futures performances ici même… J’ai toujours porté une partie de cette culture globale   dans mon cœur. Pour moi cela s’ est fait à travers certain lieux d’habitations de mon enfance mais aussi le skate bord et le dessin essentiellement, j’aime cette brutalité pure et sans compromis, ce sont ces valeurs de sincérité, honnêteté et de fraternité que l’on peut retrouver aux 4 coins du monde ‘la culture de masse’ Le street art sous toutes ses formes en est le plus beau témoignage.
Je me trouve a présent sur la plage ou le soleil se couche à l’horizon de la ville c’est ma dernière soirée ici en Afrique. Les images de mon voyage me viennent a l’esprit et je commence a réaliser l’expérience humaine et personnelle qui vient de me traverser.
Je suis ému, triste est heureux a la fois. Je réalise pleinement la chance et le privilège que je détiens… Je me sens de plus en plus responsable de cette possibilité qui m’est offerte , je veux parler de mon identité, celle du blanc occidental français avec tous les droits et avantages dont je jouis a l’instar de mes frères noirs par exemple.
 
Désormais aujourd’hui j’ai la ferme intention de faire du projet IDENTiTES avec ceux et celles qui participent à l’aventure, un projet humaniste, un projet voué à aider et donner de la voix à ceux et a celle qui n’en ont pas la chance. Que toutes les personnes qui m’ont fait confiance en me donnant leurs visages en photographie, puissent obtenir l’intégralité des bénéfices réalisés sur les ventes de celles-ci.
Que l’ensemble des recettes  liées   aux portraits puissent être envoyées directement dans le pays, la ville ou le village  concerné.
C’est le début d’une très belle aventure humaine dont je suis profondément fier et reconnaissant, car c’est bien grâce à votre soutien et tous vos messages d’encouragement et d’amitié que cela et devenu une réalité. Cela m’a beaucoup aidé à croire en moi même. 
Le Project IDENTiTES  existe aujourd’hui parce que vous aussi vous avez cru en lui. Merci, merci.
 
Afin de créer occasion originale de vous remercier et de vous montrée mon travail, j’ai le grand plaisir de vous annoncer l’exposition ‘BACK TO AFRICA’  qui aura lieux fin avril à Paris. Elle retracera le voyage à travers des photos, des enregistrements audio des vidéos des installations + une soirée.
 
 
 
 
ONE WORLD, ONE PEOPLE
            IDENTiTES
 
 
Benjamin B.18-03-13
 
#2 Correspondance | TOGO IDENTiTES 
 
Ps : la stupéfiante histoire de l'araignée et le fruit de l'imagination débordante de ma très chère maman qui vas bientôt plagier Werber dans son prochain livre ''Les Araignées''