"Paroles de Roumains" est un webdocumentaire participatif sur l'intégration des immigrés roumains dans la société française. Les auteurs racontent huit histoires, de l'intégration réussie à l'insertion impossible. Ces histoires sont complétées par des contributions d'internautes, sous la forme de vidéo, postées via webcam par d’autres Roumains.


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Ca y est, après 18 mois de travail, 2 mois de collecte, 1 mois de stress final, notre webdocumentaire "Stigmatisés : Paroles de Roumains" est sorti le 30 avril.

Il est donc ici : www.stigmatises.com, mais aussi sur www.soros.org et Dailymotion.

C'est donc l'heure des remerciements, des bilans, du soulagement. On a une pensée émue pour les 71 kissbankers qui nous ont soutenus. Certains sont venus à l'avant-première le 27 avril, ça nous a fait plaisir.

On commence la distribution des contreparties en essayant d'en remettre le plus possible en mains propres, pour vous voir et vous remercier encore!

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Pas encore publié et déjà critiqué! Plusieurs sites ou journaux ont parlé de notre projet depuis le début de sa préparation en novembre dernier. Un peu de publicité est toujours bénéfique pour nous.

- Webdocu.fr, le site de références sur l’actualité du webdocumentaire, a relayé notre teaser à sa sortie, puis a publié une interview de nous au sujet de notre recherche de financements.

- Génériques, une association spécialisée dans l’histoire et la mémoire de l’immigration, a consacré un article à notre projet sur son site, dans la rubrique actualité.

- L'Institut culturel roumain a publié un article sur notre appel à participation (financement et témoignages) sur son blog

- Tout ça mag, un magazine d’opinion en ligne, s’est appuyé sur l’exemple de notre collecte de fonds pour parler du crowdfunding.

- Regard, le mensuel francophone de Bucarest, diffusé en Roumanie comme en France, a présenté le projet dans son numéro d’avril.

- Saint-Etienne Society, petit magazine local, a publié une brève présentation du webdocumentaire dans sa rubrique « geek » (page 49).

D'autres viendront bientôt!

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Financer un webdocumentaire, c’est trouver de l’argent là où il n’existe pas de modèle économique. Nous avons 25 ans et nous réalisons notre premier webdoc. Les jeunes auteurs comme nous ont souvent du mal à décrocher les subventions classiques (Scam, CNC, aide à la création) sur un premier projet. Cela nous a obligé à envisager d'autres modes de financement, et ce n'est pas plus mal!

Nous avons choisi KissKissBankBank inspirés par le succès de Raphaël Beaugrand qui avait ainsi réuni 18 000 euros pour son webdocumentaire Paroles de conflits

Notre objectif est de collecter 2 000 euros avant le 17 juillet. Nous sommes donc à la moitié de notre levée de fonds, qui progresse doucement. C'est encourageant de se sentir soutenus par des internautes, des inconnus, des amis, la famille, tous ces gens qui croient dans le projet... Bien sûr 2 000 euros ne suffiront pas, mais avec 2 000 par ci, 2 000 par là, on y arrivera!

Ce qui est beau dans le crowdfunding, c'est la simplicité. Contrairement aux dossiers lourds, longs, à renvoyer en plusieurs exemplaires pour une éventuelle réponse trois mois plus tard, les dons sont immédiats. Généreux. Affectueux même. Chacun nous semble un petit pas vers la finalisation.

Bon, nous avons aussi déposé des dossiers en bonne et due forme à des subventions ou concours, notamment ceux réservés spécifiquement aux jeunes. Mais 10 euros qui nous sont donnés sur KissKissBankBank par un ami nous touchent plus qu'une enveloppe de 1 000 accordée par un organisme.

Il est encore temps de participer à cette belle aventure en cliquant sur « soutenir ce projet »

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A quelqules jours d'intervalle sont tombées deux nouvelles concernant l'entrée de la Roumanie à l'espace Schengen.

La mauvaise, d'abord : le gouvernement néerlandais a annoncé qu'il se prononcera en 2012 sur les demandes d'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie.

"Il est encore trop tôt pour prendre une décision et cela va sans doute prendre un peu de temps avant que nous soyons en mesure de le faire", a déclaré le ministre de l'Immmigration Gerd Leers. Une fois de plus, la capacité de la Roumanie à contrôler efficacement les frontières extérieures de l'espace de libre circulation (le long de la Serbie, de la Moldavie et de l'Ukraine) suscite des doutes.

Les réticences des pays déjà membres

En décembre dernier, Paris et Berlin avaient déjà exprimé leurs réticences, évoquant l'immigration des Roms et la corruption des douaniers roumains. Prévue initialement en mars 2011, l'entrée de la Roumanie est bloquée depuis. La Suède, la Finlande et le Danemark font également partie des pays opposés à une adhésion rapide.

L'unanimité des 26 membres de l'espace Schengen est requise pour l'intégration de tout nouveau membre. Les gouvernements attendent donc le rapport que la Commission européenne doit publier en juillet sur les réformes de la justice et contre la corruption menées en Roumanie.

L'attente risque d'être longue avant que tout le monde soit d'accord. Des sources diplomatiques de Bruxelles citées dans le Financial Times évoquaient des négociations sur plusieurs années, là où les Roumains envisagent encore des discussions sur quelques mois...

Feu vert du Parlement européen

Au même moment, une bonne nouvelle : le Parlement européen a donné son feu vert à l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie. S'appuyant sur les derniers rapports d’évaluation, une large majorité des eurodéputés (487 voix pour, 77 voix contre, 29 abstentions) ont estimé que les deux pays candidats avaient fait les efforts nécessaires.

Malgré certains problèmes qui persistent, "Nous sommes en mesure d'accueillir la Bulgarie et la Roumanie dans l'Espace Schengen" a déclaré le rapporteur du texte, Carlos Coelho (Parti populaire). Pas sûr que cela soit assez convaincant pour les pays membres.

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Bien décidé à réduire l'immigration en France, Claude Guéant a invoqué cette fois l'échec massif des enfants d'immigrés à l'école. Or les chiffres qu'il cite apparaissent sans fondement, comme l'ont révélé plusieurs journaux.

La polémique commence le dimanche 22 mai avec ces propos du ministre sur Europe 1 : "Contrairement à ce qu’on dit, l’intégration ne va pas si bien que ça : le quart des étrangers qui ne sont pas d’origine européenne sont au chômage, les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés".

Un chiffre sorti de nulle part, car la France interdit les statistiques ethniques, brandit comme une preuve supplémentaire qu'il faut maîtriser l'immigration et renforcer l'assimilation dès le plus jeune âge.

Claude Guéant réitère sa démonstration à l'Assemblée nationale, citant le dernier rapport du Haut conseil à l'intégration (HCI). "Deux tiers des enfants d'immigrés se trouvent sortir de l'appareil scolaire sans diplôme", répète-t-il.

Problème : ledit rapport ne donne pas précisément ce chiffre, mais d'autres, plus nuancés. Les raccourcis du raisonnement de Claude Guéant sont rapidement relevées par Rue89 et par Libération, qui lui consacrera à trois reprises sa page désintox.

Le fait que les enfants d'immigrés sortent plus souvent sans diplôme que les enfants de natifs est une réalité, mais pas dans de telles proportions. Et ce n'est pas un problème d'assimilation ratée, comme le suggère le ministre.

Le rapport du HCI avance d'autres explications quant aux difficultés scolaires des enfants immigrés. Si ceux-ci ont davantage de difficultés que la moyenne, c'est d'abord parce qu'ils sont plus souvent que la moyenne issus de familles modestes. De plus, Marianne2 rappelle aussi que "les inégalités économiques ne suffisent pas à elle seules pour expliquer l’échec scolaire des enfants d’immigrés".

Aide aux devoirs moins fréquente ou moins bonne connaissance du système scolaire en sont aussi les causes.

Suite de la polémique : Claude Guéant change de source et cite cette fois une étude de l'INSEE de 2005, qui ne confirme pas plus ses propos. Il est à nouveau épinglé par Libération… Et envoie au journal un droit de réponse, dans lequel il confirme ses chiffres. Pendant ce temps là, l'INSEE (sous la tutelle de Bercy) reste étrangement silencieuse...

Dernière épisode en date, le 31 mai Claude Guéant persiste et signe avec une tribune dans Le Monde, intitulée "Quelle France pour demain?". "S'assimiler, c'est aller plus loin, c'est épouser notre culture, c'est participer pleinement aux formes essentielles de la vie sociale et culturelle française. C'est se fondre dans un destin collectif. L'assimilation n'est pas la négation de la différence. Elle est simplement l'invitation à se sentir bien dans notre nation."

Au delà de la polémique des chiffres et des réponses par tribune interposée, les propos de Claude Guéant s'inscrivent, comme les précédents, dans une logique de stigmatisation des étrangers. Une fois de plus, les immigrés sont vus comme une source de négativité et non comme un apport positif à la France. Réaction de la journaliste Véronique Soulé sur son blog :

"L'effet recherché par Guéant parait clair: montrer du doigt une fois encore ces immigrés dont les enfants travaillent mal, que l'école de la République accueille à bras ouverts, qui font baisser les résultats, voire font prendre du retard à leurs camarades français de souche, et qui coûtent cher au pays".

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Il a beaucoup été question de binationalité ces derniers temps. Parti de l'affaire des quotas dans le football, le débat s'est rapidement étendu à l'ensemble des citoyens issus de l'immigration. Une proposition a mis le feu aux poudres : le député-maire UMP du XVIe Claude Goasguen a suggéré qu'il fallait contraindre les binationaux à "choisir entre deux nationalités".

La moitié des personnages de notre webdocumentaire sont franco-roumains. Pourraient-ils chosir? Impossible, tellement la double culture est ancrée chez eux. Roxana Maracineanu, ancienne championne de natation, le dit bien : "Je garderai mes racines jusqu'au bout, même si ma vie est en France. Je compose avec les deux".

A défaut de forcer les binationaux à choisir l'une des deux natonalités, le rapporteur du projet de loi sur l'immigration Thierry Mariani a proposé de créer un "registre des binationaux". Nos franco-roumains n'ont pas plus envie d'être fichés! Que ce soit le journaliste Vasile Damian qui a obtenu la nationalité française en 2000 ou l'actrice Rona Hartner qui a été naturalisée en novembre dernier.

Même sentiment chez une blogueuse franco-roumaine, qui suit de près notre projet : "j’ai envie de garder un lien avec mes racines!", écrit-elle, très remontée contre ces idées. "Je trouve cela d’une ironie délicieuse le fait qu’un parlementaire remette en cause la faculté d’avoir deux citoyenneté alors que l’un des buts de l’Union Européenne est d’effacer le sentiment d’appartenance nationale, et par la même, les sentiments nationalistes, pour laisser la place à un sentiment d’appartenance communautaire."

D'autres binationaux ont réagi à ces propositions en prenant la parole dans le journal Libération. D'abord une tribune de trois binationaux puis lors d'un appel à témoignages. Tous racontent la même incompréhension, la même colère et la même détermination pour conserver leur deux (ou trois, ou quatre!) nationalités.

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Pas facile d'obtenir les financements classiques du documentaire lorsqu'on a 24 ans, qu'on sort d'école de journalisme et qu'on réalise sa première oeuvre! A fortiori lorsqu'il s'agit d'un webdocumentaire, un format encore nouveau où il n'existe ni barême d'achat, ni budget dans les rédactions...

Alors nous voilà sur KissKissBankBank! On y croit. Fort. Autant que dans notre sujet. Montrer que les immigrés roumains sont de moins en moins bien reçus depuis trente ans. Raconter, s'indigner. Donne la parole.

Nous avons choisi huit histoires, huit parcours, qui illustrent la diversité de cette immigration, de l'intégration réussie à l'insertion impossible. Ces huit histoires seront complétés par des témoignages énvoyés sous forme de vidéo par d'autres Roumains.

Participatif dans son financement, Paroles de Roumains l'est donc aussi dans son contenu. C'est un double pari que nous faisons... Avec vous! Le pari de recevoir des contributions qui donneront tout son sens à notre sujet, et celui de récolter 2 000 euros pour finaliser un an de travail.

C'est un peu fou finalement d'avoir besoin des autres - contributeurs et Kissbankeurs -pour faire aboutir un rêve qui est le nôtre. Un peu à l'image de ces immigrés qui arrivent sans repère et qui ont besoin d'aide pour construire leur vie ici. Nous souhaitons que ce rêve devienne un peu le vôtre.

Nous avons 60 jours vous faire rêver!