The project
Synopsis
Il savait que cette invitation était un piège. Ces 3 minutes de célébrité à la télévision n’étaient qu’un prétexte pour lui faire payer ce vase de famille. Pourquoi lui ? Il donnait son corps 35 heures à la société et cela ne leur suffisait pas ? Son père était sûrement derrière tout ça. C’était louche. Et lorsque la présentatrice lui a posé une question dans la rubrique « poterie et céramique » il a tout de suite su qu’elle était de mèche. Et c’est là que tout a basculé.
Le projet, naissance et cheminement
Route des Cévennes
Ce projet a commencé sur une petite route des Cévennes lors de l’été 2012. J’ai eu l’idée de cette histoire et je l’ai notée sur un cahier. En effet j’ai toujours aimé les nouvelles, le fait de pouvoir rapidement passer dans un univers et d’exprimer une idée à travers un personnage. Comme je l’écrivais plus par plaisir que dans un but professionnel il me manquait des avis et je fis lire cette nouvelle à Andry. Il trouva l’histoire très cinématographique. Comme ces dernières années, j’étais plus dans le secteur documentaire, mais que j’ai toujours adoré les histoires et les fictions, je me suis laissé convaincre d’en faire un court métrage et une équipe est née soudée par la passion du cinéma, de l’image et du récit.
Note d’intention
L’idée de ce court métrage est de partir d’une personne parfaitement intégrée à la société et à priori ordinaire. Mais tous ses actes sont mis en relation avec la voix off du protagoniste qui commente de manière cynique son quotidien.
Le spectateur sera frappé par le contraste entre la vie banale du narrateur qui semble intégré à la société (métro-boulot-dodo) et la logique surréaliste de sa pensée qui nous fera prendre conscience petit à petit de sa folie. Seront mis en parallèle les commentaires du narrateur et ses actes. Parfois le décalage entre eux sera comique mais la finalité tragique des actes du héros enrichira le récit. En effet l’idée est d’éviter de tomber dans un coté « pathos » et les pensées surréalistes du héros apportent un humour décalé qui dynamise le rythme du récit. La multiplicité des lieux où évolue le narrateur et la mise en scène centrée sur son regard permettront de renforcer ce dynamisme.
Le personnage sera ainsi un mélange entre la gravité d’un personnage Kafkaïen et le comique d’un personnage décalé à la Buster Keaton.
Exemples de personnages qui m'ont inspiré:
Sean Penn dans Assassination of Richard Nixon 2004
Travis Bickle dans taxi Driver Martin Scorsese 1976
The Barber Les fréres Coen 2001
Esthétique du film
Du point de vue du découpage, la réalisation privilégiera un coté classique avec une majorité de plans fixes, travaillés afin de rendre l’action la plus lisible possible.
Une grande importance sera accordée à la lumière afin de rendre ce court métrage esthétique sans toutefois verser dans un coté exagéré ou publicitaire. Le court métrage s’inspirera d’un univers que l’on peut retrouver dans des séries HBO tel que les Sopranos, afin de rendre l’action réaliste sans toutefois tomber dans une esthétique de reportage. Les rares plans en caméra épaule seront là pour appuyer les scènes d’explosion de violence, le contraste esthétique renforcera ainsi le côté soudain et impulsif de l’action.
Les sopranos .HBO
Concernant la lumière nous considérons comme référence des films comme le parrain ou encore les films de Sydney Lumet (période des années 70) où une image légèrement désaturée permet d’éviter un coté sur-esthétisant voir publicitaire et donne un coté intemporel au film et à son propos. Contrairement à ses films nous ne tournerons pas en pellicule ce qui nous permettra de favoriser les basses lumière et ainsi de renforcer l’aspect sombre et introspectif du personnage.
Le prince de New York S. Lumet 1981

Le Son privilégiera la voix off du personnage qui occupe une place centrale dans le récit. Cette voix sera couplée avec des nappes sonores, composées, qui resteront en retrait tout en assurant une homogénéité globale. La subjectivité du récit et des événements perçus par le personnage sera ainsi renforcée.
Extrait du scénario (voix off du personnage central)
"Je me souviens c’était par un après midi de Juillet.
J ‘avais l'âge où l’on s’émerveille devant un bout de ficelle que l’on traîne afin de créer sa propre pièce éphémère. En jouant avec mes personnages dans une pièce du salon, j’ai fait tomber le vase et plusieurs générations se sont effondrées avec bruit. Mon père me l’avait dit, ce vase avait été rapporté d’Arménie, seul survivant d’un génocide et je venais de le briser.
Je me souviens du regard de mes parents.
Ils m’ont dit qu’ils n’oublieraient jamais et qu’ils savaient que je l’avais fait exprès et pourtant ils ne m’ont pas puni. C’était louche.
Depuis lors ils m’observent et je sais qu’ils veulent me rendre la pareille, je sens l’odeur de la vengeance flotter dans l’air.
Je me souviens c’était une journée de plus en milieu de semaine.
Je me faisais cette réflexion bien que je n’ai rien à attendre du week end
Si ce n’est un peu plus de déception.
Et puis le téléphone a sonné.
J’avais gagné quelque chose d’extraordinaire.
Mes 3 minutes de célébrité à la télévision, pour une émission pleine de questions et d’argent à la pelle.
C’était louche..."
Quelques photos de la maison d'enfance du héros





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