Saviez-vous qu'en Corée du Sud, les motels sont de véritables lieux de vie ? Ils en disent long sur la société et son rapport à l'intimité.

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Présentation détaillée du projet

Depuis longtemps grandit en moi l’envie de concrétiser un travail documentaire autour de la Corée du Sud, que j’ai appris à connaître à travers divers séjours dans le pays, de nombreuses discussions avec des Coréens, des lectures, des recherches et travaux, mais également à travers son cinéma.

 

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Vivre un an à Séoul et découvrir la culture et le cinéma coréen ont été pour moi deux expériences complémentaires. L'une et l'autre étaient liées, et m'ont permis de mieux comprendre l'histoire, le peuple coréen. En partant une année en Corée du Sud en 2012-2013, je n'imaginais pas la barrière socioculturelle à laquelle j'allais être confrontée. Les premières semaines ont été un temps d'adaptation, de remise en question aussi, avec la prise de conscience que nos habitudes et codes européens n'avaient pas forcément la même valeur de l'autre côté du globe. De nouvelles interactions sociales étaient à comprendre, à apprendre. Au départ, notre statut d'étranger rendait les coréens bien plus indulgents à notre égard. Mais je me suis rapidement aperçue qu'intérioriser ces nouvelles manières de vivre ensemble pouvait grandement contribuer à une meilleure compréhension du pays. J'ai par conséquent également décidé d'orienter mes cours dans ce sens. Ainsi, mes deux semestres à l'Université de Chung Ang, spécialisée dans le cinéma, ont été l'occasion pour moi de travailler sur la culture coréenne, la politique coréenne, la place des femmes en Corée, ou encore le cinéma coréen. Au fur et à mesure de l'année, des choses me paraissant étranges ou peu commodes au départ sont devenues pour moi plus automatiques. Je me suis rendue compte que de nombreux éléments de mon quotidien coréen ne pouvaient se comprendre qu'en lien avec les aspects historiques, culturels, et sociaux de la Corée du Sud, à commencer par l'étiquette gouvernant les interactions sociales. 

 

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Le motel m’a vite semblé être le lieu idéal autour duquel je désire construire mon documentaire. Dans la culture coréenne, les obligations sociales sont rarement remises en cause, et le regard des autres est présent dans la plupart des rapports sociaux, notamment dans les relations sentimentales et sexuelles. Cet ensemble de règles a pour but de créer un certain conformisme social. Ainsi, ne pas être marié à 30 ans va souvent être considéré par la société comme un échec social. La sexualité est un sujet tabou, et pourtant, il y a des motels dans toutes les rues de Séoul.

 

Il me parait donc fascinant de me pencher sur le rapport aux lieux intimes, et sur la liberté ressentie dans ces lieux.  Comme la société coréenne brime sa population, celle-ci semble changer de masque à l’abri des regards : dans les lieux clos, les coréens se révèlent, de manière exacerbée. Séparés du groupe, ressentent-ils un réel sentiment de liberté ?

 

Ce film dépeindra un rapport à l’intimité spécifique à la culture du pays : en Corée, les appartements ne sont pas des endroits où l’on passe du temps et où l’on invite des amis. Ils sont de petite taille et restent très fonctionnels. Dans la rue, les motels sont partout. De la campagne profonde à la capitale, en passant par les petites villes de province, les coréens s’y rendent, peu importe leurs milieux sociaux. De tous types : miteux, délabrés, souvent kitsch, disgracieux, ou luxueux ; ils sont le symbole d’une société coréenne disparate.

 

Au delà du désir d’échapper à la réalité, le fait d’aller au motel trouve son origine dans divers motifs concrets, que je désire découvrir plus en profondeur à travers ce travail. Avoir une relation extra-conjugale, assouvir ses fantasmes, se confier, boire avec des amis, mettre fin à une relation… Certains coréens y vont parfois même partager une chambre avec leur épouse : c’est un véritable lieu de vie.

 

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Le Motel représente donc un monde à part, une parenthèse dans laquelle les coréens sont séparés du groupe, et donc plus enclins à réaliser leurs désirs personnels. C’est ce qu’explique Park Ki-yong, réalisateur de Cactus Motel (1997) : "Il peut se passer toutes sortes de choses dans la chambre d'un motel (...) Bien entendu, il pourrait se passer la même chose dans un café, un parc et bien d'autres endroits. Mais ce qui fait la particularité d'une chambre de motel, c'est l'intimité totale et la liberté qu'elle procure. C'est un lieu clos. Un motel est un petit univers."

 

 

J'ai donc décidé d'aller à la découverte des motels et de leurs occupants, qui ont été pour moi source d'une grande fascination. A partir de ces lieux, je désire partager certains aspects de la culture coréenne. Ce documentaire sera aussi certainement source de surprises et de nouvelles observations. Il viendra probablement bousculer certaines de mes certitudes. Alors, en route ! 

 

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À quoi servira la collecte ?

Transports : 1100 euros.

--> Billet d’avion Paris-Séoul/ déplacements à Séoul ainsi qu’à l’intérieur du pays. 

 

Hébergement : 800 euros.

 

Matériel technique : utilisation d’un appareil CANON 70 D et d’un trépied perso pour les prises de vue.

Achat prévu : micro RODE et light panel : 300 euros.

 

Dépenses quotidiennes - organisationnelles  : 1000 euros.

 

Frais Kiss Kiss Bank Bank : 150 euros 

 

Post production : budget indéterminé 

 

Budget total (sans la post-prod) : 3350 euros

Objectif de la collecte : 1900 euros. 

 

Dates de tournage : Courant Mars-Avril 2017

 

Personne qui recevra les fonds : Alexia Montegu

 

Si la collecte parvient à dépasser son objectif, cela permettra notamment d'investir dans la post-production!

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alexiamontegu

Il y a quatre ans, j'ai choisi de partir un an à Séoul dans le cadre de mes études à Sciences Po Lille. A mon retour, j'ai réalisé divers travaux universitaires concernant la culture coréenne, notamment lors d'un mémoire de recherche en 2014, sur la crise identitaire coréenne mise en scène par son cinéma depuis les années 1990. Après un stage en... Voir la suite

Derniers commentaires

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de la part de béa et sa fille..... bravo encore nous te soutenons !!! super comme projet
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Bravo ma B, hâte d'en voir davantage !!
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Objectif atteint! Je te suis au bout du monde, chouchou