"Deux hommes, un mort et une condition." Un court-métrage comédie noire de 3 min

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Présentation détaillée du projet

 

 

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2 Hommes

1 Cadavre 

1 Condition

Le tout dans une tour de banlieue

 

SCENARIO 

DE Amélie SOUTEYRAND, Cédric MAUNIER et Julien JOANNEL

 

1.     INT / JOUR – SALON APT A LA DECORATION KITCH

 

PAUL, jeune blanc de 27 ans au regard noir, et JEAN, beau black de 45 ans, habillés du même costard cravate, regardent d’un air perplexe quelque chose à leurs pieds. Ils restent encore un moment immobiles devant un sac mortuaire renfermant un corps aux mensurations exceptionnelles dont les jambes dépassent du sac à mi - mollet. Jean de manière très professionnelle vient se placer au niveau des pieds de la dépouille. Il se baisse pour attraper le corps mais relève la tête quand il voit que Paul n’a pas bougé d’un pouce.

 

PAUL

(S’exprimant comme une kaillera, vénère.)

« Non, non... vas y moi je touche pas ça là… Mec t’es fou ou quoi. Moi je suis là juste pour que tu me signe mon paplar là pour la réinsertion (lui montrant un papier administratif)… Vas y démerde toi… C’est pas un job là ce que tu fais... C’est un truc d’esclave ...»

 

JEAN

(Se redressant et s’approchant, autorité naturelle.)

« Bon… Je crois que t’as pas compris en fait… Soit tu m’aides à le descendre et je te signe ton papier. (Jean lui arrache le papier des mains.) Soit tu continues à faire le malin et tu peux retourner d’où tu viens… »

 

PAUL

(Vénère, insultant.)

« Non, vas y moi je le touche pas… c’est toi le professionnel des morts là... l’esclave.»

 

Jean, le papier en main, regarde Paul sans ciller.  Paul soutien le regarde de Jean d’un air de défi mais fini par jeter un coup d’œil au sac mortuaire. Jean souffle, l’air de dire « baltringue », et le bouscule en se dirigeant vers l’entrée. Paul regarde Jean s’éloigner puis le corps.

 

PAUL

(Comprenant que Jean le laisse en plan, Paul « vénère ».)

« Vas y là… tu va où ?... »

 

Jean, de dos, lui montre le papier qu’il tient dans sa main et disparaît sur le palier sans répondre. Paul seul au milieu du salon jette encore un regard vers le sac mortuaire puis vers la porte d’entée déserte.

 

PAUL

(Criant vers la porte d’entrée, faussement sympathique.)

Vas y on se le joue à Chifoumi cousin... »

 

Silence.

 

 

2.      INT / JOUR – SALON, CUISINE APT A LA DECORATION KITCH

 

Paul, assis dans un fauteuil du salon, dos au sac, jette un regard furtif sur la dépouille et peste contre Jean « Putain d’enfoiré de Black. »

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Paul, nerveux, s’approche, du sac, tend une main d’un air dégouté puis s’en éloigne, et se tient la bouche, comme si il allait vomir…

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Paul, debout face au sac, les mains sur les genoux, fixe le corps d’un air déterminé. Ses bras miment une prise imaginaire pour tirer la dépouille… Il finit par souffler pour se donner du courage.

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Paul a enlevé sa veste de costard et l’a mise sur le haut du sac, de sorte qu’il n’ait pas à toucher directement le sac. Il tire dessus comme un forcené en direction de la porte d’entrée, mais le sac ne bouge pas d’un iota. Il s’y reprend, tire de plus belle, glisse et s’étale sur le sol, livide, essoufflé et en sueur. Le sac semble collé au sol. Encore allongé, il regarde autour de lui à la recherche d’une autre solution.

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Paul qui a desserré son nœud de cravate, ouvre des placards, des tiroirs… et trouve des ustensiles de cuisine, cuillères, fourchettes, couteaux, mais rien d’efficace… soudain, une scie métallique, le regard de jean s’illumine, il se retourne sur le sac, le regard illuminé, puis, on lit dans son regard que l’idée n’est pas si lumineuse. Il repose la scie.

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Paul ouvre un autre placard et trouve un plaid carré à fleur. Il réfléchit, puis son regard s’illumine à nouveau.

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Paul étend le plaid à côté du corps.

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Paul fait rouler le corps, non sans mal, sur le plaid mais les jambes dépassent encore. Il regarde autour de lui et voie un caddie de course à roulette qu’il passe sous les jambes du défunt.

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Paul, en nage mais pas peu fière, contemple son installation au milieu du salon. Le corps a les pieds surélevés sur le caddie à roulette et le reste sur le plaid.

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Paul tire sur le plaid et fait glisser le corps sur le parquet, les pieds du défunt légèrement en hauteur sur le caddie dont les roues couinent jusqu’à l’extérieur de l’appartement…

 

 

3.     INT / JOUR – PALIER  et ASCENCEUR TOUR

 

La main de Paul appuie sur le bouton de l’ascenseur qu’on entend se mettre en marche. Paul, défait, attend que l’ascenseur arrive, le corps à ses pieds est toujours installé sur le plaid à fleurs et soutenue par le caddie à roulette. L’ascenseur arrive. Un bip retentit, les portes de l’ascenseur s’ouvrent. Paul, dans un dernier effort, tire le corps raide dans l’ascenseur.

Paul se redresse victorieux et s’apprête à appuyer sur le zéro quand les portes se referment sur les jambes qui dépassent sur le palier.

 

VOIX OFF ASCENCEUR

« Onzième étage. »

 

Les portes se ré-ouvrent.

Paul, la main suspendue, se décompose.

Puis les portes se referment et buttent contre le corps.

 

VOIX OFF ASCENCEUR

« Onzième étage. »

 

Paul inspire profondément et s’apprête à hurler.

 

VOIX OFF ASCENCEUR

« Onzième étage. »

 

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4.     EXT / JOUR – FACADE TOUR IMMEUBLE

 

Jean est en train de tirer une bouffée sur sa clope quand … (son de chute) le sac mortuaire enroulé de son plaid à fleur tombe derrière lui dans un énorme fracas.

Jean se retourne, halluciné, regarde à ses pieds puis lève les yeux. La tête de Paul dépasse d’une fenêtre au 11e  étage.

 

PAUL

(Criant, sur vénère.)

« Hé croc morts ! … C’est bon tu peux me le signer mon paplar là ! »

 

 

FIN.

Musique générique : Beastie Boys - Three MC's and One DJ.

 

 

NOTE D'INTENTION :

 

Pourquoi ?

Les Pompes Funèbres sont un milieu  professionnel qui nous a toujours interloqués.

Le rapport à la mort, est une chose étrange et personnelle.  Mais comment fait on quand on vous impose ce rapport tactile avec des cadavres, et que vous n’avez pas choisi le métier d’assistant funéraire… enfin de croque-mort ?

C’est exactement la situation dans laquelle nous avons voulu placer Paul.

Paul a commis des fautes, des vols et vendu des produits stupéfiants. Il écope de 3 ans de prison et d’une libération conditionnelle de 2 ans. Il doit se racheter aux yeux de la société sinon retour à la case prison sans toucher les 20 000 Francs.

Il est donc embauché, chez Monsieur Gérard qui lui propose un contrat de travail et une formation au métier du funéraire. Paul va devoir passer par toutes les étapes obligatoires pour comprendre « le business de la mort » comme le dit son patron (le retrait des corps, l’embaumement, les veillées funéraires et les enterrements).

Mais bien évidemment quand ce n’est pas votre « came » les morts, tout devient un peu compliqué, surtout quand votre passé de « lascar de banlieue » vous rattrape.

Dans « A votre service », nous sommes donc témoin du premier retrait de corps de Paul. Paul doit aider Jean, assistant funéraire chevronné et qui en a vu d’autre, à descendre un corps de 120kilos et de 1m 97. Jean est froid et professionnel face à un Paul, réticent à la tache.

 

L’idée du film est de montrer Paul en difficulté face à ces propres limites psychologiques et physiques, et surtout face à ses propres choix. Ce n’est pas un personnage sympathique, il est teigneux, revanchard et de mauvaise foi. Il se comporte face à Jean comme avec un co-détenu, chacun pour soi et Dieu pour tous. Paul n’a pas encore quitté la prison. Il a une vraie violence en lui et Jean le voit bien. Il va donc le laisser face à ses responsabilités.

Paul doit trouver une solution pour descendre ce cadavre, sont avenir en dépend. Le duel avec Jean, teste son mental et la séquence burlesque de déplacement du corps mort le met physiquement actif face à son destin (même si la solution envisager pour descendre le corps est assez discutable.)

La comédie vient de la situation présentée, et de savoir comment Paul va s’en sortir ? Et quel choix il va faire ? Car comme disait le poète : « Se révolter ou s’adapter, il n’y a guère d’autre choix dans la vie »

 

Comment ?

La caractéristique du film, va se porter sur l’aspect graphique de l’image. Les séquences seront filmées en plan séquence avec un cadre fixe composé par le décor et le jeu des comédiens. Le in et le off,  laisse le spectateur imaginer la suite des actions et nous permet de créer la comédie. Nous rendons hommage au cinéma de comédie Scandinave, notre référence la plus parlante est le cinéma de Roy Andersson qui a réalisé « Nous les Vivants ! », un réalisateur qui profite du décor et de l’espace pour faire naitre la comédie absurde et bien vivante, qui nous questionne réellement sur le regard et prend le spectateur comme un véritable témoin.

       

LES COMEDIENS: 

 

Dans le rôle de PAUL: Paul JEANSON

 

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Dans le rôle de Jean: Jean ERNS

 

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LE DECOR:

 La cité des choux de Créteil.

 

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À quoi servira la collecte ?

 

La collecte d’argent va nous permettre entre autre de financer :

 

1/ La location d’une caméra ALEXA, ce qui nous assurent une image de cinéma avec un très beau rendu.

  ainsi que du matériel technique ( lumiére et machinerie)

2/ Indemnisation pour le décor, parce que pour avoir un beau décor parfois il faut laisser un petit billet.

3/ Pouvoir déplacer et nourrir les super techniciens qui nous suivent dans cette aventure et aussi les repas et défraiement pour la post production (les monteurs adorent les Granola à la noix de coco).

4/ La décoration et les costumes, notamment l'aménagement de l'appartement dans une ambiance tout 70's ( Emmaus c'est pas gratos !!) 

5/ Faire vivre notre film en Festival par la suite ( les inscriptions et les envois).

On vous l'a prouvé avec "Je suis Albert Dubreuil", faire vivre son film c'est primordial !! Sinon ça sert à quoi tout ça ? d'ailleurs pour ceux qui n'ont pas vu notre premier court-métrage : 

 

 

 

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Julien Joannel & Amélie Souteyrand

LES REALISATEURS : Amélie SOUTEYRAND, originaire du Sud-Est, et Julien JOANNEL, originaire du Sud-Ouest tentent de cultiver des canards et des oursins en Picardie mais après un échec cuisant, ils décident de changer leurs fusils d’épaules. Le monde du cinéma et de la télévision leurs ouvrent alors ses portes. Après 10 ans d’assistanat à la mise en scène... Voir la suite

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Il est 5h28 du matin... Complètement bourrée Tata Kronenbourg vient de clôturer cette collecte (et franchement j'en suis méga fière). Vous allez déchirer ! I believe you can fly!
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Pour que l'écriture devienne film...
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Bravo the Couples ! Bon tournage !