Soutenez l'édition de mon premier album de photographies "Accepte-le", sortie prévue à l'automne 2016, aux Editions The Eyes Publishing.

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Présentation détaillée du projet

 

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« Accepte-le - Un album portugais 1919-1979 » est l’album de photographies d'une famille portugaise fictive que j'ai créé de toutes pièces. L’histoire se passe à Lisbonne au Portugal, en Guinée Bissau et en Angola, anciennes colonies portugaises, au 20e siècle. J'ai conçu et réalisé cet objet entre 2014 et 2016. Ce livre sera publié aux éditions The Eyes Publishing et s'accompagne d'une exposition qui se tiendra pendant Le Festival International Encontros da Imagem 2016, dont l'inauguration est prévue entre le 21 et le 25 septembre, à Braga, au Portugal.  

 

En voici le résumé :

Ce récit photographique à la première personne d'une femme d'une cinquantaine d'années prend la forme d'un album de photographies de famille. Deux lettres, des brèves légendes et des documents annexes conduisent le lecteur à la découverte de ces 90 photographies intimes des années 20 à la fin des années 70.

En 1979, à Lisbonne, Fernanda a confectionné, à l'attention de son fils aîné qui a coupé les ponts avec elle, un album de photos de famille pour lui faire une bouleversante révélation sur leurs origines. S'adressant à lui tout au long de l'album, elle revisite leurs propres images familiales au côté de photographies reçues un an plus tôt d'une autre femme, Catarina, qui prétend, dans une lettre choc, être sa sœur d'Afrique. Fernanda pose un regard nouveau sur les siens et découvre tout un monde ignoré. Cette famille dispersée peut aussi regarder l'histoire de son pays, dans ce cas, celui du Portugal et de l'empire colonial déchu, de sa dictature, de la violence qu'elle charrie. Enfin, le lecteur affronte l'illusion photographique dans un livre où le vrai et le faux ne se contredisent pas. Un secret de famille est révélé par deux fois. Le silence premier d'une femme, le mystère d'un père inconnu, d'une sœur lointaine, l'éloignement inexpliqué du fils : les non-dits apparaissent en filigrane sur les pages de cet album.

 

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Un projet très personnel né dans un autre pays que le mien

 

En août 2014 j'ai emménagé à Lisbonne, une ville qui m'était inconnue. Portée par le mystère de la ville, je me suis rapidement retrouvée au marché aux puces historique de la ville, la Feira da Ladra. Avec lenteur, je me suis laissée aller à la poursuite d'une ligne invisible. J'ai d'abord acheté une première photographie, puis une autre, une troisième, et ainsi de suite, les choisissant avec soin, jusqu'à collectionner des dizaines de ces petites images anonymes, sans connexions avérées les unes avec les autres. Ces images sont des photographies de famille dépositaires d'un bien commun que je voudrais comprendre, la mémoire d'un peuple. Il m'a fallu des mois pour les collecter, fouillant dans les boites chez différents vendeurs. Peut-être ai-je contourné le barrage de la langue en voulant faire parler les photos. Elles ont été d'abord et avant tout un support de contemplation sur lequel je me projetais, rêveuse, troublée. Il a fallu ensuite les apprivoiser et redonner la vie à ces bribes d'existence, sous la forme d'une fiction narrative. J'ai vécu des semaines avec ma collection de photos autour de moi, écrivant mentalement mon scénario. Les pages de l'album vierge changeaient souvent. Le temps passé et perdu au milieu de ces visages et de ces situations semblait incompressible. Je me suis posée la question : de quelle mémoire s'agit-il ? Lorsque je regardais toutes ces images, j'avais la sensation d'une troublante ressemblance entre ces personnes. Je suis partie de que j'ai vu. Faisant confiance à l'inconnu, mes pensées m'ont emmenée vers l'autre, cet autre portugais, à travers sa vie de famille et sa mémoire intime abandonnée un jour au marché aux puces. La rencontre accidentelle avec un visage sur une vieille photographie a déclenché un départ de rêve comme un départ de feu.

 

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Ce livre s'accompagne d'une contribution personnelle et originale de l'historienne Filipa Lowndes Vicente, chercheuse à l'Institut des Sciences Sociales de l'Université de Lisbonne, dont les thèmes de recherche englobent la production des connaissances, écrits et images dans le contexte colonial, mais aussi l'histoire des voyages, de la photographie, des musées et des expositions, aux XIXe et XXe siècles.

 

Extrait

« Près de dix ans ont passé et je m’intéresse plus encore à ces dépouilles de l’intime. Je n’ai plus honte de m’emparer de ces fragments de la vie d’autrui. Même si la vue de ces paquets de photographies à vendre, déposés dans des boîtes en carton à même le sol de la Feira da Ladra, me rend triste. À présent que je vis à Lisbonne, à deux pas du principal marché aux puces de la ville, c’est là que je continue d’acheter des photos. J’en prends par paquets, je les regarde, vite, avant de les faire glisser les unes derrière les autres, comme nous faisions enfants avec ces vignettes que l’on s’échangeait entre amis. Je l’ai, je l’ai, je l’ai, je l’ai pas, je la veux. Ça m’intéresse. Je la veux. Je vais l’acheter. « Les deux, deux euros. » « 1.50 ? », « D’accord, prenez-les. » Je les prends. Souvent, non pas parce que le sujet fait écho à mes thèmes de recherche, mais parce que quelque chose dans la photo a retenu mon attention ; ce punctum dont parle Barthes. Ce quelque chose qui nous attire sans que l’on sache bien pourquoi. »

 

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« Cette création immédiatement me fascina, cette fiction tissée de mots et d’images réunis dans un récit qui n’est pas vrai mais pourrait l’être. Je compris que cet album était l’aboutissement d’un long chemin. Pour son auteur, une façon de donner sens à sa nouvelle vie à Lisbonne, d’y être un peu moins étrangère ou, à tout le moins, de mieux comprendre l’histoire de ces lieux. C’était aussi un aboutissement pour les photographies. Les objets eux aussi voyagent, seuls ou accompagnés. D’où viennent ces photos ? Du Portugal, oui. Mais aussi d’Afrique, de ces ex-colonies qui n’étaient pas encore ex. Comment le sait-on ? On ne le sait pas. Sur certaines, on peut voir des blancs, des noirs, parfois des noirs en position subalterne, comme cette photo sur laquelle un domestique sert du thé à une dame bien habillée. Ou cet homme qui pose en tenue de soldat, comme tant d’autres pendant la Guerre coloniale. Mais ce passé colonial surgit aussi des mots et de la distance. De l’histoire racontée par Céline.

L’intime et la subversion de l’intime. Les personnes photographiées ne sont pas des acteurs, ce n’est pas un roman-photo des années 1970. Ce sont là de vraies personnes à qui l’on a fait revêtir sans le savoir les habits de personnages de fiction. Leur vie ne leur a pas été volée car ils ont vécu. Ces personnes ont existé, elles apparaissent ici comme tel. C’est nous qui ne les connaissons pas. Et c’est ainsi que nous regardons et lisons leur histoire dans les interstices de cette duplicité irrésolue entre vérité et fiction. Les photographies, comme les personnes que l’on y voit, ont eu ce faisant une deuxième vie. (...) Ce sont ces hommes et ces femmes qui sont ici. Mais cela aurait pu être nous. »

 

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Extrait de la lettre de Catarina

« Fernanda,

Tu ne me connais pas. Je suis Catarina, ta sœur d'Afrique. Je suis née en 1917 à Bissau. La famille de mon père y est installée depuis la fin du 19e siècle. Nous sommes africains, blancs, de Guinée. J'appartiens au passé, celui de l'empire portugais englouti. Je venais d'un tout petit pays de cet empire, je ne regardais pas le monde comme on me force à le voir maintenant. Nous avions tout et nous n'avons plus rien.

Je joins à cette lettre des photographies de moi, de mon mari José qui est mort là-bas assassiné, de mes enfants Carlota et Vasco qui sont seront bientôt seuls. Tu trouveras des photographies de notre père et de la famille da Cunha et divers documents. Il ne me reste plus grand chose de ce temps vécu en Guinée. Nous avons dû partir l'été 1974 et pendant le voyage, plus de la moitié de nos malles ont été égarées. Avec elles, c'est ma vie qui s'est enfuie. Nous sommes arrivés en métropole, en terre inconnue. Ce fut l'hôtel à Lisbonne pendant des mois, les échanges avec les fonctionnaires du IARN jusqu'à ce qu'on nous pousse dehors. Nous sommes partis à Madère, car dans cet archipel nous sommes plus près des côtes de Guinée, de notre pays qui est notre paradis perdu. »

 

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L'évolution du projet

En parallèle de la progressive acquisition des photos et de mon immersion dans la ville, ma curiosité pour le pays s'est nourrie de films, de lectures sur l'histoire, de romans, de la poésie d'auteurs portugais, de l'écoute de documentaires radiophoniques. Près de cinquante ans de dictature salazariste et la chute de l'empire portugais, conséquences des violentes guerres coloniales en Afrique pendant les années 60, ont muselé les mémoires individuelles et ont flouté la mémoire collective, malgré la Révolution des Œillets et le changement de régime, en 1974. Quarante ans plus tard, ce passé récent est encore un sujet délicat et, bien souvent, tu. Etrangère à cela, j'ai choisi de travailler autour du silence qui recouvre le fracas de ce monde disparu, mais dont les résidus existent et sont à portée de main. C'est aussi de la mémoire collective dont il s'agit, celle du Portugal en premier lieu, mais aussi, la mémoire de l'Europe, marquée par les tragédies et les vagues d'immigrations. Mais ce n'est pas tout. Si ces photographies m'intéressent, c'est aussi qu'elles s'apparentent pour moi à un bien commun et offrent la possibilité de parler universellement de l'intime. Je me suis réappropriée l'histoire de ces personnes en leur redonnant une place dans mon récit, quitte à changer le cours de leur propre trajectoire.

 

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En juillet 2015, j'ai rencontré Vincent Marcilhacy, le directeur des éditions The Eyes Publishing, qui a été touché par cet objet étrange. Il m'a d'emblée proposé d'en faire un livre ensemble. Puis Ângela Ferreira, la directrice du festival Encontros da Imagem, m'a également apporté son soutien en m'invitant à exposer en 2016. Chemin faisant, ma deuxième année à Lisbonne a été celle d'un intense travail pour enrichir et affiner ce livre. Grâce à cet album, j'ai fait connaissance avec des personnes qui sont devenues clés, comme l'historienne Filipa Lowndes Vicente, dont la sensibilité et la rigueur intellectuelle des propos éclairent cet ouvrage d’un regard singulier. Au fil de mes entretiens au Portugal avec des éditeurs, des curateurs, des libraires, des photographes, des anthropologues, des vendeurs des puces ou des habitants de Lisbonne, une matière précieuse est remontée à la surface et j'espère en avoir imprégné les pages de cet album.

 

 

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À quoi servira la collecte ?

 

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Où en est-on?

Avec Vincent Marcilhacy, nous avons travaillé durant des mois à préserver la nature du vieil album, tout en le faisant muer vers sa forme de livre publié. Ce livre est complexe, offre différents niveaux de lectures et d'écritures tout comme l'album original contient ses pages opaques et ses pages calques, des photos noir et blanc aux tons passés, du sépia, des couleurs des années soixante délavées.

La maquette finale qui requiert une grande exigence a été confiée au graphiste Hugues Vollant.

 

Afin de conserver sa singularité et sa justesse, nous avons choisi le laboratoire Janvier pour la photogravure, les papiers Arctic Papers et l'imprimerie Art et Caractère, en France.

 

Les traductions en trois langues sont en cours, l'impression est prévue au mois d'août.

 

C'est en mon nom propre et en tant qu'auteur de l'ouvrage, Céline Gaille, que je lance ce kisskiss Bankbank.  

 

Date de sortie

 

Grâce à votre soutien, « Accepte-le » paraîtra fin septembre 2016 chez The Eyes Publishing et sera prêt pour l'inauguration de mon exposition au Festival Encontros da Imagem, avant de venir à Paris.

 

 

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Caractéristiques

Parution : septembre 2016

Photographies : collection Céline Gaille

Textes : Céline Gaille ; Filipa Lowndes Vicente, Historienne, chercheuse à l'Institut des Sciences Sociales de l'Université de Lisbonne

Livre en 3 Langues : français (avec un cahier en annexe en portugais et en anglais)

Environ 100 photographies et documents annexes

112 pages textes et images

Impression en quadrichromie

Format : 29 x 22 cm à l'italienne

Relié couverture cartonnée  

 

Le budget du livre est d'environ 15 000 euros (graphisme, photogravure, traduction, relecture, achat des papiers, impression quadrichromie, façonnage, etc). L'investissement substantiel de l'éditeur The Eyes Publishing ne suffit pas pour l’heure à garantir la publication de l'ouvrage. Aussi, ai-je opté pour ce KissKiss BankBank d'un montant de 5000 euros. L'intégralité de la somme sera utilisée pour l'album, afin notamment de rémunérer le graphiste et couvrir le coût de la photogravure et une partie des frais des papiers et de l'impression. En plus de l'édition courante,  grâce à vos contributions, nous envisageons la production d'une édition limitée à 15 exemplaires, signés et numérotés : un véritable album fait main contenant la reproduction de chacune des photographies.

 

Plus la collecte grandira, plus elle permettra d'aboutir à un livre subtil, riche de sensations, exigeant et qui traite de sujets universels : la mémoire intime et sa place dans la mémoire collective, la photographie anonyme comme moyen de se réapproprier les silences et les oublis des Nations, la question des origines traduite en un voyage entre fiction et réalité. C'est un immense bonheur de se plonger dans ces images venues d'ailleurs, qui nous ressemblent tant, parfois. En contribuant à cette aventure, vous participez à une création contemporaine inédite et à la préservation du patrimoine intime de notre culture.

Merci

 

Les photographies qui composent cette oeuvre ont été achetées par son Auteure au marché aux puces "Feira da ladra", à Lisbonne, entre octobre 2014 et mars 2016. Elles ont été acquises les unes après les autres, chez différents vendeurs des puces, tout au long de cette période. Malgré les efforts réalisés en ce sens par l'Auteure, il ne lui a pas été possible d'identifier les personnes photographiées.

 

Les photographies qui composent cette oeuvre ont été achetées par son Auteure au marché aux puces "Feira da ladra", à Lisbonne, entre octobre 2014 et mars 2016. Elles ont été acquises les unes après les autres, chez différents vendeurs des puces, tout au long de cette période. Malgré les efforts réalisés en ce sens par l'Auteure, il ne lui a pas été possible d'identifier les personnes photographiées.

L'histoire narrée dans cette oeuvre est en tout point fictionnelle, et par conséquent il n'existe aucun rapport entre les personnes photographiées et les noms, les opinions et les liens familiaux qui leur sont attribués, comme il en va de toutes autres formes d'appropriations ou d'interprétation de l'oeuvre.

 

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Céline Gaille

Actuellement à Lisbonne, Céline Gaille, photographe française, a vécu à Paris, Rome et New York, a voyagé en Europe de l'Est et en Russie. Dans son travail d'auteur, elle nourrit un penchant pour ce qui est usé, étrange et intime. Sa curiosité pour ce qui est de l'autre côté du miroir la pousse à mettre en relation la mémoire et l'identité à travers la... Voir la suite

Derniers commentaires

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merci pour tout e boa sorte!!
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Un petit coup de pouce pour la dernière ligne droite.Claudine de Prada d'as Flores
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Bravo Céline! Je suis impatiente de découvrir ce fabuleux projet et de te revoir... Bel été.