Gardiens d'un héritage ancestral, les Ādivāsī perpétuent encore un art sacré en total communion avec la Nature : les fresques murales.

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The project

Ādivāsī, aux sources de l’art indien

 

       De l’Inde, nous connaissons tous Gandhi, ses gurus, les bords du Gange, le Taj Mahal, ses sadhus, ses femmes en saris mais une autre histoire, fort peu connue, mérite le même intérêt, celle de ses représentants originels  : les Ādivāsī.

 

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       Premiers habitants de l’Inde, ils ne représentent plus qu’une petite minorité de la population indienne. Souvent intégrés aux plus basses castes, ils tentent de suivre le dynamisme d’une société en perpétuel mouvement comme ils peuvent.

Pourtant, certains d’entre eux sont encore les gardiens d’un héritage passé, d’un trésor culturel, ignoré aussi bien par le gouvernement indien que par la plupart des institutions internationales, mais qui représentent un des fondements de l’histoire indienne : l’art sacré des fresques murales.

 

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En effet, à travers elles, se dessinent des traditions ancestrales, peut-être chamaniques, et elles pourraient bien être aux sources de l’art indien, ayant pu influencer, pendant les périodes successives de migrations, d’autres arts dans le monde tels celui des aborigènes d’Australie, ou la peinture hellénique en Grèce.

 

       Souvent qualifié d’art primitif et naïf,  cet art a souvent été déconsidéré par la plupart des connaisseurs alors que, plus qu’un dessin rudimentaire, il révèle un langage profond et abondant pour ceux qui s’y plongent.

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       Tout d’abord, fait unique dans l’histoire, il n’y a pas de discontinuité entre le moment où apparaissent les peintures pour la première fois, 7000 ans avant J.C. et maintenant. La période rupestre, (peintures sur les murs des cavernes de la période glaciaire) laisse place à la période sédentaire (à la fin de la glaciation, les fresques ornent désormais les murs intérieurs/extérieurs de chaque village). Cela veut dire que ce que nous avons actuellement sous nos yeux est un art tel qu’il était pratiqué aux temps préhistoriques.

       Les peintures représentent  des figures élémentaires comme des triangles, des points, des lignes verticales ou horizontales. 

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Chaque sujet est retranscrit dans sa forme la plus simple que ce soient des animaux ou des compositions végétales. Le peintre ne se perd pas en détail, il va à l’essentiel mais chaque trait a sa raison d’être. Et petit à petit, une fois que le sens est dévoilé, s’offre au spectateur l’accès à une culture subtile et complexe . Autrefois réservées aux femmes, les peintures peuvent maintenant être exécutées par des hommes dans certaines régions.

 

       Mais c’est une richesse qui n’est pas toujours bien protégée . L’inde entre de plain-pied dans l’économie mondiale. Son essor requiert une transformation rapide de son environnement (plus de routes, un exode rural important...) qui bouleverse petit à petit le contexte socio-culturel de ces communautés, amenées à changer radicalement de style de vie si elles veulent  continuer d’exister.  Malgré tout, même si le socle géo-social est en constante évolution, la tradition tente de perdurer, et de s’adapter, parfois en redéfinissant la relation entre le sacré et le profane, le public et le privé, la société et l’individu.

 

       Au cœur de ces fresques, on retrouve l’expression d’une joie de vivre, le sentiment d’une appartenance profonde émotionnelle et religieuse à l’unité et l’intégrité tribales, la maintenance d’un sens du sacré et une certaine harmonie.

       Peindre, c’est une communion avec la nature et les dieux tribaux avec qui la vie quotidienne est essentiellement connectée .

 

Ādivāsī, aux sources de l’art indien  est une série documentaire de 5 épisodes. Chaque épisode durera 26 min et abordera les styles adivasi propres à un état de l’Inde en particulier. Des 5 épisodes sera extrait un documentaire de 52 min regroupant les moments les plus intenses et pertinents.

Tous les épisodes sont désormais écrits. Celui que je souhaite réaliser en premier va se dérouler dans l'état du Jharkhand, Inde.

 

 

 

                                        Ādivāsī : aux sources de l’art indien

                                                                Jharkhand

                                                                    Part I

 

       En se baladant sur les routes du Jharkhand, on ne peut que remarquer ces peintures qui ornent les murs des villages. Les fresques sont en parfaite harmonie avec la nature : inspirées par la nature, utilisant des matériaux naturels et diffusant un message sur la nature.

 

       Les figures peintes sur les murs des maisons symbolisent la fertilité et la fécondité, l'abondance et la prospérité. 

Il y a essentiellement deux types de peintures pratiquées par les tribus sur lesquelles le documentaire se portera :

- Khovar, l'art de la saison de mariage

- Sohrai, l'art de la saison des récoltes.

 

L'origine de ces peintures remonte à l'art rupestre préhistorique (autour de 7000 av. J.-C).   

 

Khovar :

 

       "Kho" signifie la pièce et "var" signifie la mariée donc  Khovar symbolise la chambre nuptial. Décorer cette pièce est une tradition tribale.

La maison représente la mère  ainsi que la période agricole sacrée, Chouk. On recouvre les murs en boue de la maison par de la terre noire, à base de manganèse. Cette première couche représente la mère et les ténèbres. On la recouvre d'une deuxième couche blanche, à base de silice et d'argile. Cette couche va représenter le père, le sperme et la lumière. Avec un peigne, l'artiste va laisser apparaitre des figures noires sur fond blanc : cela symbolisera l'apparition de la Déesse Mère.

Ce type de peinture est assimilé à une des toutes premières formes d'écriture. Et l'on pense qu'avant même que le langage ne se soit développé, on utilisait ces signes pour communiquer. Ces formes sont donc considérées comme sacrées.

 

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Sohrai :

 

       Le nom "sorhai" provient d'un mot paléolithique ancien, "soro", signifiant "mener avec un bâton". C'est le festival du début de mois d'hiver où le riz a mûri et est sur le point d'être récolté. Cette fête est liée au commencement des récoltes.

Dans l'art Sohrai, on peut d'abord tracer une ligne rouge . Elle représente la procréation et la fertilité. La ligne suivante est noire. Elle représente la marque du dieu Shiva. La ligne suivante extérieure représente les valeurs traditionnelles de protection, fidélité et chasteté.

"Pila" signifie jaune. C'est une des couleurs très utilisées dans ce style artistique. C'est la couleur des plants de riz  qui croissent, qui mûrissent et qui vont être récoltés pendant le festival. Les maisons sont recouvertes de grandes formes rituelles, en rouge, noir et blanc. Le rouge représente le sang des ancêtres, le blanc est obtenu à partir du riz de l'année dernière qu'on a moulu avec du lait pour former un gruau. Cela représente la nourriture. Et le noir représente la Déesse Mère, la société matriarcale.

 

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Pourquoi ce projet ? :

 

       A l'heure actuelle, personne ne sait vraiment ce qu'il adviendra de ces peintures dans les années à venir. Peut-être qu'elles disparaitront complètement, peut-être qu'elles seront popularisées dans des musées, figées, loin de leur véritable expression.

On assiste à un monde en transition et ce dynamisme, quelque part, est générateur d'une forme de créativité qui trouvera toujours à s'exprimer. C'est cet instant que j'ai envie de capter, ce mouvement avec toutes les interrogations qu'il peut amener. Alors comment modernité et tradition vont-elles s'arranger ? Que va t-il en résulter ? Comment les artistes vont-ils s'adapter ?

       Et, en plus de m'intéresser aux différentes techniques picturales, au contexte dans lequel elles sont réalisées, j'aimerais aussi apporter une forme de traduction qui permettrait de poser un tout nouveau regard sur ces fresques, que leur simplicité ne soit plus considérée comme une forme d'archaïsme mais plutôt comme touchant à ce qui est essentiel.

 

Les objectifs de diffusions :

 

       La série de 5 épisodes est proposée aux chaines TV dont la ligne éditoriale est adaptée.

Pour le documentaire de 52 min, nous le proposerons à des festivals et nous rechercherons une diffusion en salle (Utopia, cinémas spécialisés...), en plus de solliciter diverses chaines.

 

Why fund it?

       Partir, tourner, revenir et monter...voilà l'objectif rêvé, c'est pourquoi nous sollicitons votre soutien.

 

       Le festival des moissons, Sohrai, commençant début novembre, le tournage est donc prévu pour cette période, du 03 novembre au 27 novembre 2013.

 

       Le Jharkhand est un tout jeune état indien, créé seulement en 2000.

 

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       C'est une des régions de l'Inde où l'on trouve le plus de communautés tribales. Avec sa nouvelle stature nationale, on a assisté ces dernières années à un exode rural important vers sa capitale, Ranchi. Urbanisation et industrialisation amènent des changements très rapides. Malgré tout, dans les campagnes, le maintien des liens tribaux est encore très fort. 

Le choix de commencer par ce lieu vient du fait qu'en plus d'une vie traditionnelle importante, on y retrouve aussi beaucoup de sites préhistoriques, transition idéale entre l'art rupestre et l'art des fresques murales.

 

Ce que nous avons déjà :

 

       Samarkand Productions a déjà investi dans les premiers repérages, réalisés au mois de Janvier, et va investir dans tout ce qui est logistique, visas, billets, hébergements, nourriture.

 

Ce dont nous avons besoin :

 

Le montant de la collecte se répartira de la façon suivante :

 

Création habillage musicale : 1000 euros

Enregistrement en studio : 1000 euros

Traducteur (santali) : 600 euros

Frais d'avant-premières, et communications diverses : 400 euros

 

       Outre l'objectif d'aller au bout de notre projet, l'envie de co-produire avec vous ce documentaire, c'est la possibilité finalement de décider ensemble ce que nous regarderons demain...

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Samarkand Productions

Samarkand productions, c'est le désir de faire découvrir l'ethnologie autrement et le documentaire offre cette possibilité alors une passionnée de l'Inde et un passionné de l'image s'associent. L'ethnologie, c'est un peu aller à la rencontre de l'autre et de soi alors quoi de plus évident finalement que de mettre l'image au service de toutes ces...

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