Comment garder sa dignité et trouver son identité en étant SDF à New-York ? Un texte magnifique d’humanité et d’intensité.

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The project

Antigone à New York pose le problème de l’exclusion, de la notion d’identité, des exils forcés, la notion d’appartenance à une nation, un pays, un clan, une famille... 

 

Antigone, une histoire mythique

 

L'histoire

La pièce de Sophocle commence le lendemain de la défaite des sept chefs qui ont mené contre Thèbes l'expédition qui devait renverser Etéocle et établir Polynice sur le trône, comme c'était convenu ( chaque fils d’Oedipe devait régner un an à tour de rôle). Les deux frères ont été tués devant Thèbes mais un seul peut avoir une sépulture officielle. Créon décide arbitrairement que la dépouille d'Etéocle sera honorée et celle de Polynice laissée à la proie des vautours. Les corps des deux frères étaient tellement amputés qu'il était difficile de savoir qui était qui. Un corps laissé sans sépulture condamne l'âme du défunt à errer éternellement. Aussi Antigone décide-t-elle de rendre elle-même une sépulture à son frère, en cachette, car Créon a fait promulguer un édit qui punirait toute personne voulant donner une sépulture à Polynice. Elle est prise en flagrant délit par les gardes qui surveillaient le corps. Elle est condamnée à mort. Mais Créon revient sur sa décision et au cinquième épisode de la pièce, il accepte que soit rendue une sépulture à Polynice et il veut libérer Antigone. Mais trop tard, Antigone s'est pendue. Hémon, son fiancé, fils de Créon se suicide à son tour sur le corps d'Antigone. Eurydice, femme de Créon apprenant la mort tragique de son fils se suicide à son tour. Créon reste tout seul. 

 

La pièce de Glowacki:

 

Antigone

 

Janusz Glowacki, l’auteur polonais d’Antigone à New York a repris la trame de la tragédie de Sophocle pour la replacer dans un contexte contemporain et dans le microcosme des sans domiciles fixe. 

 

L'histoire se déroule de nuit dans le Thompkins Square Park . Dans les années 80, celui-ci est devenu pour les New-Yorkais synonyme de misère sociale et d'insécurité, avec une population importante de sans-abris, toxicomanes et l'existence de trafics en tous genres. En août 1988, suite à une décision de police d'évacuer le parc de sa population de sans domiciles, et d'instaurer un couvre-feu, de nouvelles émeutes violentes ont explosé dans la nuit du 6 au 7 août. Elles furent durement réprimées par la police.

 

Ils sont SDF, immigrés, exilés. Flea est polonais, Sacha russe, et Anita porto-ricaine. Ils vivent dans un parc dans la riche New York. Épileptiques, menteurs, mythomanes, ils boivent, s’engueulent, s’endorment, reboivent sur leur banc. Et puis, Paulie, l’amant d’Anita, meurt. Son corps est emmené au champ du Potier, sorte de cimetière pour les indigents. Anita décide de l’arracher à la pire des morts : l’indifférence. En cela, semblable à Antigone, elle saura convaincre ses compagnons d’aller récupérer son cadavre, en échange de 19 dollars 50 et d’une paire d’après-ski. Le rituel d’enterrement aura lieu en dépit des règles et de la loi, accompagné de la sensation d’un instant de bonheur…

 

Ces SDF sont, certes, des figures grotesques et boiteuses, mais ils sont tellement plus humains que le personnage inquiétant du policier, habillé en homme d’affaires et qui expose avec cynisme les procédures d’interpellation des contrevenants.

Anita et Paulie, Flea et Sacha puis Sacha et Anita, les SDF fonctionnent en binômes qui s’attachent l’un à l’autre comme à une bouée de sauvetage crevée. Ces clochards en guenilles sont en vérité un miroir de notre vie car ils ne réagissent pas face à l’oppression symbolisée par le policier.

Ils préfèrent s’emmurer dans des rêves impossibles que la société leur fournit. Ils préfèrent se faire des promesses qu’ils ne tiendront jamais. Ce cadavre, finalement, c’est leur honneur et leur dignité qu’ils ont perdus, comme ça, sans s’en rendre compte, et qu’ils tenteront de récupérer dans un sursaut d’orgueil.

 

Extrait - (Prologue)

 

Le policier,-

 

j'aime autant vous dire tout de suite que je n'ai rien contre les SDF...ils ressemblent à chacun d'entre nous-sauf qu'ils n'ont pas de domicile, justement. Mais ne vous y fiez pas. Certains ont de la culture et une excellente éducation. En fait, ils peuvent se comporter en aussi bons américains que n'importe qui. Bonsoir. Mon nom est Jim Murphy. Sergent Jim Murphy. Mais pour vous parler sincèrement, il faut que je vous signale tout de même qu'ils ne sont pas tous américains...les SDF, je veux dire. Beaucoup d'entre eux viennent de cieux moins cléments...moins cléments...ils veulent obtenir le statut de réfugié politique, ou simplement bénéficier de meilleurs conditions de vie. Nos conditions de vie. Ils quittent leur pays natal et s'installent à New York...n’importe où... dans les bâtiments publics du port, dans les rues,dans les parcs. Comprenez bien, je suis convaincu que ces gens aiment leur patrie d'adoption et qu’ils lui sont reconnaissants pour tout ce qu'elle fait pour eux...

Mais cela ne veut pas dire que nous ne rencontrons aucun conflit. Non. Je veux dire, par exemple...les SDF possèdent un drôle de sens du temps. Nous on pense en années, en mois...eh bien, eux, ils pensent en heures... parce qu'ils n'ont aucune perspective... je vous donne une autre différence : nous nous dormons la nuit, pas vrai ? Parce que cette habitude nous paraît préférable , et normale. Mais eux, ils dorment le jour ! Ils trouvent cela moins dangereux...Et même si ces...manies ne les rendent pas complètement...maniaques, ils ne savent plus exactement ce qui se passe. Sans pour autant devenir tout à fait anormaux...vous comprenez ce que je veux dire ?

Sincèrement, j'aimerais aider ces gens-là. J'aimerais. Mais, vous savez, en fait, l'expérience montre que d'une manière ou d'une autre , ils doivent réapprendre à se débrouiller seuls. Nous devons leur montrer comment survivre dans notre société, nous devons les pousser à redevenir entreprenants d'une manière ou d'une autre. Surtout, surtout...nous, devons cesser de les aider à tort et à travers. Parce que en leur donnant à manger, en leur donnant de l’argent , ou des vêtements, ou des médicaments, tout ce qu'on leur apprend c'est la passivité, vous voyez ? Ainsi, alors qu'on pense les aider, en réalité, on est en train de leur faire du mal. J'ai entendu dire que la Chine a résolu son problème de pauvreté en refusant la mendicité. Tout simplement. Pas de mendicité, plus de travail obligatoire, plus de SDF.

Finalement, en aidant ces gens là, vous leur faites plus de mal que de bien ? Mais, par contre, lorsque vous leur faites du mal, ça ne veut pas toujours dire que vous êtes en train de les aider. Nuance. Faut pas trop simplifier. Et si vous leur faites du mal en les aidant, et qu'ensuite vous ne les aidez pas après leur avoir fait du mal, vous ne pourrez pas continuer à les aider en tentant de les aider. Vice versa. Clair ? Je reviendrai.

 

Note de mise en scène

" Ne cherchez pas en vous, en vous il n'y a rien, cherchez dans l'autre qui est en face de vous." -

Constantin Stanislavski -

 

Ny

 

 

Le policier représente ici le pouvoir. Le pouvoir de l'argent et des gens bien. On ne verra pas le policier : sa voix tournera autour du public plongé dans le noir. Il remplace ainsi les dieux de la pièce de Sophocle...

Sacha et Flea attendent une vie meilleure avec pour seuls éléments de décor, un banc.

 

Décors et lumières:

Globalement le lieu est sombre. C'est la nuit dans un parc. De l'obscurité jaillira le faisceau de la torche du policier.

Un décor sobre. Seuls éléments de décor : un banc et une poubelle.

Cependant pour habiller le tout, une ambiance sonore devra être très présente notamment les sirènes des voitures de police ou des ambulances : même dans un parc, la nuit, New York continue de vivre...

 

L'espace scénique: largeur : 4 à 5 mètres, profondeur : 4 mètres

 

DISTRIBUTION :

 

Flea, le polonais......................Xavier Lescot

Sacha, le russe........................Karim Gamec

Anita, la porto ricaine..............Camille Archambeaud

Le policier.................................En cours

 

Création sonore : Michael Blanchet   

Texte édité aux Editions Théâtral ( Traduction Olivier Cohen et Urszula Mikos )

 

Présentation de la compagnie 

 

L'homme de paille

 

La compagnie de l’homme de paille est une compagnie née de plusieurs savoir-faire rencontrés à l’occasion de précédents spectacles. Les horizons dont viennent chacun des membres de la compagnie (théâtre bien sûr, mais aussi clown, marionnette, arrangements sonores...) créent un bouillon de culture riche d’envies et de compétences propre à la production de spectacles aux strates multiples et complémentaires.

 

Xavier Lescot

 

 

 

Xavier

 

Après des débuts passés à apprendre le travail de comédien dans différentes compagnies et auprès de personnalités telles Sabine Londault ou encore Victoria Pageaud, il fonde la compagnie de l'homme de paille en 2007 lors de la création de « tête de truc », pièce retraçant la vie du dernier homme sur terre après une apocalypse nucléaire qui l'a conduit jusqu'aux rues d'Aurillac et par ailleurs salué par Pascal Vrebos, son auteur: «De multiples bravos pour cette tête de truc revivifiée, jouée avec esprit, tripes et intelligence – je suis comblé et j'espère que beaucoup de bretons la verront ...Bravo ». Il a ensuite collaboré avec le comédien et metteur en scène Yves Cauche pour monter en 2008 « dans la solitude des champs de coton » de Koltes.C'est en travaillant sur « rêver peut-être » de Jean-Claude Grumberg et mis en scène par Estelle Pouchin de la compagnie Laralère de rien qu'il rencontre Karim Gamec fin 2010..Xavier Lescot travaille aussi à plusieurs reprises pour le metteur en scène et réalisateur Christophe Dagobert avec qui il a aussi un projet de court métrage à l'automne 2012. Coté cinéma, on le retrouve d'ailleurs dans le dernier film d'Olivier Dahan « Les seigneurs » sorti le 26 septembre 2012...

 

Karim Gamec

 

Karim

 

Issu du Conservatoire National de région puis passé par le Cours Florent, avec notamment Vincent Lindon, Sandy Ouvrier et Jean-Pierre Garnier comme professeurs.

Il a aussi travaillé le chant lyrique sous la direction d'Hubert Humeau ou la commédia dell'arte lors de divers stages AFDAS avec Rafaël Bianciotto, Mario Gonzalez et aussi au Théâtre du Soleil. Son parcours dans le chant l'a amené à jouer aussi dans des opérettes d'Offenbach.

Récemment il a travaillé pour la compagnie Michjo « La farce des gens nouveaux, farce du Moyen âge » avec d'ailleurs Delphine Favennec. Il a joué aussi le rôle du metteur en scène dans « Rêver peut-être » de Grumberg dans une mise en scène d'Estelle Pouchin de la Compagnie Laralère De Rien. Pendant plusieurs années membre du théâtre de l'éclair à Concarneau, il est apparu dans plusieurs Molière, Goldoni ou dans Volpone de Jules romain sous la direction de Jean-Marc Lesieur ou encore dans « l'ours » de Tchekhov sous la direction de Stéphane Briant et divers monologues. À la télévision, il a fait des apparitions dans des séries ou téléfilms pour France 2, TF1 et Arte.

 

Camille Archambeaud

 

Camille

 

Elle a commencé au sein de la compagnie De Natura, dirigée par Guillaume Doucet avec laquelle elle a joué dans plusieurs pièces, notamment « Peanuts », de Fausto Paravidino, « Le Traitement », de Martin Crimp ou encore une adaptation du « Procès » de Kafka. Après une licence Art du Spectacle à l'université de Rennes 2, elle a été formée au Conservatoire National d'Art Dramatique de Saint-Brieuc, dirigé par la compagnie Folle Pensée. Elle a également suivie pendant de nombreuses années des ateliers au Théâtre du Cercle avec notamment Marie Bout, Fanny Bouffort ou les membres du collectif Lumière D'Août. Elle a fait de nombreux stages dans des domaines divers : marionnette, conte, chant, voix, danse, commedia dell'arte, écriture... qui lui ont permis de travailler avec des personnalités comme Renaud Herbin, Pierre Tual, Isabelle Byloos, Sylvie Le Quéré, Philippe Fagnot ou encore Roland Fichet.

Elle a collaboré avec la Compagnie Zusvex et le Théâtre du Cercle, pour la création d'une forme solo autour de « La Horde du Contrevent », d'Alain Damasio. Côté cinéma, elle a participé à des long métrages en figuration et petits rôles, et a joué dans plusieurs courts- métrages.

Récemment, elle a mis en scène « Fait Divers », de Michel Azama, avec la Compagnie Illeto qu'elle a fondé avec des membres de De Natura, et travaille sur un projet autour des Fourmis, de Boris Vian, avec le Collectif T co-fondé avec Nadia Karim, Valentine Robert et Yoann Toublant. Elle participe aussi à un collectif d'art de rue basé à Nantes.

En 2013, elle rejoint la compagnie de L'Homme de Paille pour le projet « Antigone à New-York » de Janusz Glowacki.

 

Mickaël Blanchet

Créateur sonore

 

Membre de la compagnie de l'homme de paille, il a notamment collaboré sur la pièce de Bernard-Marie Koltès « Dans la solitude des champs de coton » avec les comédiens Yves Cauche et Xavier Lescot . Mickaël avait également créé l'univers sonore de « tête de truc », monologue théâtral de Pascal Vrebos.

Il s'intéresse aussi aux pièces radiophoniques et c'est ainsi qu'il a participé en 2009 avec Xavier Lescot à un appel à projets RTBF : « le voisin » adaptation de la nouvelle de Marie Darrieusecq et diffusé par la suite lors du Festival Sonor-Jet FM Nantes. Plus récemment, il a travaillé en compagnie du comédien Yves Cauche à l'adaptation radiophonique du poème de Lovecraft « Chanson à boire de la tombe » diffusé sur Radio Laser en décembre 2011 puis sur l'adaptation de la pièce de Christophe Cojean - "Système solaire et chaise bancale" aux Editions de la rue nantaise pour « Du côté des ondes 2011 » (Appel à projet RTBF La Première).

Why fund it?

Affiches+Flyers+Dossiers : 250 euros

captation vidéo : 300 euros

Matériel, décor : 250 euros

Droits d'auteur (SACD) : 1000 euros

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Cie L'Homme de Paille

Etymologie Un homme de paille désigne une personne qui couvre de son nom les actes ou les écrits de quelqu'un d'autre. La personne ainsi protégée peut agir de manière anonyme à travers la couverture que lui procure l'homme de paille. L'homme de paille est également une technique de rhétorique. La rhétorique (du grec ancien ῥητορικὴ [τέχνη] /... See more

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MERCI à tous! Le Kiss Kiss n'est pas tout à fait fini On peut encore dépasser l'objectif et mettre la barre un peu plus haut...
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A.N.Y est sur la bonne voie!
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J'ai hâte de voir le résultat! Peut-être pourrais-je vous trouver une date.... Bon courage pour le travail!