Mai 2014 : une caméra part à la rencontre de lillois et de lisboètes. C'est un grand chant du Nord au Sud. Un chant de crise et d'espérance.

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Présentation détaillée du projet

*Synopsis

 

Comment est le fond de l'air à Lille au mois de mai 2014 ? Que pensent les gens ? Sont-ils heureux, soucieux, résignés, indignés ? Quelles sont leurs conditions de vie ? Comment vivent-ils ensemble à l'heure du triomphe de l'individualisme et de la consommation ? Cinquante-deux ans après Le Joli Mai de Chris Marker (le revoir en salles a créé l'étincelle), une caméra retourne arpenter les rues pour prendre la température au retour du printemps. Avec l’intention de se laisser surprendre et pénétrer par les lieux et les rencontres. Et de rendre palpable cette traversée sensible jusqu'à l'Autre. Les voix de Lisbonne viennent s'inscrire aux détours du chemin, et accompagnent celles de Lille, les rejoignant ou les interrogeant. Après vous lancé en signe de reconnaissance et d'ouverture à chaque individu et à chaque culture. C'est ici et là-bas. C'est aussi l'histoire d'un dépaysement et d'un retour aux sources, entre la France et le Portugal.

Au fil de la route se dessinent le portrait d'un pays et plus largement d'un monde déconcertant. Dans les lignes de mains, les plis du visage, au hasard de l'itinéraire, entre détresses et espérances, se retissent les liens entre les êtres.

 

 

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*Les personnages

 

La parole, l’écoute et le silence guideront nos pas au fil des étapes de création. Quant à la galerie de personnages qui composeront par touches successives le portrait subjectif de cette époque, les voici : 

 

 

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Les témoins

Certaines rencontres seront prévues à l'avance et d’autres imprévues. Il s'agira à chaque fois d'approcher les personnes en amont, simplement, sans matériel, et de ne commencer à filmer qu'une fois la langue libérée et la présence de la caméra presque oubliée. Nous prendrons le temps nécessaire. Les entretiens seront longs, pour que la parole se déploie dans la durée et parvienne ainsi à exprimer la complexité de chaque individu. L'enjeu fondamental sera d'aller à la rencontre des témoins sans idées préconçues, sans chercher à démontrer quelque chose, en laissant de côté nos convictions et nos préjugés. Le montage rendra compte de cette volonté de laisser aux gens le temps de dérouler leurs pensées, qui ne seront pas réduites à quelques formules ou à quelques phrases isolées, mais qui s'entendront dans toute leur consistance. 

Le hasard aura toute sa place dans le film, nous devrons être attentifs et réactifs à ce qui nous entoure lors de nos déambulations à travers la ville. Des rencontres pourront survenir à chaque coin de rue. Le film se construira aussi de cette façon, dans l'ouverture et l'inattendu.

 

 

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Les enquêteurs 

Ce sont des personnes de confiance que je connais depuis plusieurs années et auxquelles j'ai tout de suite proposé de tenir un rôle dans le documentaire. Toutes trois ont un "vrai" rapport à l'Autre et ont eu l'occasion de participer activement à des tournages. 

Les enquêteurs sont le prolongement du regard derrière la caméra, permettant à celui-ci lors des entretiens de se détacher par instants de la "matière verbale" et de se concentrer sur les mouvements d'un visage, d'une main, d'une bouche, etc ou de se décentrer vers des éléments extérieurs qui font sens. Ils sont les transmetteurs des idées directrices du film, des thématiques importantes. Ils posent les questions, écoutent, recueillent et au besoin réorientent la parole, délicatement, sans brusquer ni diriger les témoins. Ils permettent aussi de rendre moins visible l'appareillage technique du film. Leur présence se ressentira plus ou moins en fonction des circonstances, leurs voix seront entendues, ils pourront même apparaître à l'écran. 

 

 

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La caméra

Complice discrète et active des enquêteurs. Elle aime parfois capter les détails insolites et révélateurs de la personne interrogée. Tout dépend des propos. Entre deux témoignages elle aime aussi repérer les signes sur les murs, les visages, les animaux, les situations fantaisistes et inattendues.

La caméra choisit de faire la balade en noir et blanc. Pour simplifier les choses, canaliser le vertige, aller à l’essentiel. Les couleurs, on connaît déjà, elles fusent de partout. Il s'agit de se concentrer sur l'aura des choses et des êtres que le noir et blanc permet de saisir plus directement. 

 

 

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Le son

Essentiellement composé de prises directes (ambiances, certains témoignages recueillis au micro HF ou à la perche et d'autres pris à la volée) pour faire entendre la musique de la ville, harmonieuse et cacophonique. Cette musique qui ne trompe pas, entendue tous les jours et désormais fondue au décor. Ballet des camions poubelle au marché de Wazemmes, pépiements d’oiseaux, appels de détresse silencieux, marteaux piqueurs sur la chaussée, clameurs d’une fête qui nous invitent,...

Le son aura une fonction déterminante. Au même titre que l'image, il aura le rôle d'ouvrir aux multiplicités du réel. Il sera le partenaire de l'image, non son illustrateur. À côté des entretiens qui devront être recueillis le plus clairement possible, une large place sera donnée aux sons des "à côté", pris sur le vif, au hasard de notre marche.

 

 

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La voix off

C’est la voix du guide, la conductrice du film, sa mémoire poétique, empreinte de questionnements, de désirs, de visions et d'incertitudes. C'est le fil de la route, situé quelque part au-dessus ou en dessous du réel, sur lequel passeront des fragments de poèmes sur la ville et ses figures.

 

 

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La musique

Des notes d’accordéon ou de piano composées pour le film par Sonia Rekis joueront au détour du brouhaha d’une foule ou d’une fugue entre deux rencontres. La musique off compose avec la voix off la colonne vertébrale du film, à deux, elles lient les histoires entre elles, elles en sont la trame.

 

 

 

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Une ville, deux villes

Lille et Lisbonne, les deux villes-phares de ma vie d'adulte, qui m'ont vue grandir et avancer. J'y ai mes points d'ancrage, mes repères, mes amis. Des passerelles se sont créées entre les deux, naturellement, au fil du temps. Le glissement entre ces deux lieux me paraît essentiel au projet. Les correspondances se joueront aussi dans la distance et la proximité entre ces deux ports d'attache. J'ai toujours un oeil sur Lisbonne quand je suis à Lille, et inversement. Lille est la ville où j'ai le plus vécu, où j'ai quitté l'enfance, d'où je me suis envolée un jour et dans laquelle je reviens toujours me poser. Lisbonne a bouleversé mon rapport au monde, m'a fait sortir d'une culture que je considérais comme établie, c'était une rupture salutaire, que je souhaiterais éclairer dans le documentaire. "C'était le début d'une histoire".

Après vous c'est ce que pourrait dire un individu à un autre et plus largement une culture à une autre. Quelles variations aux confins de l'Europe ? Comment bat le pouls de la ville blanche ? Comme à Lille, il y aura une alternance de rencontres et d'instants suspendus, mais cette fois avec le Tage en ligne de mire, la rumeur des ferries, la lumière sur les azulejos et les pavés. Et en sourdine : l'intranquillité grandissante le long des murs et sur les visages.

 

 

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*Ici et ailleurs, maintenant et à travers temps

 

Lille et Lisbonne présentes toutes deux durant le même mois de mai, pour traduire aussi cette sensation d’ubiquité, de vertige que provoquent la facilité et la rapidité de voyager aujourd'hui, en tout cas pour ceux qui possèdent un passeport. Je pense à un pas de côté, à la nécessité d'un écart et d'un autre regard, plus lointain, à distance de là où nous vivons quotidiennement. Et comme tout communique, je suis là-bas aussi, par moments, et une partie du chemin s'y accomplit. Je me suis installée deux ans à Lisbonne, entre 2010 et 2012, et je dois aller vérifier sur place certaines images qui lui donnent son visage grave et sinueux, ravagé et solaire. Et me confronter également à certaines intuitions. Je me demande souvent ce que penseraient Ana, Rui, ou Rosa, la vieille dame de la pastelaria d'Amalda de tel événement, de tel sujet. Comment évolue leur rapport au monde, à la crise de sens qui imprègne et agite l'Europe, comment vivent-ils, ressentent-ils les choses depuis ce bout du continent ? 

Nous n'arriverons pas là en claquant des doigts. Nous filmerons le voyage et les étapes que représentent les aéroports, justement pour redonner à l'espace le temps de se dérouler. Glissement dans un monde parallèle, dans une autre dimension ? Les moyens de transport, les moyens de communication auront toute leur place à l'écran. Il y aura une conversation sur Skype. Et le passage par la  salle d'embarquement.

 

L'axe central sera la rencontre avec l'autre. Que de tous les témoignages recueillis comme autant de pistes et de liens possibles se révèlent peu à peu, au-delà des individus et des lieux, le portrait d’un pays et l’esquisse d'un monde complexe et fascinant. 

 

 

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*Le montage

 

Après la récolte de toute cette matière visuelle et sonore vient la période de création à proprement parler. Ou plutôt de re-création. C'est un réel qui s'ordonne via les images, les sons, les cartons sur fond noir (titres), la voix et la musique off. Je procéderai par glissements analogiques plutôt que logiques (comme pour la poésie qui est mon premier métier). Il s'agira de trouver les points de contact, parfois lointains, entre des éléments plus ou moins étrangers, de faire se rapprocher les êtres, les lieux, les signes et les paroles. C'est un travail de recherche, loin de la méthode du montage-reportage, une proposition de sens que me dicteront mon imaginaire et ma sensibilité. Des passerelles seront créées, des correspondances. Loin d'être figée, cette vision subjective des choses sera ouverte et libre d'être réinterprétée par d'autres, voire continuée. Progressivement le chemin s'éclairera, et la pensée se déploiera au fil des associations et des ricochets. Le montage sera donc ultra-visible à l'écran, presque palpable.

 

 

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À quoi servira la collecte ?

Les 3000 euros de subvention que nous ont accordés Pictanovo (le centre de ressources audiovisuelles du Nord-Pas-de-Calais) nous permettent tout juste de couvrir les frais de ce mois de tournage (matériel, régie, assurances) mais ne sont pas suffisants pour assurer la post-production du documentaire qui nécessitera plusieurs mois de travail. Les 2500 euros nous permettront de :

- monter, mixer et étalonner

- créer la musique originale

- couvrir les frais de sous-titrage et de diffusion (fabrication des DVD et envois aux festivals)

 

 

Lavoixdunord

 

 

 

Derniers commentaires

Thumb_mathilde-1417086316
Super ça a marché!!! Félicitations!!! A bientôt pour le film !
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Courage et confiance, il faut y croire BIZZ JP & Ftte