Documentaire de 52 minutes sur l'histoire de Radio Paris, programmes en langue espagnole émis par la radio française entre 1945 et 1975.

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Présentation détaillée du projet

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Paris, janvier 1945, la seconde guerre mondiale est sur le point de s’achever. Après une interruption à la libération, les programmes en langue espagnole de la radio diffusion française redémarrent. La nouvelle équipe de Radio Paris (nom donné à la radio depuis l’Espagne) constituée de républicains espagnols refugiés en France donne le ton : poursuivre la lutte anti-franquiste. A partir de 1945 et pendant plus de trente ans, ces programmes seront l'expression d'un grand nombre d'espagnols exilés ou restés en Espagne, bridés par  la censure de leur pays.

 

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En mars 2013, je découvris le site internet de l’Université d’Alicante "devuélveme la voz" (redonnez-moi la voix) qui répertorie les enregistrements des programmes en langue espagnole, émis entre 1945 et 1975, de la radio française destinés à l’Espagne. J’ai alors voulu en savoir plus: qui étaient les locuteurs ? Qui écoutaient ces émissions? Quelle était l’attitude du pouvoir en France et en Espagne face à ces programmes? Quel impact ces programmes pouvaient-ils avoir sur la population espagnole privée d’informations en dehors de celles du régime dictatorial de Franco ? 

 

Je décidai alors de rencontrer les créateurs du site : José Maria Garcia Avilés, directeur technique du projet conduit par l’Université d’Alicante et Francisco Rojas Claros, docteur en histoire contemporaine et consultant pour "devuélveme la voz". Ils m’expliquèrent qu’à la fin de sa vie Julian Antonio Ramirez, journaliste "vedette" à Radio Paris, leur avait donné les enregistrements qu’il avait conservés, ainsi que des photos et divers documents.

Lors de cette visite, José Maria et Francisco témoignèrent de leur intérêt quant à mon projet de documentaire, et m’assurèrent de leur aide pour sa réalisation.   

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Synopsis

 

Entre 1945 à 1976, de nombreux espagnols écoutent «Radio Paris», il s‘agit de programmes en langue espagnole de la Radio Diffusion Française. La diffusion de ces programmes débute en janvier 1945. L’équipe est alors composée de républicains espagnols venus se réfugier en France en 1939 après la guerre civile. C’est donc, majoritairement une section « Espagne exilée » qui anime les années d’après-guerre, équipe qui entend bien être le porte-parole de la République exilée et de l’Espagne opprimée. De ce fait, Radio Paris est à la fois la voix de la France mais surtout la voix de l’exil et de la résistance à Franco.  

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Les journalistes reçoivent beaucoup d’informations sur la répression qui ne cesse de frapper les opposants. Les Espagnols militants des associations de résistance antifranquiste nées de l'exil, viennent dans les studios porter à la connaissance des journalistes de la section espagnole les dernières informations reçues de leur pays. Très vite, de l'autre côté des Pyrénées, et malgré les risques encourus, de nombreux espagnols écoutent avec intérêt ces programmes, découvrant en direct, une information libre qu'ils n'ont pas dans leurs pays du fait de la censure du régime dictatorial de Franco.

Radio Paris a donc un rôle informatif décisif ainsi qu’un rôle culturel. Outre des programmes sur la vie culturelle française tel que : "Reflet de Paris" ou "Paris variétés", Radio Paris propose de nombreux reportages ou retransmissions sur des manifestations culturelles ou festives orchestrées par des groupes, cercles, associations hispaniques de la région parisienne, comme des villes de province. C’est en ce sens un pont entre les espagnols en exil en France et ceux restés au pays.

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Comme toutes les stations, Radio Paris a ses vedettes, c'est le cas de Julian Antonio Ramirez et de sa femme Adelita del Campo. Julian et Adelita se rencontrent dans un camp de réfugiés espagnols en 1939. Ils se marient en 1942, et s’engagent dans la résistance. Dans les années 1950 ils entrent à la radio. Adelita anime, entre autre, l'émission très populaire "lettres des auditeurs". Dans leurs lettres, les auditeurs félicitent les journalistes pour leurs émissions, parfois dénoncent les exactions dont ils ont connaissance, parlent de la situation politique de leur pays ou protestent contre la suppression de certains programmes ou encore de la difficulté à capter les programmes régulièrement brouillés par les autorités espagnoles. Ces lettres sont un reflet de la société espagnole de l’époque. Elles soulignent souvent l’étouffement dans lequel vit le pays, le manque de liberté d’expression.Pr_sentation-lettre-photos_blanc_kiss_kiss

Quant à Julian Antonio Ramirez, son émission "Kiosque à journaux" est très suivie en Espagne. Il reprend l’actualité française mais surtout espagnole du point de vue de la presse française. C’est ainsi qu’il permet aux auditeurs espagnols de rester informés sur l’actualité qui est censurée dans leur pays comme par exemple les grèves des mineurs en Asturies dans les années 1950.

Le gouvernement espagnol proteste souvent contre le caractère politique de ces émissions et fait pression sur le gouvernement français pour supprimer celles-ci. C’est ainsi que « Kiosque à journaux »  sera suspendue régulièrement.

Pour la même raison, après onze ans d’existence, deux émissions, "les chroniques du Père Olaso" et "les discussions du café Dupont", très populaires pour leur ton satirique, ironique et critique, sont définitivement supprimées en 1957. Dans ces émissions, lorsque les journalistes apprenaient qu’une personne avait été arrêtée et mise au secret, ils ne manquaient pas de le mentionner. Cela a sauvé la vie d'un certain nombre de prisonniers menacés de mort et qui furent libérés. Naturellement, ce souci d’information a valu aux deux animateurs Alberto Onaindia et Salvador Madariaga d’être congédiés. Christian Ozanne, directeur des programmes, démissionne à son tour à la suite des pressions pesant sur la section en langue espagnole. André Camp prend alors la direction de la section espagnole. Une nouvelle époque commence.

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L'Espagne de 1958 n'est plus tout à fait la même que celle du début du franquisme et De Gaulle, qui arrive au pouvoir, resserre les liens avec celle-ci. La nouvelle direction impose une programmation plus neutre, exclusivement tournée vers les évènements culturels espagnols ou français. Le "culturel" servira souvent de paravent pour préserver une liberté quant aux sujets abordés et aux personnes invitées. Les émissions,  qui étaient jusque là réalisées uniquement en France, vont se faire aussi en Espagne, ce qui oblige à des compromis avec les autorités espagnoles : "le culturel" doit absolument être le but déclaré du travail réalisé sur place… Quant aux informations, pour leur assurer le plus de neutralité possible, elles doivent uniquement provenir des télex de l'Agence France Presse. Cependant, face à cette obligation et soucieux de maintenir un travail de qualité, les journalistes vont réussir à contourner cette contrainte. Lorsqu’une information leur parvient par les canaux des réseaux d’opposition, elle est aussitôt envoyée à l'Agence France Presse de Madrid. Le journaliste de l’AFP en prend connaissance, la publie alors par télex, après avoir vérifié son exactitude ; ce qui autorise les journalistes de la section à la diffuser sur les ondes.

           

Radio Paris, reste, avant tout, un moyen privilégié, pour tous ceux qui ne peuvent s’exprimer dans leur pays, de pouvoir le faire. C’est ainsi que de nombreuses oeuvres littéraires, ou théâtrales d’écrivains censurés dans leur pays pourront être connues. Beaucoup d’entre elles seront adaptées à la radio, comme par exemple celles de l’écrivain Max Aub, qui sera, par la même occasion, un fidèle intervenant au micro de la station.

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Selon des articles de presse de l’époque qui mentionnent la question de l’audience, on estime entre trois et dix millions le nombre d’auditeurs, bien que ces chiffres n’aient été vérifiés. Seule la BBC en 1963 a établit un rapport d’écoute des radios étrangères dans les centres urbains de l’Espagne. La RTF arrive en tête avec 17% d’auditeurs contre 12% pour la BBC.

En 1964, la section espagnole s'installe dans la nouvelle Maison de la Radio, au 116 avenue du président Kennedy. Avec l'arrivée de Ramon Chao à la radio, les programmes en Catalan, Galicien et Basque reprennent. Ces programmes revêtent un intérêt particulier pour les auditeurs de ces régions car ils ne peuvent s’exprimer en public dans leur langue maternelle, celle-ci reste confinée à la sphère familiale.

            Radio Paris subit un encadrement politico-administratif accru. Par exemple, la participation de la section espagnole à un concours radiophonique à Cuba en 1967, aboutit à la mise à l’écart d’André Camp, qui est remplacé par Jean Supervielle. Les évènements de mai 1968 ne font qu’accroître cette surveillance. Peu à peu, des mesures d’économie sont prises qui aboutissent à la suppression des programmes destinés à l’Amérique Latine mais aussi les programmes en galicien, basque et catalan. Le statut précaire de pigiste de la plupart des personnes de l’équipe de Radio Paris, devient un moyen supplémentaire de pression sur le contenu des émissions.  

Au début des années 1970, les autorités françaises s’interrogent sur la nécessité de poursuivre les programmes en langue espagnole. Une nouvelle génération de jeunes journalistes, qui peuvent aller et venir en Espagne, arrive à Radio Paris. Leur professionnalisme atteste à lui seul de l’intérêt de continuer l’aventure commencée après la seconde guerre mondiale. Radio Paris continue donc et reste la voix de l’opposition. L’exemple du procès de Burgos en décembre 1970 au sein duquel seize nationalistes basques sont jugés en Espagne pour un attentat contre un policier, mais surtout l’exécution suite à ce procès, en septembre 1974, de cinq militants, sera l’occasion pour l’opposition de se réunir dans les studios de Radio Paris pour dénoncer l’horreur de ces exécutions. Celles-ci auront un retentissement important dans l’opinion espagnol. A la même époque, Radio Paris retransmet les discours des opposants comme celui de Felipe Gonzales au congrès de la rénovation du PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol) de Suresnes en 1974.

           

Après une longue agonie, le général Franco meurt le 20 novembre 1975, une page de l’histoire de l’Espagne se tourne et par là, une page de l’histoire de Radio Paris. L’Espagne redécouvre alors, petit à petit, la liberté d’expression. Le contenu des programmes est naturellement modifié. La radio n’est plus la voix de l’opposition. Des débats sont organisés où se confrontent toutes les opinions, où l’on aborde des thèmes nouveaux de société comme celui de la libération de la femme, des droits de l’homme dans le monde mais aussi de la politique française et espagnole, en général.

Les ministres espagnols de passage à Paris se succèdent alors au micro  des émissions de Radio Paris, signe du changement survenu en Espagne. Radio Paris n’est plus un programme mis à l’index par le pouvoir espagnol. Il accompagne désormais les changements du pays.

Au cours des trente années de fonctionnement, Radio Paris a mis en lumière plus d’un quart de siècle de l’histoire franco-espagnole. Durant cette période, cette radio a eu un double rôle. Elle a été à la fois, la voix officielle de la France vers la population espagnole, et l'expression d'un grand nombre d'Espagnols exilés ou restés en Espagne, bridés par la censure de leur pays.

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Traitement filmique

 

Je souhaite débuter mon documentaire par un bref rappel de la guerre civile espagnole. Ce rappel est essentiel pour comprendre le fonctionnement et l’objectif poursuivi par les acteurs de cette radio, constitués de républicains espagnols. Cette partie pourra être illustrée par des images d’archives de la guerre civile. Par ailleurs, l’histoire de Julian Antonio Ramirez et d’Adelita del Campo, journalistes «vedette », pourrait s’intégrer à cette partie et  illustrer à elle seule, l’engagement des autres journalistes. Néanmoins je ne souhaite pas baser mon documentaire uniquement sur cette histoire, l’idée principale étant l‘impact de Radio Paris dans la population espagnole.  

Pour cela, je suivrai un dispositif qui alterne des  interviews, des images d’archives espagnoles et françaises de la vie quotidienne en France et en Espagne (type supr8) qui  illustreront des extraits d’archives sonores radiophoniques, des images d’archives d’actualités françaises et espagnoles afin de préciser le contexte historique et enfin la lecture de lettres d’auditeurs illustrée par des photos d’auditeurs.  

Les interviews seront de plusieurs ordres : d’une part le témoignage des acteurs de ces émissions qui expliqueront le fonctionnement de ces programmes et leur propre histoire dans cette radio. D’autre part, elles seront constituées d’historiens français et espagnols qui replaceront dans le contexte historiques la diffusion de ces programmes, mais aussi expliqueront l’impact de ces émissions dans la population espagnole ainsi que l’attitude des autorités françaises et espagnoles. Enfin, des interviews d’auditeurs en Espagne apporteront leur propre témoignage. 

Les lettres d’auditeurs seront aussi des témoignages importants de l’impact des programmes dans la population espagnole. En effet, tout comme les enregistrements radiophoniques, elles sont « la mémoire immédiate » de la radio et ne souffrent pas de l’interprétation du passé, elles parlent au présent. C’est en ce sens qu’elles ont une valeur historique. Elles racontent souvent des histoires personnelles et expliquent par la même une page de l’histoire espagnole d’un autre point de vue que celui des historiens.  

Je conclurai le documentaire en 1976, au moment où l’Espagne entre dans une période de transition démocratique. Dans cette partie, je m’appuierai essentiellement sur des images d’archives d’actualités. Enfin je souhaite terminer le documentaire par un clin d’œil au travail de mémoire réalisé par l’équipe de «devuélveme la voz » de l’université d’Alicante.

Le documentaire sera d’une durée de 52 minutes, il contiendra deux langues : française et espagnole. Il suivra de manière chronologique l’histoire de ces programmes.

 

 

Bio

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Ma formation et mon expérience professionnelle se sont développées dans le monde de la publicité et de la réalisation audiovisuelle. J'ai collaboré avec des télévisions japonaises et locales. 

En 2010, je réalise un documentaire, Silencis qui trace le portrait d’un républicain espagnol engagé sur le front d’Aragon et son exil en France.  

Silencis : 33mm

Siencis 

Diffusion sur BTV (Barcelona TV) 

Sélectionné au festival de Labastide Rouairoux (Tarn) 

  

En 2011 et 2012, je co-réalise avec Elisabeth Montlahuc le documentaire Des matières et des hommes, et je réalise le montage du documentaire réalisé par Elisabeth Montlahuc Invisibles fragilités, deux documentaires sur le thème  de l'économie sociale et solidaire. 

Des matières et des hommes : 17mm  

Prix du jury de Terra Festival (Guadeloupe)  

Sélectionné au : Festival de Porneuf sur l’environnement (Canada),  Festival du film nature de Mûrs-Erigné (Main et Loire), Festival de Moncé-Belin (Sarthe)

 

www.max-renault.com

À quoi servira la collecte ?

 

Cette collecte me servira à continuer la préparation de mon documentaire "Aqui Radio Paris".

 

Décomposition des futurs frais, pour lesquels je sollicite votre aide : 

 

. déplacement en Espagne: à Madrid et Alicante afin de :

    - continuer mes recherches d'archives auprès des Archives Général de l'Administration       (Archivo General de la Administración) et auprès de  l'Université d'Alicante.

    - recueillir les témoignages d'acteurs et d'auditeurs de la radio    

.  Recherche approfondie auprès de l'INA (Institut National de l'Audiovisuel) pour retrouver    des enregistrements radiophoniques    

.  Traduction en Espagnol du dossier et documents divers

 

-      Transport : 500 € 

-      Déplacement sur place, hébergement, nourriture (3 semaines) : 2400 €

-      INA : 500 €

-      Traduction : 300 €

-      Comission KissKissBankBank 8% : 300 €

 

Total : 4000 €

 

Pourquoi j'ai besoin de vous?

Je compte sur vous pour finaliser la préparation de ce film, le présenter à des producteurs et commencer à le tourner.

 

Si le montant de la collecte dépasse les 4000 €, le surplus servira au tournage des premières séquences du documentaire.

 

Alors n’hésitez pas !

Participez, parlez en autour de vous, diffusez, échangez… Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à me contacter.

 

Par d'avance, je vous remercie!

 

Max

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maxyme

Ma formation et mon expérience professionnelle se sont développées dans le monde de la publicité et de la réalisation audiovisuelle. J'ai collaboré avec des télévisions japonaises et locales. En 2010, je réalise un documentaire, Silencis qui trace le portrait d’un républicain espagnol engagé sur le front d’Aragon et son exil en France. Silencis :... Voir la suite

Derniers commentaires

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Allez, on y croit !
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Beau projet ! Bonne chance.
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Me ha gustado mucho como has enfocado el proyecto. Mucho ánimo y adelante