Avis aux amateurs de musique minimaliste, de cinéma et de cyclisme !

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Présentation détaillée du projet

ATOMOS VI

A WINGED VICTORY FOR THE SULLEN

AMELIE DERLON CORDINA

 

 

A l’occasion de la sortie d’ATOMOS, le nouvel opus du groupe A Winged Victory For The Sullen composé de Adam Bryanbaum Wiltzie et Dustin O’Halloran, je réalise le clip vidéo du morceau ATOMOS VI.

 

Il s’agit de faire une proposition de lecture en images de cette musique, j’y déploie la figure du cycliste, comme motif principal.  

 

Explication, présentation, intention : 

 

 

QUI SONT LES AWVFTS ? 

 

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A Winged Victory for the Sullen, c’est la rencontre de deux prodiges de la musique minimaliste : Dustin O’Halloran : compositeur californien, qui a travaillé entre autre sur la BO du « Marie-Antoinette » de Sofia Coppola, fondateur du groupe Dream pop Devics et auteur de nombreux enregistrements de classique contemporain pour piano. Et Adam Bryanbaum Wiltzie : fondateur des groupes cultes d’ambient que sont Stars of the Lid et The Dead Texan, et musicien pour Sparklehorse. Édité par le prestigieux label Kranky aux USA. « A Winged Victory for the Sullen », leur premier album éponyme,  est selon ses créateurs une réponse à vingt années de recherches sur la musique ambient : nappes de cordes et d’effets de guitare, leur musique est un voyage en douceur à travers l’éther. En live, Dustin (piano) et Adam (guitare), sont accompagnés d’un trio de cordes (violoncelle, violon, alto).

 

ATOMOS, leur nouvel album dont la sortie est prévue pour octobre est aussi la bande son d’un spectacle de danse du chorégraphe Wayne McGregor, portant le même nom.

 

 

https://www.facebook.com/awvfts

ATOMOS - Wayne McGregor

 

 

 

RESUME

 

Le clip vidéo est écrit en deux parties, environ deux fois trois minutes : le morceau dure 6’03.

 

La première est une vidéo tournée au vélodrome de Charleroi, masse de béton vertigineuse pour une piste de 250 mètres. Trois cyclistes entameront peu à peu une sorte de chorégraphie-cycliste, fait de sprints, de vélo isolé, d’échappées et gestes sportifs synchronisés. Au crépuscule, des petites LED cousues au niveau des jambes, torses et dos des trois cyclistes, s’allumeront (non loin de l’idée de la combinaison du motion capture). Les mouvements deviendront nuées abstraites de points lumineux. Il n’y aura plus ni le vélo, ni le corps, uniquement l’idée du mouvement.

 

La seconde partie est un re-montage de quelques scènes de deux films de Jørgen Leth, réalisateur danois passionné de course cycliste, qui considère ce sport comme l’expression rituelle de la victoire ou de la défaite humaine. Il tourne A Sunday in hell en 1976 et  The impossible Hour  en 1974 récoltant ce qu’il y’a de plus lyrique dans le cyclisme et les courses.

 

C’est de cette figure lyrique du cycliste dont je me réclamerai pour cette pièce vidéo. 

 

 

JøRGEN LETH 

 

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Jørgen Leth, ici à droite sur la photo, donne gracieusement pour cette vidéo les droits de ses deux films. Ce clip vidéo d’ATOMOS VI lui est dédié.

 

http://dafilms.fr/director/7988-jrgen-leth/

http://jorgenleth.blogspot.be/

 

 

 

NOTE D’INTENTION

 

La musique des AWVFTS est en effet chargée de ressorts dramatiques et contient à elle seule sa propre histoire. C’est pourquoi je voudrais l’interpréter par un motif et non par d’autres images qui aurait pu être narratives.

 

Je voulais retrouver la dramaturgie de cette musique, dans l’essence du geste ; le geste sportif, considéré notamment par Jacques Lecoq, grand théoricien du théâtre, comme étant le « premier geste ». Et de voir ce qu’il y’a d’immense et de métaphorique dans le fait même de rouler, de tourner, de courir et concourir, aliéné par le mouvement perpétuel, du geste circulaire indéfiniment répété, dont on cherchera à s’en libérer par la poésie, « Pour la beauté du geste » (cf Holy motors de Leos Carax !).

 

Aux cyclistes qui « se croyant poètes, ralentissent sur une route, contemplant les points de vues », Alfred Jarry préfère ceux qui se servent « de cette machine à engrenages pour capturer dans un drainage rapide les formes et les couleurs, dans le moins de temps possible, le long des routes et des pistes.» 

 

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SCENARIO COURT

 

Sans musique 

Un homme avance dans un étroit passage cerné de hauts murs de béton, il pousse d’une main un vélo. Arrivé à la sortie de ce long corridor : un vélodrome ouvert, immense, bordé de bois et de verdures. La structure massive, est surplombée de gradins d’asphalte vertigineux. Tout ici est gris et vert, et usé. L’homme, seul, entre au milieu du vélodrome comme s’il entrait dans une arène. Une fois sur la piste, il enfourche son vélo et s’élance doucement. Il est simplement vêtu, en habit de ville, tee-shirt à manche longue et pantalon. Sur ses bras et ses jambes des petites LED sont cousues, elles ne brillent pas. Ce ne sont pour l’instant que d’innombrables petits points éteins, encore peu discernables.

 

00 :00 - 01 :02

A peine le cycliste élancé la musique commence. Il coure contre lui-même, concentré, et fuse dans les virages en pente du vélodrome de Charleroi. Epris de vitesse et de rigueur, le cycliste, appliqué dans chacun de ses mouvements, scinde l’air à son passage, et les paysages ne lui apparaissent qu’en trainée de couleurs. Tout ici est vitesse, solitude et mouvement. Le sport comme premier geste. Il dévale la piste avec majesté.

 

01 :03 - 01 :54

Un second cycliste entre brusquement sur la piste, puis un troisième. Dans une course effrénée ils rattrapent le premier cycliste.

 

01 :55 - 02 :35

Comme s’ils roulaient contre le vent, ils entreprennent à trois la danse de l’échappée et se doublent tour à tour. Une fois disposés en file indienne les cyclistes roulent à même vitesse, leurs mouvements sont synchronisés.

 

02 :36 – 03 :36

Le jour décline, les petites LED, qui démarquent les articulations des corps des cyclistes à la manière des combinaisons de motion capture, s’allument. Une nuée de points lumineux en mouvement continue de s’élancer dans le noir, dans l’immense espace plongé dans le noir.

 

03 :37 – 04 :45

Usant de cette disparition à l’image pour changer d’espace, un peloton vu du ciel, apparaît maintenant. Ce sont les images du film « A Sunday in hell » de Jørgen Leth qui date de 1976. Le peloton de la course du Paris-Roubaix fuse sur une petite route de campagne bordée de platanes et de champs alentours. L’image se rapproche et cadre les cyclistes en tête du peloton, en suivant toujours le mouvement majestueux du groupe de cycliste, qui prend les virages d’un seul et même mouvement synchronisé. Petit à petit, la caméra ne se focalise plus que sur un seul des cyclistes, celui qui fait une avancée notable, celui qui se détache du groupe. On l’imagine maintenant presque seul sur la route. On pense à un atome qui se détache d’un tout, d’un tout duquel il fait partie, un tout qu’il représente lui-même. Le peloton ensuite est filmé au ralenti, les corps et les vélos avancent en tressautant dans la poussière des pavés du Paris-Roubaix, les visages se déforment et l’effort semble être surhumain.

 

04 :46 – 06 :03

L’image passe au noir et blanc, on quitte le peloton pour retrouver un cycliste isolé, un atome. Il s’agit de Ole Ritter, puis d’Eddy Merckx, ils roulent tour à tour seuls sur la piste d’un vélodrome dans une course contre la montre. Ce sont des images du « The impossible hour », toujours de Jørgen Leth.

 

 

 

ICONOGRAPHIE

 

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Repérage au vélodrome de Charleroi - Belgique

 

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For Tomorrow For Tonight, installation d'Apichatpong Weerasethakul

 

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Holy Motors de Leos Carax

 

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A Sunday in hell de Jørgen Leth

 

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The impossible hour de Jørgen Leth 

 

 

 

QUANT A MOI

 

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Amélie Derlon Cordina, cinéaste française née en décembre 1985. Je vis à Bruxelles depuis près de trois ans, c’est ici, aux alentours de la Place Sainte Catherine que j’ai rencontré Adam B. Wiltzie et que plus tard nous avons décidé que je réaliserai un de leurs clips vidéo.

Je viens de Marseille, d’où j’ai fait les beaux arts dans un atelier de vidéo cinéma. J’ai ensuite réalisé deux moyens métrages, Mange tes morts, en 2011, tourné à Marseille. Puis Les Suppliantes, en 2013, une adaptation de la tragédie éponyme d’Eschyle, produit par le GREC (Groupement de Recherches et d’Essais Cinématographiques, avec le CNC) et aidé par Cinéma 93 (aide au court du département de la Seine Saint Denis).  

 

Ici, quelques images : 

 

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LES SUPPLIANTES - 30’17 - 2013

 

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MANGE TES MORTS  - 31’21 - 2011

 

 

 

 

 

À quoi servira la collecte ?

Les AWVFTS produisent eux-mêmes une petite partie de cette vidéo, et maintenant pour que les images soient à la hauteur de leur musique, il nous faut déployer un minimum de moyens techniques.

En effet filmer des cyclistes nécessite du matériel et quelques virtuosités de chef opérateur.

 

Avec ces 1000 euros que nous essayons de rassembler grâce à KKBB, nous :

 

[400 €] Louerons à prix cassés deux caméras et leurs objectifs (Alexa et Black magic poket pour les différents plans) capables de voir la vitesse des vélos sur la piste et des LED qui fuseront dans le noir.

[100 €] Louerons une journée de tournage au Vélodrome de Charleroi.

[70 €] Pourrons nourrir toute l’équipe durant le tournage.

[100 €] Louerons toutes sortes d’équipement de tournage : trépied, bras (pour filmer depuis une voiture), petite installation pour accrocher une black magic pocket sur un vélo…

[150 €] Louerons des vélos.

[100 €] Entamerons la post-production (montage, étalonnage).

Nous demandons seulement 1000 euros, parce que le tournage est prévu fin août et qu’il nous faut faire au plus vite, cependant si les paris grimpent nous sommes preneurs et le tournage n’en sera que meilleur ! Nous pourrons alors nous permettre :

[200 €] De louer divers éclairages à installer autour du Vélodrome et dans ses gradins.

 

[-8%] Pour Kisskissbankbank

 

Si nous dépassons le montant:

 

[100 €] Recruter un ingé son et son équipement pour le tournage (afin d’enrichir les possibilités de montages son)

 

[150 €] De louer des vélos de meilleures qualités.

[100 €] De louer divers fixations pour la caméra afin de pouvoir travailler plus de plans encore sur les vélos.

[300 €] De louer de meilleures optiques pour nos caméras.

[75 €] Construire une petite tour au milieu du Vélodrome afin de chercher de nouveau types de plans (plans surélevés).

[50 €] Faciliter le transport de toute l’équipe.

 

 

 

 

 

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Amélie Derlon Cordina

EQUIPE TECHNIQUE PRINCIPALE Réalisation : Amélie Derlon Cordina Premier assistant: Julien Englebert (INSAS) Chef opérateur : Hoang Son Doan (déjà Chef opérateur sur "Les Suppliantes") Costumes : Marine Vanhaesendonck Editing : Elise Pascal La suite des noms des personnes de l'équipe technique arrivera prochainement.