D’une langue à une autre, d’un territoire à un autre mon travail enregistre les complexités culturelles par une réflexion axée sur l’échange

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Présentation détaillée du projet

 Aussi longtemps que durera le temps (titre provisoire), une trilogie.

 

Cette série de photographies est dans la lignée des artistes, ethnologues, écrivains, cinéastes tels que André Gide, Marc Allégret, Marcel Griaule, Wifredo Lam, André Breton, Marcel Leiris, Claude Lévi-Strauss, Pierre Verger, Jean Rouch et je propose une photographie qui n’est pas à caractère ethnologique, mais est un regard poétique qui confronte le monde dans une relation ouverte entre esprits qui se rencontrent.

C’est cette rencontre qui à tout instant, crée une nouvelle réalité

 

Dans mes voyages, la photographie permet de capturer ces croisements dans un présent éminent. Cela propose la capture, la communication d’une forme de pensée à voix multiples dans quasiment toute mon œuvre, dissoute, pour un temps entre l’auteur, l’acteur et le spectateur.

 

Dans ce projet je souhaite développer une réflexion axée sur les échanges et affrontements d’une langue à une autre, d’un territoire à un autre.

La narration étant souvent déconnectée du présent géographique de là où nous nous trouvons. Ces déconnexions forment notre incommensurable réalité.

Je vais travailler sur des textes dans la langue des protagonistes, en mettant en scène des histoires sur la mort, parler de la mort c’est aussi parler de la vie.

 

Communiquer, transmettre, par le bruissement d’une émotion, une réflexion sur le monde qui nous entoure, vers le monde qui nous regarde.

 

Historique :

Lenguaje (langage), Mexico, mars 2011

 http://www.gilles-delmas.com/photography/serie/lenguaje.html

 

Dans Lenguaje, un des leitmotiv de cette série photographique est le crâne, représentant et rappelant la mort dans l’imaginaire collectif mexicain où la référence à la mort est très représentée dans la vie de tous les jours. J’ai trouvé fascinant de constater qu’au Mexique, la mort faisait partie de la vie et que les Mexicains vivaient dans un rapport non pathétique avec elle. Il m’a donc semblé pertinent d’associer ces crânes à des situations de la vie ordinaire avec des enfants et des adultes dans les quartiers défavorisés, où la vie humaine est très intense et où l’on vit autant a l’extérieur qu’a l’intérieur des habitations. La précarité de la vie est d’autant plus dans l’esprit des Mexicains par l’actualité politique de la narco guerre.

 

 

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Les rencontres amenées dans l’évolution et la construction des prises de vues font partie du processus narratif des prises de vues. L’intervention du regard du protagoniste est réinjectée dans le processus de création du cadrage, par exemple :

La position de l’appareil photographique a été influencée par ce regard de la jeune fille regardant la tête de mort (voir tirage), de ce principe j’ai positionné mes têtes de mort pour chaque personnage, non pas comme des accessoires mais faisant partie intégrante du processus narratif de l’image fixée.

 

Le rapport au texte est aussi lié au processus de mise en scène car de cette histoire racontée par les « acteurs » découle un principe de mise en scène aléatoire lié à leur histoire : Ces individus rencontrés m’ont raconté en espagnol des histoires en lien avec leur perception de la mort qui est souvent décrite à la troisième personne, comme proche et étrangère. Ne comprenant pas l’espagnol un assistant m’accompagnait, les a relevées, me les a traduites en anglais, ces traductions étaient posées en bas des images pour devenir des récits composés en quelque sorte, de voix plurielles.

 

The last Picture, Benares 2013

 

http://www.gilles-delmas.com/photography/serie/the-last-picture.html

 

Les Indiens ayant choisit une voie spirituelle se rendent souvent à la fin de leur vie dans cette ville au bord du Gange dans une voie de renoncement et pour trouver l’illumination.

À leur mort, les Sâdhus sont portés et jetés dans le Gange sur une forme de chariot-chaise à l’inverse des autres hommes qui eux sont immolés par le feu.

 

Une famille de pêcheur a fabriqué les chaises que j’avais dessinées un an ou deux avant de venir à Bénarès (sans connaître ce rituel). Avec ces chaises j’ai capturé les dernières instant de vie d’un Sâdhu nommé « Babajï », peut-être les dernières photographies capturant son image.

 

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Upcoming :

 

Australie 2014.

 

Ce projet se termine en Australie où j’espère avoir l’occasion d’interagir avec les aborigènes où leurs histoires entre le rêve et la mort va complémenter et finir cette trilogie antipodéenne. C’est dans ce sens que je présente ce dossier vers cette possibilité de financement, une aide de soutien serait une ultime ressource pour mener ce projet à bien.

 

Le peuple aborigène vit en symbiose avec la terre. Dans le grand Mythe d’origine, le dreamtime, le passé, le présent, l’avenir, l’homme et tout ce qui fait l’univers, s’articulent dans un système de croyances complexes qui s’exprime à travers la littérature orale, le chant et la danse. Les rites funéraires sont essentiels car les Aborigènes pensent que l'esprit d'un mort ne peut se retourner vers les Ancêtres de son Rêve qu'à la suite de cérémonies appropriées. Tout être humain est lié spirituellement aux sites sacrés de son ancêtre et il est tenu de les préserver pour maintenir l’ordre établi par celui-ci.

 

Mon intervention photographique proposerait une mise en scène liée à un espace abstrait comme le désert où le temps est suspendu, un espace sans repère, suspendu lui aussi dans un néant.

 

Avec l’ornementation des corps en blanc lors des rituels entreprise par certains des habitants de cette région, l’humain revêt son sceau le plus proche de la peinture. La vision de ces corps semi dissous dans leur environnement est autant inspirante qu’à l’inverse, les images des gros plans du corps nous rapprochent vers les visuels de la terre.

 

Chaque personne, chaque animal, chaque plante possède deux âmes. A sa mort l’âme mortelle réintègre le néant alors que l’âme immortelle rejoint le site sacré de l’aïeul.

Ainsi l’image en gros plan d’une plante se mélange à un corps, je donne à voir et je propose une double exposition. 

 

Chez les aborigènes, un enfant qui naît c’est un ancêtre qui revient. En effet, lorsqu’un homme meurt, son esprit retourne dans sa cachette et attend qu’une femme passe près de lui pour se glisser dans son ventre. La relation entre la mort et la naissance de l’œuvre est donc ainsi établi par un processus poétique qui part de l’idée d’une fin pour crée un autre début.

 

Ces « croyances » sont le point de départ poétique d’une réflexion créatrice qui alimente mon inspiration, les prises de vues et la composition de mes images.

 

Dans le principe de documentaire fiction je vais collecter ces histoires et mettre en scène les hommes du désert, ou du moins, peut-être qu’eux me mettront en scène, me dirigeront,  ou penseront-ils où doit se trouver la caméra?

Les textes élaborés adopteront les courbes et les points de la peinture Aborigène.

Les textes vont sortir de l’image et parcourir les murs de la galerie ou du centre d’art où elles seront exposées.

 

Les prises de vues seront composées de plans larges et de plans serrés d’hommes dans le désert avec des constructions d’objets en bois de structure légère et graphique : où le jeux, l’interaction et l’improvisation détermineront les formes justes dans une approche de travail dans la mise en scène, basée sur l’échange, l’interaction de plusieurs vies réfléchissant ensemble sur des thématiques communes.

 

 Merci.

 

À quoi servira la collecte ?

production de la dernière partie de la trilogie.

Voyage+prises de vues:

                                                                                                             

Plane, Paris/Sidney+ door to door                                      = 1635 €

 

déplacements intérieur                                                       =  956  €

 

hotel et repas                                                                      = 2200 €

 

performeurs et assistant                                                      = 1000 €

 

frais généraux                                                                      =  880 €

 

imprévus                                                                              =  900€

 

Total                                                                                     = 7571€

 

 

apport de l'artist                                                                   =  2571€

Kisskissbankbank                                                                =  5000€

 

 

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gilles delmas

Photographie et cinématographie Expositions personnelles et projections 2014 Les six saisons, San Francisco Dance Festival. Projection au Gaumont Opéra Les six saisons, et L’héraclitus, le bateau noir. 2013 Zon-mai, Musée d’art et d’histoire, la chapelle vidéo, Saint-Denis. Les six saisons, Etoiles de la scam, Forum des... Voir la suite

Derniers commentaires

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Très belle démo Gilles ! Très émouvant ! Heureuse d'apporter ma contribution à ton projet, petite soit-elle...
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Hope you make it!!