"Autour du volcan" Film documentaire et webdoc. Février 2014, le volcan Sinabung sème la désolation dans le jardin de Sumatra !

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Présentation détaillée du projet

Projet de film documentaire de création (52 ou 90 minutes) et de Web documentaire

 

Résumé :

 

Sumatra, à la nuit tombante, le regard des autorités locales, comme celui des 25.000 habitants inquiets, en grande majorité des paysans réfugiés dans les abris temporaires, se tourne vers le volcan Sinabung. Après un sommeil de près de 400 ans il est sorti bruyamment de l’oubli depuis presque 6 mois. Dans une région largement dépendante de l’agriculture une telle crise a des enjeux humains et économiques considérables. Combien de temps l’éruption va-t-elle encore durer ? Comment se protéger et sauver ce qui peut encore l’être ? Pire, s’il fallait quitter les lieux définitivement ?

 

Face aux interrogations de tout ce petit monde perturbé, «Je ne prévois pas et je ne prédis rien.»  dit l'ancien volcanologue envoyé au cœur de cette crise par le ministre pour sa grande sagesse et son savoir-faire. À travers une fresque de personnages dont le quotidien est désormais suspendu une fois de plus aux caprices de la nature, c’est un portrait singulier d’une population qui vit, dans son histoire, sa culture et ses croyances au voisinage direct de volcans qui peuvent encore tuer même au XXIème siècle.

 

 

 

« Autour du volcan »

 

Réalisation : Pierre Quiqueré

 

Scénario : Pierre Quiqueré & Emmanuelle Polge

avec l'aimable collaboration de Benjamin Morin

 

Traductions anglaises : Muriel Sempéré

 

Cible : Tout public

 

Thématiques : Aventure humaine, découverte, portrait, ethnologie, volcanisme, catastrophes naturelles, sciences de la terre et géographie.

 

Version originale : Indonésien - sous-titrée français et anglais

 

 

DOSSIER DE PRESSE

 

 

La situation locale en vidéo (AFP le 23/01/2014) 

 

 

Scénario :

 

Sumatra, plus grande île de l’archipel indonésien, février 2014. Après un sommeil de près de 400 ans, le volcan Sinabung 2480m situé à 50 km de la ville de Medan capitale économique, est sorti bruyamment de l’oubli depuis presque 6 mois.  Sans cesse, le nombre des villageois évacués augmente au fur et à mesure que le volcan gagne du terrain. 25000 hommes, femmes et enfants s’entassent dans les 37 abris temporaires de la protection civile. On ne lui connaît pas de grande éruption historique malgré les traces qui en attestent. De jour comme de nuit, toutes les 20 minutes, les nuées ardentes, un mélange de gaz chauds et de roches en fusion qui dévalent les flancs du volcan transforment cette région qui était le jardin de Sumatra en paysage de désolation. Les multiples impacts sur la population et l'économie locale, essentiellement agricole, comme l'inquiétude des autorités responsables atteignent leur paroxysme.

 

La gestion de la catastrophe dans cette province agricole et fragile est un véritable casse-tête pour les autorités. Combien de temps l’éruption va-t-elle durer ? Que faire pour se mettre en sécurité ? Qu’adviendra-t-il du bétail, des terres et des récoltes ? Comment l’administration vient-elle en aide à la population pour la protéger du volcan mais aussi pour assurer sa subsistance et avec quels moyens ? Comment s’organise la solidarité ? Comment la vie sociale s’organise-t-elle autour du volcan en éruption ? Et si finalement il n’y avait d’autre choix que de quitter les lieux définitivement ?

 

Face à toutes ces difficultés dues à la persistance de l’activité éruptive, mais aussi au désarroi de tous sur place, le ministre en charge de la gestion des catastrophes naturelles décide d’envoyer un médiateur. Le sort des habitants du district de Karo repose désormais sur les épaules d’un homme. Le Dr. Surono, volcanologue de grande expérience, bien qu'en retraite de la tête de l’institut de prévention des risques naturels national, a donc été rappelé en haut lieu pour gérer cette nouvelle crise éruptive dans ce pays qui compte près de 130 volcans actifs. Il doit venir en aide au responsable de la protection civile envoyé sur place dès le début de la crise Sutopo Purwo Nugroho Nugroho et à Hendra Gunawan chercheur de l’institut national de surveillance des volcans. En effet, grâce à ses interprétations scientifiques lors de la dernière éruption du volcan Merapi en 2010 à Java avec son équipe du VSI, sur lesquelles les autorités se sont appuyées pour ordonner l’évacuation générale, en quelques heures des dizaines de milliers de vies ont ainsi été épargnées. Les quelque centaines de victimes qui furent à déplorer furent des personnes qui n'ont pas suivi les injonctions d'évacuation, des pillards et malheureusement quelques secouristes et policiers malchanceux. Le Dr. Surono est devenu une célébrité dans son pays, faisant de lui une personnalité incontournable dès lors qu’un volcan tousse un peu fort ! Proche des gens, il publie toutes les trois heures un topo sur le comportement du géant de feu, compréhensible de tous sur les réseaux sociaux. Loin des fastes que ses responsabilités officielles pourraient lui apporter puisque il a été nommé expert auprès du gouvernement, il jouit depuis d’une aura qui en fait aux yeux de la population le seul scientifique digne de confiance, et lorsque l’on parle de lui, on ajoute à son nom le Mbah (grand-père) des sorciers gardiens traditionnels des volcans du pays.

 

Durant toute sa carrière au sein de l’institut volcanologique national, le Dr. Surono a eu à gérer de nombreuses fois ce type de situation, exercice bien difficile dans ce pays où l’influence des traditions locales et le besoin vital de maintenir les activités de subsistance laissent encore peu d’espace à la logique des sciences, qui pourtant sont le seul véritable outil de compréhension des volcans.

 

Dans ce film, nous assistons à la gestion de crise avec le Dr. Surono au poste de surveillance du volcan Sinabung, au plus près des 5 sismographes installés pour l’occasion, des équipes du VSI et de la protection civile. Nous découvrons comment, avec son expertise de géophysicien, il participe à l’orientation des décisions suivant le bon sens de ses expériences passées.

 

En parallèle, nous suivons un panel de personnages représentatifs de la société habitant la petite ville de Berastagi située à une dizaine de kilomètres du volcan et des villages environnants, une famille de paysans, un responsable religieux, un responsable de l’administration locale et un fonctionnaire de la protection civile dans leur vie quotidienne largement perturbée par les évènements. Le moment de la journée le plus critique est une fois la nuit tombée, car si les avalanches de blocs incandescents produisent bien un son caractéristique et laissent des traces lumineuses en éclatant en morceaux, les nuées ardentes elles, n’émettent aucun son d’une part, puis dans l’obscurité d’autre part, il est absolument impossible d'en appréhender ni la direction ni l’ampleur. Ce sont ces évènements, dont la fréquence est très soutenue, qui provoquent chaque nuit des scènes de panique même au sein de la zone de sécurité, pour ceux qui ne dorment pas dans un des 37 centres d’évacuation installés par les autorités. À l’Aube, la vie reprend doucement son cours «normal» et les paysans se rendent dans leurs champs pour constater les dégâts causés par les dépôts de cendres et sauver ce qui peut encore l’être dans les cultures de choux, de tomates ou de piments. Les éjectats du volcan mélangés à l’eau de pluie forment une espèce de ciment qui fait céder les toits les moins solides sous son poids. Si la cendre à terme est un véritable fertilisant et participe à ce que les terres arables soient bénies des dieux, elle reste très problématique pour la santé, par la présence d’éléments nocifs en nombre comme le phosphore ou le fluor. Elle provoque aussi de graves irritations conduisant à des infections des voies respiratoires. Alors dans tous les gestes de la vie quotidienne, on se protège comme on le peut et toutes les idées sont les bienvenues même les plus saugrenues. C’est aussi le moment de gérer l’alimentation en eau et en nourriture pour le bétail. Les enfants se rendent à l’école avec leurs uniformes colorés suivant les niveaux et les âges, laissant autant de traces de couleurs sur les routes dans l’uniformité du gris foncé des dépôts volcaniques qui recouvrent tout le paysage. Vient ensuite le temps où il faut nécessairement trouver de quoi nourrir la famille, et c’est au tour de la solidarité régionale de jouer un rôle primordial dans des distributions d’eau et de nourriture. C’est aussi l’occasion pour les grandes entreprises du pays d’apporter également leur soutien aux sinistrés. Puis le temps des prières arrive, et chacun, musulman ou chrétien rejoint son lieu de culte respectif. Les mosquées et les églises sont souvent construites sur la même parcelle de terrain dans une certaine harmonie, tout le monde prie ardemment pour que l’éruption s’arrête. Régulièrement les autorités organisent des réunions publiques pour rendre compte de la situation, informer et justifier leurs dernières décisions. Enfin, côtoyant les animaux domestiques hagards au coin des rues des villages dans la lumière du crépuscule et ne perdant jamais de vue le volcan Sinabung qui domine majestueusement la vallée, les habitants du district de Karo rejoignent leur maison pour les plus chanceux ou les abris provisoires pour les autres. 

 

À travers ces évènements, transparaissent donc en toile de fond le quotidien en Indonésie, le mode de vie, les différences culturelles, la perception de l'environnement et le rôle des croyances, enfin les difficultés que cela peut engendrer avec les volcanologues et les autorités qui doivent gérer sans heurts une situation bien compliquée dans ce pays où les volcans tuent malheureusement encore, même au XXIème siècle.

 

Le volcan Sinabung au crépuscule. (Photo Oom Endro Lewa / janvier 2014)

 

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L'activité du volcan visible de nuit

  Denuit

 

 

Camps

 

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Plus de 25 000 vivent dans camps de fortune dans une situation précaire

 

 

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Les récoltes sont anéanties par les cendres

 

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D'une manière générale toutes les plantes et cultures s'affaissent sous le poids de dépôts de cendres au dessus des plans de café en berne.

 

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Les cendres envahissent tout et l'on se protège comme on peut (Photo : getty image)

 

Poids

 

 

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Sous le poids des cendres les constructions s'effondrent

 

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Régulièrement le VSI organise des réunions publiques. Ici Hendra Gunawan chercheur à l'institut national, vient de Bandung pour fournir des explications sur l'état du volcan. 

 

 

Le Docteur Surono (Photo AP) :

 

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Surono né le 8 juillet 1956 est le père de deux enfants. C’est suite à l’éruption majeure du volcan Galunggung non loin de Bandung où il habite en 1982, que sa vocation naît, il sera volcanologue. Il rentre donc en 1982 à l’Institut Technologique de Bandung pour étudier la physique. Il conclut ses études en 1993 avec un doctorat de géophysique à l’université de Grenoble en France, son volcan d’étude le Mont kelut est tout un symbole puisqu’il est à l’origine d’une des plus grandes catastrophes volcaniques du XXème siècle, elle fit plus de 5000 victimes. C’est par ailleurs suite à cette éruption que l’institut de surveillance des volcans nationale (le VSI) fut créé à Java par les hollandais. Son diplôme brillamment obtenu, il rentre à Java et rejoint naturellement le VSI dont il devient directeur de la section d’analyse des paramètres physiques, il en prendra la tête en 2001. En 2005, il devient directeur du PVMBG (Centre de Volcanologie et de Prévention des Risques Géologiques).

 

Mais présenter le professeur Surono sans parler de son travail sur le terrain n’aurait pas de sens, comme il en atteste lui-même «je suis fait pour vivre dans la cendre». L’Indonésie comptant bon nombre de volcans actifs, les crises d’envergure n’ont pas manqué, elles lui ont procuré une grande expérience des aléas volcaniques. «Je ne prévois pas et je ne prédis rien» déclarait y a peu Surono aux journalistes avec qui il a toujours entretenu des relations amicales. Le véritable sommet de sa carrière se produit lors de l’éruption du dernier cycle éruptif du Merapi entre 2006 et 2010. Cela peut paraître tardif mais «seule une très grande expérience de la chose volcanique» comme le disait Haroun Tazieff permet d’arriver à ce niveau de performance. C'est à cette époque qu'il va gagner peu à peu la considération de la population, qui pourtant avait pour habitude de ne faire confiance qu'aux sorciers et qui voyait les scientifiques chargés de la surveillance des volcans plutôt d'un mauvais œil. Ses lettres de noblesse sont définitivement acquises lors de l’éruption centennale du volcan Merapi en 2010. Il fallait en effet un certain aplomb pour conduire les autorités à évacuer à juste titre plusieurs centaines de milliers de personnes avant la catastrophe sur la base de «signes précurseurs d’une manifestation violente probable majeure», le saint graal du volcanologue.  «Il y a bien une part d’intuition» admet-il  mais seules les données doivent conduire les volcanologues à établir les recommandations nécessaires à la protection des hommes». Cette grande sagesse et une indéniable proximité avec les gens lui ont valu d’hériter du titre honorifique de Mbah (grand père), habituellement attribué aux chamanes qui communiquent avec le volcan et en assurent la garde. Mais surtout ces qualités et son expertise scientifique ont contribué à faire baisser drastiquement le nombre de victimes des éruptions volcaniques tout au long de sa carrière.

 

Il présente une première fois sa démission après 30 ans de bons et loyaux services, elle lui est refusée par son ministre de tutelle  «Je dois prendre du recul, c’est à d’autres de faire avancer la prévention des risques naturels, cette institution doit continuer à fonctionner sans moi» dit-il tout en organisant sa succession à la tête de l’institut. Il prend finalement sa retraite pendant l’été 2013. Pour cette seconde vie, le Dr. Surono s’imaginait bien avoir des vaches, mais finalement nommé expert auprès du ministre de l’énergie, il continue de veiller sur les troupeaux et les terres de ses concitoyens.

 

Note d’intention des auteurs :

 

Pourquoi ce film ? Dans le paysage des films où l’on voit des volcans, il n’en existe malheureusement pas à proprement parler qui traitent de la gestion d’une crise volcanique. Le côté spectaculaire des manifestions catastrophiques d’un volcan attire souvent l’attention des médias, qui détournent relativement vite leur regard des perturbations de l’écosystème humain qu’ils impactent. Certes l’aspect économique des choses est abordé et se retrouve rapidement privilégié mais que savons-nous finalement du ressenti des acteurs de la crise quand elle se produit ? Qui leur donne la parole ? Qui les écoute ? Qui montre leur quotidien ? Qui peut les aider à y faire face ? Enfin, qui sait par chez nous que chaque volcan est considéré d’une certaine façon comme une divinité qui a le pouvoir de prendre la vie, mais aussi d’offrir l’opulence et que bien souvent il prend une place de choix dans l’organisation sociale des humains qui l’entourent ?

 

N’est-ce pas quelque part manquer de respect à ces gens que d’occulter leurs problèmes en ne publiant que des images de cette catastrophe, la plupart du temps sans l’ombre d’une phrase empathique pour tous les malheurs qu’il provoque. N’est-ce donc pas leur rendre justice que de réaliser ce film ?

 

Un aspect très intéressant des choses réside dans la singularité des évènements : comme il ne s'était pas manifesté depuis quelques siècles, le potentiel de risques du volcan Sinabung avait été sous-évalué. Ainsi, l'on trouve dans son proche périmètre, la capitale du district, Kabanjahe au Sud et la petite ville de Berastagi à l'Est, située à mi-chemin entre Medan et la région très touristique du lac Toba. Cette petite bourgade commençait à tirer son épingle du jeu comme destination de villégiature pour les riches habitants de la capitale voisine en proposant des thermes liés au volcan Sibayak qui lui présente des signes d’activité connus et des paysages luxuriants. Ainsi la politique adoptée par les autorités est qualifiée «d’évacuation pas à pas» c’est-à-dire que plutôt que d’évacuer la zone sur une grande distance selon le scénario du pire, on évacue petit à petit selon le terrain que gagne le volcan et l’on évite les pertes inutiles. Cette politique peut paraître évidente mais elle est profondément novatrice et parfaitement adaptée à la réalité de ce terrain. Cela ne facilite évidemment pas le travail, c’est aussi une certaine de prise de risque, mais cette méthode limite à terme les impacts. Si on éloigne plus que de raison les gens et que finalement il ne se passe rien, comment préserver la confiance entre les parties ? Comme le dit très bien Monsieur Surono avec la gravité qui s’impose : «Les habitants du district de Karo doivent aujourd’hui s’habituer au nouveau Sinabung», c’est donc aussi ces bouleversements et la façon dont s’opère le rééquilibrage  que nous voulons porter à l’image.

 

Enfin, au-delà de l’urgence de la situation et même si celle-ci paraît dramatique, autour des volcans, deux symboles sont convoqués : celui d’une nature des temps immémoriaux et celui de la boîte de Pandore, un aspect que chaque manifestation éruptive décuple complètement en réveillant toutes les croyances locales. Le capharnaüm des animaux laissés en liberté, pas de place pour eux dans les refuges et abris, les gens se rassurant les uns les autres dehors, tout en gardant un œil sur le monstre, et puis les enfants, dans l’insouciance de leur âge, laissent déjà entrevoir les préludes d’une renaissance, car l’histoire est ainsi faite.

 

Pourquoi s’intéresser au docteur Surono ? C'est le seul volcanologue au monde dont les calculs ont conduit à l'évacuation de plusieurs dizaines de milliers de personnes. En 2010, au volcan Merapi sur l’île de Java, jusqu’à 270 000 personnes ont été déplacées 24 h avant une éruption majeure. Certes il s’appuie aussi sur le travail d’une équipe pour récolter les données qui conduisent à prendre ce type de décision, mais il faut quand même soupeser la position personnelle qu’il faut pouvoir tenir pour assumer de tels actes, et il faut bien mesurer la responsabilité que cela représente pour un scientifique. On pourrait aussi le percevoir comme quelqu’un d’arbitraire et de froid, il n’en est rien. S’il  est exigeant avec son équipe, et c’est aussi ce qui fait la particularité de cet homme, le professeur Surono est on ne peut plus proche des gens. On peut imaginer que c’est là qu’il puise sa force. Très populaire dans son pays et assez présent dans les médias quand il y a une crise volcanique, ce qui arrive malheureusement souvent, personne ne s’est penché pour autant sur ce personnage et c’est ce que nous voulons faire aujourd’hui. Toutefois, dresser le portrait du Dr Surono seul, sorti de son milieu naturel n’avait pas vraiment de sens, et l’occasion unique de cette éruption du Sinabung est le moment le plus opportun pour s’intéresser à lui. Bien qu’à la retraite, son «retrait» n’est pas vraiment effectif et il se sent encore très concerné par cette histoire «Les volcans me manquent dans mon bureau du ministère ici à Jakarta» nous a-t-il avoué pendant la préparation de ce projet. Peut-être a-t-il parfaitement intégré son rôle de «gardien des volcans» de l’Indonésie !

 

Enfin d’un point de vue très personnel, nous espérons que ce film servira enfin à ce qu’on ne lise plus dans la presse que les volcans de Sumatra font partie de la fameuse «ceinture de feu du pacifique» qu’on se le dise une bonne fois pour toute, Sumatra est en bordure de l’océan indien !!!

 

Lettre d’intention du réalisateur, Pierre Quiqueré :

 

Musicien à l’origine, rien ne me prédisposait à devenir un jour réalisateur de film, c’est en tenant pour la première fois une caméra lors de ma première traversée de l’île de Java en 2007 que ma vocation est née. Marqué très jeune par la voix d’Haroun Tazieff et plus tard par un passage au sommet de la Soufrière de la Guadeloupe, j’ai éprouvé soudain le besoin de voir des volcans, beaucoup de volcans. J’ai donc organisé un voyage au paradis des volcans, l’Indonésie. J'ai naturellement proposé à mon associé dans les affaires Benjamin Morin, avec qui j’allais écrire plus tard mon premier vrai film documentaire, de m’accompagner. Voyager aussi loin pour ne ramener que des souvenirs de vacances ne nous emballant pas outre mesure, cela nous a conduit avec mon camarade à imaginer un nouveau concept de carnet de voyage, à forte tendance humoristique, en guise de baptême de l’image ce qui fut fait et glorieusement publié avec fierté sur les réseaux sociaux.

 

La deuxième grande étape de mon cheminement audiovisuel fut donc la réalisation d’un premier vrai projet de documentaire, avec une vraie histoire, des vrais personnages et des volcans. C’est ainsi  que véritablement scotché à un jeune volcanologue belge, nous avons effectué une véritable épopée aux quatre coins du monde. À l’issue de ce voyage au cœur de la volcanologie et de son histoire pour nous, et au cœur de la science pour lui, nous avons en trois ans, nous, fabriqué un film, et lui un travail scientifique remarquable qui l’a conduit à devenir docteur en sciences. Grâce à Robin, le monde des volcanophiles, constitué de professionnels, les volcanologues, d’amateurs de sensations fortes, de voyageurs passionnés, mais aussi des véritables propriétaires des volcans, ceux qui les habitent et en cultivent les flancs, s’est véritablement ouvert sous nos yeux et celui de notre caméra. Quel immense bonheur de partager ensuite toutes ces expériences avec le public lors de la diffusion du film dans les festivals. Le travail qui me, qui nous conduisit à construire ce long métrage fit naître des nouvelles questions, de nouvelles envies de découverte.

 

Mon désir de faire du documentaire, de raconter une histoire ou l'aventure humaine est au coeur de l'action étant toujours intact, l’éruption du volcan Sinabung fut un véritable déclic. Les images choc arrivant presque en direct sur les réseaux sociaux réveillèrent mon projet latent de filmer une crise volcanique, une comme celles qui ont marqué tous les collaborateurs d’Haroun Tazieff et tous les volcanologues que j’avais interviewés. Lors de la préparation de «Robin des volcans», j’avais remarqué en visionnant la centaine de films que le style «volcanique» offre aux téléspectateurs que, si beaucoup de réalisateurs sont attirés régulièrement par les frasques des volcans et mettent en avant l'aspect spectaculaire, personne ne s’était réellement intéressé en profondeur aux impacts que ces catastrophes peuvent générer sur les populations souvent très modestes vivant dans leur voisinage direct, je me propose de relever aujourd'hui ce défi.

 

Note de réalisation :

 

Deux équipes de tournage, une équipe embarquée avec Monsieur Surono, une autre qui assure les tournages des séquences  dites de vie quotidienne et les interviews des acteurs locaux.

 

Concernant les scènes de vie quotidienne, trois possibilités sont envisagées et tournées pour le film et pour le web-documentaire. Chacun des personnages est suivi au mieux pendant une journée complète. Une interview-type est rédigée pour les gens ne remplissant pas de «fonction» particulière pour la collectivité. Des interviews spécifiques pour ceux qui en ont.

 

1/ Une galerie de personnages choisis pour leurs fonctions : un paysan, une paysanne, un enfant ou deux, un prêtre ou pasteur, un imam, un responsable politique, un membre de la sécurité civile, un petit commerçant, le gérant d’un grand hôtel de Berastagi, un touriste ou un photographe amateur venu d’un autre endroit du pays ou de l’étranger. Pour les besoins du montage et son originalité un animal ou deux …

 

2/ Une famille nucléaire : Grands-parents, parents, enfants, animal domestique

 

3/ Une deuxième famille nucléaire, d’une autre confession ou de condition sociale différente par exemple.

 

Dans les deux familles si possible une qui soit hébergée dans un centre d’évacuation et l’autre qui habite dans la zone impactée mais encore chez elle

 

Concernant le volcan et son environnement : si possible prévoir des images avec météo clémente et météo pluvieuse.

 

Le tournage se fera dans la langue du pays l’indonésien.

 

Un chauffeur et un interprète Indonésien / Français

 

Tournage (2 à 3 semaines) à Sumatra autour du volcan Sinabung. 

 

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Pierre Quiqueré devant le volcan Merapi à Java (Photo : Benjamin Morin)

 

Production : Overdub interactive / Paris

Scénario : Pierre Quiqueré & Emmanuelle Polge

Réalisation : Pierre Quiqueré

(Dernière production « Robin des volcans » en 2011)

 

 

 

 

À quoi servira la collecte ?

Où en sommes-nous aujourd’hui ? 

 

Nous avons passé beaucoup de temps à faire l’enquête pour coller au mieux à la réalité des faits sur le terrain grâce aux réseaux sociaux. Ces investigations à distance nous ont permis de gagner la confiance des intervenants dont les interviews et «follow me» seront les pivots du film. Grâce aux liens que nous avons tissés avec un photographe local, nous avons pu déjà repérer les lieux de tournage. Il sera aussi d’une aide précieuse pour la rencontre avec les personnages du film.

 

Pourquoi faire appel à vous par le biais du crowdfunding ?

 

Le tournage va commencer uniquement sur fonds propres parce que l’urgence des faits nous empêche d’attendre une hypothétique participation d’une grande chaîne de télévision d’une part et que d’autre part bien évidemment, je peux avec mes associés dans notre petite boîte de production assumer financièrement ma démarche de produire un film. Nous pourrions donc continuer de réaliser ce projet de manière artisanale mais ... nous voulons aller plus loin que le précédent film qui a fait malgré son budget modeste une carrière honorable dans les festivals et sur internet en faisant plusieurs dizaines de milliers de vues. J'aimerais donc maintenant que ce nouveau film puisse franchir un nouveau palier de qualité technique pour vivre en salle de cinéma et passer en télévision. C'est un projet grand public qui doit vivre au-delà des réseaux de passionnés ou des festivals dédiés au cinéma d'auteur. Cela a un coût que nous ne pouvons malheureusement assumer seuls.

 

Premier objectif : 7500€

 

La somme nécessaire pour garantir un montage et une post production digne de ce nom avec les images tournées

 

Second objectif 2000€ supplémentaires : 9500€

 

Pour financer le web documentaire

 

Troisième objectif 2500€ supplémentaires : 12000€

 

Pour financer l'enregistrement des voix de doublage

 

- La version doublée en français

- La version doublée en anglais 

 

 

 

Budget

 

 

 

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Pierre Quiqueré

Je mène une double carrière technique et artistique depuis le début des années 1990. D'un côté je gagne ma vie en tant qu'ingénieur du son dans le spectacle vivant et photographe / cadreur / journaliste pour les entreprises. De l'autre je trace mon chemin en tant que Musicien / compositeur / Vidéaste. Après de nombreuses productions musicales, la passion... Voir la suite

Derniers commentaires

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Bravo pour ce projet brûlant, j'espère que les contacts avec la population sont passionnants et que la langue du volcan n'est pas trop longue.
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Bravo Pierre, Nous vous souhaitons bonne chance dans ce superbe projet. Peut-être vous pourrez déjà faire des repérages auprès de l'autre volcan qui a commencé à craché à côté de Surabaja... Fais signe quand vous êtes de retour! Johannes, Albert & Ydamarie
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Bonne chance, Benjamin et Pierre !