"VAS Y MEC! PRENDS TOUT ET PREND MA CAISSE AUSSI SI CA TE CHANTE!" Ironie d'un type... déjà mort. COURT METRAGE de Pascale GUERRE - (3'40)

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The project

 

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"Chez lui, un homme d'apparence "normale" démarre une journée comme n'importe quel autre homme pourrai démarrer la sienne. Mais plus exactement comme aurai pu la démarrer l'homme mort gisant dans le salon, puisqu'il s'agit en réalité de sa vie. Et c'est la femme de ce dernier, ligotée et bâillonnée sur une chaise, que l'on retrouve assise, faisant face au petit déjeuner que l'homme, finalement fou, lui a préparé avant de partir..."

 

 

 

Baby You can Drive my Car est un film  à « chute » qui a pour objectif de vous surprendre.

 

Porté par des plans travelling où l’on distingue les choses plus vite qu’on ne les voit. Nous sommes en réalité voyeur d’un Comportement ; dans ce qui habite le personnage bien plus que dans ses actions en cours. Témoins clandestins d’une Attitude.

 

Le personnage principal est de nature énergique mais il prend son temps. Il y a dans son physique et dans son attitude décontracte, quelque chose de singulier et de positif qui produit en nous de l’empathie pour ce personnage. Mais aussi un « je ne sais quoi »  qui nous donne le sentiment d’une intrigue non élucidée.

 

Qu’est ce qui est « Normal » ? Un homme capable d’actes totalement barbares et à priori dépourvu d’humanité n’est-il pas capable de gestes simples, ceux du quotidien ; et est-il forcément à ranger dans la case fou ?

Même si cela nous rassure de le penser, j’ai choisi de répondre à la question par non et réduire la difficile complexité mentale qu’on accorde à un tel être humain à une réponse plus simple. La Normalité existe aussi chez cet individu et c’est bien là toute la crainte que l’on peut en avoir. Certains peuvent commettre des actes terrifiants sans plus de tourments qu’on en aurait à tirer une chasse d’eau.

 

Intrigue et Surprise sont les adjectifs clefs de ce scénario. Un dicton bien connu qui aurait l’air de nous  rappeler que L’habit ne fait pas le moine.

 

Baby You Can Drive my Car a pour vocation la Farce, la Légèreté et l’Ironie, et c’est cette dernière qui traduit le mieux l’ambition de ce film. 

 

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                                       « BABY YOU CAN DRIVE MY CAR»

 

 

1 - INT/JOUR PAVILLON-COULOIR :

 

Nous sommes dans un couloir depuis lequel nous découvrons les lieux.

Toutes les pièces en enfilade. Au fur et à mesure de notre avancée nous percevons des bruits de pas, traîner sur le sol. Ils nous accompagnent jusque dans une cuisine. Dans laquelle se trouve un homme plutôt grand, la nuque large mais que l’on ne découvre que de dos.

 

 

2 - INT/JOUR FRIGO

 

Ouverture frigo.

Vas et viens subjectif sur les produits inspectés.

Une main d’homme prend une bouteille de jus de fruits.

Fermeture frigo.

 

 

3 - INT/JOUR CUISINE

 

La main pose un verre de jus d’orange prêt du poste radio et cherche une station. Des accords d’opéra se font entendre, et par vagues, la voix de la chanteuse se propage et envahie toutes les pièces.

 

Demi-tour.

 

L’homme semble suivre la direction prise par les notes ; nous le suivons pas à pas.

 

 

4 - INT/JOUR DRESSING

 

Dans le dressing impeccable, l’homme regarde l’étendue de vêtements rangés devant lui et choisi une tenue pour le jour.
Devant le miroir il fini de fermer les boutons de manches de sa chemise.

 

 

5 - INT/JOUR COULOIR SDB

 

De l’eau est en train de couler dans une baignoire. Tout en sifflotant sur l’air d’opéra qui n’en fini pas de raisonner l’homme y verse un peu de sel pour le bain. La mousse se formant l’homme semble satisfait.

 

Cut

 

Dans le compartiment à lessive de la machine à laver, la main de l’homme verse de la poudre blanche et ce jusqu’à vider la totalité de la boîte. Il lance un programme intensif, une fois les voyants lumineux allumés, retour sur son visage ; encore satisfait.

 

 

6 - INT/JOUR COULOIR SDB

 

La porte de la salle de bain se referme derrière lui sans qu’il n’est eu vraiment besoin d’y toucher. Petit temps. Il sort sa montre de sa poche et la remet à son poignet. Il avance dans le couloir qui rejoint le salon. Là on le sent enjamber quelque chose sans qu’il n’ai pour autant un regard vers le sol.

 

 

7 - INT/JOUR PAVILLON-CUISINE :

 

Dans la cuisine l’homme est en train de préparer le petit déjeuné.

Il semble de bonne humeur.

Il ouvre un placard et tombe sur une boîte qui devait contenir du café mais elle est vide.

 

                                                            L’HOMME

         -       Jamais de café ici… 

 

Il met la main sur une boîte à côté, à priori du thé.

Il met la bouilloire en route. Il enfourne des toast dans le grille pain.

 

Cut

 

 

8 - INT/JOUR CUISINE :

 

De l’eau bouillante est versée dans une tasse.

Il manque pourtant quelque chose. Le sucre.

L’homme cherche le sucre un peu partout dans la cuisine mais n’en trouve pas.

 

                                                           L’HOMME

          -       Pas mieux de ce côté là!

 

En fouillant dans les placards, il trouve du miel et se dit que cela fera bien l’affaire.

 

Cut

 

Les toasts sortent du grille-pain. L’homme les attrapent, se brûle et les pose en vitesse dans une assiette joliment préparée.

 

L’homme est satisfait. L’horloge du four micro-onde affiche 7H55.

 

 

9 - INT/JOUR ENTREE/PORTE D’ENTREE

 

L’homme enfile son manteau et réajuste ses vêtements. Il a l’air un peu à l’étroit dans son costume. Dans une de ses poches il trouve son porte feuille et vérifie l’emplacement de ses cartes de crédits.

 

L’homme s’apprête à sortir, il regarde le tableau où sont accrochées les clefs. Il hésite et fini par prendre les clefs dont le porte clefs apparaît comme étant le plus masculin.

 

 

                                                                       L’HOMME

          - Chérie ?! Je t’ai fait couler un bain !

            En rentrant tout à l’heure je m’arrêterai faire des courses.

           Je sais que tu n’es pas très en forme aujourd’hui donc 

            t’en fait pas pour ça, je m’occupe de tout.

 

 

10 - INT/JOUR GARAGE - VOITURE

 

L’homme claque la portière de sa voiture, règle son rétroviseur. Abaisse son pare-soleil et trouve la photo d’une femme, léger sourire. Il referme le pare-soleil et jette un coup d’œil à son rétroviseur central, regarde son apparence. Il est en phase avec lui-même.

 

 

11 - INT/JOUR SALON

 

Les jambes d’un homme mort gisant au sol dépassent la cloison donnant sur la cuisine.

 

 

12 A - INT/JOUR CUISINE

 

Un visage féminin se détourne de cette vision macabre et nous donne à voir son profil. Nous découvrons alors une femme (celle de la photo) complètement terrorisée.

 

Quart de tour dans son dos.

 

 

13 A - INT/JOUR GARAGE

 

L’homme insère la clef et met le contact. Il ouvre les fenêtres avant du véhicule et pose ses mains sur le volant qu’il prend plaisir à manipuler. D’ici il peut encore entendre l’air d’opéra qui résonne sur tous les murs à l’intérieur de la maison. Il allume le poste radio et choisi immédiatement le programme de l’opéra en cours. Petite jubilation.

Il remet la main sur la clef et s’apprête à démarrer.

 

 

12 B - INT/JOUR CUISINE

 

Attachée et bâillonnée sur une chaise, la femme est assise en bout de table, face au petit déjeuner si joliment préparé par l’homme. La tasse de thé encore fumante. Le bruit du moteur de la voiture démarrant dans le garage la fait tressaillir. Le morceau d’opéra que l’on entend dans le poste radio est au summum de son intensité. La femme jette un coup d’œil sur les enceintes, depuis lesquelles la musique semble devenir matière.

 

 

13 B - INT/JOUR GARAGE

 

L’homme en osmose totale avec lui même, se fait gentiment le pied sur l’accélérateur du BMW familial.

 

 

12 C - INT/JOUR CUISINE

 

Sur l’interminable note finale de ce climax musical, la femme lutte de toutes ses forces avec ses liens. Elle fini par basculer et tomber au sol. Fin de morceau opéra, bruit de chaise cassée. 

Plongés dans le regard de la femme nous y apercevons une nouvelle lueur.

 

Sur l’horloge à cristaux liquide du four de la cuisine on passe de 7H59 à 8H00.

 

 

14 A - EXT/JOUR RUE

 

La porte du garage s’ouvre.

 

                                                                         Dans le poste de Radio

« C’était un morceau interprété par Yolanda Brzezinskiva orchestré et enregistré à l’opéra de Varsovie.

Tout de suite on retrouve les infos présentées par Alexandra Claire sur Radiopéra. »

 

Encore tapie dans l’obscurité du garage, la voiture gronde.

 

 

15 – INT/JOUR MAISON

 

                                                                          Dans le poste de Radio

                                                                           « Gingle informations»

 

On découvre toutes les pièces de la maison une par une. Vision de Carnage dont  témoignent certaines.

 

(Entrecoupées de 14B)

 

Pendant tout ce temps on entend des bribes d’infos provenant du poste radio qui se trouve toujours dans la cuisine.

 

                                                                     Dans le poste de Radio

      « Bonjour à tous, nous restons sans nouvelles de l’homme qui s’est évadé hier matin de l’hôpital    psychiatrique dans lequel il était incarcéré depuis 2006. »

 

                             « Le dispositif de recherche… »

 

« l’homme également connu pour des faits de viols et séquestration est considéré comme très dangereux … »

 

La main de la femme, tachetée de sang coupe le poste radio. Sur son visage, une dangereuse détermination

 

14B INT/JOUR VOITURE GARAGE :

 

(Successions de gros plans sur les faits et gestes de l’homme dans la voiture – Insertion cd – Load de celui-ci – enfilage de lunettes soleil - coup d’œil rétro – passage vitesse – desserrage frein à main)

 

 

14 C - EXT/JOUR RUE

 

La voiture part à fond sur une musique rythmée. (Baby you can drive my car !)

 

 

FIN

 

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SYNTHESE: 

 

Le film est né de son titre. (provisoire aux vus des droits et arrangements pécuniaires de ce genre d’œuvre musicale)

 

Aucun élément du carnage accompli, ne sera traité de façon gore. On est dans la complète normalité vécu et ressenti par l'homme fou(?). Folie retrouvée dans les gestes appliqués de celui ci, paradoxe total entre la normalité et l'horreur.  Et c'est vraiment cela que je souhaite mettre en exergue.

 

Le départ de la voiture de la séquence de fin est totalement propre à ce sentiment de liberté que ressent le personnage principal à ce moment de l’histoire. Film vécu à son rythme et de son point de vue. Jouissance de chaque instant, trouvée en s’appropriant le quotidien volé à un autre que lui.

En dépit de la réalité des horreurs qu’il inflige et ce, pour parvenir à la jubilation de chaque instant ; il y a quelque chose de léger et de totalement ironique que l’on peut trouver dans le sous texte de ce refrain final :

 

                « Vas y mec t’as qu’à conduire ma caisse aussi si ça te chante ! ».

 

En tous cas, c’est avec toute cette décontraction que le personnage principal nous renvoi cette idée. Et c’est cette idée forte qui m’a donnée envie d’écrire ce film.

 

Pour ce qui est de la femme et du carnage survenu dans la maison, il est porté par un air d’opéra. 

La musique remplace les mots, mots imprononçables puisque bâillonnée, que la femme implore à son agresseur fou. 

En réaction de quoi, l’homme se délecte des notes qui le suivent, arpentent et résonnent dans toutes les pièces. En faisant abstraction total de la moralité et de l’état psychique de son otage, il se prête au jeu du mari exemplaire, tout en se nourrissant de la supplication de sa victime.

 

La rupture musicale entre les deux styles proposés nous montre à quel point cet homme est à l’aise en toutes circonstances et le rend d’autant plus dangereux qu’il s’adapte et sait se fondre dans l’univers qu’il s’approprie.

 

En ce qui concerne l’adaptation visuelle du film, il est doté de plusieurs angles narratifs :

 

     I.     GROS PLANS / SUCCESSIONS DE PLANS BREFS ET RAPIDES / CUT :

 

1 – Traduit le quotidien / Personnage multiple (parfois frénétique)

2 – Traduit ce qui est lié au suspens

 

        II.     PLANS LARGES et TRAVELLING / CINEMASCOPE:

 

1 - Connaissance du lieu, Ambiance Confinée, Huit Clos 

 

2 - Sentiment de supériorité de la part du personnage principal quand il se voit vêtu du beau costume emprunté dans le dressing.

 

3 – Recul et stupéfaction sur l’ampleur de ce carnage lorsque la femme se retrouve seule dans la cuisine. Soufflée d’être encore vivante.

 

      III.     DEMIS TOURS ET QUARTS DE TOURS CIRCULAIRE :

 

Permet de rentrer dans l’état de conscience du protagoniste concerné par le plan.

 

      IV.     PLAN GRUE SEQUENCE DE FIN :

 

Plan mouvement fluide, proche jusqu’à large, depuis départ voiture puis vue d’ensemble sur la route, ligne droite, traversant tout un lotissement impeccable.

Le personnage principal épouse totalement sa nouvelle identité.

 

                               QUELQUES ILLUSTRATIONS

 

 

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Why fund it?

J'ai la chance de pouvoir emmener avec moi une équipe totalement pro, solide et prête à m'accompagner bénévolement dans ce projet réalisable en deux jours de tournage. Deux jours de tournage qui supposent de nourrir ses hommes! Mais aussi de mettre à disposition un décor qui est rarement cadeau, le matériel technique et notamment la location d'une Grue pour la dernière séquence. C'est une somme qui nous permet de ne pas partir à l'aveugle, sans rien et qui assoie le projet dans quelque chose de concret. Et clairement produit par vous! C'est un court métrage de 3min qui a l'ambition première d'être un vrai film. Il est la clef de projets futurs, préexistants. 

Pas encore de documents accrocheurs type (photos, storyboard, casting), mais c'est un projet tout neuf qui ne demande qu'à grandir. Merci à tous!

 

 

 

 

 

 

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pascaleguerre

j'ai débarqué sur un plateau de tournage en 2004, j'ai apporté du café de toutes les couleurs, transporté les comédiens et ce du plus génial au plus infecte, j'ai bloqué des routes, j'ai évité quelques voitures conduites par des connards, j'ai chourré deux oreillettes, j'ai fait des vols planés, j'ai eu une panne de réveil. J'ai fait l'équivalent de 142... See more

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Allé hop !! Petite participation pour ton projet, mais les temps sont dur. Des gros bisous de nous 5...
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Un petit coup de pouce pour un grand projet Bisous
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C'est gagné, aller GO, GO, GO et faites nous un beau film.