« Barakeden » c’est un projet de film documentaire au Mali. C’est l’histoire d’Oumou, Hawa et Djenebi qui ont quitté leurs villages à 13 ou 14 ans, pour fuir un mariage forcé, ou simplement espérer un avenir meilleur. Mais ce qu’elles découvrent à Bamako, c’est le travail non rémunéré, les journées interminables, les humiliations. Certaines d’entre elles ont décidé de s’organiser et de ne plus se laisser faire. En nous permettant de mener à bien ce projet de solidarité, vous aiderez ces jeunes filles à gagner en dignité !

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Présentation détaillée du projet

A douze ou treize ans, de nombreuses jeunes filles maliennes quit­tent leur village pour aller se mettre au service de familles de la capitale. Elles travaillent souvent 18 heures par jour pour un salaire de misère. Elles sont déconsidérées, leurs droits ne sont pas respectés, elles ne mangent pas toujours à leur faim. Elles subissent souvent des abus sexuels, sont contaminées par des maladies sexuellement transmissibles, et sont parfois mises enceintes par leurs patrons, qui les for­cent à abandonner l’enfant.

Les services de santé, les associations locales et les ONGs man­quent absolument de moyens pour y faire face. Tout le monde emploie ou connaît une bonne, mais personne ou presque ne se soucie de ses conditions de vie.

 

Les événements actuels du Mali conduisent la plupart des décideurs à considérer les problèmes des « petites bonnes » comme un sujet mineur. Pourtant le malaise de la jeunesse à laquelle on ne donne pas sa place, pendant que d’autres profitent du développement économique, est à prendre en compte dans les troubles que rencontrent le pays.

 

Mon projet est de faire un film qui raconte le parcours de ces jeunes aides ménagères, qui leur donne la parole et qui montre comment elles commencent à se défendre !

 

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Comment expliquer ce phénomène ?

 

La migration des petites bonnes de maison des villages vers la ville s’inscrit dans la pratique tra­ditionnelle de la circulation des enfants. Au Mali, les enfants peuvent être élevés par une tante ou un proche sans lien de parenté. Mais avec le développement des villes, ce phénomène est en forte aug­mentation.

L’émergence de la classe moyenne urbaine crée une forte demande d’aides ménagères venues de la campagne. Quel que soit le niveau socio-économique des familles, il est à présent banal d’avoir à domicile des jeunes filles qui contri­buent aux tâches domestiques. L’émancipation des femmes, leur croissante insertion dans des milieux professionnels formels aug­mente le recours aux petites bonnes.

 

Plusieurs raisons poussent les filles de plus en plus jeunes à quitter leur village pour aller travailler comme aides ménagères à Bamako. D’abord la pauvreté grandissante en milieu rural : les campagnes connaissent des difficultés écono­miques de plus en plus grandes provoquées par les sécheresses et le prix trop faible des productions agricoles en raison de l’im­portation massive. Ensuite, la constitution du trousseau de mariage, de plus en plus cher, les jeunes filles étant mises à contri­bution pour le financer. Beaucoup de jeunes filles fuient encore des mariages forcés.

 

Que va montrer le film ?

 

Le film suivra le parcours de trois jeunes filles. Nous découvrirons leurs rêves et leurs désirs, les difficultés dans lesquelles elles se retrouvent à Bamako, et enfin les moyens qu’elles mettent en œuvre pour s’en sortir. Le film montrera ce que vivent les bonnes avec une attention particulière à capter leurs émotions.

 

Oumou

 

Oumou est une jeune fille très courageuse, elle est partie à l’aventure en refusant un mariage forcé. Elle a tout quitté, sa famille, ses amies. A Bamako, elle ne rechigne jamais au travail, elle essaye toujours d’y trouver un intérêt. Elle a toujours à l‘esprit de rentrer un jour dans son village, mais elle doit ramener beaucoup d’argent pour se racheter auprès de sa famille. Dans son regard il y a toujours de la détermination et de l'espoir. Mais cet espoir est mis à mal par la dégradation de ses relations avec la famille qui l'emploie.

 

Hawa

 

Hawa vit dans le village de Zangasso, dans la région de San, à 500 kilomètres à l’est de Bamako. Elle part à l’aventure pour la première fois. Quand les plus anciennes parlent de Bamako, elle écoute et ne pose jamais de questions. En silence elle fait son chemin vers l’âge adulte et l’indépendance.

 

Djenebi

 

Djenebi est la plus jeune des trois filles. Avec ses amies elle décide de lutter pour ses droits. Dès qu’elle prend la parole en réunion, tout le monde se tait pour l’écouter. Elle parle au nom de toutes les filles, propose des actions. Elle a tout d’une meneuse.

 

En quoi ce film est-il un projet de solidarité ?

 

Mon but est d'apporter un moyen d'expression à des jeunes filles que l'on n'écoute jamais. Refusant toujours les attitudes intrusives ou inquisitrices, je recherche la confiance et la complicité afin de délier les langues. Cet effort d'écoute joue un rôle non négligeable pour aider les jeunes filles à prendre confiance et à oser revendiquer un peu plus de considération.

 

Une association d'aides ménagères, l'ADDAD, a commencé à se constituer et rassemble de plus en plus de bonnes. Ce film sera un moyen pour cette association de se faire connaître et reconnaître.

 

Les droits de diffusion du film terminé mais aussi des vidéos additionnelles de témoignages seront offerts aux associations qui luttent aux côtés des bonnes, afin de les aider à sensibiliser le public et les autorités.

Des projections du film gratuites et en plein air seront organisées à Bamako et suivies de débats entre des bonnes et des représentants des autorités. Des projections seront aussi organisées dans des villages d'émigration.

 

Pour en savoir plus sur les aides ménagères de Bamako, vous pouvez aussi consulter notre mini-site : www.barakeden.com

À quoi servira la collecte ?

J’ai déjà obtenu les bourses Paris Jeunes Aventure et Défi Jeunes, ainsi qu’une aide de l'ambassade de France à Bamako (SCAC), qui couvrent les billets d'avion, les frais de tournage, le séjour sur place et les projections du film en plein air.

 

J'utilise mon propre matériel vidéo et j'accepte de ne pas être rémunérée pour ce projet (merci l'assurance chômage !)

 

Cette collecte Kisskiss BankBank me permettra de financer le reste du film, c'est à dire :

 

Montage image : 2500€ (un monteur ami accepte de travailler pour à peu près le quart du prix normal)

 

Mixage son  : 1000€ (idem)

 

Etalonnage : 500€ (c'est pour avoir un beau rendu d'image)

 

Traduction : 1000€ (effectuée par des copains Maliens migrants à Paris)

 

Edition de Dvd : 500€ (ça c'est pour vous !)

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Adeline Gonin

Après des études d'anthropologie et de sociologie, j'ai monté des ateliers de réalisation vidéo avec des jeunes filles des quartiers populaires de Nice. Aujourd'hui j’organise des projections de cinéma et des ateliers vidéo dans les foyers de travailleurs migrants à Paris, j’ai notamment mis sur pied le festival de cinéma dans les foyers depuis 2009 avec... Voir la suite

FAQ Questions les plus fréquentes concernant le projet

+ Comment peut-on agir pour aider ces filles ?

Le droit malien du travail est suffisant mais il n'est pas appliqué. Quelques associations viennent en aide aux filles mais ce sont des gouttes d'eau. Ce qu'il faut c'est une prise de conscience générale de la société malienne vis à vis de la détresse de leurs filles. Voila pourquoi un film qui leur donne la parole, pour peu qu'il soit diffusé suffisamment largement, peut contribuer à changer les mentalités et aider les petites aides ménagères à relever la tête et réclamer leurs droits.

Derniers commentaires

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Beau projet, je suis curieuse de voir le résultat final. Bon courage pour la suite. Mariam Dembélé.
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Agir avec vos outils de jeunes pour améliorer les conditions de vie de ces femmes maliennes est une belle démarche de solidarité. Bravo !
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Bravo Adeline et merci pour ce projet créatif, courageux, porteur d'espoir et de solidarité.Pour toutes ces femmes, je vous souhaite beaucoup de succès. .