Laboratoire amoureux pour sept femmes en mal d'amour... Pièce créée les 11 et 12 juin 2013 au Théâtre 13 pour le concours de mise en scène

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The project

                             Barbe-bleue, espoir des femmes

                                               Dea Loher

                  traduit de l'allemand par Laurent Mulheisen

                           mis en scène par Alain Carbonnel

                                   Création collectif 36 bis

avec : Clémentine Bernard, Thibaut Corrion, Virginie Gritten, Dominique Jacquet, Ophélia Kolb, Charlotte Ligneau, Sophie Neveu, Aurélie Toucas.

 

 Spectacle finaliste 2013 du concours : Prix Théâtre 13 / Jeunes metteurs en scène

 

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Ce projet est avant tout né d'une aventure humaine, de rencontres artistiques sur de précédents spectacles avec chacun des acteurs de ce projet, de la nécessité à travailler ensemble, de notre envie commune d'offrir un peu de rêve à nos contemporains. Nous nous sommes donc lancés dans cette création dans le cadre du concours de mise en scène du théâtre 13 : à la clé : deux semaines d'exploitation la saison prochaine au théâtre 13 ! Désormais finalistes du concours, nous souhaitons aboutir  ce spectacle dans les meilleures conditions. Pour cela, nous avons besoin de vous !! Scénographie, costumes, lumière, son, tant d'aspects du spectacle auquel vous pourrez contribuer par vos dons !

En espérant que notre projet saura vous séduire, bonne lecture !

 

 

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Alain Carbonnel – Metteur en scène

 

Formé tout d'abord au conservatoire de Marseille sous la direction de Christian Benedetti, il poursuit sa formation au Théâtre National de Strasbourg de 2004 à 2007,  où il travaille avec Stéphane Braunschweig, Pavel Miskiewitch, Jean-Christophe Saïs, Christophe Rauck, Jean-Yves Ruf, Matthieu Roy, Jean-François Peyret, Yann-Joel Collin et Alain Françon.

Après le TNS, il travaille avec Anne-Laure Liégeois , Joël Dragutin, Pierre Ascaride, Bruno Freyssinet et William Nadylam , Frédéric Sonntag , William Mesguich , François Rancillac, Jacques David.

Très tôt il s’intéresse à la mise en scène et signe ensuite avec Marie-Aurélie Fassino Arkinian sa première mise en scène Couple ouvert à deux battants  de Dario Fo, en 2001 à l’Athanor théâtre à Marseille.

À sa sortie du TNS, en 2007, il crée le collectif 36bis avec Brice Cousin, et participe à la création du spectacle Correspondance Gorki/Tchékhov.

En 2010, il met en scène La Folle allure  de Christian Bobin présenté tout d’abord au Cab’Art Bey en avril 2010 , puis aux Arènes de Nanterre en septembre 2011 et aux "Meubles" (association Curry-Vavart) en janvier 2012.

En 2011 il met en espace une lecture de Sous-contrôle de Frédéric Sonntag avec le Comité de lecteurs du Jeune Théâtre National  au Théâtre du Rond-point dans le cadre des Mardi midi.

 

 

Distribution

 

 

 

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Thibaut Corrion - Henri

 

Il a suivi la formation professionnel de  la Classe Libre de l'Ecole Florent, promotion 1998-2000, sous la direction de Michel Fau, Eric Génovèse et Jean-Pierre Garnier. Il a joué dans des mises en scène de Jean-Luc Revol, Jean-Pierre Garnier, Irina Solano, Jean-François Mariotti, Alain Ollivier, Laure Favret, Gilles Bouillon, Pauline Bureau.

 Il a tourné au cinéma dans In Extremis d’Etienne Faure, dans La Répétition de Catherine Corsini, dans Mauvais Genres de Francis Girod, dans Le Rôle de sa vie de François Favrat, dans Le Passager d’Eric Caravaca.

   

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 Charlotte Ligneau - L’Aveugle      

 

Elle se forme au Conservatoire National de Région de Tours puis à l ’École de la Comédie de St Etienne.

        Elle co-fonde la compagnie les Gueuribands a Tours en 2001.

        Elle travaille au théâtre avec F. Rancillac, JC. Berutti, JP. Delore, A. Courel et la compagnie Ariadne, T. Bordereau et la plateforme Locus Solus, G.Dujardin et la compagnie Mala Noche , S.Vincent, R. Patout, R. Barché, C. Marty et J. Tarnat et la compagnie Ubris, G. Lechevalier, la Cie Germ36.

      Elle joue dans plusieurs courts métrages : Auberge de S. Bodin, Trac de M. Vermillard et la série Lazy Company réalisée par S. Bodin.

     

 

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Ophélia Kolb - Juliette

 

Ophelia Kolb a été formée à l’école du Théâtre National de Chaillot. Au théâtre elle a travaillé avec Hans Peter Cloos, Joël Dragutin, et Frédéric Bélier Garcia.

Au cinéma elle a joué sous la direction de Joann Sfar (Gainsbourg vie héroïque), Safy Nebbou (L’autre Dumas), Anne Le Ny (Ceux qui restent), Claire Simon (Gare du Nord) et Pascal Thomas( Associés contre le crime).

Elle a joué aussi dans plusieurs séries, téléfilms, et courts-métrages, notamment La Commanderieréalisé par Didier Le Pêcheur, Caméra Café Nouvelle Génération, réalisé par Bruno Solo….

 

 

 

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Virginie Gritten - Anne

 

Formée au Cours Florent par Jean-Christophe Berjon, Virginie Gritten joue au théâtre sous la direction de Joël Dragutin, de Michel Alban, d’Alessandro Arici, d’Arnaud Joyet, d’Aurélie Toucas, de Damien Dutrait . Elle joue dans plusieurs pièces de théâtre forum mises en scène par Maria Villacis.

Elle fait partie de la compagnie professionnelle d’improvisation théâtrale (LIFI), ainsi que de l’équipe de France d’improvisation (championne du monde 2006, 2010, 2011).

Elle est l’assistante à la mise en scène de François Rollin pour le spectacle  ELLES  de Jean-Jacques Vanier.

 

 

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Sophie Neveu - Judith

 

Après une Licence d’Arts du Spectacle à L’Université de Nanterre, elle est formée au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique dans les classes d’Andrzej Seweryn, Nada Strancar et Daniel Mesguich (promotion 2005).

Elle a joué notamment sous la direction de Jorge Lavelli ,Gilberte Tsai, Raymond Acquaviva, Jacques Kraemer, Bérangère Janelle, Mathew Jocelyn, Emmanuel Ray, Jean-François Mariotti, Olivier Coulon-Jablonka, Laurent Bazin, Irina Solano, Alexandre Zeff et Aurélie Toucas.

On a aussi pu l’entendre en mars 2008 au Théatre du Rond Point, dans une lecture inédite du  Journal d’Hélène Berr aux cotés d’Isabelle Carré.

En juillet 2012, elle est seule en scène au festival d’Avignon dans  Kassandra Fukushima, écrit et mis en scène par Jacques Kraemer.

En octobre 2012,elle sera la jeune épousée dans  John et Mary  de Pascal Rambert, au Théatre de Vanves dans une mise en scène de Thomas Bouvet.

Au printemps 2013, elle jouera à nouveau sous la direction de Jorge Lavelli au Théatre de l’Athénée, aux cotés de Catherine Hiegel et Francine Bergé.

 

 

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Clémentine Bernard - Tania

 

Après une formation au Studio 34 dirigé par Philippe Brigaud, Clémentine Bernard entre au CNSAD en 2003 où elle a comme professeurs Dominique Valadié, Andrzej Seweryn, Grégoire Oestermann et Muriel Mayette. Elle y joue sous la direction d'Alain Françon, Lukas Hemleb et Matthias Langhoff.

À sa sortie du conservatoire, Clémentine travaille avec Jacques Kraemer, Carole Anderson, Andy De Groat et tombe amoureuse de Nikolaï Karpov lors d'un stage autour de La Cerisaie. C'est aussi lors d'un stage, sur Dom Juan cette fois-ci, qu'elle rencontre Jean de Pange avec lequel elle jouera Elvire.

Elle travaille également avec Thomas Gaubiac, Joël Dragutin, Laurence Andréini, Aurélie Toucas et joue dans le moyen métrage Une vie de moinsréalisé par Marc Vittecoq.

En 2012, elle rencontre Dan Jemmett dans un Chantier Nomade et tourne avec son groupe folk Pisco Varghas dans lequel elle chante et joue de la guitare.

 

 

 

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Dominique Jacquet - Eve

 

Formée par André Cellier au conservatoire de Tours, elle entre au Centre Dramatique de Tours. Elle y joue Kroetz et Brecht sous la direction d'André Cellier.

Parallèlement, elle travaille comme comédienne (en stage ou atelier) avec Catherine Anne, Jean-Louis Benoit, Patrice Bigel, Robert Cantarella, Jean Lacornerie, Dominique Lurcel, Sylvain Maurice, Philippe Minyana, Joël Pommerat...

 

Au cinéma, elle tourne avec Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville dans Deux fois cinquante ans de cinéma et François Ozon dans Le Refuge.

A la télévision, elle a tourné avec A. Tasma (Rastignac), A. Pidoux , C. Bonnet, P. Triboit & C. Lamotte (Avocats et Associés), P. Martineau (Femmes de loi), B. Garcia (Sur le fil), A. Wermus (Julie Lescaut).

 

En 1999, elle crée avec Jacques David le théâtre de l’Erre , et joue dans les créations de la compagnie (textes de Wajdi Mouawad, Markus Köbeli, Matt Cameron,Anne-Marie Kraemer,  d’Henrik Ibsen, Christophe Pellet, Philippe Minyana). Elle a joué Lechy Elbernon dans L’échange de Paul Claudel, mise en scène Julien Bouffier  (Scn Nat de Sète et de Cavaillon, CDN Montpellier….), sous la direction de Guy-Pierre Couleau elle a joué le rôle de La Grande Duchesse dans Les Justes d’A. Camus  (en tournée) et celui de Simone Signoret dans Marilyn en chantée de Sue Glover (en tournée) , et sous la direction de Thierry Pillon le rôle de Madame dans Les bonnes de Genet.

 

 

 

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Aurélie Toucas - Christiane

 

Chanteuse lyrique de formation, Aurélie Toucas décide de mêler les arts et entre, en parallèle de sa formation musicale, aux Beaux-arts.

Puis elle découvre le théâtre et suit la formation de l’Ecole Florent puis du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris. Elle y a pour professeurs Dominique Valadié, Andrzej Seweryn, et Cécile Garcia-Fogel, et travaille avec Jean-Paul Wenzel, Caroline Marcadé, Christophe Rauck et Wajdi Mouawad.

Après sa sortie du CNSAD en 2007, elle travaille avec Gilberte Tsai, Pierre Ascaride, Joël Dragutin, Adama Diop, Jean-François Mariotti, Laurence Andreini et Clément Poirée.

Elle assiste L. Andreini  à la mise en scène de La vie parisienne de J.Offenbach et met en scène Sonate inachevée pour deux jeunes mariées spectacle finaliste 2010 du concours Prix théâtre 13/ jeunes metteurs en scène.

 

 

 

Dea LOHER

Née en 1964 en Haute-Bavière, Dea Loher suit des études de philosophie et de littérature allemande à Munich. En 1990, elle s’installe à Berlin et s’inscrit au cours d’écriture dramatique de l’École des Beaux-Arts. Pour la dizaine de pièces de théâtre qu’elle a écrite depuis, elle s’est vue attribuer de nombreuses récompenses et notamment en juin 2011 le prestigieux Prix de l’International Theaterinstitut à Berlin, destiné aux auteurs de langue allemande ayant un important rayonnement international.

 

 

Note d’intention

 

 

I. Pourquoi Barbe-bleue ?

 

Mon envie de monter ce texte vient avant tout de mon amour des contes.

Ces histoires merveilleuses de notre enfance

Peuplées de monstres, de princes et de princesses.

Ces monstres nous mettant en garde contre les difficultés de la vie.

Ces princes et princesses nous laissant imaginer des amours au-delà de toute mesure.

Les contes ce sont pour moi ces recueils illustrés des contes de Perrault dans lesquels je m’évadais avec le Petit Poucet, le chat Botté et autre héros des contes de ma mère l’Oye.

Mais le plus fascinant pour moi c’est l’évolution de notre rapport au conte

Les monstres d’enfant devenant nos démons intérieurs

Les amours de conte de fée, nos espoirs secrets.

 

Ici, il s’agit de Barbe-Bleue

Barbe-bleue, c’était  cet être mi-homme, mi-ogre, étrangement fascinant, qui tuaient les jeunes filles transgressant son interdit.

Leur interdisant l’accés à son cabinet secret.

Evitant ainsi toute intrusion dans son “jardin secret”.

Dans cette pièce ce refus d’intrusion va faire d’Henri un serial-killer.

Plutôt que risquer son intégrité en s’abandonnant au désir, il va tuer les femmes lui exposant leurs fantasmes.

Chacun des meurtres est la condamnation par Barbe-Bleue d’une transgression moderne de l’amour.

Mais ces morts sont également l’achèvement des désirs de chacune de ces femmes.

Pour elles, cette mort est délivrance.

La mort comme jouïssance ultime.

Voilà certainement l’espoir que leur accorde Henri.

Un “serial-justicier” de l’amour.

 

Les morts ce sont aussi toutes ces ruptures amoureuses.

Tous ces échecs amoureux qu’Henri traîne derrière lui.

Dont on ne se sent pas responsable.

Dont on ne veut pas se sentir responsable

Mais qui nous hantent parfois

Jusqu’à nous ronger de l’intérieur

Nous empêchant d’avancer.

 

C’est pièce est également une occasion pour moi de faire une  ode à l’amour féminin.

À la passion avec laquelle les femmes désirent aimer.

Aux sacrifices personnels que certaines sont prêtes à faire au nom de l’amour.

 

C’est aussi l’occasion de constater la misère affective moderne, les concessions aliénantes que notre société nous imposent parfois dans notre recherche du bonheur.

 

 

Comment peut-on vivre la confrontation entre nos fantasmes et cette misère affective ?

 

 

C’est également l’occasion d’interroger la quête d’amour et d’un idéal d’amour construit sur des valeurs immuables.

 

Le fantasme n’est-il pas par essence un rêve inaccessible ?

 

Alain Carbonnel, metteur en scène.

 

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II. Argument

 

 

            Dans un grenier, sept femmes rêvent d’amour de contes de fée.

            Henri Barbe-bleue, vendeur de chaussures, se retrouve malgré lui entraîné dans un jeu où chacune va tenter de devenir sa Cendrillon.

            Devant nous, elles fabriquent les décors propices à réaliser leurs fantasmes et à faire d’Henri leur Prince charmant.

Ces différentes rencontres amènent Henri, véritable marionnette balladée au milieu de ces différents fantasmes, à se construire son propre rapport à l’amour et au désir.

            Parmi ces femmes, une jeune aveugle reste en retrait tandis qu’Henri se confronte au sentiment amoureux.

           

            Cette fable est comme les contes de fée une mise en garde.

            Contre l’envie de façonner l’autre à sa convenance ou de tout connaître de lui.

            Mais ici, on nous prévient aussi de l’espoir.

            De cette image d’amour absolu que ces mêmes contes nous renvoient. 

            La réalisation de nos fantasmes peut-elle seulement être à la hauteur de nos espérances ?

            Ou ne sont-ils que des rêves inaccessibles dont l’attente sera pour nous mortifère?

            Faut-il comme le Barbe-bleue du conte tenir nos espoirs enfermés dans notre cabinet secret afin d’ entrevoir le bonheur ?

 

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III. Les personnages

 

 

                   A. Le choeur

 

Les femmes constituant le choeur sont porteuses des espoirs d’amour des contes de notre enfance.

Elles espèrent trouver en convoquant Henri sur le plateau celui qui pourra assouvir les différents fantasmes féminins qu’elles représentent.

Elles pensent créer ainsi les conditions idéales pour que l’amour puisse advenir.

Tour à tour, elles vont prendre corps, incarnant chacune des femmes mythiques propulsées dans notre monde moderne, afin de rencontrer celui qui, pensent-elles, sera leur prince charmant.

Ce qui au départ n’est qu’un jeu, va devenir pour chacune d’entre elles l’espoir de réaliser leur fantasme.

Ce sont elles qui vont décrire les décors dans lesquels elles vont mourir d’amour.

 

 

 

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                   B. L’Aveugle

 

Elle est l’amour sincère.

Elle est la septième épouse du conte de Perreault

Mais contrairement à elle, elle s’est préparée à rencontrer Henri

À tâtons, pendant sept ans.

Elle n’est plus la jeune innocente victime,

Elle a déjà rencontré “le loup”et sa perception d’Henri en est changée.

Le travail sur les sensations sera évidemment primordial pour ce personnage. Les descriptions sensorielles sont très présentes dans sa partition.

Cette privation de sens lui confère une lucidité proche de celle de la Pythie antique.

C’est cette lucidité qui lui permettra de ne pas être la septième victime d’Henri.

 

Ses rencontres avec Henri conduisent le déroulement de la pièce.

 

 

 

                   C. Henri

 

C’est un homme simple qui va faire la découverte du désir malgré lui.

Tout le travail avec le comédien résidera dans l’usure progressive d’Henri.

Les désirs féminins qu’il refoule deviennent des frustrations qu’il évacue dans ses meurtres.

Il doit paraître acculé par ces femmes.

Il est victime de leurs désirs.

Ne se sentant pas capable de les aimer, il leur apporte le réconfort de la mort.

Il ne tue pas pour le plaisir ou par besoin, mais par obligation. Il n’a pas le choix. Du moins, il doit en être convaincu.

Jusqu’à sa rencontre avec Eve qui le met face à sa triste vérité.

Avec Christiane, il accepte dans une explosion de violence sa nature d’assassin.

Dans les dernières scènes avec l’aveugle, Henri ne se cache plus.

Il n’a plus l’inibition qui le caractérisait et laisse la porte de son jardin secret ouverte pour l’aveugle.

 

Il n’est plus qu’un mendiant de l’amour, une charogne, une bête à abattre.

 

 

                    D. Les six épouses

 

Elles représentent la confrontation entre les mythes féminins qu’elles représentent et le prosaïsme du désir.

Chacune d’entre elles stigmatisent une misère affective.

Toutes vont voir en Henri une opportunité de réaliser leur fantasme.

Mais ce ne sont pas des désirs égoïstes.

Ils sont la réponse à une demande muette d’attention d’Henri.

Et plus il résiste, plus leur désir augmente.

 

 

                                        1.     Juliette

 

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Elle est la Juliette de Shakespeare.

 

 

L’amour adolescent absolu qui ne peut exister   que dans la réciprocité ou la mort.

 

 

 

 

                                        2. Anne

 

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Elle est la soeur Anne du conte de Perrault.

 

Isolée dans sa tour, elle est la seule présence féminine sur laquelle Barbe-bleue ne projette aucun désir.

 

Ici, elle devient l’amie à laquelle on vient se confier.

 

Comme une soeur avec qui l’amour serait incestueux.

 

Pour elle la seule énonciation de son prénom comme objet de désir suffirait à combler ses espoirs d’amour.

 

 

 

 

                                        3. Judith

 

 

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En hébreu : “la juive”.

 

 

Elle est celle qui attend avec angoisse le train la conduisant vers “l’oeil de la ville”, vers cette mort inéluctable qui lui apportera le repos.

 

 

Son fantasme est de trouver un homme qui tranquilliserait cette attente.

 

 

                                        4. Tania

 

                                                                   

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Elle est la prostituée ayant fait le deuil des sentiments amoureux.

 

 

Celle pour qui le rapprochement physique n’est en aucun cas signe d’amour.

 

 

Celle dont l’épaule consolatrice et maternelle est un refuge où épancher sa détresse sentimentale.

 

 

Mais devant le désarroi d’Henri, elle va envisager avoir accès à la véritable tendresse au-delà de l’amour physique.

 

 

  

                                        5. Eve

 

                                                            

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Elle tient une place particulière parmi les femmes d’Henri.

 

Elle est la première femme, l’”Eve” biblique dont le péché est la connaissance.

 

Contrairement aux autres, elle n’espère plus rien de l’amour si ce n’est la mort libératrice.

 

Elle est celle qui révèle à Henri sa véritable nature et l’oblige à assumer ses actes et sa masculinité.

 

Elle est à la fois la mère, l’amante et l’alter-ego d’Henri : un “Barbe-bleue” au féminin.

 

 

                                        6. Christiane

 

                                                             

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Elle est l’ex-mère au foyer aux désirs refoulés depuis trop longtemps, décidée à s’accorder pour une fois l’amour passionné dont elle a toujours rêvé.

 

Son prénom la reproche inévitablement d’une fonction Christique.

 

On peut la voir comme celle qui se sacrifie pour permettre à Henri d’expier ses fautes.

 

Mais elle est aussi la tentatrice, celle qui, comme le Diable, se tient à un carrefour et propose à Henri de libérer toutes ses pulsions.

 

 

 IV. Projet scénographie, lumières et son

 

 

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            L’action se déroule dans un grenier . Pourquoi un grenier ?

            Il est irrémédiablement relié à l'enfance, au passé. C'est là qu'on entrepose ce dont on ne sert plus. Tout comme nos fantasmes de contes de fée enfermés dans notre cabinet secret.

 

            Les greniers sont souvent plein de vieux jouets, qui ici rappellent aux femmes leurs amours passés.

 

            Elle vont tenter de jouer leurs fantasmes une dernière fois.

 

            Nous travaillerons sur l'infiniment grand et l'infiniment petit.

 

            Sur une malle, une petite guillotine exécutera chacune des femmes représentées par des poupées après leur échec auprès d’Henri, et construisant au fur et à mesure de la pièce le “cabinet secret” de Barbe-bleue.

 

 

            Au centre, le terrain de “jeu”, délémité par un tapis, où vont se dérouler les rencontres avec Henri.

 

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            Les décors de chacune des scènes seront construits en direct par les femmes au moyen de jeux d’ombres allant de la lanterne magique à la construction d'espace grâce au déplacement d'éléments de décor découvrant des sources lumineuses ou les modifiant.

 

            Les éléments du grenier deviennent les objets nécessaires à la scène : les malles deviennent des bancs, le porte-manteau un arbre, etc....

 

            Sur le plateau, des sources sonores tel qu'un tourne-disque, un magnéto à bandes, mais encore des sons concrets comme un petit-train électrique,  leur permettront de mettre en place les ambiances spécifiques à chaque scène.  

 

           Nous nous extrayons du grenier pour rentrer dans l’espace du fantasme.

 

 

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              Le son nous servira aussi à concrétiser l’angoisse grandissante d’Henri.

 

              Nous travaillerons sur les voix des femmes qui viendront le hanter et entretiendront sa culpabilité. 

 

               Le son viendra également ponctuer les meurtres et soulignera leur horreur grandissante tout au long de la pièce.

               

               Des micros dissimulés sur le plateau nous permettront de travailler les voix en direct avec des effets de réverb ou d’écho.

 

 

              Les didascalies prises en charge par le choeur seront dites au micro ce qui nous permettra de leur donner une valeur très différente des dialogues.

 

              Ces paroles surplomberont la scène et parviendront juqu’aux spectateurs sans interrompre l’action.

 

              Le traitement au micro sera une manière d’établir un pont entre ces femmes fantasmées et le spectateur.

 

             Les sources d’inspirations sonores et visuelles sont empruntées à David Lynch (Twin Peaks, Blue Velvet) pour l’étrangeté des personnages et situations, ou encore à Tim Burton ou aux films d’animations en théâtre d’ombre de Michel Ocelot pour le côté merveilleux.

 

 

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V. Costumes

 

 

            Dans le conte de Perrault le bleu est la couleur vectrice du désir, nous avons donc choisi d’habiller toutes les femmes projetant leurs fantasmes sur Henri dans un camaïeu de Bleu.

 

            Dans le choeur elles seront habillées telles des princesses sorties des contes.

 

            Une fois qu’elles auront pris corps dans leurs personnages respectifs, elles seront vêtus en rapport avec le fantasme qu’elles représentent : l’amour adolescent, l’amitié, l’amour “cocooning”, l’amour charnel, l’amour sulfureux.

 

            Henri ne dégage aucun désir, une toile vierge sur laquelle les femmes projettent leurs fantasmes.

 

            Son costume sera un rien suranné, velours et laine.

 

            L’Aveugle sera vêtue de manière quotidienne, elle pourrait se confondre avec les spectateurs.

 

            Elle ne se prête pas au “jeu” come les autres femmes, et reste en “observatrice”.

 

            Elle tentera tout de même maladroitement le code vestimentaire bleu des autres femmes essayant ainsi sans succès d’éveiller le désir chez Henri.

                                   

 

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16                                     Le Collectif 36 bis

 

 

 

Équipe artistique

 

 

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Céline Perrigon – Scénographe / Créatrice costumes

 

                  Formée à l’université  en Arts appliqués, puis à travers divers stages pratique d’éclairage, de teinture, de patine (Opéra Bastille) ; de construction (Les Chasseurs de Girafes avec le Royal De Luxe), de couture ; elle est dans un premier temps accessoiriste, sur La Veillée des abysses création de James Thierrée puis  l'Oratorio d'Aurélia mis en scène par Victoria Chaplin et part en tournée avec le spectacle.                 Par ailleurs, elle travaille ponctuellement au cinéma sur la peinture de décors : De battre mon coeur s'est arrêté, de Jacques Audiard, Rois et Reines, d’Arnaud Desplechin.

                  De 2004 à 2007 elle intègre le TNS en section scénographie et costume.

                  Au terme de sa formation; elle crée la scénographie et les costumes de La madone des dancings mis en scène par Dominique Verrier, de Drames de Princesses de Elfriede Jelinek mis en scène par Matthieu Roy. Scénographe de Bénédicte Guichardon elle travaille sur ces créations jeunes public : La peau toute seule de Philippe Aufort, l’œuf et la poule et en apparté de Catherine Verlaguet.

                  En 2008 elle est l’assistante d’Anouk Dell'Aiera pour la scénographie de L'Infeldeltà delusa opéra de J.Haydn, mis en scène par Richard Brunel au Festival d'Aix-en-Provence.

                  Elle a crée les costumes de S’agite et se pavane d’Igmar Bergman mis en scène de Célie Pauthe au CDN de Montreuil, co signé les costumes avec Benjamin Moreau des américains a dream ballade, en musique contemporaine mis en scène par Skêne 

                  Sur la dernière création d’Emmanuelle Laborit, Héritage  elle signe les costumes au théâtre de l’IVT.

                  Pour Camille Boitel elle participe à la création du cabaret calamiteux.

                  Elle rencontre Damien Caille  Perret qu’elle assiste sur le Peer Gynt mise en scène par Sylvain Maurice à Besançon puis Lorenzacio à Dijon et Carmen mise en scène par Yves Beaunesne  à l’opéra Bastille.

                  Elle est scénographe et costumière quand il met en scène lopéra de la lune de Brice Pauset crée à l’opéra de Dijon, ainsi que sur Actéon de Charpentier joué par l'orchestre d'Astré.

 

 

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Maëlle Payonne – Créatrice lumière

 

Sortie en 2008 de l'école du Théâtre National de Strasbourg en section régie, elle travaille comme éclairagiste et régisseuse lumière pour différentes compagnie.

Elle signe plusieurs créations lumière notamment pour Clément Poirée, Annabelle Simon, Cécile Arthus, Natacha Bianchi et est assistante à la création lumière et régisseuse lumière pour la compagnie ARRT (Philippe Adrien).

En parallèle elle fait la régie générale de la compagnie Lalasonge (Annabelle Simon) et de la compagnie Délit de Façade (marionnettes).

 

 

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François Malnovic - Créateur son

 

Diplômé d’un BTS audiovisuel Option Son en 2003, il évolue ensuite en temps que musicien et arrangeur dans le groupe de musique MyPark avec qui et signe plusieurs musiques de films et de publicité jusqu’en 2010.

Créateur et régisseur et son du Cabaret des Secrets en Champagne depuis 2009.

Monteur son et sound designer pour le film indépendant Looking for Mrozek en 2011.

Assistant son pour la compagnie ARRT sur plusieurs pièces de théâtre depuis fin 2012.

 

 

 

 

 

 

Why fund it?

La collecte nous servira aussi bien pour la scénographie et les costumes, que pour  le matériel son et lumière, ainsi qu'à la diffusion (affiches, flyers). Voici le détail : 

 

Location de salle de répétition : 800 euros

 

Scénographie & accessoires : 800 euros

 

Costumes : 400 euros

 

Lumière : 200 euros

 

Son : 300 euros

 

Diffusion ; 200 euros

 

Billets de train (une des comédiennes n'habite pas Paris !) : 300 euros

 

         Ces sommes sont le minimum nécessaire à faire aboutir notre projet, si nous dépassons notre objectif, le surplus nous permettra de paufiner le spectacle principalement en scénographie et costumes.

        Il nous permettra également d'acheter du matériel supplémentaire en son ce qui nous permettrait d'améliorer les ambiances sonores (micros de qualité, pédales d'effet, etc...).

       Mais surtout il permettrait au spectacle d'être indépendant car jusqu'à présent ce sont les contributions matérielles des membres de l'équipe (costumes, élément de décor) qui ont permis au spectacle d'avancer. Remplacer ces éléments serait un plus !

      Et enfin, en cas d'extrême générosité de votre part, nous pourrions payer quelques répétitions aux comédiens qui travaillent pour l'instant uniquement pour l'amour de l'art !

 

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Collectif 36 bis

Le collectif 36bis Le monde évolue, le théâtre aussi. Imaginé en 2007, par Alain Carbonnel et Brice Cousin, le collectif 36bis s’est efforcé d’aller vers des horizons différents, des formes différentes, de rechercher. Partant du principe, que le public n’a jamais le même regard suivant l’environnement qui l’entoure, et que sans le spectateur, le... See more

Newest comments

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l'intégration de Paypal serait cool ;)
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coucou alain à mon avis tu ne devrais pas hésiter à faire une petite relance pour ceux qui comme moi, ne voient pas le temps passer..... bises, agnès
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Hâte de pouvoir découvrir le "jardin secret" de Barbe Bleue...Et que ce "Fantasme" devienne une belle réalité artistique...;)