Projet de fiction long métrage porté par Henri de Latour, qui sera tourné intégralement dans le village de Lasalle, dans les Cévennes, et qui traite de questions universelles telles que la solidarité, l'amitié et la générosité. C'est avant tout l’œuvre d'une communauté qui entend utiliser au mieux les ressources locales. Le choix d'utiliser des acteurs amateurs issus du canton de Lasalle est un parti pris déclaré et assumé; ils y ont grandi et sont imprégnés d'une culture de résistance qui les met en situation d'incarner le film car il ne s'agit pas pour eux d'un rôle de composition.

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The project

Synopsis

 

L’histoire se déroule sur quatre jours. Elle commence avec une scène qui nous apprend que le sous-préfet a l’intention d’expulser Milena et sa fille Pauline car elles sont sans papier. D’autres histoires se greffent autour de ce fil rouge. Une ancienne habitante revient pour faire un coup dans l’immobilier. Un vieil aristocrate au bout du rouleau désire vendre sa propriété au plus offrant contre l’avis de son voisin agriculteur. On suit le cheminement de rumeurs qui sont souvent très destructrices lorsqu’elles percutent le réel. Les personnages se révèlent à travers leurs prises de positions, égoïstes ou généreuses. Dans le village, tout le monde se connaît, il n’y a pas de place pour l’indifférence. Ne rien faire ou ne rien dire, c’est consentir.

 

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Un financement participatif pour un film communautaire!

 

Ce projet est atypique. Un film sur la ruralité, sur la citoyenneté, une réflexion sur nos sociétés modernes. Un film tourné dans un petit village des Cévennes, véritable personnage du film, avec des acteurs amateurs du village qui répètent depuis plus d'un an dans la perspective de cette belle aventure. Tous les mois, personnages principaux et secondaires se retrouvent pour répéter et s’approprier les dialogues du film.

 

Le choix d’utiliser des acteurs amateurs issus du canton de Lasalle est un parti pris fort. Les personnages ont grandi sur cette terre, et cette culture de résistance les met en première ligne pour porter cette histoire. C’est une communauté qui fait ce film. Cette idée implique une façon particulière d’aborder la réalisation. Les meilleurs acteurs pour incarner les gens de la campagne sont ces personnes elles-mêmes car elles se présentent avec leur coeur et leur générosité.

 

 

Extraits des séances de répétition des acteurs

 

 

 

Note d'intention

 

Au nom de la rationalité et de la simplification administrative, l'Etat a engagé, de longue date, des réformes qui profitent essentiellement aux 80% de Français qui résident en milieu urbain. Les autres, les 20% restant qui vivent en zone rurale, subissent cette recomposition comme un déclassement, et se voient, de fait, traités en citoyens de seconde catégorie.

C'est en réaction à cet état de fait que s'inscrit notre projet de film ; l'idée est de montrer comment certains de ces territoires peuvent exister par eux-mêmes, forts de leurs valeurs, de leurs ressources humaines et de la belle énergie qu'ils y puisent.

Le réalisateur, documentariste et maire de Lasalle, entend mettre son scénario en perspective avec l'histoire de sa commune. En effet, depuis plus de trois siècles, dans les Cévennes, mainte fois en butte aux abus du pouvoir central, se renforce une identité dont le socle est la défense de toutes les libertés, et plus particulièrement de la liberté de conscience.

Aujourd’hui ce combat continue sur plusieurs fronts, notamment sur le terrain de l'accueil aux réfugiés : ils sont, entre autres, Afghans, Roms, ou Tchétchènes. Pour nous ils sont d'abord des Hommes, et les Cévenols, en cela, entendent rester fidèles à l'exemple de leurs pères, des Camisards aux Maquisards et aux « Justes parmi les nations ».

Le film raconte donc comment, en dépit des circulaires pondues de très haut, et gardant à l'esprit qu'aucune loi ne prévaut face à ce que leur dicte leur conscience, les habitants du village réagissent à la décision d'expulser une mère et sa fille, parfaitement intégrées au sein d'une famille d'agriculteurs, mais dépourvues de papiers.

Cette histoire, il fallait aussi l'écrire à notre manière, sans passer par le filtre de cette sensibilité « urbaine » qui imprègne la quasi-totalité des créations et des fictions. Revendiquant notre « ruralité », nous nous sommes donc fait un devoir, d'écrire, de nous approprier cette histoire car elle est notre véritable identité

C'est pourquoi ce futur objet cinématographique est avant tout l’œuvre d’une communauté.

Cette position de principe implique une façon particulière d’aborder la réalisation. Nous croyons nécessaire de laisser une part de liberté et d’improvisation pendant le tournage. Il faut créer la situation la plus favorable à l’émergence de cette énergie et d’émotions authentiques.

Dans un village, on se connaît tous, ou presque. Il n'est plus question de l'anonymat des grandes villes. Celui qui est frappé par l'arbitraire est en pleine lumière. Chacun est alors devant sa conscience. Il n'est pas de position neutre. Ne rien faire, c'est consentir.

Le film porte donc l'idée qu'on ne peut transiger. Un panneau avant le générique de fin avertit du danger :

« Le totalitarisme ne tend pas à soumettre les hommes à des règles despotiques, mais à un système dans lequel les hommes sont superflus. »

(Hannah Arendt, les origines du totalitarisme 1951) 

 

Le village de Lasalle pourrait faire partie de ces endroits où il fait bon vivre, et où on se sent un peu à l’abri de la dureté du monde. Or, il n’en est rien, et l’Histoire nous rappelle que nous sommes toujours, à notre échelle, partie prenante des conflits planétaires.

Le film ne raconte donc pas seulement un événement qui pourrait se passer n’importe où ailleurs, il parle d'une communauté toujours en train de se construire, et rend compte d'une étape nécessaire dans la grande histoire de nos résistances.

En nous concentrant sur cette petite unité de vie qu’est un village, nous cherchons à approcher la réalité du problème de l’engagement aujourd’hui. En nous concentrant sur le local, nous souhaitons tendre à l’universel.

 

 

L'auteur-réalisateur: Henri de Latour

 

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Le réalisateur Henri de Latour est né en 1949 en Autriche d’un père Cévenol, ambassadeur de France et d’une mère Bourguignonne, issus tous deux de vieilles familles protestantes. Henri de Latour se rebelle à vingt ans contre les bonnes manières et les idées reçues. Il réalise en Afrique ses premiers films, de 1985 à 1992. En 1985, il créé ADL avec Anne Marie Luccioni, avec qui il produit de nombreux documentaires sur les problèmes de société et sur les créateurs qui vivent dans leur région d’adoption, le Languedoc-Roussillon. Il réalise une série de quatre films sur le thème de la Justice : « Parole d’évangile » en 2003, « Un juge de paix » en 2002, « Mise en examen » en 2000, et « L’asile du droit » en 2007. En 2001, il crée le Festival du Film Documentaire de Lassalle en Cévennes – berceau de sa famille – dont il a été élu maire aux dernières élections.

 

 

LES PERSONNAGES

Milena Fall

 

Milena

 

29 ans, brune aux yeux bleus il est difficile de lui donner une origine. Ce qui est sûr et assumé : elle n’est pas Française. Elle a sans doute vécu des événements graves et traumatisants mais reste secrète sur son passé. Elle est arrivée dans les Cévennes après avoir entendu dire dans son pays que les Cévenols ont une tradition d’accueil en référence aux Justes de la deuxième guerre.

Bien malgré elle, au centre de toute l’histoire ; elle voudrait simplement vivre là avec Gilles et sa fille. Le statut de «pauvre réfugiée qui a beaucoup souffert» ne l’intéresse pas. Elle veut être comme les autres. Elle garde pour elle les épreuves traversées, quitte à cacher certaines choses à sa fille.

Pourtant les épreuves lui ont forgé le caractère et elle n’est pas prête à accepter n’importe quoi. C’est une battante qui oublie parfois un peu de réfléchir quand les émotions la submergent.

Son refuge est la musique qui est au cœur de sa vie. Elle participe à la chorale et parfois pour se ressourcer, elle s’isole avec son accordéon et chante avec facilité car elle a une très belle voix.

Elle culpabilise de rester dans le village où elle a trouvé son bonheur car elle sait que sa présence met en danger ceux qui l’ont justement recueillie.

 

Pauline

 

Pauline

 

Elle a six ans. Fille de Milena, elle parle français comme tous les enfants de son âge. Rien ne la distingue des autres petits Français. Elle est chez elle dans le village. Elle est un peu perdue devant les événements mais, à sa manière d’enfant, elle comprend très bien les enjeux de ce qui se passe.

 

 

Madame le Maire

 

Madame_le_maire

 

Femme de caractère. Petite boulote on sent qu’elle peut être généreuse mais aussi très autoritaire. Elle ne s’en laisse pas conter. Avec un bon sens de l’humour, on sent quelqu’un de solide. Par sa gentillesse et sa convivialité, elle fait le lien entre les habitants. Elle se régale de parler avec eux. Ce plaisir est fort et particulier lors des conseils municipaux où elle tient bien son monde. Les temps changent, elle a arrondi les angles pendant des années et le temps est venu pour elle de dire ce qu’elle pense vraiment.

Cependant, elle essaye de convaincre les gens plutôt que de les obliger à accepter ses décisions. Elle peut user de malice en dehors des moments officiels.

 

André Fiandre

 

Andre__fiandre

 

Pas très grand, une bonne tête, et pourtant de droite. C’est son principal défaut qui l’entraîne presque malgré lui à exprimer des opinions et avoir des attitudes qu’il regrette sans doute après. Déterminé, il mène à la baguette l’opposition à Madame le Maire et ne désespère pas de prendre sa place. Il est poussé par sa femme à maintenir ce rôle dans le village, c’est l’homme de droite toujours à contre-courant. Personne ne pense à lui faire du mal, on le prend tel qu’il est avec sa bêtise et sa femme qu’il a épousée à Marseille.

Volontiers agressif, il n’est pas courageux et de nombreuses anecdotes circulent sur ses reculades. Il a longtemps habité Nîmes et ne rentrait que la fin de la semaine au village. Il fait partie de ces gens qui se revendiquent fortement d’un endroit alors qu’il n’y a rien fait.

 

Virginie Cabanne

 

Virginie

 

Très belle blonde d’une trentaine d’année, agent immobilier, célibataire, un enfant. Habillée glamour un peu clinquant, lorsqu’on la voit « elle en jette ». Elle le sait, en use, voir en abuse.

Elle joue à la parisienne et aime assez tromper son monde avec ses airs d’écervelée. Derrière cette façade se cache une jeune femme qui s’est battue dans un milieu professionnel hostile pour se faire sa place. À Paris, elle élève, seule, un petit garçon.

Son personnage évolue tout au long de ces quatre jours. De distante à peine courtoise, elle devient sympathique et amoureuse.

Elle est comme beaucoup de Cévenols : partis pour suivre un idéal de vie urbain et moderne. Certains de cette diaspora reviennent régulièrement. D’autres comme Virginie ont coupé les ponts. Elle est envoyée par son agence immobilière parisienne parce qu’elle a des origines locales.

 

Jeannot Anton

 

 

Jeannot2

 

Entre cinquante et soixante ans, ancien ouvrier dans l’usine du coin, il a les cheveux grisonnants et un œil qui pétille. Il est petit, malin, filou. Il aime la vie et ne se prive pas d’y mettre quelques piments pour la rendre plus drôle.

Facétieux et pince-sans-rire, il utilise sa clairvoyance pour jouer des tours à ses semblables avec l’aide de son ami Raymond. Il est volontiers séducteur, c’est un bon vivant. C’est une sorte de lutin qui se plaît à prendre la vie sur le ton de la plaisanterie.

Ce qui sauve Jeannot est son amour pour les autres. Son passé de syndicaliste n’y est sans doute pas pour rien. Lorsqu’il s’aperçoit du mal qu’il a provoqué en lançant des rumeurs, il le regrette, essaie de revenir en arrière. La seule façon pour lui de se rattraper est de rejoindre la mobilisation contre le départ de Milena. Il n’hésite pas à rompre son amitié avec Raymond qui n’est pas du tout sensibilisé. Il se révèle efficace dans la lutte contre la bêtise et l’ostracisme ordinaire sans perdre son humour et son originalité.

 

Why fund it?

La collecte servira à financer la location du matériel pour le tournage, à savoir:

 

-Unité de tournage Image (caméra, pied, objectifs): 2500 euros

-Unité de tournage son (micros, perche, enregistreur): 1500 euros

-Machinerie/Eclairage: 1000 euros

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Bien de chez nous

Henri de Latour est un cinéaste auteur de plusieurs documentaires dont certains ont été tournés en Languedoc Roussillon et diffusés sur France Télévisions ou Canal +. Il a fondé sa propre société de production "ADL Productions". Il est aussi président du festival du film documentaire de Lasalle qui se tient tous les ans dans cette commune qu'il...