Pour elle tout allait bien à l'Agence. Tout allait bien jusqu'à "l'incident". Depuis, elle croit que tout va bien. Elle dit que tout va bien. Pourtant, tout se dérègle. A se cogner la tête contre les murs, il ne vient que des bosses.

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The project

 

BOSSE, nom féminin. Enflure due à un choc.

BOSS, nom masculin. Patron, chef d’une entreprise.

BOS, sigle désignant le «Burn Out Syndrome», syndrome d’épuisement professionnel.

 

C’est en 2009 que j’ai lu «Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés» le livre de Marie Pezé, psychologue clinicienne, spécialiste du «burn out syndrome». J’ai été sidérée, bouleversée par ce livre et j’ai ri aussi – chose qui me paraissait pourtant inavouable étant donnée la gravité du sujet. Puis j’ai entendu la radio, lu les journaux. Le suicide au travail se répandait comme une nouvelle épidémie : chez Orange, chez Renault, chez les paysans indiens ruinés par Monsanto. Après la mort du travail, la mort au travail défrayait la chronique. Curieuse époque. Le travail pouvait sauver. Désormais, il pouvait tuer aussi.

 

Alors est né ce début d’histoire :

 

Elle est jeune. Elle a de l’ambition. Elle aime la réussite. Elle aime son métier.

Quatre ans qu’elle travaille à l’Agence. Elle a engrangé quelques succès sur des budgets mineurs.

Aujourd’hui, ça  va changer.

Lechmann, l’industriel numéro 1 de la cosmétique en Allemagne a choisi sa proposition à elle.

Après plusieurs mois de travail, elle a réussi son pari.

Après plusieurs mois de travail, sa collègue et concurrente, papesse de la com’ cosmétique, a, elle, perdu le sien. L’échec est cuisant.

Peut-être avait-elle d’autres soucis ? On ne peut jamais vraiment savoir. Tout le monde a des soucis  après tout.

C’est quand même pas une raison pour se suicider. Surtout pas à l’Agence.

Elle, ça l’affecte bien sûr, mais que pouvait-elle bien faire ? Pas de sa faute si certains sont trop fragiles. Et pas de sa faute si son projet était le meilleur.

 

 

Il s’agit de l’Autre donc, celle qui reste. Celle qui a travaillé pour, avec et parfois contre. Celle qui, malgré les difficultés de la conjoncture, malgré les restrictions budgétaires, malgré les pertes de parts de marché, malgré le « toujours plus », la pression de l’efficace, du gain, la nécessité de préserver sa place coûte que coûte, malgré « les horaires de malade », malgré ceux qu’elle a vu peu à peu décrocher, continue malgré tout à jouer le jeu car c’est la règle. Comment y parvient-elle ? Comment s’en sort-elle ?

 

Les stigmates du drame s’immiscent et parasitent peu à peu son quotidien, sa perception du réel, ses sentiments, son existence. Sa vie entière se dérègle progressivement et inéluctablement. Mais les situations les plus tragiques sont souvent les plus cocasses.

 

Cette histoire m’est apparue comme un formidable territoire, un remarquable terrain de recherche et de création pour nous qui voulions convoquer ensemble la danse, la musique live et le théâtre pour donner vie à un moment précis de l’être humain, ce moment de rupture où tout bascule, où tout lui échappe.

 

 

L'ÉQUIPE ARTISTIQUE

 

 

Juliette Roudet - Création, chorégraphie et interprétation

 

Après une année de cours auprès de Nadine Meyer dans un petit village de Seine-et-Marne, Juliette entre à 14 ans au Conservatoire Supérieur de Danse de Paris. Sortie Premier Prix du Conservatoire, elle intègre la même année le Centre National de Danse Contemporaine d'Angers (CNDC), où elle passe deux ans. En 2000, à 19 ans, elle cofonde avec Lorena O’Neill (Cie Preljocaj) et Bérengère Bodin (Les Ballets C. de la B.) la compagnie FataMorgana et crée le spectacle Les mains moites autour de l'oeuvre de Samuel Beckett. C'est le point de départ d'un désir d'étendre et d'explorer d'autres voies d'interprétation et de création que la danse seule.

En 2003 elle est admise au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique. Pendant ses trois années d'étude, elle a pour professeurs Andrzej Seweryn, Dominique Valadié, Michel Fau, Daniel Mesguich, Caroline Marcadé, Lukas Hemleb, Arpad Schilling et Muriel Mayette.

Au sein du Conservatoire, Juliette et Philippe Canales présentent «Je ne m’appelle pas Suzanne Gilbert», création mêlant danse et théâtre, qui est le début d’une longue et précieuse collaboration. Elle est également pianiste et suit les cours de Marie-Catherine Berthelot depuis plusieurs années. Depuis sa sortie du Conservatoire en 2007 elle a joué et dansé sous la direction de Laurent Laffargue, Lisa Wurmser, Pierre Ascaride, Vicente Pradal (à la Comédie Française), Caroline Marcadé, Daniel Benoin et Jean Bellorini.

Au cinéma et à la télévision, on l'a vue notamment dans les films de Jeanne Biras, Alain Tasma, Pascal Chaumeil, Philippe Monnier, Manuel Flèche et Gérard Mordillat.

 

 

 

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Patrick Delattre, création et interprétation musicale

 

Les belles rencontres sont faites de ces deux ingrédients essentiels : l’engagement et la compréhension mutuelle des désirs de l’autre. 

Juliette et Patrick Delattre se rencontrent  en 2011 sur le plateau de "Paroles gelées"  et s'aperçoivent très rapidement qu'ils partagent la même vision, le même idéal : que la musique n’accompagne pas, qu’elle n’illustre jamais, qu’elle doit être au contraire organique et doit se placer à la naissance même du mouvement.

Très vite, Juliette demande à Patrick de rejoindre l'équipe de BOSSES et lui confie la création et la direction musicale du spectacle.

Par ailleurs Patrick conduit le groupe Extravaganza et participe à différents projets (Wysiwyg, La Louise). Il a également été  professeur de musique auprès de personnes autistes et psychotiques, et assure depuis 3 ans un concert toutes les semaines auprès d'enfants présentant ces pathologies.

 

 

 

 

Philippe Canales- Mise en scène

 

Comédien de formation, il collabore avec Juliette Roudet depuis leur rencontre au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris en 2003.

Depuis 2007, il collabore avec Matthieu Roy et la Compagnie du Veilleur, avec laquelle il joue dans Drames de Princesses d’Elfriede Jelineck, Histoire d’amour de Jean-Luc Lagarce, L’Amour conjugal d’après un roman d’Alberto Moravia, Peer Gynt de Henrik Ibsen, La Conférence et Un doux reniement de Christophe Pellet. Il travaille actuellement autour de Nous les vagues de Mariette Navarro, en partenariat avec l’IRCAM et la Comédie de Reims.

 

 

 

 (designer Jeroen Dellensen)

 

Gaspard Pinta-Scénographie

 

Originaire de La Rochelle, il intègre l’École d’Architecture de Paris Belleville en 1998 où il suit l’enseignement d’Henri Ciriani. Puis, il étudie à la Technische Universität de Berlin. Il travaille sur les relations entre scénographie et architecture et s’interroge sur la frontalité au théâtre. En 2005, il obtient le diplôme d’architecte DPLG lors de la présentation de son travail « Un théâtre Porte de Paris à Saint-Denis » qui propose une salle de représentation originale.

Il travaille pour les agences d’architecture de Pierre-Louis Faloci et Isabelle Allègret. Depuis janvier 2007, il collabore avec Matthieu Roy et conçoit la scénographie d' Histoire d'amour de Jean-Luc Lagarce, de L'Amour conjugal d’après Alberto Moravia à la Comédie de Reims, de Peer Gynt d’Henrik Ibsen à la Maison du Comédien Maria Casarès, du Moche de Marius von Mayenburg, Notre pain quotidien de Gesine Danckwart, de La conférence et de Qui a peur du Loup de Christophe Pellet.

Why fund it?

Les premiers à m’avoir écoutée parler de ce projet avec enthousiasme ont été Monique Barbaroux, directrice, et Denis May, administrateur du CND-Centre national de la danse.

Ils m’ont alors proposé de nous accueillir en résidence de recherche, c’est-à-dire de nous ouvrir la porte d’un studio pendant 5 semaines et nous permettre, au mois de janvier et au terme de cette résidence, de présenter notre première étape de travail aux professionnels.

Mais la nature de ce partenariat entre la Compagnie et le Cnd ne prévoit aucune mise à disposition de moyens techniques (éclairage, son, décors).

 

Et c’est là que vous intervenez.

 

Même si nous sommes malins, débrouillards et courageux, nous avons besoin d’un minimum de moyens pour faire démarrer ce spectacle.

Puisque nous n’avons pas la possibilité d’accrocher des projecteurs sur le grill du studio, j’ai demandé à un créateur lumière de nous rejoindre et d’imaginer pour nous une implantation lumière avec de simples sources directes (des lampes en série branchées sur secteur).

De la même manière, la scénographie imaginée par Gaspard Pinta provient de meubles de seconde main ou de récupération, mais nous avons besoin d’aller les chercher (nos bras sont gratuits mais il faut louer des camionnettes), d’acheter du matériel pour les modifier, les intégrer à notre espace et les faire ressembler à nos envies.

 

Mon ambition est de réunir les moyens propres à vous projeter au cœur de cette histoire et de séduire les professionnels afin qu’ils donnent la chance au spectacle d’exister dès la saison prochaine.

 

Concrètement, le budget de la scénographie, de l’éclairage, des costumes, des accessoires, du transport du matériel et de la communication est de 3000 euros.

 

3 000 euros, c’est 150 amis à 20 euros.

3 000 euros, c’est 100 amis à 30 euros.

3 000 euros, c’est 6 amis à 500 euros.

 

C'est faisable, non ?

 

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Hub ['œb]

Hub, en langue anglaise, désigne une plaque tournante, un concentrateur, un point d'interconnexion entre différents appareils, routes ou sites. En ce qui concerne notre démarche artistique, nous plaçons notre travail sous le signe de la transversalité des arts. La compagnie Hub ['œb] est née de notre obsession entêtante que danse, théâtre et... See more

Newest comments

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De tout coeur avec toi Juliette, j'espère que vous arriverez à franchir toutes les étapes! Bonne continuation et bon courage à vous! Rdv en janvier... ;-)
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en espérant que le projet pourra aboutir ! bon courage
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un petit renfort et d'énormes bisous.