Manou présente

Brodal Serei

Au Cambodge, de la danse contemporaine pour des jeunes Khmers en soif de modernité avec les acquis de la tradition.

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Présentation détaillée du projet

Cher kisskissbanker,

 

Je vous demande de m’aider à réaliser un nouveau projet de danse au Cambodge. Ce projet qui me tient à coeur est la continuation d’un travail de six ans avec de jeunes danseurs cambodgiens afin d'établir des bases pour une nouvelle danse contemporaine khmère. Le nouveau projet de spectacle, Brodal Serei a pour thème la boxe khmère. Sans votre participation, mon travail ne pourra pas continuer.

 

Brodal Serei, traduit du khmer veut dire boxe libre. La boxe khmère est intrinsèque à la culture cambodgienne, on la date de la période d’Angkor. Les soldats de l’armée de l’empire pratiquaient une forme cousine de la boxe pratiquée aujourd’hui dans les rings, et rendaient cette armée redoutable.

Ce sport a son langage bien à lui avec ses codes et ses rituels propres.

Le spectacle Brodal Serei tentera de reconstruire une atmosphère spécifique au Cambodge et à la pratique de cet art.

 

 

Les participants

 

Ce projet de spectacle a commencé il y a quelques mois en collaboration avec Amrita Performing Arts.

http://amritaperformingarts.org

 

Amrita Performing Arts est une ONG basée à Phnom Penh dont la mission principale consiste à conserver mais aussi développer les arts de la scène au Cambodge, avec un intérêt particulier pour des recherches plus contemporaines. Crée au départ par un Américain, elle est maintenant dirigée par des Cambodgiens, fait assez rare dans le milieu des ONG.

 

Les artistes qui décident de joindre Amrita sont souvent de très jeunes gens, entre 18 et 24 ans qui terminent une formation de danse classique à l’Université Royale des Beaux Arts, mais qui tous aimeraient trouver leur voix et laisser leur marque. Il faut du courage pour choisir d'être un artiste dans un pays qui soutient peu et qui offre peu . Ils constituent une nouvelle classe d'artistes, engagés ou pas, mais qui représente un potentiel de régénération, de catalyseur et pourquoi pas, d'espoir.

Rady, Mo et Tou, les danseurs de Brodal Serei font partie des plus prometteurs d'entre eux.

 

 

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Les danseurs et moi-même travaillerons main dans la main avec un boxeur professionnel du club RCAF (club lié à l’armée, bien réputé), avec qui nous avons déjà passé 8 semaines, à mes frais. Hem Sarann a enseigné les rudiments de la boxe aux danseurs, et nous avons lié une relation de confiance et de respect mutuel. 

Je souhaite me servir de ses souvenirs et de son expérience pour accéder à ce qu’il y a de plus artistique dans la pratique de cette discipline, de ce qui le rapproche le plus de la danse : la routine, les rituels, les « émotions » des corps.

 

Ce projet s'est ébauché quand j’ai vu les images du livre de John Vink sur la boxe khmère, "Poids Mouche". Ces images m’accompagneront également dans la création du spectacle.

 

Voici un lien vers d'autres images de répétition, prises par John:

 

http://johnvink.com/news/2014/02/khmer-boxing-is-carefully-choreographed/

 

 

 

Pourquoi une danse sur la boxe khmère ?

 

 

Depuis 6 ans au Cambodge, phénomène donc récent, de jeunes artistes s’interrogent sur la manière d’innover et de créer des pièces personnelles et contemporaines dans le domaine de la danse, tout en gardant une identité culturelle propre. Je suis moitié Cambodgienne et  à ce titre voudrais participer et aider dans cette recherche de contemporanéité:  plus il y a de voix et de pensées indépendantes, plus les bases sont posées pour une vraie richesse culturelle, diverse, vivante, controversée.

 

Mon travail chorégraphique explore donc ce que c’est que d’être lié à une tradition inflexible, la danse traditionnelle cambodgienne. Cette tradition peut-elle être questionnée, quel est son sens aujourd’hui, peut-elle absorber des influences extérieures ou doit-elle rester pure à tous prix? Et si oui quelles influences?

 

 

Travaux précédents

 

 

Mes chorégraphies précédentes se sont construites sur et à partir de la technique de la danse classique khmère, mais en ont détourné l’utilisation. Dans une série en 3 volets que j’ai intitulé Khmeropédies I, II et III, j’ai essayé de répondre à ces questions et de suggérer des voies possibles.

 

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Le premier volet était un solo pour une Apsara (danseuse céleste) qui crachait, tournait le dos aux spectateurs, s’énervait et se roulait par terre. Cette Apsara ne correspondait donc déjà plus à un modèle acceptable de grande prêtresse ou même de femme soumise, mais développait son expression individuelle dans un contexte oppressant.

 

"Khmeropédies is not only beautiful; not only powerful. It is enlightening"  

                                                                Toni Morrison, prix nobel de littérature.

 

 

 

 

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Le deuxième volet apportait des influences extérieures de rap, de danses occidentales, dont le ballet, et mettait en scène une génération de danseurs désireux de s’affranchir d’une rigueur qui pourtant est l’essence même de ce qu’ils sont, car la danse classique est aussi une façon de vivre par rapport à ses ancêtres, ses maitres, son pays, sa religion. Cette seconde partie a été possible grâce à une bourse du Asian Cultural Council qui s'occupe d'échanges culturels entre l'Asie et les Etats-Unis.

 

http://www.villagevoice.com/2010-07-06/dance/emmanuele-phuon-brings-khmeropedies-i-and-ii-to-baryshnikov/full/

 

 

 

 

 

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Le troisième volet se concentrait de nouveau sur un seul rôle, celui du singe et apportait grâce à l’éthologie moderne et la collaboration avec Eric Sargis, un primatologue spécialiste en mécanique biologique à Yale, USA, des mouvements et des idées nouvelles dans l’étude des singes.

 

Avec l'aide de la fondation  "Un Monde par tous" et de la "Fondation La Ferthé", nous avons pu vivre une belle aventure. Eric Sargis est venu au Cambodge 2 semaines pour nous expliquer comment bougent les différentes espèces de singes, selon des critères anatomiques, et comment ils s’organisent en groupe. Nous avons visionné des vidéos, sommes allés dans une réserve nationale pour voir et entendre des gibbons chanter… Ces deux semaines ont été l’occasion pour beaucoup de danseurs de découvrir un vaste sujet qui se cachait derrière ce rôle : la danse qu’ils pratiquaient depuis si longtemps avec tant de rigueur et de fidélité tenait de l’automatisme, et là soudain, le sujet redevenait passionnant !

 

 

 

 

A voir aussi, le documentaire photo par John Vink de l’agence Magnum

 

http://www.johnvink.com/JohnVinkSite/Cambodia_Stories/Cambodia_Khmerop_dies_III/index.html#VIJ2013008H0034

 

Ce dernier volet a rencontré une critique très favorable auprès du public et dans le New York Times, ainsi que dans le Straits Times de Singapour.

 

http://www.nytimes.com/2013/04/30/arts/dance/khmeropedies-iii-and-amrita-performing-arts-at-the-guggenheim.html?_r=0

 

http://origin-stcommunities.straitstimes.com/show/2013/09/26/monkey-see-and-do-khmeropedies-iii-sourceprimate

 

 

 

À quoi servira la collecte ?

8000 euros me permettront de retourner au Cambodge et de travailler sur le projet 5 semaines afin de terminer la pièce. Les frais de voyage et de séjours sont importants et malheureusement prennent une grande part du budget, 25OO euros.

 

Avant cela , je fais faire un stage de 3 semaines aux danseurs pour qu'ils se familiarisent mieux encore avec les mouvements de boxe. Ce stage aura lieu au sein même du club, avec Hem Sarann, le boxeur avec lequel nous avons déjà travaillé (500 euros).

 

A mon arrivée, durant ces 5 semaines: 

 

-J'engage et salarie 7 personnes à des tarifs locaux honnêtes (3 danseurs, un assistant, le boxeur et deux musiciens- car la boxe khmère se pratique en musique!-): 2550 euros

 

-Je loue les locaux de répétitions, et offre ainsi un espace propre et aéré à mes collaborateurs, qui sera nettoyé chaque jour et sera approvisionné chaque jour de fruits frais et d'eau potable afin de s'assurer que les participants soient en bonne condition physique. Dans cet espace, en dehors des répétitions aura lieu un stage pour les danseurs qui souhaitent créer leur propre projet. Je fais venir un dramaturge de Malaisie, Lim Howngean (Amrita s'engage à trouver des fonds de son côté pour couvrir ces frais additionnels)  et nous profitons de sa présence pour lui demander en parallèle de faire la dramaturgie pour ceux qui le voudront. De mon côté je m'engage à les assister dans leurs recherches de mouvement et à suivre ce projet en parallèle. Ainsi nous mettons vraiment à profit nos séjours respectifs.  1250 euros

 

-Je paye l'ONG Amrita pour qu'elle s'occupe de la logistique, les horaires, les réservations etc et puisse gérer le projet: 500 euros

 

Le restant sert à couvrir les frais de la campagne de crowd-funding et une partie des frais occasionnés par les contreparties.

 

Si, par le plus grand des bonheurs, nous dépassions cette somme, et que nous atteignions les 12 000 euros, nous pourrions même amener le tout à un stade de production avancé (costumes, éclairages etc).

 

Dans une salle de spectacle louée, nous ferions un premier spectacle entièrement gratuit pour les autochtones, moins gratuit pour les étrangers (3,5 euros la place), spectacle que nous filmerions afin d'avoir un dvd à envoyer aux différents théâtres susceptibles d'accueillir Brodal Serei dans leur programmation.

 

 

 

 

 

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Manou

Je suis Franco-Cambodgienne et je vis à Bruxelles. Je commence la danse à 5 ans au Ballet Royal à Phnom Penh. En 1975 je quitte le Cambodge pour la Thaïlande. Puis, à 17 ans j'obtiens mon baccalauréat option danse au Conservatoire National de Danse d'Avignon. En 1989 je m'installe à New York où je danse pour les compagnie Elisa Monte Dance, White Oak... Voir la suite

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The show must go on !!!
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En avant, y'a pas d'avance !!!