Aidez nous à finir "CE TIGRE QUI SOMMEILLE EN MOI, un film qui raconte une belle et singulière expérience avec des jeunes de Marseille.

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Présentation détaillée du projet

 

Des jeunes de Marseille nous montrent le chemin d’un art d’être ensemble !

 

Des jeunes entre 16 et 22 ans, qui viennent de différents quartiers de Marseille, se retrouvent régulièrement au Théâtre La Cité pour travailler sur le thème de la  Frontière. Enthousiasmée par l'énergie qu'ils dégagent lors de la présentation publique d'une étape de travail, je décide de faire un film sur eux et les suit pendant plus d'un an jusqu'à la création de leur spectacle. Au-delà du suivi d'un travail théâtral, c'est le portrait d'une jeunesse contemporaine que je poursuis.  

 

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20 ans n’est peut-être pas le plus bel âge de la vie, mais certainement un des moments cruciaux de l’existence où nos destins se cherchent dans la complexité du réel. Tentatives, tremblements, espoir et désespoir, c’est tout cela que l’on traverse. La matière du spectacle que les jeunes inventent naît de leurs regards sur eux-mêmes et sur le monde dans lequel ils grandissent. Au fil des séances de travail, la parole se densifie et l’espace du théâtre devient le lieu d’un franchissement de soi, de ses propres limites. Un regard plus politique sur le monde se dessine. Cette jeunesse, la singularité de l’expérience qu’ils tentent ensemble, la joie et le plaisir qu’ils éprouvent à la vivre, nous montrent le chemin d’un art d’être ensemble.

 

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« Allez rencontrer une personne qui vous serait la plus étrangère... »  

 

Telle est l’invitation lancée par Karine Fourcy aux jeunes de la troupe. Chacun des participants est donc amené à s’affronter à l’inconnu du monde et à modifier son regard. Warda s'intéresse à la rue, Mohammed à l’homosexualité, Marie découvre les rroms... Contrairement à l’habitude, il n’est plus question de s’abriter derrière des généralités. Les rencontres singulières, la manière dont on arrive ou pas à les vivre, les échecs comme les réussites renvoient autant à nos propres limites qu’à l’Autre. Des barrières qui semblaient infranchissables tombent, d’autres résistent, des univers nouveaux se découvrent.  

 

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Sur le plateau, les jeunes racontent et jouent une visite qu'ils viennent de faire dans les quartiers nord de Marseille :

 

Marie

On est arrivé et Laura m’a dit : « C’est Félix Pyat ici[1] » Dans ma tête, je me suis dit : « oh putain trop cool ! Je sais enfin où c’est, et à quoi ça ressemble ! »

 

Estelle

On s’était assis là parce que la feuille de Louise s’était envolée depuis la passerelle du métro. Elle s’était posée à cet endroit, il y avait ces dalles au soleil. Un peu à l’abri du vent.   Marie On parlait de territoire, d’inconnu, d’espaces, de cet endroit, là, à côté d’un terrain de basket, avec des barbelés, des canettes, des verres brisés, les immeubles de la cité derrière, là derrière nous. Petit à petit, j’ai senti qu’il y avait quelque chose qui nous entourait au niveau sonore. La cité a semblé s’animer. L’air de rien.J’ai entendu des cris. Oui je me rappelle de ces cris là.

 

Marie

On discutait et là un, deux, trois, cinq, et puis un putain de groupe, que des blacks avec des capuches !! La peur me monte.  

 

Karine

«Bonsoir » ça a été leur premier mot Puis 

« Qu’est-ce que vous faites là ? »(1 temps)

« Du théâtre ? »

 

Sur scène, les garçons, en jogging à capuches, se rapprochent. Leurs silhouettes sont menaçantes.

 

Karine J’ai envie de leur dire "on s’interroge sur la frontière. Asseyez-vous avec nous. Ce serait intéressant d’en discuter ensemble. » Mais j’arrête mes mots. « Faut pas rester ici » ils disent « Pourquoi on vous dérange ? » Silence. J’en vois quelques-uns sourirent. Ils sont jeunes. Beaux… Comme des animaux. Eux et nous. Les corps et les sens en éveil. Ne pas courir. Continuer de parler. De rire. Juste on s’en va. On ne fait rien de mal. Eux restent là, pas loin. Nous suivent du regard. Un fil est tendu.   

[1] Félix Pyat , une cité de Marseille à la réputation sulfureuse. Il y a quelques mois, tout le groupe s’y est rendu.

 

 

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La troupe

 

 Karine Fourçy, la metteure en scène, a crée cette troupe d’adolescents il y a 6 ans. Elle se renouvelle au gré des départs vers la faculté, la vie professionnelle... Les anciens souvent continuent d’accompagner l’aventure et transmettent leurs expériences aux plus jeunes arrives. « Frontières », le travail que j'ai suivi a duré deux ans. Karine attend des jeunes un engagement important. Les expériences et les propositions sont sans cesse approfondies, les interrogations poussées, les recherches systématisées (comme en montagne, on escalade la question par une autre face). Petit à petit, la pensée et la conscience des uns et des autres se construisent et s’affirment. Dans ce contexte, c’est aussi à une formation de citoyens, acteurs de leur vie, qu’on assiste. Chaque jeune a son histoire singulière et vient mettre en jeu et en partage sur scène quelque chose de lui-même. Au fur et à mesure de l'expérience, on les voit grandir et s'affranchir. J'ai décidé tout particulièrement de suivre certains d'entre eux, au théâtre, mais aussi dans leur vie.

 

 

 

Les jeunes

 

Chaque jeune a son histoire singulière, ses questionnements, son rapport au théâtre. Chaque jeune s’empare de l’expérience depuis son endroit et vient mettre en jeu et en partage  sur scène quelque chose de lui-même. Au fur et à mesure de l'expérience, on les voit grandir et s'affranchir. J'ai décidé tout particulièrement de suivre certains d'entre eux, sur scène, mais aussi dans leur vie à l'extérieur. 

 

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Sonia

 

Sonia a 22 ans et vit avec ses parents dans une petite maison au Merlan. Avec ses airs de fille délurée et son look garçon manqué, elle ferait presque figure de rebelle. Pourtant lorsqu’elle a abandonné la fac il y a trois mois, elle n’a rien osé dire à ses parents. Sonia, belle jeune femme d’origine maghrébine, a encore bien du mal à assumer son corps et ses désirs. Le poids du « qu’en dira-t-on » et du conformisme social lui pèsent. Dénoncer et oser passer à l’acte sont deux choses différentes. La voici en lutte face à ce cap à franchir : prendre sa liberté. Sonia  - extrait d’une improvisation Wep!!! Je crois que je possède en moi une force masculine et féminine... et là hmmmm….. j'ai envie de faire émerger cette tigresse qui sommeille en moi ...Et je sais qu'il suffit d'un pas… Aujourd'hui j'ai donc envie de vous dire… Quand vous me voyez ici dans cet espace, vous vous dites sûrement : « cette fille est tarpin coincée ! Quand on lui demande de faire un exercice dans l'espace, elle veut toujours passer en dernier et faire sa patronne. Parfois elle manque d'audace ! Trop pudique! Un vrai suppo ... » Mais han ...c'est juste que j'ai du mal à montrer qui je suis vraiment... Et oui, moi aussi j'ai des fantasmes ! Du désir ! Humm...et il m'arrive de me dire : "putain, je me verrais bien avec cette fusée dans mon lit." Et non, c'est haram ...et pourtant.... j’en peux plus de faire semblant d'avoir des principes solides et purs...Ils ne correspondent plus à mes convictions...

 

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Warda

 

Warda est comorienne. elle a traversé la mer et bien d'autres épreuves pour parvenir jusqu'à Marseille. Elle prend de l'épaisseur au fur et à mesure que le film avance. "Il y a la contrainte, celle de ma vie, celles qui m’ont empêché d'avoir une famille, une famille stable, unie. Celles qui ont déterminé tout un parcours  : manque d'argent donc partir ; être souffrante donc partir ; être hébergée par défaut donc soumission, pas de logement donc la rue. Puis soudain arrive le choix. Prendre les choses en mains et dire « MERDE ! Je vais l'avoir cette indépendance, cette liberté », et tout d'un coup les choses se déroulent autrement, prennent un autre cours. Obstacle, limites, essayer, réessayer, trouver d'autres solutions, se dire qu'on tombe et que de toutes façons c'est fini, ou plutôt se dire qu'il y a peut-être une chance de détourner cette chose, cette contrainte qui nous empêche de continuer notre route. Oser"

 

 

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Ludo

 

Ludo repasse son bac d'électo-domestique au lycée Ampère de Marseille. Il fait aussi du rap, il est venu au théâtre pour améliorer sa diction et découvre, grâce à la troupe, Racine et ses alexandrins, mais aussi et surtout la possibilité de s'exprimer enfin. Avec sa gueule d'ange et ses pensées profondes, il est un peu le poète de la troupe.

 

 

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Marie

Marie arrête ses études, travaille au Mac do pour boucler ses fins de mois, et donne des cours d’alphabétisation à des enfants roms. Une amitié se noue entre elle et la famille. Des lignes bougent. Marie les aide. Elle emmène les enfants à la découverte de Marseille. Elle se révolte aussi contre les conditions inhumaines qui leur sont faites.

 

 

 

Engagement individuel et existence d’un collectif  

 

« Il se passe quelque chose entre eux qui me paraît très exigeant. Une protestation contre l’insignifiance à la fois personnelle et collective, une façon de dire que l’on reconsidère la qualité et l’intensité du geste contre toutes les formes de gesticulation. Donner à chaque chose, chaque mot, sa densité, les sortir de ce flux permanent dans lequel nous sommes. » Philippe Meirieu

(chercheur et écrivain français, spécialiste des sciences de l'éducation et de la pédagogie) lors d’une présentation publique d’une étape de travail de « Frontières » à La Cité (03-2013)

 

 

À quoi servira la collecte ?

A FINIR MON FILM ET A POUVOIR LE DIFFUSER LE PLUS LARGEMENT

 

J’ai pu démarrer et travailler à ce film, grâce au soutien en production du Théâtre La Cité, des films du Tambours de soie et de Canal Maritima (une chaine câblée).  Le projet a également reçu le soutien de : la région PACA, de l'Acsé dans le cadre de la politique de la ville. Ces aides ont permis le financement du tournage et d’un premier montage du film.   A l’issue de ce premier temps de travail, je me suis remise au montage dans le désir de porter au plus beau et au plus loin, dans le film, cette singulière et exemplaire expérience et l’espoir qu’elle porte d’un « vivre ensemble » bien malmené aujourd’hui. Pour finir aujourd’hui le film, il me manque  2200 euros. L’argent récolté servira au travail de post-production de la version finale :   Conformation, montage son et mixage : 1500 euros (6 jours)

Étalonnage : 700 euros (2 jours)    

Une date de projection est déjà prévue : Le 19 mars 2016, au cinéma le Gyptis à Marseille.   Si d'aventure, la collecte dépasse les 2200 euros, l'argent supplémentaire servira à la fabrication d'un DCP. (format pour une projection en salle) et de dvd.   D’avance un grand merci à vous tous !!

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@nn@

Anne Alix vit et travaille à Marseille. Elle fait du cinéma pour tenter d'explorer le monde et de le partager avec d'autres. Après quelques courts-métrages de fiction, et suite à des rencontres fortes, elle passe au documentaire. Depuis son arrivée à Marseille en 2000, elle poursuit son travail sur des fictions qui s’allongent (« Dream Dream Dream »,... Voir la suite

Derniers commentaires

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Bravo Anne, le projet a l'air super. On a hâte de voir le résultat ! Céline Alix
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Bien hâte de voir le film ! des bises !!
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Coucou Anne, J'ai hâte de voir ce sur quoi tu t'escrimes dans la pénombre... Bises