Ce documentaire témoigne de l'enfermement subi par Marius, Simon, Iqbal et Hakim, bloqués dans l'enclave de Ceuta depuis plusieurs mois, comme des centaines d‘autres migrants. Entre tragédie et joies simples, ce film dépeint le malheur et les minces espoirs d'hommes pris dans les mailles d'un système financé par chaque citoyen européen.

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Présentation détaillée du projet

 

 

 

« Ceuta, douce prison » inscrit la condition de plusieurs jeunes hommes dans les grandes problématiques actuelles de l’immigration. Iqbal l'Indien, Hakim le Nigérian, et Simon et Marius les deux Tchadiens, ont tout quitté pour tenter leur chance en Europe. Après un voyage de plusieurs années, ils se retrouvent coincés aux portes de l’Europe, dans l’enclave espagnole de Ceuta, au Nord du Maroc. Comme eux, de nombreux exilés atterrissent là, entre terre et mer, entre deux continents, entre deux destins. Ils se heurtent chaque jour à l’immense mur de Ceuta d’un côté, à la Méditerranée de l’autre.

 

Le cas de chacun d'entre eux, la face cachée de Ceuta, la condition humaine hors de nos frontières sont des sujets qui nous concernent tous aujourd’hui. Du singulier à l’universel, les histoires croisées de ces hommes en quête d’une vie meilleure doivent-elles s’arrêter aux portes de l’Europe ? Et si oui, dans quelles conditions ? 

 

Ce film a vocation à relater l’attente claustrophobique d'hommes soumis au supplice permanent de l’Europe à portée de vue et au risque permanent d’une exclusion. Il est aussi destiné à révéler l’existence de la Valla, un mur de barbelés, large, immense, surveillé par des miradors. Un mur de fer traçant une frontière violente entre l’Europe et l’Afrique. Un mur physique et administratif, bâti par l’Union Européenne, financé par ses citoyens, sans que ces derniers n’en aient même conscience.

 

 

 

Ceuta est une petite ville autonome espagnole située au nord du Maroc, à quatorze kilomètres à vol d’oiseau de la péninsule ibérique.  En raison de ce positionnement géographique et stratégique si particulier, ce morceau isolé d’Europe attire chaque année des milliers de migrants africains et asiatiques habités par l’espoir d’y trouver un destin meilleur. 

 

 

    

  

 

Malheureusement pour eux, entre les patrouilles de police terrestres et maritimes et le gigantesque mur de barbelés et grillages surveillé nuit et jour qui entoure la ville, pénétrer dans Ceuta est difficile pour qui n'est pas prêt à risquer sa vie sur un bateau gonflable de mauvaise qualité, voire à la nage. Et quand bien même certains arrivent à y pénétrer, ce n'est que le début d'une nouvelle situation sans échappatoire. En Europe certes, mais pas encore sur le territoire de Schengen, ces migrants sont alors condamnés à errer sans aucune perspective si ce n'est celle – quasiment sans espoir – que le gouvernement espagnol daigne faire un geste et les laisse traverser légalement ce bras de mer aux courants violents qui les sépare de leur graal. Car pour la plupart, le voyage s'achève souvent par une expulsion vers leur pays d'origine, après plusieurs mois voire plusieurs années dans l'expectative.  

 

 

    

 

 

 

 

 

 

Dès le départ, notre idée était d’aller à la rencontre de ces migrants coincés entre deux mondes. La question du mur de Ceuta et de l’enfermement nous a immédiatement paru fondamentale. L’enclave de Ceuta était donc le point de départ idéal pour raconter la fermeture progressive de l’Europe et montrer ce clivage toujours plus grand que nous appelons les rapports Nord-Sud. Ceuta témoigne des thématiques qui sont à nos yeux les plus marquantes de notre époque. Plus les jours passaient, et plus il nous paraissait urgent de dépeindre ce rapport de l’Europe à la question de l’immigration et de l’enfermement à partir de cette poche géographique, de cette zone « ni-dedans, ni-dehors », trop souvent passée sous silence.

 

 

 

   

 

 

Le statut juridique si particulier à Ceuta qui réduit les migrants à une latence incertaine nous a particulièrement interpellé. Certains attendent ici depuis des années de pouvoir rejoindre l'Espagne péninsulaire, la France ou l’Angleterre. Personne ne veut ressortir du côté africain alors que la liberté de circulation sur le territoire européen est très incertaine. Sans en avoir mesuré la portée avant notre départ, nous nous retrouvions tout à coup au cœur d’une salle d’attente, une zone de transit dérangeante, créée par l’Union Européenne.  

 

Au fil des rencontres et des récits que nous entendions, nous prenions conscience de l’atrocité induite par de tels voyages et de cette seconde réalité d’enfermement, toute aussi cruelle, une fois Ceuta atteinte.  Ainsi Simon et Marius de nous parler des longs mois de clandestinité en forêt au Maroc, vivant dans la crainte d'être, comme d'autres roués de coups puis abandonnés dans le désert par la police marocaine. Ou Iqbal, enfermé des mois durant dans un container de bateau, avant d'arriver dans des pays aux langues inconnues qu'il est aujourd'hui bien en mal de nommer. Et enfin Hakim, nous décrivant des marches interminables dans le désert entre le Niger et l'Algérie, évoquant avec pudeur le souvenir de plusieurs de ses compagnons d'infortune qui y laissèrent la vie.    

 

L’entrée dans Ceuta n’a pas pour autant valeur de libération. Au fil des jours, nous avons pu commencer à percevoir la condition de ces migrants sur place, à y déceler une apathie forcée, qui n’est ni l’échec d’un retour au pays, ni le graal de l’Europe attendue. Ils vivent confinés dans une parenthèse assez indescriptible à leurs amis et leurs familles. Ils sont certes du bon coté du mur, mais toujours enfermés, par un mur invisible, une barrière administrative. 

 

Tel que nous l’avons ressenti, Ceuta est un monde clos, fermé, aux abords amènes mais dans lequel il est difficile de garder espoir. Les uns vivent dans le CETI, le centre de rétention de la ville, quand les autres préfèrent vivre dans des campements de fortune à l’air libre. Après avoir idéalisé une certaine Europe, être retenus dans cette douce prison de bord de mer avec vue sur Gibraltar, a tout d’un échec à leurs yeux. Nous entrevoyons alors le supplice quotidien de contempler le paradis rêvé, après tant de kilomètres parcourus, si proche, mais sans pouvoir le toucher.

 

 

     

           

S'ils ont fini par réussir à pénétrer dans l’enclave après de nombreuses tentatives infructueuses, c'est pour finalement buter sur la dernière marche, ce satané espace Schengen. Vivant aujourd'hui dans des conditions déplorables, soumis à une pression continue qu'ils appellent  "la torture mentale de Ceuta", ils sont les témoins privilégiés, malgré eux, de cette Europe qui brise des espoirs et des vies.   

 

Nous avons ainsi intitulé notre projet de documentaire « Ceuta, douce prison ». Le quotidien de Marius, Simon, Iqbal et Hakim est celui de jeunes gens enfermés à ciel ouvert, dans une station balnéaire militarisée. Les conditions de vie de ces migrants sont désastreuses. Qu’ils vivent dans un campement de fortune, bravant la maladie et les intempéries ou dans le centre de rétention, parqués à dix par chambre à tenter de concilier les différends autant que faire se peut – sans véritable langage commun – tous affrontent un quotidien répétitif, pénible et usant. Une routine qui n’est pas sans rappeler les conditions de vie carcérale. 

 

 

  

 

 

Privés du droit de travailler, chacun se débrouille comme il peut pour s'en sortir: 

 

- Simon essaie tant bien que mal de dégotter une de ces places privilégiés des migrants, pour garer et laver les voitures des Céutis, souvent contre quelques centimes. 

 

- Marius est l'un de ceux qui s'en sort le mieux, grâce à de modestes ménages à l'église. Trois fois par semaine, il empoche dix euros pour une matinée de travail. 

 

- Iqbal, 19 ans, passe toutes ses journées devant un supermarché, se contentant de porter les courses des clients en espérant une modeste rétribution. 

 

- Hakim survit grâce à des envois monétaires réguliers de son frère installé aux Etats-Unis. 

 

                                   

 

 

Le reste du temps, ils errent dans la ville, stagnent autour du CETI et s'abandonnent même parfois à la boisson, en attendant des nouvelles quant à leur sort juridique.

 

Des petites joies aux pires désespoirs, nous aimerions montrer et humaniser le quotidien de plusieurs jeunes hommes de notre âge avec l’espoir infime et l’ambition modeste qu’un tel film, en bout de course, puisse influencer dans le bon sens la vie de milliers de migrants qui dépérissent physiquement et moralement dans les entrailles des politiques migratoires de l’Union Européenne.  

 

 

  

 

 

Repérage effectué en mars 2010

Qui suis-je ?

 

 

 Les deux réalisateurs  

 

Jonathan Millet a 26 ans. Il a toujours fait des images. Il réalise aujourd'hui des courts-métrages et des documentaires. Il s’intéresse principalement aux sujets autour de la politique, des frontières et de la migration. Dès qu'il en a la possibilité, il part plusieurs mois dans des pays lointains aux couleurs et aux lumières incroyables. Avec sa caméra, il a traversé Iran, Ouganda, Syrie, Paraguay, Bangladesh, Soudan, Pakistan, Mozambique, Népal, Malawi, Liban, Inde, Pérou, Israël, Sénégal... 

 

 

 

www.jonathanmillet.fr

 

Loïc H. Rechi est journaliste indépendant. Son attirance pour les univers parallèles l'a amené à enquêter sur la vie nocturne à Shanghaï, la jeunesse islandaise, les SDF new-yorkais ainsi que moult sujets sociétaux relatifs à l’hexagone comme les skinheads repentis, les chasseurs d’ovni ou les accros aux courses hippiques. Il collabore aujourd'hui avec Slate.fr, Snatch Magazine, Owni.fr et a créé le site abstrait-concret.com.

 

http://www.slate.fr/source/loic-rechi

http://owni.fr/author/abstraitconcret/

 

 

La production

 

Créée en 2009, Zaradoc est une société de production et de distribution de films documentaires, dont l’objectif est de produire une dizaine de films par an sur des thématiques culturelles, historiques ou sociétales. L’entreprise bénéficie de plus de 30 ans d’expérience à travers le parcours du producteur Yves Billon, et des productions des sociétés « Zarafa Films » et « Les Films du Village ». Elle est également soutenue par de jeunes professionnels du documentaire, venu apporter une vision neuve de l’audiovisuel. Entre héritage et modernité, cinéma traditionnel et webdocumentaire, Zaradoc s’enrichit ainsi sans cesse des formes les plus innovantes sans oublier les enseignements du passé. Une volonté qui s’inscrit tant dans notre manière de travailler que dans la qualité de nos productions. Notre catalogue comprend près de 300 heures de programmes, commercialisés en France et à l’étranger, reflétant une vision du monde marquée par la diversité, la multiplicité et la richesse des cultures.

 

www.zaradoc.com

 

 

 

 

À quoi servira la collecte ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les fonds collectés serviront essentiellement à financer la post-production du film: montage, mixage et étalonnage, environ 3500 euros.

 

 

D’autre part, cet argent servira à faire vivre le film, une fois terminé : envoi dans les festivals, organisation de projections et débats et partenariats avec des organisations d’aide aux migrants afin de sensibiliser et faire réagir un public aussi large que possible à ces problématiques de notre époque. Environ 500 euros

 

 

 

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Zaradoc

Créée en 2009, Zaradoc est une société de production et de distribution de films documentaires, dont l’objectif est de produire une dizaine de films par an sur des thématiques culturelles, historiques ou sociétales. L’entreprise bénéficie de plus de 30 ans d’expérience à travers le parcours du producteur Yves Billon, et des productions des sociétés «... Voir la suite

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Le cap des 1500 euros est dépassé! Un grand merci à vous tous pour vos précieuses contributions. Nous sommes sur la bonne voie, continuons ainsi!