CLOSE YOUR EYES, UN FILM SUR LA MORT, LE SEXE, L'IMAGE... ET JEFFREY SILVERTHORNE !

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Présentation détaillée du projet

(For english version, click here)

 

À l’origine de Close Your Eyes, il y a ces photographies découvertes dans un petit livre à la couverture jaune (le premier de Jeffrey Silverthorne), où chaque image vous percute, vous déstabilise, vous questionne, vous accompagne dans de saisissants voyages aux frontières de la représentation (de la mort, de la sexualité...), vous renvoie à une histoire de la photographie tout en s’en écartant aussitôt. Dans le même temps, j’ai eu le pressentiment qu’un lien puissant reliait ces multiples séries, ces images marquantes. Et le plaisir, parfois le vertige, de plonger dans une œuvre ignorée, façonnée pendant quarante ans à l’abri de tout regard extérieur.

Puis, il y eu la rencontre avec Jeffrey Silverthorne. Si éloigné en apparence des sujets qu’il arpente avec une telle obsession. L’idée de faire un film s’est alors imposée à moi.

Tenter de mettre en lumière cet extraordinaire travail.

Tenter d’approcher les obsessions qui traversent cette œuvre.

 

Portrait d'un artiste majeur encore trop peu connu, film à quatre mains – les images de Jeffrey et les miennes - questionnement de l'acte de création « de l’intérieur » (des séances de poses aux retouches des tirages, tout est là !), Close your eyes est un projet au long cours (5 ans de tournage) qui aborde sa dernière ligne droite, le montage et les finitions, pour lesquels mon producteur, P.O.M. Films, et moi, avons besoin de soutien.

 

Pourquoi cette collecte ?

Pourquoi ce film est-il rare et important ?

Parce que…

 

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● JEFFREY SILVERTHORNE ●

 

À l'instant de photographier son modèle, Jeffrey Silverthorne prononce toujours la même phrase : « Close your eyes. »

Alors les frontières se troublent, tout est mis à nu et sous la réalité photographiée percent l’interdit, le sexe, la mort…

Incontournable, Jeffrey Silverthorne l’est tout autant que ses contemporains et compatriotes Diane Arbus, Larry Clark, Lee Friedlander, William Eggleston, Robert Franck...

Son parcours, ses préoccupations et son style n’en sont pas moins singuliers par son entêtante façon, depuis les années 1970, d'interroger nos plus intimes obsessions, transgressions et transformations, mettant en scène dans d'extraordinaires séries, des sujets aussi troublants que la morgue, l’hôpital psychiatrique, la prison, la prostitution, les travestis, les transsexuels, les migrants…

Méconnu en Europe, il est progressivement découvert depuis le début des années 2000. Son « petit livre jaune » Direction For living, édité en 2007 par le danois Lars Schwander, fait l'effet d'une onde de choc dans le monde de la photographie. Suivent une rencontre avec le commissaire d'expositions Christian Caujolle qui l'expose à la Galerie VU' (Paris) et aux Rencontres de la photographie d'Arles, puis une autre avec Anne Biroleau, conservatrice à la Bibliothèque nationale de France, qui s'empresse d'intégrer ses travaux dans la fameuse exposition 70's, le choc de la photographie américaine. Depuis, trois livres sont parus (Travel PlansPortraits & Figures et Working), et en 2014/2015, le Musée Nicéphore Niépce (Chalon-sur-Saône) et le FoMu (Anvers) lui ont rendu hommage avec une première rétrospective Jeffrey Silverthorne, The Precision of Silence.

Mais le mystère de cette œuvre unique et troublante demeure entier.

Durant toutes ces années, avec une liberté folle, une indépendance sans faille, Jeffrey Silverthorne a bâtit une œuvre foisonnante et passionnante qui s’impose, comme une évidence, dans l’histoire de la photographie, transgressant les frontières du genre tout en confrontant le spectateur a ses propres limites.

Et l'importance de sa production encore inédite, autant que son appétit à poursuivre dans de multiples nouvelles directions, rendent ladite œuvre d’autant plus excitante qu’elle est, de fait, toujours en devenir...

 

 « La catharsis est au centre de l'œuvre de Silverthorne qui trahit le désir d'exorciser ses peurs en plongeant au plus profond, de scruter les mystère de ce qui restera à jamais inexplicable, de sonder les regards énigmatiques de ses sujets mus par un insondable secret, comme pour mieux se comprendre lui-même. » Olivier Rossignot, culturopoing.com

 

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● VINCENT SOULIÉ 

 

Dans mon travail, les deux arts se côtoient sans cesse et je manie autant la caméra que l'appareil photo. Interroger, produire de la photographie à partir du film, et inversement.

D'un côté, l'un de mes films précédents, Je ne reverrai pas Tokyo, était consacré au photographe belge Marc Trivier ; d'un autre côté, je réalise depuis plusieurs années des séries photographiques au Japon ou encore des portraits des gens que je côtoie - dont bien sûr Jeffrey Silverthorne, que je suis depuis 2010 dans les différentes étapes de sa création : lors de ses séances de prises de vues, des cours et masterclass qu'il dispense, dans le travail de préparation de ses livres et expositions, au fil des rencontres avec les galeristes ou conservateurs de musées, chez lui à Providence comme en France, aux Pays-Bas, en Espagne, en Angleterre... 

La complicité et la confiance développées entre nous m'ont permis d'avoir accès aux moments de création du photographe. S’effacer pour tenter de restituer ce qui est en jeu au moment de l’acte de l’acte de création. Lorsque que quelques mois après notre première rencontre, Jeffrey me montra des vidéos qu'il avait tournées durant deux ans et n'avait jamais montrées, j’ai su que Close Your Eyes irait plus loin que ce que j'avais imaginé : cette matière inédite, cette tentation d'un autre support, cette pratique différente au service des mêmes obsessions, ouvriraient le film à d'autres possibilités, me permettant d'approcher au plus près l’œuvre et son auteur.

 

« Jeffrey Silverthorne ne nous impose rien. Son œuvre n’est ni rassurante, ni convenable ; elle ne se laisse pas accommoder, ni ne se laisse faire. Le lien qui la relie au spectateur est plus profond. C’est une forme d’expérience qui suscite des échos en chacun de nous, approchant nos désirs enfouis, nos peurs, notre enfance. La rencontre avec l’homme est aussi de l’ordre de la surprise. Avec ses petites lunettes rondes, sa moustache parfaitement taillée, Jeffrey Silverthorne distille sur ce qui l’entoure, et en toute humilité, une forme de détachement et d’humour très british. En apparence, une personnalité très éloignée de son travail, mais en apparence seulement. Il suffit de l’écouter énoncer une position, pousser un étudiant dans ses retranchements, de l’observer pour établir la connexion entre lui et ses images. » Vincent Soulié

 

 

● CLOSE YOUR EYES ●

 

Close Your Eyes est donc le film que je consacre à Jeffrey Silverthorne. C'est aussi le lieu de rencontre de nos deux regards, le lieu de cohabitation de deux matériaux (les images de Silverthorne / les miennes) pour un objet "à quatre mains".

 

Le film s'appuie sur quatre lignes de force essentielles :

- les séances de prises de vues photographiques de Jeffrey Silverthorne, au cours desquelles il construit des visions fulgurantes où ses modèles se laissent conduire vers les territoires les moins visités de l'âme humaine ;

- la découverte de l'ampleur et de la richesse de 40 ans de son œuvre par deux commissaires d’exposition (François Cheval, Musée Nicéphore Niepce ; Rein Deslé, FoMu) venus chez lui à Providence préparer la première importante rétrospective de son œuvre (ouverture de centaines de boîtes d'archives inconnues, discussions avec l'artiste sur le pourquoi autant que sur le comment...) ;

- un entretien-fleuve et référence avec Jeffrey Silverthorne sur son histoire, son rapport à la photographie, à l'image en général, son rapport à l'histoire de l'art mais aussi à l'histoire contemporaine des États-Unis (comment la guerre du Vietnam, par exemple, est à l'origine de sa série la plus connue, "Morgue") ;

- des séquences vidéo tournées par Jeffrey Silverthorne lui-même dans les années 1990, alors qu'il interrogeait par la sa pratique photographique, son rapport au temps, au mouvement, au récit. Séquences terriblement troublantes, qui, arpentant les mêmes territoires que son travail photographique - la morgue ou les bordels, par exemple - montrent que la puissance de son art autant que la force de son regard sur les troubles du monde, dépassent le cadre du medium utilisé : il s'agit bien d'un artiste "total".

 

 

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À quoi servira la collecte ?

Après cinq ans dans les pas de Jeffrey Silverthorne, le tournage du documentaire est achevé, et je suis riche de plusieurs dizaines d'heures de rushes où se côtoient nombre de scènes passionnantes sur Jeffrey au travail, sur la découverte de l'œuvre, sur la recherche et les questionnements de l'artiste, et sur l'homme lui-même.

Cette matière foisonnante et instructive sur un artiste au travail, fait à mes yeux nécessairement de Close Your Eyes un long métrage, que je souhaite achever au plus tard en décembre 2015.

Mais la crainte qu'inspire la force de transgression de cette œuvre, sa façon de ne fermer les yeux sur aucune limite, cette crainte qui explique la discrétion publique de ce travail depuis 40 ans (très peu d'expositions ou d'ouvrages) a inévitablement rejailli sur le film - le tout premier sur Jeffrey Silverthorne, bien sûr ! -, qui s'est avéré dès le départ difficile à produire, les producteurs ne rencontrant que peu de partenaires financiers : pas de grande chaîne de télévision, par exemple...

 

Pour que mon projet trouve sa forme définitive, celle qui rende justice à cette œuvre hors-normes, j'ai avant tout besoin de temps : le temps du travail avec le monteur, le temps du regard sur plus de 100 heures de rushes, le temps de triturer cette matière, de la malaxer pour qu'en sorte un film à la hauteur de son sujet.

Ce travail est engagé et doit nous mener à achever le film en fin de cette année au plus tard - après le montage viendront les finitions, importantes ici parce qu'elles comprennent aussi un nécessaire travail sur les images de Jeffrey, photographiques autant que vidéo (à restaurer, parce qu'elles ont été tournées voici un quart de siècle sur un format qui n'existe pour ainsi dire plus !). Sans oublier la composition d'une musique originale qui raconte ce voyage américain…

 

Au final, nous voulons trouver pour cet objet singulier, fort et libre que sera Close your eyes, de multiples formes de diffusion, du livre-DVD où se retrouveront aussi les deux artistes (le film de Vincent sur le DVD, des photographies de Jeffrey dans le livre), à la salle de cinéma.

Le producteur, PO.M. Films, et moi, avons décidé de multiplier nos possibilités de financements "hors système", parce que nous avons besoin de financements complémentaires mais que l’indépendance de Jeffrey et celle du film, qui lui est fidèle, ferment nombre de portes.

Nous vous tiendrons informés au fur et à mesure de la collecte – mais aussi une fois celle-ci achevée - de l'avancée de cette nouvelle période dite de "post-production", en postant des nouvelles ou des extraits du film.

Les éditions de l'Œil, éditeur de certains livres de Jeffrey Silverthorne, P.O.M. Films, producteur de mon film, et Jeffrey lui-même, s'associent à moi dans cette collecte de fonds par la mise à disposition de DVD du film fini, de livres, d’éditions limitées comprenant des tirages signés, et de bien d’autres contreparties encore, y compris le tampon spécial « Eyes wide closed », à découvrir parmi toutes les propositions originales permettant de soutenir Close Your Eyes !

 

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(ci-dessus : projet de couverture pour le livre-DVD Close Your Eyes)

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Vincent Soulié

Vincent Soulié est diplomé de la FEMIS (section réalisation). Il a réalisé une cinquantaine d’émissions dans la série "Canal du savoir", ainsi qu’une quinzaine de documentaires et fictions dont "à corps perdu" (fiction, Bourse Beaumarchais (S.A.C.D.) ; sélection festival de La Ciotat 2002), "Je ne reverrai pas Tokyo" (documentaire sur le photographe Marc... Voir la suite

Derniers commentaires

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Something great is really hapening... Cléo
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@ robin.devillers & lolo & Arvind Merci à vous !!! Vincent
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Projet passionnant, bon courage !