De l’autre coté est un web documentaire qui enquête sur les politiques migratoires des pays européens. Notre projet se fonde sur un partenariat avec certaines organisations qui travaillent dans ce domaine, parmi lesquelles la Ligue des Droits de l’Homme, la Fasti, la Cimade, les réseaux Migreurop et Terra.

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The project

Après la lecture du livre Bilal sur la route des clandestins de fabrizio Gatti, reporter au magazine italien l’espresso, nous nous sommes investis dans ce sujet aussi tragique que passionnant : l’immigration. Ce journaliste a eu le courage de partir de Dakar et d'affronter la réalité des migrants. A leurs côtés, il traversa le Mali, le Niger et la Libye pour arriver sur les rives sud de la Méditerranée. Il est le seul journaliste à être entré dans un centre de rétention administrative en activité, à Lampedusa et à Milan, en se faisant passer pour un migrant.

 

En 2009, un rapport accablant des députés européens vint conforter ses descriptions. la délégation affirma que les centres pour migrants sont des espaces inhumains et dégradants, en marge de la loi, non conformes aux normes européennes en matière d’accueil et de protection, aussi bien en ce qui concerne les droits des demandeurs d’asile que les droits de tout être humain, indépendamment de sa situation juridique.

 

 

Entretien avec Barbara Molinari responsable des activités du UNHCR à Lampedusa

 

 

Une évidence s’imposa : il nous fallait comprendre l’immigration et sa complexité. Et il ne fallait pas seulement comprendre l’importance de l’altérité mais aussi remettre en question nos représentations, engendrées et influencées par le pouvoir des médias et le discours politique. En effet, à travers l’orientation de ces discours, l’altérité devient suspecte. On se méfie de l’autre, on s’en est toujours méfié. Mais pourquoi craindre la diversité, pourquoi ne pas l’accepter et tenter de la comprendre, car cette différence est et sera permanente, réelle et surtout indispensable.

 

Après de nombreuses recherches, de nombreuses lectures, nous avons constaté l’évolution des différentes politiques européennes à partir des années 80, lorsque l’idée d’une homogénéisation des politiques migratoires européennes fut lancée. De la déclaration en 1985 de la secrétaire d’état aux affaires européennes Catherine Lalumière, sur la nécessité d’harmoniser les législations européennes en matière d’immigration, en passant par la convention de Dublin II en 2003, fondement d’une politique d’asile européenne, nous débouchons aujourd’hui sur une politique d’externalisation des politiques migratoires et nous sous-traitons les applications de ces politiques à des pays non européens.

Ces politiques d’externalisation se résument, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Europe, à la militarisation des frontières de l’Europe par les pays du sud et de l’est, à la prolifération des centres de rétention de migrants, au conditionnement de l’aide au développement par la gestion des flux migratoires par les pays du sud et enfin par des accords de réadmission par les pays originaires des migrants.

 

 

Carte des camps de migrants par Migreurop

 

 

Hier, nous acceptions le chantage de la Libye pour qu’elle s’occupe de stopper les flux migratoires en échange de 5 milliards d’euros par an. Le colonel Kadhafi, pendant longtemps maintenu à distance de la vie politique internationale, a été reconnecté au monde diplomatique et politique européen par Silvio Berlusconi. Sous prétexte de dédommagement à la colonisation, il a renforcé les liens et les relations entre la Libye et l’Union Européenne. Au delà du prétexte, les intérêts européens sont bien évidents : d’une part le gaz et le pétrole présents en Libye, et d‘autre part la possibilité d”utiliser le territoire libyen comme une prison en plein d’air, une prison européenne à l’extérieur de l’Europe. Après la célébration d’un gazoduc reliant les deux pays, Berlusconi inaugura le projet d’autoroute financé par Rome, reliant la Tunisie à l’Egypte. Il faut continuer à agir pour savoir et diffuser des informations sur ce qu’il s’est passé et sur ce qu’il se passe encore. Durant ces derniers mois, la guerre a été déclarée au dictateur lybien mais les européens ont d’oress et déjà négocié la gestion des flux migratoires avec le Conseil National de Transition.

 

Le phénomène migratoire est aujourd’hui instrumentalisé de manière quotidienne pour susciter la peur chez la population et utilisé pour justifier la violence des répressions envers les migrants. Cette vision occulte la richesse produite par la diversité et oublie que ces migrants sont avant tout des hommes et qu’ils sont aujourd’hui traités comme des marchandises. Le projet de web documentaire découle de ces constats et d’une envie d’enquêter et d’informer sur ces problématiques.

 

Pour se faire, nous avons souhaité rassembler des témoins quotidiens de ces politiques migratoires afin d’apporter un regard si souvent mis de côté au profit d’un discours unique contraire à une parole si souvent oubliée :

« Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un état. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.“ Déclaration universelle des droits de l’Homme, 1948, article 13.

 

Pour en savoir plus, venez consulter le site internet du projet.

 

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Qui suis-je ?

  

 

Jeremy Cheong Chi Mo

Je suis diplômé en informatique, en sciences de l'éducation et en sciences politiques. Passioné par le monde et sa complexité, je cherche aujourd'hui à faire part de ma réflexion. Après avoir initié et piloté une mission de co-développement en 2008 au Mali et au Burkina Faso, j'en réalise un road movie, "Sur la route de l'Afrique".


Dès lors, je m'intéresse au cinéma comme moyen de partager ma pensée et mes émotions. Je sui né de la rencontre de différentes cultures (chinoise, indienne, mauricienne et française). Une de mes plus lointaines réflexions porte sur les migrations suite aux multiples mouvements de ma famille.

 

Why fund it?

Les fonds collectés serviront à la post-production ainsi qu'à la promotion du webdoc dans les 10 prochains mois.

 

Ils comprennent :

 

- les frais de serveur web 200 €,

- les frais de montage 500 €, 

- les frais de déplacement pour assurer la diffusion 600 €,

- les frais de lancement 500 €,

- les frais engagés pour le service civique 800 €,

- divers 400 €.

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Osons Savoir

De l'autre côté est un projet de web documentaire en cours de production par l'association Osons Savoir. Par des rencontres de migrants, d'associations, de chercheurs et de journalistes, nous avons enquêté sur les politiques migratoires européennes à travers le bassin méditerranéen. La sortie est prévue pour l'automne 2012.

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Merci aux trois derniers contributeurs !!! On compte sur votre soutien !
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Merci beaucoup Malou31 pour être le ou la premier(e) à nous soutenir sur KKBB !