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François Hollande devrait proposer la présidence d’EDF à Thierry Breton, ancien ministre de l’Économie entre 2005 et 2007 et actuel patron de la SSII Atos. Un choix qui s’explique par la volonté d’ouverture politique au centre droit du chef de l’État.

 

Encore un projet de François Hollande qui va provoquer la consternation dans les rangs du parti socialiste. Après la proposition du chiraquien Jacques Toubon au poste de Défenseur des droits, le président de la République pense proposer à Thierry Breton la présidence d’EDF, selon une source proche de l’Élysée. « Son nom a été proposé au Président par Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de la présidence » précise cette source. Le mandat d’Henri Proglio, l’actuel président de l’électricien, prend fin en novembre prochain, mais la décision de ne pas le renouveler aurait été prise il y a déjà plusieurs mois déjà. « Quand j’ai rencontré François Hollande durant l’été 2013, il a affirmé qu’il n’était pas question de laisser Henri Proglio faire un second mandat », raconte un responsable socialiste, qui s’inquiétait du maintien en poste d’Henri Proglio alors que durant la campagne électorale de 2012, le futur chef de l’État avait annoncé son intention de se séparer du président d’EDF qui faisait alors ouvertement campagne en faveur de Nicolas Sarkozy.

 

Proglio-breton

Thierry Breton et Henri Proglio, Paris. / copyright © http: Meigneux/SIPA

 

« Proposer la présidence d’EDF à Thierry Breton peut s’expliquer par la volonté du Président de la République de s’appuyer sur le centre droit, alors que la contestation de sa politique en interne au PS fragilise sa majorité parlementaire » juge un bon connaisseur des arcanes du pouvoir. Ancien ministre de l’Économie de Jacques Chirac entre 2005 et 2007, Thierry Breton, actuellement PDG d’Atos, la société de services informatiques, est demeuré proche de l’ancien chef de l’État. Surtout, il dispose toujours de réseaux importants chez les centristes, ayant longtemps été un conseiller de René Monory, l’ancien ministre UDF de l’Éducation (de 1986 à 1988) qui fut président du Sénat et président du conseil du général de la Vienne. Alors que l’annonce officielle ne devrait pas intervenir avant le début du mois de septembre, il n’est pas sûr que cette candidature tienne la distance. Car le corps des Mines n’a pas abdiqué et souhaite toujours voir l’un des siens être propulsé à la tête d’EDF. Au sein de ce corps de très hauts fonctionnaires, qui a repris une nouvelle vigueur grâce à Arnaud Montebourg, le ministre de l’Économie et du Redressement productif qui s’appuie sur eux, c’est Jean-Pierre Clamadieu, l’actuel patron du groupe chimique belge Solvay, qui aurait été choisi pour prendre la présidence d’EDF, selon une source interne. Son nom a déjà été publié par Le Canard Enchaîné en début d’année, l’amenant à démentir un quelconque intérêt pour EDF.

 

D’autres candidats seraient aussi en lice pour la présidence d’EDF. Considérant avoir terminé sa tâche à la tête de la SNCF avec le projet de réforme du secteur ferroviaire, Guillaume Pepy a fait savoir qu’il était disponible pour de nouvelles aventures. « Mais sa candidature n’est pas soutenue au sein du gouvernement, certains ministres craignant qu’en devenant président d’EDF, Pepy n’ait trop de pouvoirs » indique une source à Bercy. De plus, la grève des cheminots, qui contestent le projet de loi, perturbe l’agenda et handicape sa candidature.

 

Un bon connaisseur du dossier

 

Pour légitimer la candidature de Thierry Breton, le pouvoir peut, toutefois, mettre en avant sa double compétence de « manager » d’entreprise et d’homme politique, bon connaisseur du dossier EDF. C’est durant son passage au ministère de l’Économie que la mise en bourse d’EDF a été réalisée. Il a aussi préparé l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence pour les clients domestiques et l’accès des concurrents à la production électrique d’EDF. Et comme patron d’Atos, Thierry Breton pilote aussi le projet Linky, le compteur communicant qu’EDF déploie dans les foyers.

 

Mais ses détracteurs pourraient aussi rappeler certaines vieilles affaires qui pourraient ternir son image de chef d’entreprise à succès. Sans remonter au scandale Rhodia, dans lequel le nom de Thierry Breton fut cité sans que sa responsabilité soit mise en cause, l’ancien ministre fut aussi le président de France Télécom (rebaptisé depuis Orange) de 2002 à 2005. S’il redressa la santé financière de l’opérateur national, Thierry Breton mit aussi en place les méthodes de management auxquelles est imputée, quelques années après son départ de l’entreprise, une vague de suicides.

Interrogé par Hexagones, l’entourage de Thierry Breton indique que le président d’Atos considère, d’une part, qu’« il est important que la continuité prévale chez EDF sous la direction d’Henri Proglio, qui est un très bon patron », et, d’autre part, que « face à cette éventualité (devenir président d’EDF), c’est non ». À quatre mois de l’échéance, on peut comprendre que Thierry Breton n’a pas envie d’apparaître comme le candidat du pouvoir. Tout en sachant que l’avenir d’Henri Proglio paraît très compromis. Il doit faire face à une enquête préliminaire pour un potentiel trafic d’influence concernant de possibles versements de la Fondation EDF à l’actrice Rachida Khalil, devenue depuis son épouse.

 

Thierry Gadault

 

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