Donnez la parole aux Haïtiennes.

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Présentation détaillée du projet

 

"Demain si Dieu veut" est un projet de documentaire (52'), donnant la parole aux Haïtiennes qui vivent toujours dans les camps, trois ans après le séisme. 

 

 

 

 

Ces femmes voulaient témoigner. Chaque jour, d'autres venaient me chercher pour que je les filme. Elles m'ont raconté leurs colères, leurs souffrances, leurs espoirs.  

Etre une femme en Haïti, c'est être considéré comme un citoyen de seconde zone. Le séisme les a projeté dans la rue et aggravé leur condition, devenue dès lors insoutenable.

 

Elles étaient reconnaissantes que je les écoute.

Grâce à votre aide, elles seront entendues.

 

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Le synopsis du film

 

Elles s'appellent Lucie, Vincia, Mirlande et Samantha. Elles vivent au cœur de Port-au-Prince dans le Camp République d'Argentine où elles se sont réfugiées, au lendemain du séisme du 12 janvier 2010.

Ces voisines de destin se croisent chaque jour à l’ombre du manguier. Elles y échangent sur leurs enfants, y commèrent sur les uns et les autres et y mangent, y prient, y plaisantent. Plus que tout, elles y attendent le relogement dont tout le monde parle.

Ce film a pour vocation de donner la parole à ces femmes, les grandes oubliées de la crise humanitaire.

 

 

 

Quelques mots sur moi...

 

J'ai 34 ans et suis journaliste depuis dix ans. J'ai commencé en tant que pigiste pour la presse écrite avant de me former à la vidéo en 2010, pour ajouter l'image aux mots. Mon intérêt pour la photographie m'a vite emmenée vers des projets multimédia (mélange du son, de la vidéo et de la photo). Je les développe au sein de l'agence [Neus], une jeune structure regroupant une famille d'amis, de projets et de compétences,  et qui m'a permise d'effectuer le premier volet de ce travail sur les femmes.  

 

Depuis un premier travail sur le tremblement de terre en janvier 2010, Haïti est resté au centre de mes projets personnels. Je souhaite aujourd'hui réaliser le documentaire dont j'ai tourné les premières images en août dernier, sur ces femmes haïtiennes vivant dans les camps depuis l'événement qui a fait basculer leur vie. 

 

 

 

Les femmes du documentaire

 

Chacune me livrait son témoignage, celui de sa condition de femme, oubliée dans les camps. Elles racontaient sans le savoir l'histoire de milliers d'Haïtiennes.

 

 

SAMANTHA errait sous le manguier où les femmes passent le plus clair de leur temps, quand je l'ai vu la première fois. Discrète et douce elle parlait peu, restait à l'écart des conversations, pensive. J'ai eu envie de comprendre ce qui se cachait derrière cet isolement. Elle semblait heureuse qu'on s'y intéresse.

Son souci ce jour là : trouver un moyen de se rendre à l’orphelinat pour la visite mensuelle à sa fille, qu'elle a dû choisir de placer.

 

Samantha

" J'ai dû mettre ma fille aînée à l'orphelinat. Je préfère qu'elle aille à l'école. "

 

   

A quelques pas, il y avait LUCIE. Une vieille femme fière et méfiante. Elle me regardait de haut en me demandant ce que j'allais bien pouvoir faire pour elle. A 64 ans, cette ancienne commerçante se remémore sa vie avec mélancolie et ne comprend pas ce qu'elle fait toujours là. 

 

Lucie

" Je n'avais pas encore les cheveux blancs quand mon mari est mort. J'aurais mieux fait de me remettre en ménage. "

 

 

Dans une tente voisine, j’ai rencontré VINCIA. Une gamine de 17 ans. Elle avait été victime d’un viol quelques mois auparavant. Elle était terrée sous sa tente. Sa mère Gislaine m'a emmenée la voir. Elle n’en avait encore parlé à personne.

 

Vincia

"Mon rêve c'était de finir mes études et devenir infirmière."

 

 

MIRLANDE, quant à elle, est déterminée à s'en sortir. Elle éduque sa fille avec courage et fermeté et espère un avenir meilleur pour elle. 

 

Mirlande

" J'aimerais qu'elle devienne ministre ou président. Je lui dit souvent: "c'est pour toi que je souffre". "

 

 

 

La genèse du projet

 

Janvier 2010 - "Haiti, année zéro"

Le 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7.3 s’est abattu sur Haïti, faisant plus de 230 000 morts et 1,5 millions de sinistrés. L’empathie internationale suscitée par cette tragédie a entrainé l’afflux des dons et a décuplé l’aide humanitaire sur place.  

J’ai commencé à travailler sur le séisme et ses conséquences aux lendemains de celui-ci.  J'ai interviewé Olivier Laban-Mattei, alors photographe à l'AFP, et réalisé un diaporama sonore pour présenter son travail photographique sur Haïti au World Press Photo.

https://vimeo.com/40932850

 

 

Décembre 2011 - "Haïti, un an après"

Après avoir travaillé sur ces images pendant plusieurs mois, je portais une attention toute particulière à Haïti et aux conséquences du séisme.

Olivier et moi sommes retournés travailler sur un état des lieux de la situation au sein du camp Aviation, un ancien terrain d’aviation militaire abritant plus de 60 000 personnes.

https://vimeo.com/41360211

 

De retour en France, l'histoire du camp Aviation a été publiée dans la revue 6 Mois et le diaporama a voyagé dans les festivals. Mais la situation restait tout aussi urgente en Haïti et la médiatisation retombait. C'était le début du printemps arabe, Haïti a été balayé de la carte médiatique.

 

Puis un rapport de Human Rights Watch m’a interpellée. Il faisait état de 12 % de grossesses en plus dans les camps qu'en zone urbaine avant le séisme.

Pourquoi une telle augmentation dans un pays en ruines ?

J’ai décidé de repartir, de comprendre ce chiffre et d’interroger les mères de cette future génération.

 

 

Août 2012 - Le camp Argentine

Ainsi, en août 2012, je me suis rendue à Port-au-Prince pour recueillir les premiers témoignages. Je me suis dirigée vers un petit camp du centre-ville, dont la taille humaine me permettait d’envisager une proximité avec les femmes. Installé sur le terrain d'une ancienne école primaire détruite par le tremblement de terre, le camp Argentine abrite 425 familles.

 

 

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En entrant dans le camp, ma peau blanche a de fait attiré les habitants, qui se précipitaient vers une potentielle distribution alimentaire ou autre aide. Une fois levée cette ambiguïté, j'ai commencé à discuter avec les femmes, qui défilaient les unes derrière les autres, pour me donner leur nom, leur prénom, me montrer leurs enfants, leurs abris de fortune. Elles vivaient, pour la plupart, seules dans le camp avec leurs enfants, livrées à elles-mêmes, face à la loi de la rue. 

 

Absents du quotidien, les hommes étaient morts dans le séisme ou avaient abandonné leurs obligations familiales. En trois semaines passées dans l’enceinte du camp, je n’ai constaté aucune distribution alimentaire, aucune visite de membres d’ONG ou de policiers, sensés assurer la sécurité des camps.

Je suis revenue les voir tous les jours.

La confiance s'est installée. J'ai commencé à sortir ma caméra, à les interviewer, les filmer. 

 

 

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Août 2013, grâce à vous

J'ai rapporté 30 heures de rushes de ce dernier voyage. 30 heures de témoignages plus forts les uns que les autres, que les mois m’ont permis de sous-titrer, de m’approprier et de digérer.

Du temps pour prendre du recul, trouver comment raconter cette histoire. Pour être juste et digne de la confiance que ces femmes m’ont offerte.

Pour trouver la bonne façon de leur donner la parole.

Ce sera donc un documentaire, intime, au plus près de leur réalité.

Puisque plus de trois ans après le séisme, Haïti n’intéresse que peu les médias, et que la vie de ces femmes continue à être niée, aidez-moi aujourd'hui à leur donner la visibilité qu’elles méritent.

Permettez-leur de vous raconter leur histoire. 

 

 

À quoi servira la collecte ?

La collecte me permettra de retourner à Port -au-Prince, retrouver ces femmes, compléter la prise de vue et terminer le documentaire.

 

Mes besoins pour un mois (août 2013) sur place : 7344€

 

Billet d'avion: 1000€

Logement: 1000€

Chauffeur, fixeur: 800€

Interprète, traducteur: 500€

Frais sur place (les repas de l'équipe et l'essence): 2000€

Post production: 1500€

Frais Kiss Kiss Bank Bank: 544€

 

Tout ce qui dépassera de la collecte servira à rester plus longtemps sur le terrain, à assurer mon matériel et à travailler avec un second cadreur sur place.

 

 

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Elsa Dafour

J'ai 34 ans et suis journaliste. J'ai travaillé en tant que pigiste pour la presse écrite pendant une petite dizaine d'années, principalement pour les rubriques "voyage" des magazines. Je me suis formée à la vidéo en 2010 pour développer un nouvel outil de narration. Aujourd'hui, je tourne et monte mes sujets. Mon intérêt pour la photographie m'a... Voir la suite

Derniers commentaires

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Avec des milliards de buenas ondas de réussite ! R.
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suit la voie de tes rêves même si c'est la plus difficile...merci d'être p
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Bravo Elsa ! Trop fier de toi ! Maintenant à toi de jouer... À bientôt peut être là-bas !?! Seb