Le sculpteur Dalou au service du théâtre antique. Participez à la restauration de quatre masques de théâtre !

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Présentation détaillée du projet

Dans la bibliothèque de l’UFR de grec de l’université Paris-Sorbonne se trouvent quatre masques créés au XIXe siècle sur le modèle des masques de théâtre antique. Ils ont servi en 1886 lors d’une représentation à l’Opéra de Paris, orchestrée par Charles Garnier et ont aujourd’hui besoin d’être restaurés afin de retrouver leur splendeur et de continuer à surprendre les visiteurs.

 

Les masques de théâtre grec de l’Université Paris-Sorbonne

 

Si vous passez la porte de la bibliothèque de grec de l’université Paris-Sorbonne, vous serez surpris par les quatre visages qui vous observent, au-dessus de vos têtes.

 

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Ces quatre masques ont été inspirés du théâtre antique et fabriqués au XIXe siècle pour des représentations « à l’identique » de pièces de théâtre grec et latin. Deux sont des masques de comédie, créés pour la représentation des Captifs, de Plaute. Si Plaute est un auteur latin, l’intrigue de cette pièce a été empruntée à un auteur grec. Les deux autres masques sont des personnages de tragédie. Et plus particulièrement les personnages de Clytemnestre et d’Agamemnon, créés pour une représentation de la tragédie éponyme d’Eschyle.

 

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Les deux masques comiques

 

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Agamemnon et Clytemnestre

 

Ces masques en carton peint ont été façonnés par Monsieur M. Hallé sur des modelages en argile du sculpteur Jules Dalou, qui en avait reçu la commande par Charles Garnier. Dalou est aujourd’hui connu pour ses nombreux monuments commémoratifs exposés dans les rues et jardins de Paris, ou encore dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne !

 

Les sculptures qui ont servi de moules aux masques ont été conçues fidèlement à ce que devaient être les masques utilisés dans le théâtre antique, après étude de bas-reliefs grecs. À la suite de la représentation des deux pièces de théâtre, Le Ménestrel, journal consacré à la musique, explique l’apparence de ces masques caractérisés par leur grande bouche ouverte en entonnoir : « Il faut se reporter, pour les comprendre, aux cirques immenses où se donnaient les tragédies grecques – cirques à ciel découvert et qui pouvaient contenir jusqu’à 20 000 spectateurs. Comme les jeux de physionomie des acteurs et leurs voix elles-mêmes se fussent perdus dans l’espace, il fallait bien inventer le masque qui stéréotypait dans de grandes proportions l’expression de visage propre à chaque personnage. La bouche disposée en forme d’entonnoir servait à porter la voix au loin vers les plus hauts gradins. » (31 janvier 1886).

 

Ces masques sont donc à la fois objets d’étude du théâtre grec et les témoins de la réception du théâtre antique au XIXe siècle.

 

Une représentation à l’Opéra

 

Ces quatre masques ont été utilisés sur la scène du Théâtre national de l’Opéra de Paris le 26 janvier 1886, à l’occasion d’une soirée de gala organisée par Charles Garnier « au bénéfice des pauvres de Paris ». Au cours de cette soirée, Charles Garnier propose une histoire du théâtre depuis l’Antiquité, présentant six extraits de pièces, mis en scène dans une volonté de « reconstitution archéologique », c’est-à-dire dans les conditions de l’époque de chacune des pièces. La pièce d’Eschyle ouvre donc la soirée, suivie de celle de Plaute. « En quatre heures deux mille personnes ont pu avoir au moins une notion de ce qu’a été le théâtre depuis sa naissance jusqu’à nos jours. » résume Le Figaro du 27 janvier 1886.

 

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Programme de la Représentation de gala au profit des pauvres de Paris

 

Pour cette reconstitution, Charles Garnier a fait appel à des spécialistes : archéologue et architecte pour la création des décors, compositeur pour la création musicale, ainsi qu’au sculpteur Jules Dalou pour les masques.

 

A l’époque, ce type de représentation, reconstituant tout le décorum antique, ou du moins l’image qu’on pouvait en avoir, surprend les spectateurs et la critique. Francisque Sarcey, critique théâtral, note particulièrement la réception du masque de Cassandre, « qui avait étonné d’abord, puis égayé les Parisiens, ces incorrigibles sceptiques, ces blagueurs endiablés ». La réception, après la surprise, est donc très positive !

 

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Scène de l'Agamemnon d'Eschyle à l'Opéra le 26 janvier 1886, extrait de La République illustrée du 28 février 1886

 

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Scène des Captifs de Plaute à l'Opéra par Adrien Marie, extrait du Monde Illustré du 6 février 1886

 

Le projet de restauration…

 

Les quatre masques nécessitent aujourd’hui une restauration importante liée à leur dégradation progressive. Certains d’entre eux présentent notamment d’importantes déchirures.

 

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Des masques fissurés...

 

On remarque par ailleurs des éclats de peinture nombreux, et un dépoussiérage important est à prévoir.

 

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…et poussiéreux

 

Ils seront restaurés par plusieurs restaurateurs spécialisés dans le carton, les peintures et les arts graphiques. Ceux-ci procèderont ainsi au collage bord à bord des déchirures, au dépoussiérage et au nettoyage des masques, et enfin au comblement des lacunes de peinture, le tout dans les règles de l’art. Cet important chantier représentera pour eux 85 heures de travail. La fin de la restauration des masques est prévue pour le printemps 2018.

 

… pour une exposition au public

 

Les quatre masques ainsi restaurés reprendront leur place dans la bibliothèque de grec de l’université Paris-Sorbonne, bénéficiant de ce fait à tous les étudiants, chercheurs, enseignants ou visiteurs des lieux. Ils pourront également être mis en valeur dans le cadre d’expositions, de séminaires ou de journées d’études.

 

Au sein de la bibliothèque, les suspensions actuelles pourront être conservées, car elles sont non invasives. Afin de pérenniser les bénéfices de la restauration, il sera cependant nécessaire de doter les masques de vitrines adaptées, c’est-à-dire étanches, d’une part, et totalement vitrées, d’autre part, pour que les masques soient visibles d’en dessous, puisque suspendus en hauteur.

À quoi servira la collecte ?

Le budget global de restauration de la collection est de 6 550 €, répartis ainsi :

 

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Avec votre aide, nous pourrons financer :

 

-          Si la collecte atteint 3 500 € : La restauration des deux masques de tragédie

-          Si la collecte atteint 6 550 € : La restauration des deux masques de comédie

 

Si votre générosité le permet, nous souhaiterions aller au-delà de l’opération de sauvetage de ces masques :

 

-          Si la collecte atteint 7 200 € : L’achat des vitrines de conservation

 

Donnez à un établissement public et devenez mécène

 

L'Université Paris-Sorbonne percevra l’intégralité de la collecte et la totalité des fonds récoltés sera allouée au projet décrit ici. 

 

Tout don fait à l’Université Paris-Sorbonne ouvre droit à une déduction fiscale aux résidents fiscaux français :

-          Particuliers :

o   réduction de l'impôt sur les revenus de 66 % des sommes versées, dans la limite annuelle de 20 % du revenu imposable,

o   Réduction de l’impôt sur la fortune de 75% des dons effectués, dans la limite annuelle de 50 000 €.

-          Entreprises : réduction d’impôt de 60 % du montant du don,  dans le limite de 0,5% du chiffre d'affaire H.T

 

Soit, par exemple, après déduction fiscale sur l’impôt sur le revenu :

 

Un don de 10 € vous aura réellement coûté 3,40 €

Un don de 80 € vous aura réellement coûté 27,20 €

Un don de 500 € vous aura réellement coûté 170 €

 

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Université Paris-Sorbonne

L’unité de formation et de recherche (UFR) de grec, réalité unique en France, s’insère dans l’ensemble des études classiques, depuis la Licence jusqu’au Doctorat, et se place donc dans une situation d’interdisciplinarité constante, en collaboration permanente avec d’autres UFR. Trois instituts lui sont rattachés : ceux de papyrologie, d’épigraphie et... Voir la suite

FAQ Questions les plus fréquentes concernant le projet

+ En savoir plus sur la représentation à l'Opéra de Paris

Pour plus d'informations sur la soirée de gala orchestrée à l'Opéra de Paris par Charles Garnier, vous pouvez consulter l'article de Marie Saint-Martin :
https://anabases.revues.org/3939

+ Contreparties : que sont les Dionysies ?

Initié par le Théâtre Démodocos, et co-organisé par le Service culturel de l’université Paris-Sorbonne, le festival des Dionysies est unique : il propose chaque année une programmation dense et variée associant théâtre, danse, poésie, musique, chant et éloquence, durant dix jours entièrement dédiés aux arts vivants antiques.

L’édition 2016 a réuni plus d’un millier de spectateurs autour d’une dizaine de spectacles et de rencontres thématiques.

Plus d'informations : http://www.culture-sorbonne.fr/dionysies

Derniers commentaires

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La restauration de ces masques est vraiment une belle initiative. Aidons tous ensemble l'UFR de grec de Paris-Sorbonne !
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La restauration de ces masques est vraiment une belle initiative. Aidons tous ensemble l'UFR de grec de Paris-Sorbonne !