Sur les pas des descendants de Stendhal : les aventuriers déboussolés. Reportage de 52 minutes sur le syndrome du voyageur.

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Présentation détaillée du projet

 

 

Notes d’intention

 

 

A Florence, Paris ou Jérusalem, certains touristes sont frappés de maux inattendus : hallucinations, perte totale de repères, démence. C'est le syndrome du voyageur. Déstabilisé par un environnement qui ne lui est pas familier, le visiteur doit être pris en charge d’urgence par les services psychiatriques. Le reportage s’inscrira sur une durée de 52 minutes et son objet sera de suivre les pas des descendants de Stendhal : les aventuriers déboussolés.

 

Présentation du sujet plus en détail

 

Partir à l’étranger est souvent l'occasion de découvrir une culture différente de la sienne et de s'immerger dans une atmosphère encore méconnue. Les guides touristiques ne manquent pas de qualificatifs pour décrire ce que devrait ressentir le voyageur lors de son périple : ils promettent une expérience magique, unique, voire féérique.

 

Si ces ouvrages préparent les globe-trotters d'un point de vue pratique, ils ne sont d'aucun soutien lorsque le choc du voyage est trop important. La désillusion d'un lieu rêvé ou au contraire son extrême beauté peuvent avoir de lourdes répercussions sur l'état psychique du visiteur.

 

C'est Stendhal qui est le premier à en avoir fait le constat en visitant la mythique Florence, berceau de la Renaissance italienne. Musées majestueux, églises imposantes, palais éclatants. Subjugué par la beauté de la ville, l’écrivain français a été touché par un mal qui était jusque-là méconnu, le syndrome du voyageur.

 

Anxiété, dépression, hallucinations, crises de paranoïas, délires aigus: les symptômes relèvent du domaine psychiatrique. Le voyageur doit être rapatrié d’urgence. Une centaine de cas sont répertoriés chaque année dans le monde.

 

Ce syndrome reste encore aujourd’hui bien mystérieux. Il touche des voyageurs pourtant en bonne condition mentale. Plus étrange encore, dès son rapatriement dans son pays d’origine, le touriste retrouve son état normal, sans aucune séquelle, comme si rien ne s’était passé. Un bouleversement psychologique qui semble relever du domaine de la magie.

 

La structure

 

Notre reportage de 52 minutes sera découpé en trois volets : les préparatifs du voyage, la crise, puis le retour à la normale.

 

Chacune de ces parties sera constituée des histoires qui correspondent aux trois destinations que nous avons choisies : Paris, Florence et Jérusalem. Les témoignages de chacun se croiseront pour tenter d’apporter une analyse globale à ce mystérieux mal.

 

1. Le choc culturel : les Japonais à Paris.

 

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Notre enquête débutera à Paris où chaque été, une dizaine de Japonais sont frappés par le syndrome de Paris (appelé Paris Shôkôgun en japonais) et accueillis dans les centres psychiatriques de la capitale. Touristes de passage, étudiants installés pour plusieurs mois ou hommes d’affaires pressés : le mal n’épargne personne.

 

Nous avons rencontré Tomoko, une Japonaise venue s’installer à Paris il y a deux ans. Chez elle, entourée de ses amis, elle parle pour la première fois de la dépression qu’elle a connue ici et parcourt aujourd’hui ses anciens guides touristiques, un peu désabusée.

 

Cette venue à Paris, elle l’attendait depuis sa plus tendre enfance. Elle espérait trouver le romantisme et le chic « à la française » vantés par les média de son pays. A la place, grossièreté, crottes de chiens, métro bondé, pickpockets et sans-abri l’ont accueillie. Un véritable choc pour Tomoko qui a progressivement perdu pied.

 

Cloîtrée chez elle, elle s’est doucement coupée du reste du monde. Son seul lien avec l’extérieur était, nous confie-t-elle un peu gênée, les appels désespérés à sa mère restée au Japon. C’est finalement grâce à l’aide d’un psychiatre qu’elle a pu remonter la pente. Une expérience douloureuse dont elle parle encore aujourd’hui avec difficultés.

 

Nous avons contacté une psychiatre, spécialiste des troubles des voyageurs. Paranoïa aigue, sentiment de persécution, volonté d’isolement, rejet de sa propre culture: les symptômes sont divers.

 

Nous accompagnerons une association de Japonais pendant l’une des séances de nettoyage devant les monuments ou encore devant les gares. L’objectif de ces drôles d’agents d’entretien : présenter aux touristes nippons la ville Lumière sous son plus beau jour.

 

2. Le choc esthétique : en visite à Florence.

 

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L’enquête se poursuivra ensuite à Florence où plus de dix millions de touristes s’y rendent chaque année. La cité toscane est aujourd’hui une véritable ville musée. Cette intense concentration du nombre de chefs d’œuvre artistiques provoque chez certains de ses visiteurs le syndrome de Florence, aussi appelé le syndrome de Stendhal.

 

Nous nous rendrons au musée des Offices. Ici tout est majestueux. A commencer par l’édifice : un palais construit au XVIe siècle. Malgré la foule des touristes qui s’amasse quotidiennement dans ses salles, la magie opère toujours. Botticelli, Raphaël ou encore Titien : le visiteur ne sait plus où donner de la tête. Tous les plus beaux chefs d’œuvre de la peinture italienne y sont exposés.

 

Un lieu extraordinaire sur lequel veillent des agents de sécurité un peu particuliers. Pour eux, il ne s’agit pas seulement de surveiller les œuvres. La direction du musée leur a aussi donné pour mission de scruter le comportement des visiteurs.

 

Vertiges, crises de larmes et d’hystérie, tentatives de destruction de tableaux, bouffées délirantes : c’est la traduction du syndrome du voyageur à Florence. Un mal bien connu ici qui doit être contenu. Les gardiens doivent se tenir prêts à toute nouvelle crise.

 

Le responsable du service de sécurité du musée reviendra avec nous sur ce syndrome et nous expliquera quelles mesures préventives sont mises en place par l’établissement culturel. Puis, un touriste ayant été victime de ce mystérieux mal nous décrira son expérience unique, au cours d’une visite du musée. 

 

Autour d’une table une psychiatre italienne qui étudie le syndrome depuis vingt ans et un historien spécialiste de Florence confronteront leurs points de vue sur les raisons de ce trouble. Comment expliquer qu’une œuvre d’art puisse, par sa splendeur et sa beauté, pétrifier des touristes au point de les frapper physiquement ? C’est la question à laquelle ils répondront. L’historien reviendra sur la force d’une production artistique et sur la volonté des artistes de toucher son public, au point parfois, de créer le malaise. Pour la psychiatre, il s’agira de nous apporter un éclairage scientifique du syndrome.

 

3. Le choc religieux : en pèlerinage à Jérusalem.

 

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Enfin, nous nous rendrons à Jérusalem, un lieu à forte connotation religieuse où l’excitation du visiteur, qui se rend pour la première fois en Terre Sainte, peut faire naître en lui une démence temporaire. Le syndrome y a été identifié en 2000.

 

C’est à la fois l’agitation de la ville, le poids de l’histoire et celui de la religion qui frappent les touristes venus en pèlerinage. Chaque année, une quarantaine de cas sont répertoriés. Les victimes sont accueillies dans les services du centre hospitalier spécialisé de Kfar Shaul, au cœur de la ville.

 

Obsession de se purifier le corps en se lavant plusieurs fois par jour, confection de toges à partir des draps blancs de leur hôtel, proclamation de sermons et de prières quotidiennes : le voyageur perd tous ses repères. Le témoignage du médecin en charge de ce service est impressionnant pour ceux qui ne connaissent pas ce syndrome.

 

Certains se prennent pour Jésus, d’autres Abraham ou Adam et Eve. Ils refusent parfois de quitter la ville et se rendent fréquemment devant le Mur des lamentations. Nous irons tourner une séquence sur ce haut lieu de tourisme et de pèlerinage pour la communauté juive. Des hommes vêtus d’habits traditionnels, aux touristes appareils photo à la main, tous se présentent devant le vestige du temple de Jérusalem.

 

Jour et nuit, peu importe la chaleur, un murmure se fait entendre autour du monument. Ces visiteurs viennent se recueillir et prier à ciel ouvert. L’image est impressionnante, elle est connue mais jamais on ne l’a envisagée sous cet angle : comme élément déclencheur d’une folie mystique. Cette illustration permettra ainsi de donner tout son sens aux explications du psychiatre. Il nous donnera les clefs pour identifier les victimes du syndrome de Jérusalem.

 

A la suite de ce déroutant témoignage nous rencontrerons Emmanuel, le réalisateur d’un film sur le sujet. Ce syndrome a été pour lui une matière à création artistique. Il s’y amuse de ces hommes qui se prennent pour des prophètes d’un jour. Il reprendra le parcours de ces drôles de prêcheurs, et apportera un témoignage nécessaire puisque les victimes du syndrome de Jérusalem, souvent, ne se souviennent plus de ce qu’elles ont vécu.

 

Notes de réalisation

 

 

La narration

 

Le syndrome du voyageur nous sera raconté par ceux qui l'ont vécu et étudié. Nous avons fait le choix de ne pas ajouter une voix off pour laisser toute la force de nos témoignages.

 

Les images

 

Les lieux touristiques seront filmés sous leurs plus beaux jours comme sous leurs pires aspects. Le but est de retrouver, par le biais des images et d’un rythme soutenu de séquences, la gêne et le malaise qui amènent ces voyageurs à sombrer dans la démence.

 

Une suite prévue sur le web

 

A la suite de la réalisation de ce reportage de 52 minutes, nous espérons pouvoir développer une version web documentaire, qui apportera une valeur participative très intéressante. L’internaute pourra non seulement mener sa propre enquête via notre structure web. Mais il aura aussi la possibilité de témoigner s’il a connu une expérience semblable à l’étranger.

 

Illustrations de Félix SALASCA

 

 

 

Pauline LALLEMENT

 

À quoi servira la collecte ?

Le tournage se déroulera sur 15 jours, en septembre 2013, en comptant 5 jours dans chacune des étapes.

 

- 2 billets A/R Paris-Florence : 200 euros

 

- 2 billets A/R Paris-Jérusalem : 500 euros

 

- location de matériel pour 15 jours : 165 x15 = 2475

Qui comprend une caméra 5D (80 euros/jour), zoom caméra (30 euros/jour), micro cravate (40 euros/jour),éclairage (15 euros/jour) 

 

- montage/mixage : 250 euros/ jour : 250 x 10 : 2.500 euros

 

- frais d’illustration du projet : 150 euros

 

 

Nous avons pris le parti de prendre en charge les dépenses concernant la protection du synopsis par la SACD et la SCAM, certains éléments du matériel, la nourriture quotidienne, les logements et autres frais divers du reportage.

 

> 5825 euros

Derniers commentaires

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Pourrait-on avoir des nouvelles de sa réalisation ?
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Bonne vacance!! ;)
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Parce ce que tout simplement c'est un projet de fou les filles (c'est le cas de le dire ;) ), et que je suis sûre que votre reportage va déchirer ! Essayer de ne pas écorcher mon nom au générique ^^