Aidez-moi à éditer et à mettre en valeur la correspondance de Léon Plantié à sa femme (1914-1917).

Large_la_frabrique_de_l_histoire-1412859639

Présentation détaillée du projet

Merci à tous! La somme collectée supplémentaire servira à financer une partie des coûts d'impression et à rémunérer kisskissbankbank!

 

Qu'est-ce que c'est?

Ce sont plus de 1500 lettres retrouvées dans une armoire familiale qui constituent la correspondance complète de mon arrière-grand-père, Léon à sa femme, Madeleine de 1914 à 1917.

 

12_septembre_1914-1413227367  Une carte postale symbolique de l'étroite relation de tendresse et de proximité entretenue par le soldat au front, sa femme et leur enfant.

 

Mon projet consiste à éditer ces lettres, à en présenter une analyse critique mais aussi à les diffuser via des lectures théâtralisées, des enregistrements, des ateliers participatifs.

 

Où en est le projet?

 

 

Trois mois d'atelier en EHPAD accès sur la découverte de la correspondance, l'écriture et la peinture en commun et des discussions collectives, ont abouti à la rédaction de lettres fictives et à la réalisation de peintures.

 

Dscn0289-1413227708 Un atelier pictural en cours. Nous dessinons collectivement à partir de lettres fictives écrites d'après la correspondance de Léon.

 

La retranscription avance, un tiers des lettres a déjà été dactylographiées.

 

Dès novembre, je proposerai des ateliers pédagogiques aux Archives départementales de la Gironde auprès de collégiens mais aussi des séances plus approfondies d'études des documents et d'écriture directement  au sein de leurs établissements.

 

 

Mon projet vise à établir une édition critique de cette correspondance en sélectionnant un corpus de lettres choisies pour une édition papier, ainsi que pour une édition numérique exhaustive consultable en ligne.

 

Voici la lecture d'une lettre pour que vous puissiez avoir une idée de ce que cette correspondance: https://soundcloud.com/cilelanti/lettre-du-8-octobre-1915

 

Voici, le texte d'une lettre, parmi tant d'autres, qui peut vous permettre d'entrevoir ce qu'est cette correspondance (par soucis de respect historique, les fautes d'orthographe et la ponctuation originelles sont reproduites):

 

 

 

                                      Infirmerie de Mourmelon le 22 février 1915       

       

Ma chère et tendre femme,

 

Ta lettre du jour du carnaval à été commencé dans les mêmes termes que la mienne. Tristes jours de carnaval… Nous avions donc tous les deux la même idée, la même pensée, et dire qu’il y en à tant et tant, qui ont fait comme nous et qui ont commencé leur lettre par la même réflexion.

Heureusement que le mal des autres aide à supporter le nôtre, et qu’en réfléchissant bien, il y en à qui sont encore plus malheureux que nous, mais cela nous empêche pas de souffrir, car toute personne intelligente et qui réfléchit un peu, ne voit pas toutes les choses en rose.

Ah, on à beau sur vos journaux du pays vous parler de belles choses, d’actes patriotiques, de beaux faits d’armes, tout celà c’est parfait, c’est bien beau à dire, mais c’est pour le faire qu’il en coûte, et encore si avec toute nôtre bonne volonté on voyait une fin, cela nous encouragerait, cela donnerait un peu d’espoir, mais toujours pareil et toujours pareil……..

Içi à l’infirmerie il faut dire la vérité, on est bien soignés mais il faut être malade pour y rentrer, il n’y à pas longtemps que j’y suis, mais dans ces huit jours, mon camarade d’à côté à été changé 3 fois, le premier qu’y était avant moi a été évacué dans un hôpital en même temps que Serein, Il était rhumatismé et tenait une bronchite qui l’étouffait presque, le deuxième un caporal que je connaissais depuis ma campagne aux palombes est arrivé avec une figure tout à fait méconnaissable tellement que j’ai eu peine à le reconnaître, il n’avait pas de fièvre et au bout de 3 jours de repos il à été bon sortant, après c’est un nommé Catus, pauvre diable du côté de Villeneuve, brave garçon que j’ai connu au 9 jours à Marmande, il était à ma Compagnie et y est encore je lui est demandé ce qu’il avait, il m’à répondu qu’il n’en pouvait plus, il est bien fatigué et n’à pas autre chose, mais il est tellement fatigué que la fièvre lui à monté hier au soir jusqu’à 39 degrés 8, vois jusqu’à quel point les hommes fatigués, pour mieux dire nous n’en pouvons plus, moi l’appétit arrive, mais hier matin en voulant me débarbouiller, j’ai remarqué mes bras, j’en ai eu peur il ne sont pas plus gros que des manches à balai, ce n’est depuis que je suis à l’infirmerie, c’est depuis déjà longtemps, et nos forces s’en vont petit à petit, Paul Descors écrivait bien ces jours derniers à

(suite)

son frère qu’ils n’en pouvaient plus eux aussi et que sitôt qu’ils avaient fait 1 kilomètre ils étaient obligés de s’arrêter et qu’ils étaient exquintés.

Et dire que pendant ce temps il y à encore des gens qui causent de la guerre en riant, il ne sont pas aux dangers ceux là et ne se doutent pas, que pour contenter l’ambition de certaines gens, où de quelque parti, tant de larmes de désolations et de misères vont se supporter dans cette pauvre France, je dis pauvre France et ne mens pas en parlant ainsi car que nous soyions vainqueurs ou vaincu, jamais on ne remplaçera ceux qui manquent dans les familles, comme Abel Valmy, Bégoule, Alban Laubie ceux de Rhordres et tant d’autres. A Gontaud comme à Fauguerolles et comme ailleurs, il y en à qui disait qu’il nous fallait la guerre que c’était forcé, qu’après çà irait mieux, c’est çà qu’ils appelait aller mieux, et moi je trouve que çà va mal et que çà ira encore plus mal car plus cela durera plus il y aura de morts.

Aussi qu’ils baissent la tête ces provocateurs de la guerre, qu’ils se courbe jusqu’à terre pour supporter le lourd fardeaux qui pèse sur leur conscience et qu’il rougissent quant il verront un blessé un infirme et surtout une pauvre veuve ou s’attacheront deux ou trois petits orphelins mal vêtus et mourant de faim. Oui, rougissez traitres, courbez la tête, car vous n’oserez jamais regarder en face tous ces êtres qui souffrent et dont vous êtes cause de tant de maux.

Tu vas me dire chère Amie que je vais chercher les choses choses (sic) un peu loin et que  je les pousse au tragique, tout ce que je dis est la vérité et la pure vérité, d’ailleurs toi comme moi, tu en es le témoin tu vois chez toi des maisons sont le théâtre de la désolation et tu en verras bien plus encore.

[...]

 

Léon                          

À quoi servira la collecte ?

Il y a un an j'ai pris contact avec une historienne spécialisée dans la retranscription de documents patrimoniaux.

 

Imageslettres-1413228610

Un aperçu d'une quinzaine de lettres, un centième du corpus.

 

En effet, ces lettres, par la somme qu'elles représentent, par leur caractère manuscrit, par leur ancienneté forment un matériau original et beau. Toutefois, leur abondance et leur fragilité ne permettent pas d'en embrasser la totalité avec clarté. Dès lors, l'aide de l'agence Alise et de Mme Sylvie Goulard-Wojciechowski est primordiale. Son travail est de transcrire mot à mot chacune des lettres de manière dactylographiée. Ce travail préalable, fastidieux et chronophage, permet d'envisager les projets qui vont suivre mais aussi d'imaginer pouvoir partager ce corpus patrimonial via une éventuelle édition ou une mise en ligne. L'appel à une professionnelle est nécessaire car travailler sur des manuscrits s'apprend. Cela sous-entend certaines techniques de transcription, cela demande une rigueur et une concentration permanente.

 

Ce travail, entrepris il y a maintenant un an est rémunéré 3000 euros. J'ai pour l'instant, avec mes deniers personnels, financés 1000 euros et ai obtenu une bourse de la Mairie de Bordeaux de 250 euros. Il reste donc à financer 1750 euros pour mener ce travail à son terme.

 

100 heures de travail * 30€/h = 3000 €

 

J'ai reçu le soutien des Archives départementales du Lot-et-Garonne  qui, sur la base d'un partenariat, se sont engagées à m'épauler et à me soutenir pour la suite du projet et le financement de l'édition. Dès lors, si j'obtiens l'aide suffisante pour mener la dactylographie à terme, condition sine quoi non pour une diffusion et une exploitation auprès du public, l'édition pourra voir le jour sous les meilleurs auspices.

Thumb_yol_officiel__2_-1412859775
cecileplantie

Issue d'une famille d'agriculteurs, ou plutôt de cultivateurs tel qu'on les appelait il y a un siècle, j'ai envie de mener une vie professionnelle en accord avec mes valeurs et mes origines. C'est-à-dire mettre en avant les cultures populaires, participer à des projets artistiques audacieux dans lesquels l'exigence ne se départ pas d'une volonté... Voir la suite

Derniers commentaires

Thumb_default
Objectif atteint! bravo ma belle!
Thumb_default
tu vas y arriver et bravo pour l'initiative.guy
Thumb_default
BON COURAGE ET PERSÉVÉRANCE. MICHEL ET SYLVETTE