Ce film documentaire mêlera quête des origines et enquête historique sur le sujet peu connu des regroupements de populations pendant la guerre d'Algérie (1954-1962). Il proposera de reconstruire l'histoire du regroupement à Mansourah, village natal de mon père, à partir des documents d'archives et des souvenirs des populations regroupées et des soldats français ayant servi dans la région.

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Présentation détaillée du projet

Ce film documentaire traitera du regroupement de la population algérienne pendant la guerre d'Algérie (1954-1962), en prenant pour exemple le village de Mansourah El-Kabira, village natal de mon père en petite Kabylie.

 

 

 

 

Avant la conduite de cette recherche sur les regroupements de population, je n'avais jamais été à Mansourah. Mon père avait quitté son village à l'indépendance pour poursuivre ses études à Alger puis à Bruxelles. Après 50 ans d'absence, mon père rêvait de revoir son village et moi de le découvrir. Je l'accompagnais, il m'accompagnait à Mansourah pour mener une recherche de micro-histoire sur les regroupements de population.

 

 

Le sujet des regroupements de population est un chapitre oublié de l'histoire de la guerre d'Algérie. Pourtant plus de 3 millions d'Algériens ont été regroupés dans des camps et des villages placés sous surveillance militaire française. Au total, plus de la moitié de la population rurale algérienne a été déplacée de son lieu d'habitation d'origine pendant la guerre d'Algérie.

 

 

 

Ce film s'intitulera El-Rihla, mot arabe dont la traduction en français est multiple: trajet, voyage, passage. Le mot El-Rihla traduit le sens d'un voyage au sens physique d'un père et de sa fille, d'un trajet de Washington D.C. (où je développais ce projet dans le cadre de mes études de master) à Paris, de Paris (où je poursuivais ma recherche) à Alger, puis d'Alger à Mansourah (où je vécus plusieurs semaines pour recueillir les témoignages des populations regroupées). Le mot El-Rihla traduit aussi le point de vue des habitants regroupés à Mansourah. Ils étaient nombreux à utiliser le mot El-Rihla pour parler de leur déplacement par l'armée française. Une façon certaine d'atténuer la violence de la réalité vécue et remémorée. Enfin, le mot El-Rihla traduit l'idée d'un voyage au niveau symbolique, entre le passé et le présent, entre la France et l'Algérie, entre la mémoire des événements qui jalonnent l'opération de regroupement ici et là-bas.

 

Ce film laissera place à la parole, aux souvenirs des habitants regroupés à Mansourah et symboliquement à d'autres villages algériens. Ce film laissera place également à la parole des soldats français, appelés ou de carrière, qui ont servi à Mansourah. Ces souvenirs seront confrontés les uns aux autres et au regard systématique et objectivant de la recherche historique.  

 

 

Ce film ne propose pas de montrer le résultat d'une recherche historique, mais le processus d'une recherche historique. Le rythme du film tiendra à sa dynamique d'enquête. Pourquoi la population a t-elle été regroupée? Comment? Que s'est-il passé avant l'opération de regroupement? Que s'est-il passé après?

 

 

 

Le spectateur accompagnera l'investigatrice, en l'occurrence moi-même, dans sa quête de témoins en France et en Algérie prêts à raconter ce qu’ils ont vu et vécu à l’époque, afin de transmettre leurs paroles, jamais entendues. Le spectateur prendra conscience de la puissance de la mémoire, qui 50 ans après est capable de restituer avec force et détails des souvenirs marquants. Il se rendra compte aussi de la fragilité de la mémoire, qui parfois confond les dates et les faits. Tout au long du film, le spectateur suivra les joies et les doutes de l'investigatrice face aux témoignages et aux documents, tantôt concordants, tantôts discordants, qui révèlent et parfois dissimulent certains détails de l'histoire du regroupement. Il suivra les réflexions de l'investigatrice plongée dans l'histoire perturbante de cette guerre, essayant de donner sens à l'ensemble de ces témoignages et de ces documents. Lui, comme elle, sera face au casse-tête de reconstruire un puzzle, le puzzle de l'histoire complexe du regroupement.

 

 

 

Ce film, à la fois quête (des origines familiales) et enquête (historique), sera tourné principalement en France et en Algérie. A ces images filmées s'ajouteront des images d'archives qui datent de l'époque de la guerre. Il y aura des archives sur les camps de regroupement disponibles à l'Institut National de l'Audiovisuel à Paris, mais aussi des archives a priori plus anodines, filmées par un soldat français pendant la guerre d'Algérie. Ces images d'archives personnelles seront intercalées comme des flashs de mémoire et permettront d'intégrer le regard de soldats français sur la population, sur l'Algérie pendant la guerre. 

 

 

Les souvenirs les plus marquants évoqués par les populations regroupées à Mansourah prendront la forme de séquences de film d'animation. La mémoire des événements survenus à Mansourah est très riche et très détaillée par certains aspects, très pauvres et très flous par d'autres. Aussi, je souhaite que le dessin épouse cette fluidité. Il apparaîtra à certains moments très nets, à d'autres plus flous et prendra uniquement la forme de formes, de traits. C'est le fonctionnement de la mémoire et de l'oubli qui sera ainsi traité, magnifié par les dessins mis en mouvement.

 

S'agissant de la musique, je travaillerai avec Huda Asfour, palestinienne de Gaza réfugiée en Tunisie, puis aux Etats-Unis. Du fait de son histoire personnelle, elle connait le sens profond des mots traumatisme et résilience. Elle le traduit magnifiquement dans sa musique à base de oud, de kanoun, de clarinette, de contrebasse et de percussions. Sa musique est un mélange surprenant de mélancolie et désir de vie. 

 

Equipe de réalisation:

 

Auteure-réalisatrice, Dorothée Kellou :

 

 

 

Diplômée de Sciences-Po Lyon (relations internationales, monde arabe) et du master d'études arabes (histoire) de Georgetown University, Washington D.C. où elle a notamment travaillé en tant qu'assistante-recherche au Centre pour l'Entente entre Chrétiens et Musulmans. Forte d'une longue expérience au Moyen-Orient, elle a étudié l'arabe au Caire au Département d'Enseignement de l'Arabe Contemporain, grâce à une bourse du ministère français de l'Enseignement supérieur et de la recherche, et a travaillé deux ans en tant qu'attachée de presse au Consulat Général de France à Jérusalem. Elle a également contribué à l'émission "Actualité du cinéma" diffusée sur Rfi et a publié de nombreux articles et reportages photos, notamment pour Jadaliyya et Le ligueur des parents. Elle a obtenu de nombreuses bourses et prix d'excellence qui récompensent son travail, notamment la bourse d'études Fulbright et le prix Oxtoby de l'Université de Georgetown (pour le meilleur papier écrit sur la question palestinienne). 

 

Conseiller réalisation, Malek Kellou : 

 

 

 

Diplômé de l'Institut des Arts de Diffusion de Bruxelles. Réalisateur à France Télévision, il a réalisé plusieurs films documentaires, notamment Robert Schuman, musicien de l'Europe, produit par France 3. Il a également réalisé de nombreuses émissions politiques et culturelles, notamment l'émission Continentales diffusée en direct sur France 3 et France 5 - émission sur l'Europe présentée par Alex Taylor qui a reçu le Prix de l'initiative européenne. Il a également réalisé de nombreuses séries éducatives pour les jeunes, comme Franck et FO-Yang, produit par Ciné Z et France 3 Île de France et J'aime la télé, qui a reçu le prix Gémeaux à Montréal. Il intervient régulèrement à l'école d'architecture et l'Institut Européen de la Communication et de l'Audiovisuel (analyses filmiques, encadrement de projets de films documentaires).

 

 

À quoi servira la collecte ?

 

 

 

A ce stade, j'ai identifié toutes mes sources et ai filmé quelques interviews. Cependant, la qualité du matériel vidéo et audio utilisée est insuffisante pour un film que j'aimerais projeter en salle. Je n'ai pu utiliser les rushs que pour créer une bande annonce pour Kiss kiss bank bank !

 

Le mois dernier, nous avons loué un Canon EOS 5D Mark II pour filmer plusieurs scènes du film à Washington D.C., lieu de mes études de master. La location de ce matériel n'est pas rentable pour un film tourné entre la France et l'Algérie. Aussi, ai-je décidé d'acquérir le matériel nécessaire. Le temps presse ! Je crains chaque jour que certains témoins avancés en âge nous quittent ! Une fois le matériel acquis, il me faudra parcourir la France avec mon équipe pour enregistrer les témoignages des anciens soldats français puis me rendre en Algérie et au Canada, où vivent plusieurs témoins du regroupement à Mansourah.

 

- matériel video et audio : 10 000 euros

- coût déplacement et hébergement (France, Algérie, Canada): 5000 euros  

 

 

L’idéal serait de rassembler au moins 20 000 euros. Nous avons fixé une somme à atteindre ici plus raisonnable. Mais il reste tant à faire pour réaliser un très beau film sur le sujet. Je pense notamment à la recherche de photos d'archives et de documents. Ce serait donc formidable de dépasser les 100% de la collecte !

 

Prise en charge du reste du budget:

Aide de l'Algérie (ministère de la culture) : en attente

Aide de la France (SCAM, CNC) : en attente

 

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Dorothee.Kellou

Diplômée de Sciences-Po Lyon (relations internationales, monde arabe) et du master d'études arabes (histoire) de Georgetown University, Washington D.C. Elle travaille actuellement à la réalisation du film El-Rihla.

Derniers commentaires

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J'avais mis votre projet sur plusieurs pages Facebook; j'espère que cela a pu contribuer à votre collecte de fonds. Francis Grunchard (Bruxelles)
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je te souhaite une bonne continuation farida tighiouart
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Allez, tu vas y arriver!!! Emilie