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En travaux

Travail photographique sur le corps périssable, 'En Travaux' questionne sur le regard porté sur la maladie.

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Présentation détaillée du projet

Artiste plasticienne, auteur, illustratrice et photographe, la plus grande partie de mon travail s’appuie sur l’idée de réification de l’être humain.

Le corps humain y est envisagé comme un objet : ‘Réservoir à pièces de rechange’, il est recyclable. Tatoué, maquillé, retouché, il est esthétique; support de pub, il est vendeur. Prostitué, il est vendable, objet de propriété et de loisir. Ses parures (tatouages, vêtements, etc.) en font un objet d’appartenance, à une famille, un ‘gang’, une classe sociale. Salarié, c’est une valeur marchande, interchangeable voire jetable en fonction de sa productivité. Peter Klasen aborde la place de l’être humain dans une société industrialisée dans ses « tableaux binaires » révélant son angoisse devant la scission des mondes de « l’être » et de « l’avoir ». ...

Grâce aux progrès de la médecine, à la chirurgie esthétique, aux régimes, à la musculation (entre autres sports) et à photoshop, il est modifiable, perfectible. On peut changer les pièces défaillantes ou “disgracieuses” comme on change les pièces de sa voiture: le coeur, les reins, le nez, les seins, etc. L’apparence de la jeunesse conservée à tout âge par la chirurgie esthétique et la possibilité de changer les organes défaillants permettent à l’être humain de s’accrocher à certain un rêve d’immortalité, lui permettant d’oublier qu’il est un objet périssable.

 

Soignée pour un cancer du sein depuis juin 2013, j’ai choisi d’utiliser ce corps malade qui est le mien pour illustrer mon propos.

 

Malade, le corps devient objet de soin, déshumanisé par le corps médical, qui ne traite pas le patient mais la maladie. L’objet corps y est compartimenté, morcelé pour que seules soient retenues les parties défaillantes ; et l’assurance souscrite pour ce corps (potentiellement malade ou accidenté) permet d’entreprendre les réparations nécessaires, comme l’assurance voiture permet d’entreprendre les réparations suite à un accident ou une panne.

Les traitements lourds (cf chimiothérapie), parfois nécessaires à soigner ce corps, le stigmatisent : la perte des cheveux et autres poils, ainsi que les traits qui se creusent, effacent la personnalité de l’être humain, ne laissant à voir que la maladie aux yeux des autres. Lorsque les traitements médicamenteux ne sont pas suffisants, la chirurgie peut intervenir pour éliminer les parties défaillantes, par l’amputation (ou dans mon cas l’ablation des seins) ; les mutilations subies en font un objet monstrueux : celui que l’on montre mais que paradoxalement on ne veut pas voir .

Suite

 

La maladie rend visible le caractère ‘périssable ‘ du corps humain, mettant la personne malade en décalage avec une société dans laquelle tous les outils sont disponibles pour gommer les stigmates de cette donnée périssable que l’être humain, non désireux de l’assumer, s’efforce d’oublier.

Du malade ne reste plus que l’image qu’il renvoie, dérangeante.

 

La chirurgie réparatrice peut alors intervenir, non pour réparer le corps qui fonctionne parfaitement sans les éléments qu’on lui a enlevé, mais pour réparer son image, se devant de respecter certains critères pour être socialement acceptable et acceptée : la présence de tous les membres, bien proportionnés, permet d’identifier le corps comme humain, en bonne santé ; les cheveux longs et les seins permettent de le classer comme appartenant au genre féminin.

Linder, comme Cindy Sherman, jouent avec cette image sociale de la femme dans leur travail. De même, l’oeuvre d’Orlan dénonce les pressions sociales exercées sur le corps, les archétypes figés, l’esthétiquement correct. En agissant sur sa propre image par la chirurgie esthétique (par le biais d’ “opérations-chirurgicales-performances”), son travail, oscillant entre défiguration et refiguration, interroge l’identité.

 

Mes images proposent une vision sans filtre du corps malade, dans ses modifications et transformations ; une réinitialisation du ‘système corps’ pour une mise à jour vers un ‘Corps 2.0’. Elles donnent à voir ce que l’être humain s’efforce de cacher et d’oublier, en le renvoyant à sa condition de mortel, potentiellement cassé ou en panne.

Roman Opalka, avec son travail sur le vieillissement commencé en1965, propose également une vision mortelle, changeante et périssable de l’Homme.

Dans la photo intitulée ‘dummies’ – tirée d’une performance réalisée en Octobre 2013, en écho à Octobre Rose (mois de promotion de dépistage du cancer du sein) – j’utilise les effets secondaires de la chimiothérapie (perte des cheveux et sourcils) pour transformer ce corps, plus humanoïde qu’humain, en mannequin de vitrine.

 

L’ensemble de ce projet , intitulé ‘En Travaux’, en plus de s’inscrire dans ma démarche artistique, revêt également pour moi un aspect thérapeutique: la mise à distance de ce corps malade, cassé, abîmé qui est le mien m’aide à la fois à l’accepter et à me l’approprier.

 

Ce projet a également la volonté de questionner le public sur l’acceptation du corps de l’autre, plus particulièrement quand son intégrité physique est compromise:

est-il possible, en posant notre regard sur ce corps, d’y voir un être humain, ou notre perception est-elle restreinte par la maladie et ses conséquences? 

 

Ce projet se compose d’une vingtaine de photographies couleur de 70 x105 cm. Une photo est faite à chaque moment clé de la maladie et du soin: au diagnostic, après la biopsie, après la pose de la chambre implantable, entre chaque séance de chimiothérapie, et entre chaque intervention chirurgicale, jusqu’à la fin des traitements et la cicatrisation complète.

 

Chaque image est faite avec le même cadrage et la même pose, sur fond neutre, pour mettre en évidence l’aspect chronologique ainsi que la notion de succession dans ce travail.

 

 

A cette série d’images s’ajoute le tirage échelle 1 (ou approchant) de la photo ‘Dummies’ tirée du happening réalisé en Octobre 2013. Offrant un pendant à la suite d’image de ‘En travaux’, elle donne à voir un moment figé dans le temps. En détournant la maladie et ses effets secondaires, elle en propose un usage spécifique. Cette image rappelle certaines campagnes chocs de la marque Benetton, mais contrairement à ces dernières, il ne s’agit pas d’utiliser la maladie ou le handicap (physique ou social) pour vendre des fringues, mais d’utiliser une boutique de vêtements pour, en détournant la maladie, en faire une oeuvre d’art.

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L’installation sera présentée à l’Espace International de la Ville de Saint Etienne, du 26/09 au 13/10 2014, afin de faire un lien avec Octobre Rose qui est le mois dédié à la promotion du dépistage du cancer du sein. L’idée est en effet de développer un partenariat avec les structures participant à Octobre Rose sur Saint Etienne, afin d’ouvrir l’évènement sur le vernissage de l’exposition.

 

À quoi servira la collecte ?

La collecte servira à financer les tirages photographiques pour l'exposition:

Tarif-photo

les 20 tirages d'expo au format 70x105cm reviennent à 1400€:

55€ + 50% de 55€ pour 1 tirage d'expo 70x105cm = 82,50€

x 20 photos = 1650€

-15% = 1402,50€

arrondis à 1400 €

 

Tarif-contre-collage

le contre-collage sur forex pour ces image coûte 1350€

Le contre-collage est indispensable pour des tirages de ce format afin d'avoir une présentation propre et de qualité.

Tarifs issus du site du laboratoire 'Gris Souris', lyon (http://www.labo-gris-souris.com/tarifs/index.html)

 

Cette somme m'est donc indispensable pour pouvoir présenter mon exposition fin Septembre.

 

L'argent qui serait éventuellement récolté en plus me servirait à financer le tirage de la photo 'Dummies'

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(prix sur devis du laboratoire Picto sur Paris)

 

ainsi que des tirages d'expo pour 2 photos de Nadia Masot, artiste invitée pour mon exposition, et photographe du projet 'Under The Red Dress Project' (https://www.facebook.com/underthereddress)

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msn

Née en 1979 à Nancy, je suis diplômée de l'Ecole des Beaux Arts de Metz, option communication, avec félicitations du jury. Utilisant différents média, mes productions vont du film d'animation à la photographie, en passant par l'illustration et la peinture. À l'heure actuelle, l'essentiel de mon travail s'appuie sur l'idée de réification du corps... Voir la suite