Aidez-nous à financer cette fresque à travers le développement économique du Cambodge !

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The project

Mon premier voyage au Cambodge remonte à près de 15 ans. Depuis, j’y suis retourné régulièrement. Buntheun, le guide qui m’avait fait découvrir son pays, est devenu un ami. En 2007, j’y ai co-réalisé avec Elsa Berthet mon premier film, un reportage sur les problématiques de l’aménagement du Mékong. Entre deux voyages, je me tiens informé et poursuis mes lectures sur l’histoire et l’économie du pays.

 

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Au Cambodge, le mot « âphivoat », développement en khmer, est dans tous les discours politiques et économiques. Officiellement, c’est le développement d’un pays, d’un peuple dans son ensemble.

Après les cinq ans de dictature des Khmers Rouges qui ramena le pays à l’âge de pierre ont succédé dix ans de guerre civile. À la fin de cette période, le pays s’ouvre à l’économie de marché et un traité de paix est signé en 1991. Après les années de guerre, le pays était complètement détruit : plus de cadastre, deux médecins diplômés dans tout le royaume, des infrastructures inexistantes… Le Cambodge entre alors dans le capitalisme mondialisé, adoptant à marche forcée ses codes, sa culture, ses lois, et ses objectifs. Toute l’économie est désormais dirigée vers l’export pour doper la croissance. En vingt ans, le nombre d’usines textiles passe de 90 à plus 400 et concentrent aujourd’hui plus de 700 000 ouvrières.

 

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Pendant l’hiver 2013-2014, les ouvrières du textile de la banlieue de Phnom Penh, la capitale du pays, manifestent massivement pour réclamer une augmentation de salaire. Je suis dans les media ces grandes manifestations ouvrières qui m’en évoquent d’autres, à différentes époques : les grèves de mineurs de 1948 en France, celles des Continentales ou des GoodYear aujourd’hui, ou encore les usines textiles fermées de Thessalonique.

Ces manifestations seront vite réprimées, puis interdites. En janvier 2014, la police militaire finit par ouvrir le feu sur les manifestants et fait six morts. La période charnière dans laquelle se trouve le Cambodge m’apparaît plus clairement. La nouvelle classe ouvrière cambodgienne fait ses premiers pas, se cherche en tant que sujet politique et teste ses seules armes : les manifestations et la grève par la force du nombre. Le désir de réaliser Happy Âphivoat vient de naître.

 

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Au Cambodge, parmi les riziculteurs de Battambang, il y a ceux qui continuent tant bien que mal, ceux qui sont devenus d’importants propriétaires de terre, ceux qui sont partis tenter leur chance à la capitale. Il y a l’arrivée des moissonneuse-batteuses et ces femmes qui, dans leur sillage, récoltent à la faux les quelques brins que les machines ont manqués.

 

À Phnom Penh, à l’ombre des tours en chantier et des panneaux publicitaires, il y a les touristes dans les tuk-tuk, la bourgeoisie dans leurs 4x4, les enfants des rues et les ouvrières du textile qui manifestent. Sur les routes en construction, les camions de riz croisent les camions amenant les ouvrières à l’usine.

 

Les uns s’en sortent, d’autres pas : « Happy Âphivoat Cambodia ! »

 

 

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Je travaille à l'écriture de ce projet de long métrage documentaire depuis 2014. Après deux sessions de repérage seul et auto-financés en 2014 et 2015, nous sommes partis en novembre 2016 faire les premiers repérages filmés avec Eric Ghersinu au son grâce à la bourse Brouillon d'un rêve de la SCAM. 

 

Nous avons décidé de repartir en novembre 2017 et nous avons besoin de votre aide pour boucler le budget de ce nouveau repérage !

 

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Happy Âphivoat, « joyeux développement » en anglo-khmer, est un portrait du développement contemporain du Cambodge, de sa transition d’une économie agraire vers une économie industrielle et de la naissance de sa classe ouvrière. Un portrait engagé, tentant de faire ressentir les contradictions inhérentes à ce développement, et les rapports de force à l'origine de la transformation économique, sociale, et politique du pays.

 

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Ce film, en nous amenant des rizières de Battambang aux usines textiles de Phnom Penh, est une fresque sociale qui propose de transmettre de manière sensible aux spectateurs les enjeux politiques de la transition du pays. Happy Âphivoat veut faire penser de manière plus poétique que discursive, plus dialectique que didactique, notre propre histoire et notre présent au regard des transformations d’un pays qui peut sembler lointain.

 

La construction de Happy Âphivoat repose sur la force de ses images et sur un travail d’écriture qui passera par l’univers sonore et le montage. Pour finir l’écriture et la préparation de ce film, il est donc nécessaire pour moi de poursuivre la collecte et la réflexion sur la matière en repartant filmer !

 

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Je porte ce projet depuis 2014. En 2016, Eric Ghersinu, preneur de son riche d'une longue expérience en fiction et en documentaire, a accepté de me rejoindre et de partir bénévolement avec moi pour les premiers repérages filmés. C’était la première fois que nous travaillions ensemble avec Éric et c’était même la première fois que je travaillais avec un preneur de son. Nous nous sommes tout de suite trouvés dans le travail. Éric a une expérience professionnelle impressionnante. Face à mes hésitations et maladresses, il a su me laisser chercher et m’aider à me poser les bonnes questions. Que ce soit pour l’organisation, pendant les prises de vues, ou dans la vie quotidienne, qui n'était pas toujours très confortable, étant donnée l’économie du projet… avec Eric, j'ai pu entamer un véritable échange artistique sur le projet.

 

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Sur place, nous avons été accueillis et guidés principalement par deux amis. Buntheun Virakaboth, que je connais depuis plus de 10 ans et qui a toujours été riche en ressource. C'est avec lui que j'ai réalisé les premiers repérages. Ensemble, nous avons sillonné la capitale, les quartiers ouvriers et la campagne de Battambang, grenier à riz du pays… Nous avons rencontré des agriculteurs, des propriétaires d’usines, des ouvrières. Nous sommes allés dans des manifestations. Nos rencontres se sont faites en partie au hasard de nos pérégrinations, en partie par les connaissances de Buntheun.

 

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Notre deuxième guide fut l’extraordinaire Yann Defond. Journaliste, graphiste, photographe, marathonien, vidéaste, humoriste (en Khmer !), fondateur de la section Cambodgienne de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne... Yann habite au Cambodge depuis plus de 10 ans et vit aujourd'hui dans la cité ouvrière de Vattanak Industrial Park. Il a été d'une grande aide pour rencontrer des ouvrières et leur expliquer simplement ce projet de film. 

 

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Au retour des repérages, j'ai commencé à travailler la matière sur un banc de montage sous l'oeil expert de Rodolphe Molla, chef monteur, incubateur d'idée, accompagnant irremplaçable.

 

Grâce à lui j'ai rencontré en 2017 Jean-Marie Gigon de SaNoSi production qui s'est engagé sur le projet. Le travail avec toute l'équipe de SaNoSi Productions, Aude, Eve, Emmanuel et Jean-Marie, m’offre désormais un cadre professionnel et nos échanges m’ont permis d’assumer jusqu’au bout l’ambition artistique et cinématographique de ce projet. Ils m'apportent l'énergie nécessaire pour renouveler mon regard sur le projet, sur mes images et me lancer avec eux et le couteau entre les dents, à la recherche de l'argent indispensable pour que tout le monde travaille sur ce film dans des conditions correctes. Nous nous sommes donc lancés dans la réécriture du dossier (pour la dixième fois en 3 ans...) afin de partir à la recherche de fonds tout en organisant les repérages de novembre prochain.

 

 

 

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Un projet de film, c'est long. Très long. 

 

Happy Âphivoat a une petite particularité car sa dramaturgie va énormément reposer sur ses images, le montage et le travail du son. Pour avancer l'écriture et avoir plus de chances de convaincre les commissions d'attribution des aides, un diffuseur ou un distributeur de cinéma, nous avons besoin de retourner filmer, pour collecter plus de matière, pour continuer à chercher, continuer à faire des essais de montage... 

 

Nous avons déjà commencé à faire des images dans les rizières, dans les usines, dans Phnom Penh, la capitale... Lors de ces nouveaux repérages, nous souhaitons continuer d'explorer Phnom Penh et sa démesure, tout en commençant à collecter des images dans le secteur de la construction. Nous allons aussi poursuivre notre découverte des cités ouvrières...

 

Lors des derniers repérages, nous avons rencontré Rat et Sophal. Sophal est ouvrière à la Canadia Industry, Rat, son mari, est chauffeur de tuk-tuk dans la capitale. Ils viennent de la province de Prey Veng à une centaine de kilomètre à l'est de Phnom Penh. Il n'y avait pas assez de travail agricole dans leur village. Ils sont donc parti il y a six ans en laissant leurs deux enfants à leurs grand-parents. En novembre, lors de la fête des eaux, les ouvrières ont quelques jours de vacances qui leur permettent de retourner dans leur famille. Nous aimerions donc suivre Rat et Sophal retrouver leurs enfants et leur village natal.

 

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Nous avons aussi rencontré Ath Thorn, président du syndicat ouvrier C.CADWU. Nous le suivrons dans ses tournées à la sortie des usines, dans les formations que le syndicat organise ou lors des manifestations.

 

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Why fund it?

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Un long-métrage documentaire tel que Happy Âphivoat devrait nécessiter un budget autour de 200 000 euros.

 

Avec SaNoSi Productions, nous nous sommes donc lancés dans les dossiers de financement (régions, CNC,...). Ces demandes vont prendre beaucoup de temps, et nous savons d'expérience qu'il sera dans tous les cas difficile de réunir l'intégralité de la somme nécessaire.

 

Maintenir l'énergie, l'envie, le désir de Happy Âphivoat pendant plus de trois ans n'est pas toujours facile. Jean-Marie, mon producteur, a cette grande qualité de comprendre cette nécessité. Il a tout de suite accepté que l'on reparte en repérage dès novembre 2017, sans même connaître le résultat des premières commissions de financement.

 

Je n'ai pas envie de laisser trop de temps entre chaque voyage pour ne pas perdre le lien patiemment tissé avec toutes les personnes rencontrées et qui ont accepté, d'une manière ou d'une autre, de participer au film. 

 

Le financement d'un mois de repérage au Cambodge pour une équipe de deux personne nécessite un budget de 12 000 euros minimum. 

 

Au retour, nous aurons aussi besoin d'un peu de budget pour continuer d'anticiper le montage et pour préparer la suite. 

 

L'objectif de 4 500 euros de ce Kiss Kiss Bank Bank n'est donc qu'une première étape que nous espérons bien dépasser !

SaNosi Productions percevra l’intégralité de la collecte car c'est elle qui va bien sûr gérer les paies et autres dépenses à partir de maintenant sur le film.

Voici ce que ce financement participatif pourrait nous permettre (c'est un peu nos contre-parties à nous...) :

 

PREMIER PALIER / 4 500 euros (moins 360 euros pour la commission de KissKissBankBank et le coût des contre-parties) : on finance le minimum pour les repérages (transport, logement, nourriture) mais on ne pourra pas faire de salaire.

 

DEUXIÈME PALIER / avec 3 000 euros de plus (soit un total de 7 500 eurosmoins 600 euros pour KissKissBankBank et le coût des contre-parties) : on finance une rémunération pour Eric Ghersinu l'ingénieur du son.

 

TROISIÈME PALIER / avec encore 2 500 euros de plus (soit un total de 10 000 eurosmoins 800 euros pour KissKissBankBank et le coût des contre-parties) : on finance une rémunération pour le réalisateur

 

QUATRIÈME PALIER / avec 4 500 euros de plus (soit un total de 15 000 euros, moins 1 200 euros pour KissKissBankBank et le coût des contre-parties) : on finance le salaire d'un chef monteur et du réalisateur ainsi qu'une salle de montage pour la réalisation d'un teaser qui nous sera très utile pour trouver des financements complémentaires !

 

CINQUIÈME PALIER / avec 3 000 euros de plus (soit un total de 18 000 euros, moins 1 440 euros pour KissKissBankBank et le coût des contre-parties) : on finance un salaire d'assistant de production pour accompagner le suivi des repérages ainsi que les recherches de financements complémentaires

 

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et dans tous les cas, un très très grand 

 

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Romain Kosellek

Après des études en mathématiques fondamentales, puis plusieurs années passées à voyager, je travaille de 2009 à 2014 en tant qu’administrateur d’une école et d’une compagnie de théâtre à Paris. Je découvre la vidéo en 2007 en co-réalisant avec Elsa Berthet mon premier reportage, Courants contraires, sur les aménagements du Mékong. En 2014, je décide de... See more

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Magnifique projet, hâte de voir le final !
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Joli projet qui j'espère verra le jour! bonne suite
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Salut l'artiste !