Aurélie d'Aquitaine

Aurélie Vauthrin-Ledent : Trois mois avant mon bac (Littéraire - Théâtre), j’ai voulu quitter le lycée (Pasteur, Lille). « On » m’a intimé de rester. J’ai eu mon bac. (Promo 1998). J’ai commencé des petits boulots et une école dite d’actorat à Paris. Ce genre d’écoles où on demande aux élèves beaucoup d’argent et où on ne leur donne pas grand-chose en échange. Et, par un hasard dont j’ignore encore la source, je me suis retrouvée à la Sorbonne en Etudes Théâtrales. J’avais jamais vraiment imaginé me retrouver un jour à la fac. J’y ai passé des moments fabuleux et mémorables, de découvertes, de théâtres, d’humains, en fait. Puis, voulant préparer le concours du Conservatoire National de Paris, je me suis retrouvée – par un drôle de hasard – admise au concours de Rouen. J’ai travaillé une année avec Maurice Attias, comme si j’en avais travaillé le double. On grandit avec ce genre de maître. Et pas toujours par des moments de joie. Après cette année intense, et après avoir été rejetée DU « St graal / concours parisien », je me retrouve accueillie en terre exotique et lointaine, - et dont la langue reste encore parfois aujourd’hui un doux mystère – intégrant alors le Conservatoire Royal d’Art Dramatique de Bruxelles, pour deux années et qui ont permis à la pression passée rouennaise, de dépressuriser. Formation complémentaire, donc. Comme un sucré-salé. Le bonheur. Je sors d’école, avec comme premier projet, contre toute attente, mais peut-être pas par hasard, une mise en scène, et non un rôle ; projet portant sur les mécanismes administratifs mis en œuvre en France, à Paris, afin de rafler en 1942 la majorité de la population juive : La Rafle du Vel d’Hiv, de Maurice Rajsfus. Puis je joue – quand même ! – et je me retrouve dans des spectacles, et des tournées (La Traversée de la Mort, de et par Jamal Youssfi, Poppée, de et par Renaud de Putter, Behind the locked door, de et par Audrey Violine, lectures-spectacle dirigées par Jean-Claude Idée, etc…). Je prends des heures de vol, comme on dit, et je reçois toutes sortes de bouleversements, positifs ou négatifs. Toute expérience est bonne à vivre, et est leçon. Lors de laboratoires et performances, je rencontre l’auteur et metteur en scène québécois Daniel Danis. Et par un hasard dont je n’ignore pas la source, je commence à écrire. Mon premier texte sera Cerise à l’eau-de-vie, (2008) - texte grâce auquel j’intègre le collectif d’auteures-comédiennes Les Liseuses, sous la direction d’Alain Cofino Gomez. Ce texte trouvera un accueil chaleureux au sein du comité de lecture du Tarmac (anciennement de La Villette) 2011, et sera publié aux éditions L’Harmattan en 2011. Bon, là, honnêtement, je me dis que c’est un hasard et qu’un texte ne fait pas un auteur, que tout ça c’est bien beau, mais voilà, je suis comédienne, et faut remettre et revenir les deux pieds sur les planches. Bon ça, je le fais. Avec le collectif Les Tugs, on met en œuvre un chantier sur le texte L’échange de Paul Claudel, sous la direction de Peggy Thomas, aujourd’hui directrice du Théâtre de la Vie – Bruxelles. En outre, j’intègre le collectif des Lecteurs de Poche, qui, comme son nom l’indique, est un collectif de... lecteurs, résidant au théâtre de Poche – Bruxelles. Je tente aussi des essais de mise en scène sur Cerise, avec des comédiens (et je rends ici une pensée particulière à Laetitia Ajanohun, comédienne et auteure) qui soutiennent le projet, comme on soutient un membre de sa famille envers et contre tout, - parce que, oui, ce projet a d’abord connu de malheureux hasards, avant d’être enfin programmé au Théâtre de la Vie, à Bruxelles ; la production aura lieu en Novembre 2014. Puis je continue d’écrire, sans trop croire à des suites. Mais, juste parce que ça s’impose, ça vient, ça sort. Et parfois aussi parce que j’ai pas de boulot, en fait… C’est l’histoire de la famille de l’amour… non, c’est pas ça… (2011-2012) par un hasard dont j’ignore les rouages, sera en publication dès Mars 2014, chez L’Harmattan, de nouveau. En 2012, je termine aussi un texte commencé depuis un moment : Tétralogie dé-Concertante (pour contredire Mozart). Mais çui-là, il est pas encore publié.