Ensemble Vanecha

Paris, France

Vanecha Roudbaraki, La peinture, c’est bien entendu la combinaison de forme et de couleurs au service d’une technique et d’un concept englobant le contenant et le contenu. Mais avant d’être une image ou son refus, c’est avant tout une présence. Et cette présence s’incarne chez Vanecha Roudbaraki dans les échos d’une mémoire douloureuse liée à son identité iranienne, aussi ses compositions ne pouvaient se soustraire à véhémence implicite, innervée dans la trame malmenée de ses visions sylvestres et de ses surfaces parfois à la limite de l’abstraction. D’où une certain ambigüité dans la structure de ses toiles, qui fait éclater le tissu narratif déjà réduit à l’essentiel, et le coule au sein de masse vaporeuses et remuée, agies par les assauts d’une gestualité fusante et tranchée. Artiste de tempérament, guidée par une intuition qui lui permet d’associer les deux genres, car ils procèdent des mêmes poussées intérieures, elle ne se coupe pourtant jamais de la nature, qui stimule son imaginaire et s’apparie aux emballements contrôlés de sa palette éruptive. Néanmoins, si elle affiche sa prédilection pour les sites arides, les terres insoumises, les ciels tourmentés et les arbres décharnés, enveloppés d’une sourde luminosité fardée de lueurs blafardes, les configurations de plusieurs silhouettes qui affleurent au sein de la pulvérulence de la matière, nous rappellent que l’homme a aussi sa place dans ces univers effervescents. Avec en surplomb le poids de la solitude et l’érosion du temps. Sans flatterie ni grandiloquence, humble et disponible face a l’espace ouvert, ses échancrures, ses resserrements et ses ramifications, Vanecha Roudbaraki ne fait rien d’autre que rendre compte de ce qu’elle porte en son tréfonds, au large des arrangements favorables. Son œuvre, toutefois, ne délivre pas de message, mais témoigne de la plénitude de son engagement dans la peinture. Rugueuse et fortement ressentie, elle ne reproduit pas la vie, elle est la vie-même. Gérard Xuriguera Mai 2011