JOHNNY MONTREUIL

Sur fond de country rock’n’roll hirsute, de chansons bastringues dévergondées, Johnny Montreuil remonte le fil du temps. Lancées au triple galop, les musiques popu’ de ces cinquante dernières années défilent mieux qu’un 14 juillet. Elles swinguent, trinquent, éructent, intimident, battent le pavé, les arrachent, te les jettent à la gueule, puis brisent les cœurs les mieux accrochés. La diligence file à vive allure, crache à plein régime le feu d’un rock assoiffé, affamé, impatient. Parfois elle prend le temps de ralentir, de multiplier les haltes impromptues pour pouvoir se remonter les tripes. Au gré des escales, on y croise des cowboys et des indiens, des keufs et des racailles, des filles si faciles et d’autres bien trop exigeantes. Avec lui, la bagarre n’est jamais loin… Le sexe dans des chambres d’hôtels au quart d’heure et les déclarations d’amour désespérées, non plus… Johnny Montreuil indique la correspondance à suivre : un bistrot anonyme, vieux comme le monde. Un phare, un repère… Un repaire plutôt…, refuge de toutes les culpabilités accumulées depuis la nuit des temps. Eclairée aux néons, la grisaille des volutes de clopes hors-la-loi resplendit. Les tables en formica relèvent le goût de la bière tiédasse partagée entre inconnus, encastrés les uns les autres sur des banquettes crevées au schlass. Devant le comptoir, des silhouettes vêtues de perfecto usé jouent des coudes à défaut d’en venir aux mains. Ca va commencer à chauffer…