Morgan.Lance

Un soir de juin 2011, la vie de Morgan a basculé. Un accident de moto l’a laissé meurtri dans son corps. Sa jambe gauche le fait énormément souffrir. A 21 ans, il décide de se faire amputer. Il sollicite plusieurs chirurgiens avant d’en trouver un qui accède à sa demande. Ce sera à l’hôpital Edouard-Herriot de Lyon. Un premier rendez-vous, en mars 2014, permettra au jeune homme d’expliquer ses douleurs et d’être entendu. Morgan a fait des recherches sur internet et a choisi le type d’amputation. Une « transfémorale » qui donne « un meilleur rendu esthétique ». Le jeune homme fera même l’économie de la visite avec le psychologue. « Je me suis juste posé quelques questions quelques jours avant l’opération », reconnaît-il. Elle aura lieu le 23 septembre 2014. Quelques heures seulement sur la table d’opération et moins d’une semaine d’hospitalisation. « En salle de réveil, j’ai voulu regarder tout de suite et ça ne m’a pas fait de choc », assure-t-il. « J’ai pratiquement retrouvé la même qualité de vie » Un an après, Morgan ne regrette rien. Il est debout, a nettement moins de douleurs et a réduit de moitié sa dose de médicaments. « J’ai pratiquement retrouvé la même qualité de vie. Je marche beaucoup mieux, sur tout type de terrain. Je peux ressortir le soir avec les copains sans le payer le lendemain », assure-t-il. Néanmoins, il se serait bien passé de l’infection nosocomiale qui a suivi. « Je suis allé en rééducation à Nancy et ils m’ont appareillé trop vite. J’ai attrapé un staphylocoque doré », raconte-t-il. Cela lui aura valu de passer les fêtes de fin d’année à l’hôpital Minjoz à Besançon, suite à une réaction allergique aux antibiotiques. « Il faut rouvrir pour tout nettoyer. Ça coule toujours », témoigne Morgan. Qui n’est pas resté à se morfondre au domicile familial. Depuis début 2015, il est intervenu dans différents lycées du département. Grâce à la sécurité routière, il y témoigne de son histoire, de son accident. Pour dire aux jeunes que ça n’arrive pas qu’aux autres. Il prend part également, avec l’APF (association des paralysés de France), à des opérations de sensibilisation lors de contrôles routiers avec la gendarmerie. Désormais, Morgan veut aller plus loin. Il a l’envie de faire un film de sensibilisation sur le handicap à partir de son histoire, depuis l’accident jusqu’à aujourd’hui. « Le scénario est dans la tête. Les amis sont prêts à jouer les comédiens. Ne reste plus qu’à trouver le budget », témoigne-t-il. Il a déjà 1.000 € de l’APF. Pas suffisant. « Je veux faire quelque chose de qualité qui puisse être diffusé dans les établissements scolaires », ajoute-t-il. Un jeune homme vraiment déterminé Déterminé, le jeune homme l’est également au sujet de sa future vie professionnelle. En mars 2016, il commencera une formation pour devenir technicien d’études en bâtiment à Mulhouse. « Après, je pars en Haute-Savoie car il y a des débouchés là-bas », ajoute-t-il. Morgan n’a pas fini de tracer son chemin…