NoctusMagister

De l'encre et du papier. Ex futur tageur, ex futur photographe, ex enfant, futur adulte ; Quentin vous impose dans ses méga-dessins sa vision du monde : réactionnaire, libertaire... et à coté de la plaque. Dans ses œuvres de papier il traite des sujets de son époque avec 500 ans de retard. Les outils sont simples, la méthode est simple, le trait est simple, le résultat complexe. Trop d'informations contradictoires, trop de personnages captés dans un instant, dans un mouvement, pour que l'interprétation soit évidente. On peut passer du temps devant ses grands dessins, avec plus d'une centaine de personnages ; on peut y revenir et découvrir encore des scènes qui nous avaient échappé. En tout cas, on ne reste pas indifférent à cet univers quelques part entre James Nachway, Chaplin et Ravalec. Au premier plan, une double figure combattante à l'instant de l'impact, en lutte depuis toujours et jusqu'à l'apocalypse. Autour, l'équilibre des armées, déclinaison infinie du même combat, dans une temporalité et des modalités légèrement différentes. Ligne Claire, vocabulaire pictural cru, composition fouillée et grouillante : on embarque dans les dessins de Quentin comme sur un bateau ivre. Il n’y a plus de capitaine, ni de gouvernail ; plus de Nord, ni de Sud, on est fasciné que tant de violence et de désordre suscitent en nous autant de plaisir et de volupté. Un météore annonce la fin d'un monde de contrôle. Il s’agit autant d’un portrait de la vie intérieure de l'artiste que d’une interprétation personnelle d'un monde où par bonheur tout nous échappe. Cherchez au milieu de la foule les portraits de l’artiste en prophètes perdus, témoins ou responsables du chaos ambiant. Ne nous renseignent-ils pas sur ce que nous sommes tous ? Victimes consentantes, bourreaux ordinaires, spectateurs silencieux d’un monde agité, bordélique et délicieux. E. Cannavo.

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