rohan.graeffly

[Description] L’année 2013 marque la célébration du tricentenaire de l’existence de la frontière franco-belge. Une frontière inscrite dans le traité d’Utrecht signé le 11 avril 1713. Le premier traité de paix européen qui met fin à plus de deux siècles de guerres. Un premier pas vers la négociation, l’écoute, l’échange. C’est en partant de ce point historique vecteur de riches problématiques que nous (4 commissaires belges et français) avons souhaité réunir un groupe de 53 artistes belges (flamands et wallons) et français, trois communautés voisines et amies. L’interaction esthétique, la curiosité et l’amitié motivent notre projet. La ville de Gand, dont les racines latines signifient « terre de la confluence des fleuves », constitue une zone idéale pour construire un dialogue pluriel et inédit. L’Entrepôt Fictief sera donc, le temps de l’exposition, le lieu d’une convergence éclectique qui découle de nos rencontres et de nos collaborations respectives. TEKEN en flamand signifie dessiner, tracer, signer. L’exposition repose ainsi sur la présentation d’un medium : le dessin. Un medium longtemps boudé car considéré comme étant le travail préparatoire d’une peinture, d’une gravure ou bien d’une sculpture. Il s’agit alors de mettre en avant le dessin en soi et d’en observer les ressources techniques et stylistiques déployées par les artistes. Figuratifs ou abstraits, les propositions retenues déploient plusieurs problématiques : le corps, le paysage, l’architecture, l’espace, la mémoire, la poésie, la subversion critique ou encore la fantasmagorie. Le dessin, un médium à part entière que les artistes pratiquent soit de manière exclusive, soit conjointement à d’autres matériaux et supports. L’exposition TEKEN souhaite attirer l’attention sur le fait que le dessin peut stimuler la création de liens entre les territoires, les cultures, les différences. Ainsi, le dessin apparaît comme un même langage, fait de papier, de traits, de taches, de figures, de mots, de symboles ou encore d’objets. Un langage qui nous permet aujourd’hui d’envisager un modeste panorama de la création dessinée franco-belge depuis les années 1970 jusqu’à nos jours. Une manière aussi de parcourir plusieurs décennies d’une histoire de l’art générée par des artistes esquissant des trajectoires multiples.