Participez à la mise en œuvre du projet "ENGELS DÜSTER 1.0", une dystopie en deux tomes pour adolescents et young adults.

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The project

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   Je suis une jeune auteure française de 17 ans, Helka Winter, et je publie ce mois-ci mon premier roman : ENGELS DÜSTER 1.0, en auto-édition chez Bookelis.com (ISBN : 979-10-227-0693-3)

 

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     J'ai été repérée en novembre 2012 par un éditeur sur mon blog Skyrock où je publiais mes premiers chapitres. J'ai travaillé pendant un an avec cet éditeur, mon roman a bénéficié de corrections abouties et d'un travail éditorial. Mais suite à des imprévus financiers de la maison d'éditions survenus quelques jours avant la parution du roman, j'ai dû avoir recours à l'auto-édition pour tenir mes engagements.

 

    En décembre 2012, le magazine "Sciences et Vie Junior" me consacrait dans son numéro 269 une rubrique encourageante (page 94).

 

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    Passionnée de mangas, de cinéma, de musique et d'art, j'ai commencé à écrire dès l'âge de quatorze ans, grâce à un atelier écriture, dans le cadre de mon collège. Engels Düster a été mon tout premier projet, et je le poursuis aujourd'hui. J'ai imaginé une histoire que j'aurais aimé lire, à partir de mes principales sources d'inspiration.

 

                                                  Résumé de la saga :

 

"   Timo vit dans un monde étouffant, hanté par les ombres du passé : sa mère partie trop tôt, sa sœur jumelle Anna disparue sans laisser de traces, son père dur et froid... Encore une journée comme les autres, pluvieuse et grise, à Darktown, cette ville qui les retient tous prisonniers.   

 

     Et pourtant, au détour d'une rencontre avec les Engels, un mystérieux groupe de contestataires, il comprendra qu'il a le pouvoir de modifier sa destinée.    

 

     Peu à peu se lèvera le voile qui dissimule les lourds secrets de la ville."

 

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                                                        Voici le trailer :

 

 

 

                               Et les illustrations du roman (accompagnées d'extraits) :

 

Couverture     

 

        Dessin20               

 

   " … La jeune fille relève la tête de l'oreiller sur lequel elle s'est assoupie. Elle se demande d'où vient cet air étrange et captivant. Sa mère le lui chantait quand elle était petite, dans une langue qu'elle n'a plus l'habitude d'entendre. Son enfance lui paraît si lointaine... Les jeux dans la neige avec son frère. La main de sa mère qu'elle tenait lors de leurs promenades au bord du lac gelé. Les bons plats que préparait sa gouvernante. Les moments passés dans le pré avec Nina pendant les journées interminables d'été, lorsque le soleil rasant peinait à se coucher, même aux heures les plus tardives... Puis elle s'est réveillée dans un tout autre monde : une ville grise, sombre et humide. Et tout a basculé.

    Quelqu'un frappe à la porte de son étroite chambre et la tire de sa rêverie. Sûrement une domestique...

    La jeune fille se précipite vers le petit meuble où sont rangés parfums et maquillages. Devant le miroir, elle replace sa large tresse en couronne et recoiffe rapidement sa chevelure blonde et soyeuse.

    — Anna ! allez-vous m'ouvrir, bon sang ? rugit la servante à l'extérieur, en tambourinant sur la porte.

    — J'arrive, répond Anna d'une voix faible et tremblante.

    Elle ajuste les manches ballons de sa longue robe couleur jade en satin de coton, accroche ses boucles d'oreille en nacre verte, puis se dirige vers la lourde porte en bois dont elle soulève le loquet.

    — Eh bien, ce n'est pas trop tôt ! se plaint la servante. Regardez donc dans quel état vous êtes ! Votre robe est toute froissée, et vous n'avez même pas peint vos lèvres. Enola n'appréciera pas. Elle vous attend dans ses appartements.

    — Je m'y rends de ce pas.

    Anna se hâte de rejoindre la chambre d'Enola. Elle descend un escalier à vis tout en pierre, puis arrive devant une porte gardée par deux soldats en uniforme rouge et noir. Ils tournent la tête vers elle, elle ne peut s'empêcher de frissonner à la vue du masque blanc qui couvre leur visage. Ils la saluent. Une cicatrice rouge fend toute la largeur de leur faciès figé et tient lieu de sourire. L'un d'eux déverrouille la porte.

    — Notre Reine vous attend, lance l'autre.

    Anna s'engage dans un long couloir sombre aux murs drapés d'épaisses tentures. Puis elle arrive dans le grand hall du château où elle croise Link, son précepteur, un Archange aux cheveux bleus et aux yeux violets.

    — Bonjour, Mademoiselle, dit Link. J'espère que vous avez révisé votre leçon d'arithmétique. Nous devons aborder de nouvelles notions cet après-midi.

   Elle hoche la tête et se dirige vers le large escalier double en marbre blanc qui mène aux niveaux supérieurs. À pas feutrés, elle rejoint le troisième étage en suivant le tapis en velours rouge qui habille les marches. Son périple se termine dans un couloir éclairé à la bougie.

    Elle pénètre enfin dans la chambre d'Enola. La pièce est grande, pourvue d'un haut plafond en bois et d'épais murs de pierre. Les meubles en ébène sont incrustés de cristaux bleus, les draps du lit à baldaquin sont tissés avec du fil d'argent. Il y a même un petit bassin peu profond dans lequel nagent quelques poissons phosphorescents. Anna se rapproche des fenêtres en ogive grandes ouvertes pour humer cet air salé et humide qu'elle aime tant. Quelques kilomètres plus bas, elle sait que l'océan est omniprésent. Seul un train fend ses eaux scintillantes, siffle et s'éloigne paisiblement. Elle relève les yeux : quelques îlots de verdure ondoient dans le ciel. Des rochers flottants qui gravitent autour de l'île-château.

    Allongée sur un divan bleu nuit, la Reine porte à ses lèvres une cigarette pour en tirer une bouffée. Des volutes de fumée s'échappent paresseusement et virevoltent avec indolence. Les meubles, les murs, l'air de la pièce, tout est imprégné de l'odeur âcre de son tabac.

    La Reine pose sa cigarette dans le cendrier en marbre et se lève. Elle s'approche d'un miroir sur pied pour admirer sa silhouette svelte et inspecter chaque détail de son visage. Le trait de crayon noir autour de ses yeux bleus n'a pas coulé. Rassurée, elle passe une main dans sa longue chevelure noire ondulée, puis arrange les plis de sa robe moulante bleu nuit.

    — Enola, pourquoi m'avez-vous appelée ? demande la jeune fille.

    — J'ai un cadeau pour vous, ma chérie, répond la Reine de sa voix mielleuse.

    Un sourire s'esquisse sur ses lèvres parfaitement dessinées. Perchée sur ses hauts talons, Enola se dirige vers la penderie, puis ouvre les deux portes en papier de riz. Elle pousse les cintres chargés de toilettes toutes plus somptueuses les unes que les autres.

    — Non, pas celle-ci, elle est trop voyante... Celle-là non plus, trop décolletée, dit-elle en écartant une à une les robes qui ne lui plaisent pas. Vous savez, mon enfant, nous avons presque la même taille... Ah, la voici !

    Enola retire une robe blanche en soie légère pour la donner à Anna. La jeune fille la saisit délicatement en évitant de déchirer le fin voile en dentelle orné de perles de nacre.

    — Pourquoi me l'offrez-vous, Enola ?

    — Cessez de m'appeler Enola ! Je suis votre mère. Appelez-moi « maman ».

    — Vous n'êtes pas ma mère, rétorque Anna d'un ton sec.

    Enola soupire. Décidément, elles ont du mal à se supporter.

    — Allez donc essayer votre robe, mon ange, minaude la Reine. Vous savez, je ne l'ai portée qu'une fois.

    — Vous ne m'avez toujours pas dit pourquoi vous m'en faites cadeau.

    — J'ai le droit d'offrir des présents à ma fille, non ?

    — Je ne suis pas votre fille !

    Cette adolescente lui tape vraiment sur les nerfs !

    — Écoutez, ma chérie. Dans moins d'un mois, ils viendront. Un homme vous épousera, et vous porterez cette robe, que vous le vouliez ou non.

    Anna sent les larmes lui monter aux yeux. C'est chaque fois la même chose. Enola ne manque jamais une occasion de lui rappeler la dure réalité : à seize ans, elle doit se marier avec un homme bien plus âgé qu'elle.

    Elle se précipite hors de la chambre de la Reine et en claque la porte au passage. Elle traverse le couloir, descend les escaliers, rejoint le grand hall, puis reprend le passage mal éclairé qui mène à sa tour. Les deux gardes la laissent entrer. Elle gravit sans s'arrêter les marches qui s'enroulent autour d'un gros pilier en pierre. Hors d'haleine, elle se réfugie dans sa chambre et s'enferme à double tour. Elle retire ses boucles d'oreille qu'elle jette à l'autre bout de la pièce. Puis elle s'assoit dans un coin poussiéreux, près de la fenêtre qui donne sur la cour du château.

    Elle se recroqueville et étouffe le bruit de ses sanglots au cas où quelqu'un écouterait derrière la porte. La mélodie résonne de nouveau et, peu à peu, elle s'amplifie. Anna plaque ses mains sur ses oreilles.

    « Timo, quand vas-tu venir me tirer de cet enfer ? », se lamente-t-elle… "

 

    Dessin19

 

    "— Mademoiselle, il est tard. Ne devriez-vous pas rentrer ?

    Anna lève la tête vers la Lune partiellement masquée par les nuages. Les pâles rayons du disque opalin font scintiller sa longue robe blanche en mousseline de soie, assortie de manches gigot.

    — Je préfère rester encore un peu, Link.

    — Très bien, Mademoiselle, répond le précepteur d'un ton déférent. Mais n'oubliez pas que demain matin, notre Reine souhaite vous réveiller très tôt pour les préparatifs de votre mariage...

    Link rentre au château et laisse Anna seule, assise au bord de la falaise qui domine la mer. Du haut de son promontoire, la jeune fille égare son regard sur les eaux noires et argentées. Elle aimerait être un oiseau pour s'enfuir loin d'ici.

    Le léger souffle du vent peine à dissiper les brumes occultant l'horizon. Anna inspire profondément. Dans sa tour, l'air n'est pas aussi pur et vivifiant ; il se mêle aux relents de moisi des murs chargés de salpêtre. Parfois, quelques rayons de Lune se font plus perçants : apparaît alors le haut rocher de Moonrich qui plonge dans l'océan ses fiers escarpements de granit.

    Altière, l'île de Moonrich se dresse à plusieurs kilomètres d’ici et, pourtant, Anna n'a aucun mal à distinguer ses imposantes falaises reluisantes. Leurs grands yeux tournés vers le large, de majestueux colosses de pierre sont plantés au bord des crêtes abruptes pour garder l'accès au rocher. La tête dans les nuages, Moonrich cache ses villages dans une épaisse forêt.

    Anna regarde derrière elle. Une lanterne à la main, Link gravit la pente et s'apprête à franchir le pont-levis. Elle peut discerner les gardes du palais dont les faces blanches brillent à la lueur de la Lune. Elle a toujours craint leur sourire figé, semblable à une cicatrice sanglante plaquée sur leur masque de cire.

    Enola doit l'attendre pour le dîner, mais elle n'a pas faim. La jeune fille se demande si un jour quelqu'un viendra la délivrer de cette forteresse imprenable : un grand château fortifié qui occupe toute son île, ce rocher dans le ciel, où la Reine la retient prisonnière.

    Anna parvient parfois à franchir les murs du palais. Elle aime ce coin paisible qui n'a pas été dévoré par la pierre. Ici, en équilibre entre le ciel et la mer, assise sur l'herbe tendre, elle se sent libérée du joug d’Enola et se met à rêver d'une autre vie.

    De petits îlots aériens de mousse et de végétation folle gravitent autour de l'île-château. L'un d'eux plane à quelques mètres sous les pieds de la jeune fille. Amarré à la corniche, il accueille un jardinet fleuri. On y accède par une échelle de corde. 

    Anna pose ses pieds sur le premier nœud. Il faut être agile et ne pas avoir le vertige, car la pente est raide. Elle descend en s'agrippant à la corde, se laisse tomber sur le bout de terre parsemé de fleurs violettes et bleues luminescentes, puis s'allonge. L'herbe molle offre un lit parfait et confortable.

    Anna ne veut pas rentrer au château. Elle ne veut pas non plus dormir dans ses draps blancs tissés d'argent. Elle souhaite seulement rester ici, sous la Lune d'ivoire, dans la douceur de ce parterre fleuri, à s'enivrer des parfums capiteux et fruités de la végétation. Ses yeux se ferment.

    La brise lui caresse le visage. Puis de fines particules aussi légères et duveteuses que des plumes l'effleurent. Elles sont gelées. Anna tend la main vers le ciel. Il neige. À Edencarceron, il ne neige jamais, car il n'y a pas d'hiver. Juste un long printemps entrecoupé de phases automnales ou estivales.

    La seule fois où Anna avait pu quitter l'île-château, elle s'était rendue dans le village de Link, sur le haut rocher de Moonrich. Un festin avait été dressé sous les étoiles, en l'honneur de la Reine. Blottie près d'un grand feu de joie, la jeune fille s'était étourdie de légendes contées par un vieil Archange qui leur avait dit en regardant le ciel :

    — Il n'a pas neigé à Edencarceron depuis des centaines d'années. Si, un jour, un flocon a la chance de tomber sur le bout de ton nez, ce sera le présage d'un grand changement. Mais il peut être bon comme mauvais...

    — Balivernes que tout cela ! Cesse de radoter ! avait réagi fermement Enola en lui coupant la parole.

Ainsi, ce soir, il neige...

    « Peut-être que demain sera un jour différent... », pense Anna… "

 

 

 

Dessin12bis  

 

   " Je peine à ouvrir les yeux. Où suis-je encore, cette fois ? Une large étendue miroitante s'étire devant moi. Je n'ai jamais rien vu d’aussi beau. Brillant de mille feux, elle jette des reflets tantôt bleus, tantôt argentés. La mer ! c'est magnifique...

    J'effleure le sable humide de mes pieds nus. Le paisible ressac de l'eau vient de temps en temps mouiller mes chevilles. L'écume éclabousse mes jambes.

    Derrière moi se dresse la ville. Un cimetière d'immeubles. Des carcasses dépeuplées de béton. Leur surface réfléchit la faible lumière matinale.

    La grande Barrière est complètement éventrée. L'air qui s'engouffre entre ses flancs déchiquetés laisse échapper un sifflement étrange. Un râle triste et profond qui se mêle au clapotis des vagues.

    — C'est beau, n'est-ce pas ? dit une voix masculine derrière moi.

    Je continue d'avancer sans me retourner. J'ai bien peur d'avoir reconnu mon mystérieux visiteur. Je perçois le crissement de ses chaussures dans le sable. Il me suit.

    Un peu plus loin devant moi, deux enfants jouent sur la plage. Avec un bâton, le blondinet écrit dans le sable. Dès qu'ils me voient approcher, ils s'enfuient tous les deux en courant. Puis ils disparaissent et se transforment en écume qui fond aussitôt dans le sable chaud.

    Seules restent les lettres en majuscule que le garçon a formées sur le bord. Enfantines et grossières, elles se détachent les unes des autres : « The killer is still here».

    — Je veux te montrer mon trésor, murmure l'homme qui se trouve derrière moi.

    Son trésor ? Je m'attends au pire. La mer à ma droite recule. Avec horreur, j'aperçois le petit garçon blond dans son pyjama bleu. Son corps sans vie a été déposé sur le sable. Ses cheveux lui collent au front. Son poing droit serre un bijou et ne laisse dépasser qu'une chaîne en argent.

    — Reste là, m'ordonne l'homme.

    Les flots se retirent de nouveau, puis apportent une femme en chemise de nuit blanche qui flotte à la surface de l'eau : Tatiana. L'homme appuie fermement son pied sur son corps désarticulé pour empêcher que la mer ne le remporte. Ma mère ouvre de grands yeux verts et fixe le ciel. Je détourne le regard. Je ne veux pas voir les deux épaisses marques rouges qui maculent sa poitrine. Je ne veux pas voir son visage si doux que j'ai oublié.

    L'homme se baisse pour caresser ses cheveux.

    — Elle est si belle...

    — Vous êtes un monstre.

 

 

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Dessin18       

 

 "   Le sol carrelé se dérobe sous les pieds de Lilu. Elle tente de se rattraper à une dalle qui lui semble encore stable pour s'y cramponner fermement. Tandis que Timo s'approche le plus possible, la main tendue vers elle, la dernière dalle cède.

    La jeune Archange est emportée. Sa chute est inévitable. Horrifié, Timo la regarde tomber dans les profondeurs. Il n'a pas réussi à la sortir de là. Elle a volé la clé d'ambre sans pouvoir la lui remettre.

    Lilu glisse le long d'une surface froide, puis disparaît. Plus elle prend de la vitesse, plus l'orifice lumineux rapetisse au-dessus d'elle. Elle ferme les yeux. La descente est longue, insupportable, et semble ne jamais prendre fin. Lilu serre très fort les poings. Pas question de perdre son précieux butin !

    Elle atteint le sol quelques instants plus tard. Non, ce n'est pas le sol, car vu l'allure à laquelle elle est tombée, elle serait indubitablement morte en le percutant. En fait, c'est un matelas d'air gigantesque qui a amorti sa chute. Elle lève la tête : l'endroit où elle se trouve ressemble à un immense puits aux parois sombres. Il doit être très profond, puisqu'elle ne distingue qu'un microscopique point lumineux tout en haut.

    Elle descend du matelas, met pied-à-terre et range la clé dans une poche de son pantalon. Le fond du gouffre est dur et caillouteux.

    Elle entend un bruit derrière elle. Un petit objet brillant atterrit à son tour sur le matelas d'air et y rebondit. Elle le rattrape de justesse avant qu'il ne s'écrase au sol. Il s'agit d'un médaillon. Celui que Timo lui a envoyé. Elle va pouvoir sortir rapidement et facilement d'ici : cette perspective la remplit de joie. Il lui suffira de se téléporter, comme il le lui a appris.

    Les yeux fermés, elle serre fort la pierre bleue entre ses mains et choisit un lieu : le QG ? Non. Chez Timo, alors ? Non plus. Elle risquerait de tomber nez à nez avec son affreux père. Mieux vaut se rendre chez Kaïn : elle est certaine de l'y trouver. Elle visualise l'endroit dans sa tête, mais rien ne bouge. Pas de sensation d'être arrachée du sol. Toujours cette roche sous ses pieds. Lilu renouvelle plusieurs fois l'expérience, mais sans résultat. Elle garde son sang-froid. Le médaillon ne fonctionne pas ici. Mais peut-être marchera-t-il ailleurs... Elle l'enfile autour de son cou. Elle tentera sa chance plus loin.

    Elle emprunte le long tunnel rocheux qui s'ouvre devant elle.

    « Quel est donc cet endroit ? », songe-t-elle en bâillant.

    Elle manque d'oxygène. La lumière, elle aussi, se fait rare. Mais les yeux de l'Archange s'habituent très vite à l'obscurité.

    Après qu'elle a parcouru quelques mètres, une clarté bleutée, qui s'échappe des parois, inonde le couloir. Lilu fait glisser ses doigts sur ces surfaces brillantes. Contrairement à ce qu'elle pensait, les murs sont froids et humides. Elle vient de laisser les empreintes de sa main sur des vitres embuées. Elle s'en approche, essuie la vapeur condensée et ne peut retenir un hoquet de surprise : juste derrière le panneau en verre, dans une cavité creusée dans la roche, une femme brune la regarde fixement sans ciller. Lilu recule prestement. Dans sa tunique blanche, l'inconnue flotte mollement, les bras croisés sur sa poitrine. Elle est si mystérieuse avec ses longs cheveux qui ondoient dans cette luminescence bleue ! Elle semble plongée dans un profond sommeil… "

 

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      Dessin4

 

   " … Un spectacle hallucinant attend Timo à l’intérieur de la petite chambre qui s’ouvre devant lui.

    Une centaine de marionnettes se tiennent immobiles dans tous les coins de la pièce : sur la commode, sur le lit, au-dessus de l’armoire, suspendues dans les airs ou accrochées à une multitude de fils qui ondoient et bruissent mollement. Une diversité fascinante de jouets entoure Timo : des poupées de chiffon ou en porcelaine, des robots en plastique, des ours en feutrine, des bonshommes en bois, des animaux, des bêtes féroces de la préhistoire, des soldats en uniforme… La chambre est plongée dans la pénombre. Des bougies disposées un peu partout éclairent les visages cireux des poupées, et les marionnettes affichent une mine lugubre et inquiétante.

    Angoissé mais rongé par la curiosité, Timo s’engage prudemment à l’intérieur de la pièce. Il s’approche d’un petit chien marron qui pend devant son nez. Il détache par mégarde un fil avec son poignet : l’animal en bois se transforme en cendres et file entre ses doigts. Timo entend une série brève de claquements assourdissants qui résonnent dans la chambre. Rien de vraiment alarmant, si ce n’est que toutes les marionnettes ont tourné la tête vers lui : elles le regardent maintenant fixement.

    Timo s’agenouille pour ramasser à ses pieds un soldat bleu et rouge en fer. Enfant, il avait le même. Les fils trop fragiles qui le maintiennent debout se rompent, et le jouet termine lui aussi en poussière. Retentit alors une succession de bruits secs et perçants. Timo ressent une vive douleur dans ses mollets et ses bras. Les marionnettes se sont avancées d’un pas vers lui, et quelques-unes l’ont heurté violemment. Le calme est revenu, mais l’adolescent est convaincu qu’il doit absolument sortir d’ici.

    Timo recule vers la porte, écrase une locomotive en fer et la réduit en cendres. Le vacarme reprend et ne s’arrête plus. L’air menaçant, les marionnettes se ruent toutes vers lui en cliquetant. Dans son empressement à fuir, il coupe une série de fils. Une pluie de cendres s’abat sur lui. Une volée de ptérodactyles l’attaque par les airs. Il lève les bras pour se protéger et sectionne d’autres liens.  Aveuglé par le nuage de poussière, il tousse et tente de rejoindre la sortie. Assailli de tous côtés, il se précipite dans le couloir dans un fracas retentissant de craquements.

    Timo pousse de tout son poids sur la porte. Le bois vibre sous les charges répétées des pantins qui crient vengeance. Lorsqu’il réussit à la fermer, le vacarme s’évanouit immédiatement. Timo inspecte ses vêtements : il ne reste plus une seule trace de cendres sur lui. "

 

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"    Lilu ouvre les yeux. Elle s’était endormie sans s’en rendre compte. La pièce où elle vient de se réveiller n'a ni meubles ni fenêtres. Le plafond, les murs et le sol sont blancs.

    « Où suis-je ? »

 Elle se souvient alors qu'on l’avait emmenée chez cet homme qui sait parler sa langue. Apparemment, il voulait la faire chanter.

    « Je dois partir au plus vite. Il faut que je retrouve Timo. »

 Elle appuie sa main sur la poignée de la porte et tente de l’ouvrir. Impossible : c’est verrouillé. Il n’y a rien dans la chambre qui lui permette de forcer la serrure. Elle s’assoit dans un coin pour réfléchir.

    Un gardien finit par venir pour lui apporter à manger.

    — Le repas est servi, annonce-t-il dans une langue qu'elle ne comprend pas.

    Il dépose un plateau avec du pain, une assiette de pâtes, un verre d’eau et une fourchette.

    — Dis donc, il se fait plaisir le Boss, avec une fille comme toi…

    Il se penche vers Lilu et approche ses doigts pour toucher son visage. Elle réagit immédiatement en plantant violemment sa fourchette dans sa paume. Il hurle de douleur. Du sang perle sur ses doigts.

    — Espèce de…

    Elle lui décoche un coup de genou dans la mâchoire et abat le tranchant de sa main sur sa tempe. Sonné, le gardien ne bouge pas quand elle lui dérobe son poignard et arrache d’un coup sec le trousseau de clés accroché à son cou. Elle bondit et s’élance comme une flèche vers la porte. Il se relève péniblement. Elle sort. Il titube et zigzague vers elle. Elle pèse de tout son poids sur la porte qu’elle verrouille avec dextérité. Il tambourine dessus pour défoncer la serrure.

    Elle est déjà loin quand elle entend son râle de colère s’élever derrière elle…"

 

   Dessin11

 

" Ma peau est gelée. Je suis allongé sur un sol glacial… Je reprends connaissance. Je pose ma main sur cette matière molle. De la neige.

    Je prends appui sur mes bras transis pour me relever.

    Le paysage que je découvre n’est qu’une étendue blanche sur laquelle est construite une petite maison en bois. Juste derrière elle s’étire une épaisse forêt de sapins. Je n’avais jamais vu autant d’arbres… Je lève la tête vers le ciel laiteux et lumineux. De légers flocons de neige tombent par milliers… Le vent qui souffle entre les branches des arbres nus crée une angoissante sonorité. Il me glace la peau. Où suis-je ?

    J’entends des rires : un peu plus loin, deux enfants blonds jouent. Je m’approche : ils construisent un bonhomme de neige.

    Je suis près d’eux à présent. Pourtant, ils ne m'ont pas remarqué… La fillette et le petit garçon se ressemblent comme deux gouttes d’eau et paraissent avoir le même âge.

    Puis quelqu’un les appelle, une femme qui sort de la maisonnette… Je tends l’oreille pour saisir ce qu’elle dit. Mais même si sa voix porte parfaitement jusqu’à moi, je ne comprends absolument rien… Comme si elle parlait une langue inconnue.

    Les deux enfants se précipitent vers celle qui semble être leur mère. La fillette fait soudain demi-tour pour venir chercher le gant qu'elle a égaré au pied du bonhomme de neige. Avant que je n’aie le temps de me baisser pour le ramasser et le lui remettre, elle le récupère à mes pieds, sans même daigner lever les yeux vers moi.

    Ma vue se brouille. Tout devient flou ; les voix, presque inaudibles. "

 

 

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   " — Tu t'occupes de la blonde, dit Katia. Je me charge de la brune.

    Gwen, la blonde, est armée d'une longue chaîne au bout de laquelle est accroché un boulet en métal surmonté de pointes en fer. Raven serre les poings : elle a du mal à supporter les fréquents craquements d'os de son adversaire. Elle tient son sabre devant elle, prête à se défendre.

    Un petit sourire espiègle aux lèvres, Gwen empoigne fermement la chaîne des deux mains et fait rapidement tournoyer le boulet au-dessus de sa tête. Raven recule. La fillette aux tresses blondes retire une main de la chaîne : la sphère métallique est propulsée en avant. L'Engel l'évite de justesse. Le lourd projectile vient frapper le mur, à droite de son épaule blessée. Raven assène un coup de sabre sur la chaîne, mais celle-ci est trop épaisse pour être brisée. Gwen tire sur le lien en fer : le boulet fait tomber l'épée de son adversaire à un mètre d'elle. Raven tente de récupérer son arme, mais son assaillante, plus vive, envoie de nouveau le boulet en avant. Raven se baisse rapidement, les pointes du fléau en métal passent à quelques centimètres de son visage.

    « Je ne vais pas tenir longtemps comme ça », pense-t-elle…  "

 

 

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  "  … C’est alors que les portes en verre du bâtiment volent en éclats : une moto de course en métal brillant noir et bleu atterrit dans le hall dans un vacarme assourdissant. Elle fonce vers l’attroupement, et tous s’écartent pour ne pas se faire renverser. Son pilote, en combinaison noire et casque intégral bleu foncé, attrape Lilu par le bras.

    — Dépêche-toi ! Grimpe ! lance-t-il.

    Lilu profite de la confusion générale pour se dégager de l’emprise de ses assaillants. Elle s'installe rapidement derrière le conducteur en s’agrippant à lui. La moto vire brusquement sur le côté, tourne, rugit, puis repart vers les portes de verre brisé. Les gardes tirent sur eux. Lilu se baisse et enfouit son visage dans le blouson noir de son sauveur. Une balle lui effleure la jambe. La jeune fille réprime un gémissement de douleur.

    Leur moto quitte l'immeuble et s’élance sur la Grand-Place pour rejoindre ensuite l'avenue principale. Deux hommes enfourchent des motos blanches et noires, stationnées devant l’entrée. Ils démarrent et rattrapent rapidement l’équipage en fuite.

    Prise en étau entre les deux grosses cylindrées de la mafia, la moto des deux jeunes gens penche dangereusement sur le côté. L’engin qui la serre à droite se renverse sur le flanc droit, dérape sur plusieurs mètres, puis s'immobilise. Le sauveur de Lilu redresse brusquement sa moto avant qu’elle ne chute, et reprend de la vitesse. Alors que l’autre conducteur le talonne toujours de très près, il s’engage dans une ruelle sombre et accélère. Il semble ignorer que cette voie est sans issue : à plusieurs centaines de mètres, un mur bloque le passage. Juste avant l’impact, il vire en dérapage contrôlé et repart bruyamment en sens inverse. Son poursuivant, qui n’a pas été assez rapide, s’écrase contre le mur.

    Sortie de la ruelle, la moto des fugitifs se dirige vers la Grand-Place et entre dans un parking souterrain. Son conducteur arrête le véhicule et en descend. Il tend la main à sa passagère pour l'aider. Elle ignore son geste et saute à terre. Il retire son casque.

    — Je m’appelle Kaïn.  "

 

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Mes principales sources d'inspiration, qui m'ont permis d'écrire ce roman :

 

♦ Le cinéma

 

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Des films comme Matrix ou Inception m'ont beaucoup inspirée. Et j'ai particulièrement aimé la série "The lost room".

Mon principal défi est de développer un style d'écriture assez "cinématographique", à mi-chemin entre un scénario et un style "visuel". Le lecteur aura ainsi l'impression de voir un film se dérouler devant ses yeux lorsqu'il le lira. 

 

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♦ Les mangas

 

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J'avais commencé mon projet sous forme de manga, lorsque j'étais au collège, avant d'abandonner cette voie et de remanier l'histoire pour en faire un roman.

 

♦ L'art

 

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Le tome 2 est en cours d'écriture.

 

 

 

Why fund it?

La collecte permettra de financer :

 

- la couverture du roman (réalisée par Morgane H) : 80 euros,

 

- le référencement annuel sur le réseau Hachette Livre, Chapitre.com, Amazon.fr et Fnac.com : 108 euros par an pour que les lecteurs puissent commander le roman sur internet.

 

- la promotion du livre auprès des journaux, magazines culturels, libraires. Un certain nombre d'exemplaires seront prêtés et ne seront pas rendus. Je pense qu'il me faudra en commander une cinquantaine (prix auteur d'un exemplaire : 16,10 euros) : 805 euros. Je finance moi-même l'impression de mes exemplaires pour assurer la promotion, il n'y a aucun stock, et je ne dispose d'aucun exemplaire. Les livres sont imprimés uniquement sur commande.

 

- la participation au salon de Paris 2014 sur le stand Bookelis : 150 euros.

 

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Helka Winter

Je suis une jeune auteure française de dix-spet ans qui vit à Toulouse. "Engels Düster" est mon premier roman. Je me passionne aussi pour le dessin, le cinéma, les mangas et la musique.