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EPOPEES

Aidez nous à terminer "ÉPOPÉES" , un film chanté réalisé par Aurélia Barbet et Pierre Azaïs.

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Présentation détaillée du projet

 

 

 

 

ÉPOPÉES est un documentaire chanté qui raconte un quartier de Marseille : La Joliette. Des trouvères aux chansonniers de la commune, la chanson est le reliquaire de la mémoire collective, l’expression de la culture orale qui, sans elle, aurait disparu. Le désir de raconter en chantant vient de cet héritage et de la volonté de faire entendre autrement les histoires.

 

 

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Tournage séquence MARCHEROT. Chrystophe, Aurélia, AAron et Pierre avec son tuba.

 

 

Aurélia Barbet filme ce coin de Marseille depuis quatre ans. La Joliette, quartier d’arrière port en pleine mutation dont la mémoire s’accroche ici et là à quelques façades qui résistent aux pelleteuses.

 

Les chants d’Epopées sont ceux des habitants du quartier, qui chantent leurs histoires. Il y a ces chants du présent mais aussi ceux de la mémoire : celle, ouvrière des dockers, celle des activités portuaires, du Marseille des années 30, lorsqu’Albert Londres parlait du port comme d’un grand seigneur du large, d’un phare qui balaye les cinq parties de la terre.

 

Un marin, un vieux docker, une commerçante retraitée, un mécanicien, un urbaniste ou encore une couturière…ce sont les « personnages » du film.

 

 

Mario

 

C’est au Seamen’s club, un foyer pour marins situé dans l’hôtel des gens de mer que je rencontre Mario pour la première fois. I

Indiens, indonésiens, grecs, philippins, ces hommes en escales venaient deux fois par semaine boire une bière et parler avec leur famille sur Skype.

 

Mario travaillait en tant que mécanicien sur l’Atlantic star. Un paquebot de croisière ancré au large de la digue du nord depuis trois ans, dans l’attente d’un acheteur… Il m’invite sur son bateau.

Dans un dédale de couloirs sans fin, il me guide jusqu’à la salle des machines : son lieu de travail. Depuis sa cabine, surchauffée par les moteurs, il peut voir la mer. Il me parle de sa vie de marin. Ce “mal du pays” qui envahit chaque marin la première fois qu’il embarque. “Après tu t’habitues, c’est juste la première fois qui est dure. Mais pour la nouvelle génération, c’est plus facile, avec internet ”. Ça va faire15 ans que Mario est sur les mers. 8 mois par an. “Tout le monde pense que la vie d’un marin c’est l’aventure, mais non, ce n’est pas ça. C’est dur d’être sur une terre qui ne reste jamais en place. On fait tous ce travail pour l’argent”

 

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Mario qui regarde Marseille depuis le pont de l’Atlantic Star.

 

Sur le long pont en teck du paquebot, Mario rejoint l’équipage. Le temps d’une partie de ping-pong ou d’avaler un morceau de poulet grillé. Ils sont une trentaine à bord. Cuisiniers, mécaniciens, constructeurs, infirmiers. Ils « gardent » le bateau en état. Ils tuent le temps. C’est la première fois que Mario est dans cette configuration étrange : être sur un bateau qui ne bouge pas. Il n’a pas plus de temps libre pour autant et c’est depuis le pont qu’il regarde la ville. “ C’est comme dans un rêve : la ville est devant moi mais je ne peux pas l’attraper”.

 

Je fais un entretien avec Mario et nous écrivons avec Pierre quelques couplets et un refrain à partir de ses mots. Après quelques rendez-vous ratés au Seamen’s club, Mario arrive un soir avec une guitare. Il fait nuit noire lorsque nous nous installons dans le jardin pour improviser sur la chanson. Pierre commence un rythme à la guitare, je tiens un briquet devant les pages de la chanson. Après quelques essais laborieux, Mario, jette les pages au loin, prend sa guitare et suit les accords de Pierre en improvisant une chanson à sa façon. Il se réapproprie ses mots, il le fait à sa sauce. Je sais qu’à l’image ça ne donnera rien mais l’instant est assez magique au son. Et puis Mario rentre à Manille le lendemain, c’est maintenant ou jamais…  

 

 

ANDRE

 

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André répare une voiture dans une rue de Forbin, à la Joliette.

 

 

Je ne donne pas d’âge à André, et lorsque je lui demande, il renvoie ma question d’un mouvement de main. Il a débarqué à la Joliette il y a 20 ans de cela. Quittant son Alger natal, sa famille et ses amis.

Là-bas, il était chauffeur puis routier puis mécanicien.

 

A l’époque, la Joliette regorgeait de mécaniciens en tout genre. Certains travaillaient dans des garages avec enseigne, d’autres dans des box donnant sur la rue, et d’autres encore étalaient leurs outils qu’ils trimballaient dans un grand sac.

Dans la rue de la Joliette, il y avait des pieds qui sortaient de dessous les voitures tous les deux mètres. Un immense garage à ciel ouvert ! André s’est équipé. Quelques clefs, un peu de graisse et son savoir-faire : il a réparé pendant dix ans toutes les voitures du quartier.

 

S’il vit à présent dans le quartier Saint Gabriel, il continue son activité avec son « garage mobile ». Un morceau de bambou qui tient le coffre de sa voiture ouvert : tous les outils dont il peut avoir besoin sont à sa disposition. Du savon noir et un « robinet maison » sont aussi pensés pour l’organisation…

 

André m’a invité chez lui. Sur sa petite terrasse encombrée de deux ou trois moteurs en attente de réparation, il m’a offert un thé parfumé avec la menthe qu’il fait pousser dans un gros pot en terre. Il me chante une vieille chanson algérienne. Sur l’histoire d’une fille qui va se marier…

 

André me raconte ses années à la Joliette, le travail, les fêtes, les astuces pour rester là sans papiers… Il a attendu 20 ans pour avoir ses papiers. Il vient de les recevoir.

André me dit qu’il veut bien être dans le film mais qu’il ne veut pas chanter. Il me dit qu’il ne sait pas chanter… Je lui fais écouter l’enregistrement de la chanson en arabe, qu’il chante magnifiquement. “C’est pas pareil” dit-il. Je lui explique que ce n’est pas un film avec des chanteurs, mais avec des habitants qui chantent, ce qui n’est pas la même chose. Je lui propose aussi de chanter avec lui et de faire des répétitions avec Pierre. Il est partant…

 

Avec Pierre,  on écrit une chanson et on monte sur un toit d’immeuble avec André pour enregistrer. Le visage d’André avec la mer et la Joliette derrière lui. C’est très beau.

 

NINON

 

 

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Ninon et Aurélia, chez Ninon.

 

 

C’est dans l’immeuble Massabo que Ninon habite. Elle y vit avec son mari René.

Dans une des pièces de l’appartement, il y a un piano, une guitare, un orgue, des cassettes et partitions dans tous les sens.

Ninon est d’origine sicilienne. Elle a toujours vécu dans ce quartier, même si elle a fait un passage par la capitale pour coudre des parachutes dans une usine.

 

Lorsque je la rencontre, elle m’invite dans son antre et appuie tout de suite sur le bouton marche d’un vieil appareil à cassette : Ninon miaule et aboie au rythme d’un air de piano entrainant. Un chat et un chien se disputent. Elle rigole de son improvisation.

Assez vite elle se met au piano et me chante des chansons qu’elle a composées. Il doit y en avoir une centaine. Il y en a une que je trouve magnifique et qui m’obsède les jours suivants. Je la fredonne le matin au réveil, je cherche les accords au piano, je chante le refrain en boucle. “Dis Ninon” : c’est le titre.

 

Elle me raconte l’avoir écrite un jour de grand mistral, alors qu’elle descendait les escaliers de la gare Saint Charles. Elle venait d’apprendre une mauvaise nouvelle, elle était bouleversée et elle a raté un rendez-vous galant. “ Dis Ninon, qu’est-ce que tu as ce soir, dis Ninon, tu passes sans me voir…c’est à cause du vent qui souffle, qui renverse tous les décors, c’est à cause du vent qui souffle…”

 

Je lui demande de m’apprendre à la jouer. Nous la jouons ensemble et puis je lui apprends une chanson d’Elvis Presley que je lui ai joué le jour de notre rencontre et qu’elle aime beaucoup. C’est Blue Moon. Ninon est capable de jouer pendant des heures, de passer d’une chanson à l’autre, d’être dans cette fièvre de la musique. Lorsqu’elle lève ses mains du piano pendant quelques  secondes, et qu’elle pense à la chanson suivante, je la trouve magnifique.

 

Ninon me raconte sa vie, son métier de couturière, ses origines sicilienne. Lorsqu’on travaille avec Pierre à l’écriture d’une chanson pour Ninon, on se dit assez vite que c’est dommage de la faire chanter sa vie alors même que ses chansons le font très bien. On décide alors autre chose : c’est nous qui allons lui chanter une chanson, pour elle, comme on chante une sérénade à quelqu’un. Pierre a un piano à roulette : il posera l’instrument en bas de sa fenêtre et il jouera et chantera cette chanson depuis le parking en bas de l’immeuble. ça plait beaucoup à Ninon.

 

Pour la peine elle cherche dans ses milliers de cassette un enregistrement qu’elle veut me faire entendre : au milieu de ses sacs plastiques et des coussins roses, elle enclenche le magnétophone : la voix de Pavarotti envahit la pièce. Il fait un temps magnifique, on va se promener dans le quartier.

 

 

…Et puis Jo, ancien Docker, Madame Rosso, commerçante retraité et Jean Philippe l’urbaniste qui chante l’histoire du quartier : Joliette blues

 

 

Dans le film, il y a aussi Jean, le seul personnage de « fiction ». Jean est un jeune homme qui vit à Noailles, un autre quartier de Marseille. Son allure de docker,  son franc parler m’ont donné envie de le faire chanter les chansons de « répertoire » qui traversent le film : Une chanson de marins : Marcherot (voir en extrait) ; un opérette d’Alibert : Miette,  qui parle de la Joliette et un slam sur un texte écrit à partir du livre de Claude Mc Kay : Banjo.

 

Ces chants, ces vies se croisent, se mêlent aux images du quartier qui se transforme. Déambuler dans la rue et chanter nos existences, comme pour charger les pierres et le béton de notre passage, de nos histoires qui, même sous un tas de gravas que les pelleteuses entassent ici et là, laisseront une trace, diront la vie qui bat envers et contre tout.

 

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Panneau publicitaire, la Joliette.

 

Deux Chansons du Film:

 

Chanson écrites pour NINON : Ni oui Ni Non

 

Ma “référence” pour Ninon, c’était Bobby Lapointe. J’avais ses chansons en tête souvent avec elle. Ça a donné ça.

 

ça lui plaisait bien le solfège

Et dès sept heures du matin

Même si c’était pas facile

Elle allait prendre à domicile

Des cours de port et de maintien

Mais non Crétin !

Des cours de piano à deux mains

 

Demain ? Il paraît qu’il ne faut jamais remettre à demain ce qu’on peut faire tout de suite ! Moi je dis Ni oui ni non

 

Deux mains qui s’activent dès huit heures

Elle court pour aller travailler

Et pour courir on a beau faire

Deux mains ça ne vaut pas deux pieds

Au boulot c’est tout pour la tête

Elle est payé pour fabriquer

Des casques et des chapeau de paille

Et faire ça des jours entiers

On finit si on fait pas d’piano

Par travailler du ciboulot

 

Alors là, la rime de boulot avec ciboulot C’est quelque chose J’travaille peut être du chapeau Ni oui ni non

 

Les cours de musique s’enchainent

Clef de sol clef de fa de do

Mais ça suffit pas la musique

Pour acheter des bigorneaux

Le train bleu file qui l’emmène

A Paris où le ciel est gris

Et même si c’est pas folichon

Elle se console chez Fauchon

 

C’est un beau point de chute Fauchon Faudrait peut-être un parachute Ni oui, ni non

 

Aujourd’hui retour à Marseille

Et un jour s’il fait très beau

Si vous passez vers la Joliette

Si vous passez sous ses fenêtres

Vous l’entendrez jouer du piano

Les notes s’enchainent facile

C’est un concert à domicile

 

Elle écrit des textes de style Qu’elle chante sur des textes de tango De valse ou bien de fandango ça lui donne un sens à sa vie Elle est inouï…Ninon !

 

 

Chanson pour MARIO

 

When I was joung I never really dream of becoming a sailor

It was’t my dream, to work on a ship But as life has let me to this king of job

Here I am now I become a sailor myself

But there is not regret I’m hère for the money

 

I’ve been in most part of the world I visited every city in the world

 

Some people think that what we do in a ship is kind of exiting job But no it‘s not… It’as really hard to be working on a ground that never stay still

When you work on a ship, you can always expected the ground is moving, all the time

But like I said We’re all hère for the money

 

When i was really Young, I dream of becoming a Rock Star A Rock star like this Yeaaahhaaaaa !

À quoi servira la collecte ?

PRODUCTION

 

Le film est coproduit par La Cité-maison de théâtre et 529 Dragons production.  Il a reçu le soutien de : la ville de Marseille, le CG 13, la région PACA, Acsé dans le cadre de la politique de la ville, la Drac Paca dans le cadre du plan espoir banlieue et la caisse des dépôts et consignations.

Ces aides ont permis le financement du tournage et du montage du film. Le montage commencera fin septembre 2015 et sera assuré par Agathe Dreyfus et Aurélia Barbet..

 

Pour finir le film dans de bonnes conditions, ils nous faut trouver 3500 euros.

 

L’argent récolté servira à ce travail de post-production :

 

Montage son et mixage : 2400 euros (8 jours) Étalonnage : 900 euros (3 jours)  

Une date de projection est déjà prévue : Le 15 mars 2016, au théâtre de la minoterie, à la Joliette.

 

Si d'aventure, la collecte dépasse les 3500 euros, l'argent supplémentaire servira à la fabrication d'un DCP. (format pour une projection en salles)

 

D’avance un grand merci à vous tous !!

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UN MOT SUR LES RÉALISATEURS Aurélia Barbet vit et travaille à Marseille. Elle a réalisé une dizaine de film de fiction et documentaire, dont PASSER L’HIVER, long métrage sortie en salle en 2014. Elle écrit actuellement son deuxième long métrage. Ici bande annonce de Passer l’hiver.... Voir la suite

Derniers commentaires

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coucou c est partie !!!! ma belle !!! j ai cloture ton projet et j en suis ravie!! ben
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Bravo Aurélia! C'est une toute petite contribution pour un talent immense ! pardon. fais-nous un beau film, une épopée! Alain
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Cantare ohoh cantare ohoh ohoh dans les rues de la Joliette