Participez à une étude anthropologique du vêtement en Côte d'Ivoire, à mi-chemin entre tradition et mondialisation.

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Présentation détaillée du projet

Pour la première fois, une étude anthropologique s’intéresse à des objets qui n’appartiennent pas à une tendance médiatique. Ici, l’objet en question est le vêtement. Abidjan est une des plus grandes villes africaines, elle est un lieu de transit entre la côte ouest de l’Afrique et l’Atlantique, soit une ouverture sur le monde. 

 

Fascinée par l’Afrique, je me suis vite rendue compte que le continent est loin des stéréotypes diffusés à travers les médias. J’ai toujours eu cette volonté de voyager, de parcourir le monde et c’est depuis le début de mes études, que j’ai eu la chance de visiter des terres plus ou moins lointaines… Dans le cas présent, je ferai escale durant un peu plus de deux mois dans le pays où est né mon père : la Côte d’Ivoire.

 

Suivez mes aventures au pays de mes origines…

 

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Mon père et sa mère, Abidjan, 1966

 

Qui suis-je ?

 

Je suis Anastasja, j’ai 21 ans et je suis passionnée par les voyages depuis toute petite. J’adore partir à l’aventure et rencontrer de nouvelles personnes ici comme ailleurs. C’est pour ça que je me suis orientée vers des études d’anthropologie. Avec cette discipline, j’ai l’occasion d’en apprendre plus sur les diverses sociétés du monde.

 

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J’ai obtenu une licence d’anthropologie à l’Université Aix-Marseille, et maintenant, j’étudie en master à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Après trois ans d’études théoriques, j’arrive au stade de la pratique. L’année dernière, j’ai passé six mois au Danemark grâce au programme Erasmus. Cette année, je suis partie en stage deux semaines au Maroc, ce qui a confirmé mon envie, ma pulsion pour les voyages.

 

 

Durant mes études, j’ai toujours été fascinée par le Brésil et l’Afrique de l’Ouest. Avec l’anthropologie, j’ai pu découvrir différentes cultures, différentes religions, différentes pratiques corporelles (danses, chants, rituels), ainsi que différentes pratiques culinaires… 

 

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Aujourd’hui, après quatre années d’études, je commence à être spécialisée dans l’anthropologie africaniste, notamment dans la zone d’Afrique de l’Ouest. Cette année, je partirai enfin, après plusieurs années d’attentes en Côte d’Ivoire. 

 

Le plus gros problème de l’anthropologie française est qu’elle reste encore très ancrée dans une perspective coloniale. Les études faites sur le continent africain s’articulent sur trois grands axes : les systèmes politiques (dictatures, corruptions, génocides etc.), les problèmes sanitaires (épidémies, problèmes d’hygiène dans les hôpitaux etc.) ou encore le développement dans sa dimension humanitaire ou environnementale. De la sorte, malgré son objectif scientifique, l’anthropologie contribue à perpétuer les stéréotypes sur l’Afrique. 

 

Afin de m’éloigner de cette mode scientifique, j’ai choisi d’étudier un phénomène très simple, qui se résume en un question basique : comment s’habillent les abidjanais ? 

Contrairement à des phénomènes marginalisés comme la Sape au Congo, je m’intéresse aux pratiques vestimentaires des individus à Abidjan, dans leur quotidien. Afin de rendre compte de ces pratiques, j’aimerais établir ce qu’on appelle une anthropologie historique. L’idée serait d’effectuer une chronologie de ces pratiques depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire en 1960. 

 

Pourquoi le vêtement ?

 

Les pratiques vestimentaires sont universelles. Quelque soit le lieu où nous nous trouvons sur Terre, les individus se vêtent d’une façon ou d’une autre. Qu’il s’agisse d’une enveloppe textile, d’un tatouage, d’une scarification ou d’un maquillage, tous les êtres humains portent quelque chose sur le corps. Les bijoux, par conséquent peuvent être considérés comme des vêtements, au même titre que les chaussures ou bien les couvre-chefs. 

 

Je l’ai évoqué précédemment, les études anthropologiques se focalisent sur des stéréotypes coloniaux. De nos jours, la Côte d’Ivoire c’est : des guerres civiles, des élections présidentielles douteuses et chaotiques, des attentats ou encore une ancienne colonie française. 

Or, à bien réfléchir, nous pourrions dire que la France, c’est un pays qui se déchire socialement et victime de terrorisme. Pourtant, nous savons bien qu’il s’agit de bien plus que cela, que les médias alimentent des discours haineux envers les Autres. Aujourd’hui, nous faisons parti d’un tout, avec la mondialisation, la planète est un circuit d’échange constant, de flux. 

 

De cette idée, l’étude du vêtement (enveloppe textile uniquement) à Abidjan permettrait de rendre compte d’une situation réelle, éloignée des projections stéréotypées. Une de mes ambitions serait de participer aux mouvements qui essaient de rendre à l’Afrique, sa véritable identité, loin de ce que l’on nous fait croire. J’ai choisi le vêtement, comme j’aurais pu choisir la cuisine… 

 

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Pour moi, le vêtement permet d’illustrer des phénomènes de sociétés. Quittons un instant la Côte d’Ivoire pour l’Iran. Il est possible de voir l’impact d’un phénomène social, politique ou économique sur nos pratiques quotidiennes. L’exemple le plus marquant, serait pour moi le cas de l’Iran au XX° siècle : avant 1979, les femmes iraniennes s’habillaient et se maquillaient de la même façon qu’en Occident. Avec la révolution et l’imposition d’une dictature religieuse, ces mêmes femmes ont arrêté toutes pratiques corporelles identiques aux pratiques occidentales. Du rouge à lèvre flashy et du mascara,  elles sont passées au tchador. Avec les années, ce tchador noir s’est transformé en foulard, coloré, et une certaine esthétique s’est développée. 

 

Pour en revenir aux vêtements en Afrique de l’Ouest, j’aimerais étudier les changements de ses pratiques au cours des décennies. Avec les circulations depuis les années 1960, on peut retrouver différentes influences dans les pratiques vestimentaires : s’habiller à l’occidentale, préférer un habit traditionnel, ou bien innover en mélangeant un style occidental aux matières, couleurs, motifs associés aux traditions ouest-africaines. Ainsi, un pagne peut se transformer en robe. 

 

Pourquoi la Côte d’Ivoire et Abidjan ? 

 

Ce choix est la cause de deux origines différentes. La première raison pour laquelle j’ai choisi la Côte d’Ivoire est personnelle et sentimentale. Dans les années 1960, mon père est né à Abidjan, d’une mère ivoirienne et d’un père français. Avec la décolonisation, les métisses étaient mal vus, ainsi, mon père est venu en France très tôt, sans jamais pouvoir retourner dans le pays où il est né. De la sorte, mes origines africaines m’ont toujours poussé à en savoir plus sur les autres, les voyages… C’est probablement un de ses facteurs qui m’a entrainé vers des études en anthropologie. 

 

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Mon grand-père dans les années 1960

 

 

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Ma grand-mère et mon père, à Abidjan, 1966

 

La deuxième raison pour laquelle j’ai choisi Abidjan est plus stratégique. Aujourd’hui, la ville n’est plus la capitale de la Côte d’Ivoire, cependant, elle reste un point d’attache privilégiée en Afrique de l’Ouest. On la surnomme même la Manhattan africaine. C’est une ville portuaire, qui permet un accès à l’Atlantique, mais aussi aux terres ouest-africaines (telles que le Burkina Faso).

 

Ainsi, pour ce terrain, je pourrais d’une part réaliser un rêve d’enfance, mais aussi, je pourrais effectuer une recherche anthropologique où le lieu est plus que stratégique. 

 

Quelles études du vêtement à Abidjan ? 

 

Ma recherche serait orientée sur plusieurs axes : brosser une chronologie des pratiques vestimentaires depuis l’indépendance afin de voir les diverses influences (coloniales, néo-coloniales ou encore issus de diverses cultures), analyser la question du corps et de ses représentations (ce que l’on cache et ce que l’on montre) dans l’espace intime et dans l’espace public (y compris lors des grands évènements de la vie tels que les naissances, mariages et décès), analyser l’objet textile en lui-même (matière, couleurs, motifs, mode d’acquisition, entretien etc.) et voir comment les pratiques du passé influencent les pratiques d’aujourd’hui en questionnant cet aspect du métissage par le vêtement. 

 

Intérêt, originalité du projet : 

 

Cette étude sur le vêtement n’a jamais été réalisée en anthropologie africaniste. Les seules études existantes à ce jour sur les pratiques vestimentaires, ne concernent que les phénomènes marginaux (notamment, la pratique de la Sape au Congo). Le regard que je souhaite poser sur cette étude n’a pas pour objectif d’effectuer une chronologie des modes par décennies ou années. Bien entendu, la mode a une certaine importance dans cette étude, mais elle n’est pas son objectif primordial. 

De ce fait, s’intéresser à des pratiques du quotidien, des pratiques banales est quelque chose de rare dans la recherche scientifique. La tendance est d’étudier des phénomènes visibles voir trop visibles afin de capter une attention médiatique. Ce n’est pas ce que je cherche à faire dans cette étude, bien au contraire. Petit à petit, retracer les pratiques vestimentaires des abidjanais au quotidien, permettrait de reconstruire une identité effacée par les médias internationaux. 

 

Quelle serait mon approche sur le terrain ? 

 

Il faut savoir une chose essentielle : l’anthropologie se définit à partir du terrain, ainsi, on ne peut affirmer une chose qu’une fois après l’avoir observé par nous-même. Les livres et les théories sont nécessaires dans les études scientifiques, cependant, on ne peut se baser que sur ces écrits pour effectuer notre propre recherche. 

 

Ma première année de master m’a permis d’étudier des textes se rapportant de près ou de loin à mon étude. Aujourd’hui, il est temps de passer à la pratique. Une fois sur le terrain, j’effectuerai des entretiens avec des abidjanais. Ils m’ouvriraient les portes de leur placard et ainsi, j’aurais accès à leur garde-robe. Sur place, j’aurai accès aux archives de la ville (notamment les archives portuaires) et pourrai voir les mutations de l’agglomération depuis les années 1960. Le croisement des archives et des discours recueillis sur place permettrait de voir les discordances et les concordances entre un discours officiel (administration) et un discours officieux (de la rue). 

 

Afin d’illustrer ces pratiques vestimentaires, j’aimerais effectuer une série de photographies. Ces photos donneraient lieu à la mise en image des vêtements, ainsi que leurs propriétaires dans une réalité tangible. 

 

Retombées du projet : 

 

Les conséquences de cette enquête de terrain ne sont pas négligeables. Dans un premier temps, cela  entrainerai la poursuite de mes études en bonne et due forme, étant donné que la pratique du terrain est obligatoire en anthropologie. Cela me permettrait de valider mon mémoire de master après cinq années d’études et je pourrais ainsi, me projeter dans un avenir doctoral. 

 

Dans un second temps, après cette expérience intensive de terrain, je pourrai commencer à contribuer à la littérature scientifique, en écrivant un premier article publiable dans des revues scientifiques. 

 

Dans un troisième temps, cette première visite en Côte d’Ivoire participera à la réalisation du rêve de mon père (mais également le mien), de retourner au pays d’origine. 

 

À quoi servira la collecte ?

Si je fais appel à vous aujourd’hui, c’est parce que le milieu universitaire n’accorde pas de bourses d’études en anthropologie au niveau du master. Seuls les doctorants possèdent des financements. 

De nombreux étudiants en master se retrouvent en difficultés pour financer leurs projets d’études. 

 

Mon objectif serait de collecter une somme de 900€. Cette somme correspond à : 

- un billet d’avion aller-retour d’une valeur de 700€

- le visa et une carte de séjour pour trois mois à la hauteur de 130€ (50€ pour le visa et 80€ pour la carte de séjour) 

- la vaccination obligatoire contre la fièvre jaune non remboursable au montant de 50€

 

Les autres frais relatifs au voyage sont pris en charge par mes propres économies effectuées lors de travaux saisonniers dans la restauration en 2015 et 2016. 

 

En outre, le voyage durera deux mois, de mi-août 2016 à la fin du mois d'octobre 2016. Sur place, je logerai chez une collègue anthropologue, ce qui me permettra d'éviter les frais hôteliers élevés. 

 

Les frais présentés ci-dessus sont les plus urgents, mais si par chance nous arrivions à dépasser ce budget, cela me permettrait d’investir dans un appareil photo de qualité afin de pouvoir prendre toute la série de photographies présentées précédemment. Tout autre don supplémentaire serait encourageant pour la poursuite de cette recherche anthropologique. 

 

Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire cette proposition de projet d’étude. 

 

Anastasja 

 

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Je m'appelle Anastasja, j'ai 21 ans, je suis étudiante en master d'anthropologie à Paris. Je suis une optimiste compulsive. Je suis passionnée par mes études, par les voyages et par l'aventure

Derniers commentaires

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Chers contributeurs, il ne reste qu'une semaine avant la date limite du projet, et il reste encore 670€ à récolter. Le projet a été posté trop tard sur internet puisque les grandes vacances ont débuté au même moment. Je vous remercie d'avoir cru en mon projet, qui ne tombe pas à l'eau, mais qui sera plus difficile à mettre en place. Mon départ pour la Côte d'Ivoire est le jour de la date limite du projet, je vous invite tout de même à consulter le blog mis en place pour l'aventure. Je publierai le lien vers le blog d'ici la semaine prochaine. Bien à vous, Ana
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En espérant qu'ensemble, nous écrirons cette étude pour les générations de demain... Pour demain l'Afrique. Merci à vous de tracer le premier mot.....
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Et voici 20 euros de don de ma part en plus! On progresse!! Ton projet va marcher!! :)