L'impression du numéro 70 de la revue Mouvement (juillet-octobre) est bloquée. Pour le publier, nous devons réunir d’urgence 8 000 €.

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The project

 

 

Le tout premier numéro, en 1993, parlait d’une « revue en chantier ». 8 pages, en noir et blanc, 5 000 exemplaires vite épuisés. Pour commencer, il n’y avait pas un kopeck, pas de « business plan », mais juste du désir, de l’énergie, une passion pour la danse, le théâtre, les arts visuels. En 20 ans, Mouvement a fait son chemin, hors des chemins balisés, en veille active sur la création contemporaine.

Revue indisciplinaire, elle a souvent été la première à faire connaître des artistes en devenir, aujourd’hui consacrés, mais aussi à ausculter et questionner ce que met en jeu la création, comment elle s’inscrit dans l’époque qui la nourrit et qu’elle critique. Souvent, les magazines d’art font abstraction de la politique. Au contraire, Mouvement n’a cessé de s’intéresser à la politique culturelle, mais aussi à relayer des engagements et des combats (comme celui des intermittents en 2003), à mener un journalisme d’investigation, à prendre position. Enfin, Mouvement s’est affirmée comme revue de création, dans ses choix graphiques et visuels, comme en confiant cartes blanches et portfolios à des artistes invités.

Cette « ligne éditoriale », qui ne cherche pas l’effet d’annonce, ni le sujet qui va faire vendre à tout prix, mais qui suscite chez le lecteur une curiosité éveillée, s’est prolongée depuis 2000 avec un site internet conçu d’emblée comme complémentaire à la revue (et non sa seule « vitrine »), régulièrement enrichi de textes d’auteurs, d’entretiens, et plus récemment de contenus multimédia.

 

De 1993 à aujourd’hui, Mouvement a accompagné et encouragé un formidable essor de la création contemporaine en France, sans s’interdire de nombreuses excursions hors de nos frontières. Un numéro spécial sur le Brésil, un tiré-à-part sur la création en Suisse, des reportages à Shanghai, au Vietnam, à New York et San Francisco, à Moscou, en Turquie, en Tunisie, des entretiens avec des artistes du monde entier : la liste serait longue de toutes les fenêtres ouvertes sur ce « Tout-Monde » dont parlait Edouard Glissant. En retour, le travail de Mouvement est salué internationalement, et un tiers des abonnements à la revue sont à l’étranger, en Europe, mais aussi en Amérique latine, en Chine et au Japon, en Afrique, etc.

 

 

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(Extrait de l'entretien avec Dieudonné Niangouna, double page du n° 70 envoyé à l'imprimeur le 12 juin 2013.)

 

 

Pour autant, les difficultés économiques ont souvent rôdé autour d’un tel projet éditorial autonome, indépendant et non subventionné. De 2005 à 2008, nous avions pu mutualiser certaines charges salariales et de fonctionnement avec une association amie, que des amputations budgétaires ont ensuite conduit à fortement réduire son activité. Et puis, en 2008, la faillite de la société qui assurait le suivi et la gestion de nos abonnements a brutalement déséquilibré l’édifice. Nous nous sommes retrouvés pour la première fois, en 2009, avec un déficit conséquent. Nous avons tenté, sur nos propres forces, de remonter la pente, sans réduire la voilure de nos ambitions éditoriales. Ces efforts n’ont pas été vains, sans permettre, toutefois, d’endiguer complètement l’avarie. L’an passé, en juin 2012, nous avons décidé de changer la périodicité de la revue (qui est devenue bimestrielle), et de considérablement améliorer la présentation et les contenus du site internet. Mais chacun sait que le contexte actuel de la presse est plutôt rude. Et l’investissement nécessité par ces transformations n’a pas encore été couvert par les premiers résultats, un peu en-deçà de ce que nous espérions.

 

Sans adhérer à la philosophie du MEDEF, Mouvement est une entreprise, et comme toute entreprise, ne peut s’exonérer de certaines charges et responsabilités. Le 10 juin 2013, le Tribunal de commerce de Paris, constatant nos difficultés de trésorerie liées au déficit créé depuis 2009, a placé Mouvement en redressement judiciaire. Cette situation n’est évidemment pas confortable, mais en évitant la « liquidation » pure et simple, le Tribunal de commerce a estimé que Mouvement avait encore des chances de redresser la barre. Les créances qui harcelaient notre trésorerie sont temporairement gelées, nous donnant ainsi un peu de temps (deux mois) pour réunir les conditions d’un « plan de continuation ». Nous y travaillons d’arrache-pied. Mais cette procédure de redressement judiciaire nous place dans l’immédiat face à de nouvelles difficultés. L’impression de notre prochain numéro, que nous avons « bouclé » le 12 juin, est ainsi suspendue à un paiement préalable. Sans parution de ce numéro, nous nous priverions des recettes publicitaires qui lui sont attachées, comme des ventes en kiosques et librairies, alors même que la période des festivals y est plutôt propice. Afin de pouvoir envisager la poursuite de Mouvement et la mise en œuvre d’un plan de continuation, il est donc impératif que ce numéro puisse paraître dans les meilleurs délais.

 

 

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(Extrait du texte d'ouverture, double page du n°70  envoyé à l'imprimeur le 12 juin 2013.)

 

 

 

Manifeste

Pour les amateurs de chiffres ronds, ce sera le 70e numéro de Mouvement. Un numéro-charnière, conçu comme un objet éditorial à part entière, pour lequel nous avons quelque peu bousculé notre maquette et perturbé son rythme : au lieu du découpage habituel en séquences (« ouverture », « dazibaos », « matières vives »), nous avons cherché à le composer d’un seul tenant, en un souffle continu. Ce qui arrive à Mouvement n’est pas séparé d’un sentiment général de mise à l’écart du sensible, en une sorte de censure contre laquelle ce numéro exceptionnel entend faire manifeste. Il en va ainsi de la langue brûlante de Dieudonné Niangouna, artiste associé au prochain Festival d’Avignon, des mots chauffés à blanc du groupe Mendelson, de l’écriture « née de la haine » d’Angélica Liddell, du rappel de « ce qui nous lie » par l’écrivain Frank Smith, de l’engagements d’artistes dans un projet cinématographique au long cours à la prison des Baumettes, ou dans une cité minière en Tunisie, du précepte d’oisiveté cher à Robert Filliou, ou encore du malicieux « Théâtre des questions » du poète, metteur en scène et compositeur Jacques Rebotier. « Qui saura écrire le manifeste du sensible, et le faire exploser en toute irrévérence face à l’ennemi sans visage, sous tous les masques qu’il se donne pour sidérer son monde ? », écrit le rédacteur en chef de Mouvement, Jean-Marc Adolphe, dans le texte d’ouverture de ce n° 70.

 

 

 

Sommaire-2

 

 

 

 

Why fund it?

Faire manifeste avec Mouvement, c’est d’abord signifier que les « réalités économiques » ne doivent pas couler l’existence d’un rare espace éditorial de liberté, de critique et de création.

Après 20 ans d’existence, Mouvement vient d’être mis en redressement judiciaire, le temps de préserver et de construire un devenir toujours possible.

 

Avec 8 000 € : vous débloquez l’impression de notre numéro 70, « Manifeste » (voir sommaire).

Les frais d’impression, de transport et de distribution de ce numéro  s’élèvent à 12 000 €. Nous avons déjà réuni en souscriptions et dons directs, 4 000 €. En garantissant la publication de ce numéro, vous permettez indirectement grâce aux recettes qui lui sont liées (publicités, ventes kiosque et librairies), de rémunérer auteurs et graphiste.

 

Au-delà de 8 000 € : vous donnez à l’équipe de Mouvement les moyens de pérenniser une véritable aventure éditoriale et d'assurer la sortie du numéro 71. L’avantage du « redressement judiciaire » consiste à geler, pour un temps, des dettes antérieures, et nous laisse un peu de temps (jusqu’en septembre) pour présenter un « plan de continuation ». Nous avons déjà reçu de nombreux messages d’encouragement. Les difficultés ne sont pas insurmontables. Mais votre soutien est décisif.

 

Mouvement est un média (revue + site internet) « indisciplinaire » et engagé, essentiel pour la vie artistique et culturelle. La qualité d’une information libre, indépendante, insoumise aux diktats de l’audience à tout prix, est l’affaire de chacun.

 

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Mouvement

QUE DÉFENDONS-NOUS ? Mouvement a 20 ans. Fondé en 1993 par Jean-Marc Adolphe, Mouvement est un média indépendant, culturel et artistique. Revue en kiosque et librairie, trimestrielle puis bimestrielle, Mouvement propose également depuis 2000 un contenu exclusif sur Internet, avec un site largement apprécié. Espace ouvert aux créateurs «... See more

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Le paiement des publicités se fait seulement à la sortie en kiosque. L'argent des annonceurs ne peut donc servir à payer l'imprimeur avant impression.

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Mouvement a accompagné, des années durant, quelques-une de nos plus belles découvertes artistiques et expériences esthétiques. C'est une revue qui a sa place, indispensable, dans l'espace public culturel. Je souhaite que la mobilisation vous permette de continuer à y jouer votre rôle et à participer à la confrontation de points de vue sur la création contemporaine Marie-Christine Bordeaux, université Stendhal Grenoble
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Restez Nous en mouvement, la marche est une série de chutes évitées.
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