Six mois de reportages au Brésil, à la rencontre des militant-e-s au cœur des luttes féministes dans le pays. Venez donc, je vous emmène !

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The project

En octobre 2013, je partirai au Brésil pour une durée de six mois, y réaliser une série de reportages sur les mouvements féministes et les mobilisations pour les droits des femmes dans le pays.

Mes travaux seront publiés dans la presse francophone et à la radio. La majeure partie du travail photographique sera présentée au retour sous forme d'exposition à Paris.

 

En quelques mots.

Le Brésil est riche d'une multitude d'organisations qui se définissent féministes, dont la plupart ont vu le jour depuis le milieu des années 80, lorsque le pays entamait sa transition démocratique. Certaines sont les héritières de mobilisations plus anciennes, de mouvements historiques constitués dès la fin du XIXe siècle pour revendiquer le droit de vote pour les femmes. D'autres, très jeunes, développent des mots d'ordres novateurs autour des droits des minorités sexuelles.

L'enjeu de mon travail sur place est d'étudier ces différents aspects du mouvement féministe brésilien, en observant en profondeur le fonctionnement et les revendications de plusieurs associations que j'estime représentatives des différentes voix du féminisme dans le pays.

 

Le projet.

 Mon travail se concentrera sur trois associations qui représentent trois réalités très diverses du féminisme brésilien, et je consacrerai à chacune d’elles plusieurs semaines d’enquête. Mes reportages m'emmèneront ainsi :

 

- A Recife à la rencontre de plusieurs groupes féministes défendant les droits des minorités sexuelles et des travailleur-se-s du sexe. Marcha_das_vadias

 

Première étape de mon périple, je suivrai à Recife plusieurs associations développant un discours féministe axé sur les droits des minorités sexuelles (gais, lesbiennes, bisexuels, trans, intersexe) et des travailleurs et travailleuses du sexe. Aux côtés des militant-e-s de plusieurs associations locales, je chercherais à montrer comment ce sont développées ces mobilisations. Dans un contexte social complexe, où la pauvreté de la région renforce les discriminations sociales et économiques d'une zone qui connait aujourd'hui un fort taux de croissance, ces militant-e-s portent un discours inédit. C'est ainsi à Recife qu'ont été organisées les premières "slutwalks" du Brésil, soit littéralement des "Marches des Salopes" (Marcha Das Vadias) aux côtés des travailleur-se-s du sexe, pour défendre leurs droits.  

 

- A Brasília ensuite, je travaillerai aux côtés des militantes du lobby juridique Centro Feminista de Estudos et Assessoria (CFEMEA)

 

                                      Cfemea

 

Ici, je romprais avec l'environnement assez radical de Recife, pour rencontrer les militantes du CEFMEA, le Centre Féministe d'Etudes et de Plaidoyer. Association très institutionnelle, ses membres militent pour inclure les droits des femmes dans la législation nationale. Héritières des féministes ayant lutté pour l'inclusion des droits des femmes dans la Constitution en 1988, j'explorerais un féminisme plus politiquement correct, plus lobbyiste aussi, au cœur des couloirs du Parlement brésilien.  

 

- A São Paulo enfin, je rencontrerai les militantes du groupe catholique pro avortement Catolicas pelo Direito de Decidir (Catholiques pour le droit de décider). 

                                                                     Catolicas

 

On ne peut pas faire l'impasse sur la composante religieuse fondamentale du pays, le catholicisme, tant l'institution religieuse est déterminante dans les discours politiques et sociétaux. Ici, c'est à contre-pied que je constaterai cette omniprésence, en observant comment des femmes interrogent leur foi, et appellent à une redéfinition du discours de l’Église sur l'IVG.  

 

 

Le Nordeste, les couloirs gouvernementaux, les catholiques. Trois lieux et acteurs brésiliens des luttes féministes qui, si ils ne se veulent pas une synthèse des mobilisations que connait le pays, témoignent des mouvements à l’œuvre dans la société civile brésilienne.

 

 

Réalisation

Cette série de reportages repose sur les principes de l’immersion, du temps long, du travail de terrain documenté. Je suis attaché au fait de sélectionner certains lieux et d’y rester plutôt que de multiplier les rencontres, impératif à la réalisation d’une enquête poussée.

 

Cette sélection comporte bien évidemment des choix personnels dans la sélection des associations, et je ne cherche pas à traiter de toutes les réalités du féminisme au Brésil. J'ai volontairement identifié des associations et des profils militants très éloignés les uns des autres dans leur pratique et leur discours féministe. Rechercher les points de débats voire de conflits pouvant exister entre les différents mouvements permettra de ne pas les essentialiser et au contraire, de mettre à jour la multiplicité des types de mobilisations.

 

J'espère que mon travail sur le terrain me permettra de rencontrer d'autres acteur-e-s du féminisme, présent-e-s depuis longtemps dans le monde militant, comme par exemple au sein du mouvement des Sans Terre, Je m'intéresserai aussi aux mouvements issus de mobilisations récentes telles que celles qui ont secoué le pays en juin dernier. A São Paulo, je compte aussi rencontrer les militant-e-s de l'association Pão e Rosas, en grève l'an dernier aux côtés des travailleuses domestiques de l'université de São Paulo pour dénoncer leurs conditions de travail.

 

Le féminisme ?

 Le féminisme et les mobilisations pour les droits des femmes sont aujourd’hui régulièrement au cœur de l’actualité politique et sociétale en France, en Europe et ailleurs. De nouvelles revendications réactivent des luttes non achevées par la génération de nos parents.

Les victoires passées des mouvements de femmes suffisent-elles à clore le débat qui s'est développé dans les années soixante ? Les luttes féministes ne se sont pourtant pas conclues avec le droit de vote et le droit à l’avortement.

Les mouvements féministes contemporains interpellent sur des revendications de leurs aînés qui n’ont pas abouti, en termes d’égalité salariale par exemple. Au sein du féminisme se constituent aujourd’hui de nouveaux mots d’ordre autour de la critique du genre et des structures patriarcales des sociétés occidentales. Plus que jamais, la question de la prostitution polarise les positions ses mouvements féministes entre abolitionnistes et réglementaristes. Ces questions sont désormais sorties des cénacles scientifiques et suscitent de nombreux débats publics. 

Les mobilisations féministes sont nombreuses, en pleine renaissance et redéfinition, au Brésil comme ailleurs. Il y a une richesse inexplorée au sein du militantisme féministe à observer, et sur laquelle témoigner. 

 

 

Au Brésil ?

Dans ce pays retourné à la démocratie politique il y a à peine vingt-cinq ans, se développe aujourd'hui une véritable richesse de mouvements sociaux et d’organisations de femmes. Déjà en 1988 alors qu'il s’agissait de réécrire la Constitution au sortir de la dictature, des groupes de femmes s’organisaient en lobby au sein du Conselho nacional dos direitos da mulher (CNDM, le conseil national des droits des femmes)  afin de faire pression sur les législateurs. Elles réussirent à faire inscrire dans la Constitution de 1988 de nombreux droits assurant l’égalité homme femme au travail comme à la maison: révision du statut civil de la femme qui la fit - enfin - devenir l’égale juridique de l’homme, protection de la place des femmes dans le marché du travail, interdiction des discriminations salariales. Cependant, ces avancées concrètes n’inclurent pas le droit à l’avortement qui reste encore aujourd’hui illégal au Brésil, sauf exception.

 

Parallèlement à ce combat légaliste, de nombreuses organisations féministes agirent, sur le terrain, pour les droits des femmes dans le contexte de la transition démocratique. Auto-constituées à la fois dans les villes du riche sud – et en particulier à São Paulo – ou dans le Nordeste plus pauvre, elles portèrent des revendications nouvelles, peu existantes dans les courants légalistes. C’est sur le terrain que les premières jonctions avec les mouvements LGBT sont ainsi nées, et où des collectifs défendirent de concert les droits des femmes et des minorités sexuelles. C’est le cas encore aujourd’hui à Recife, où la marche contre l’homophobie de mai 2012 était organisée conjointement avec un groupe féministe libertaire.

Quel que soit le contexte politique et national d’un pays, les mobilisations se constituent en fonction d’un prisme socio-culturel fort. La richesse du Brésil comme terrain d'études réside dans sa diversité : disparité des niveaux de vie, ruptures radicales entre monde citadin et rural, régions violemment discriminées ou favorisées par les investissements en santé et protection sociale, ces inégalités ont contribué à faire naître des féminismes, des activistes, et des mots d’ordres très divers.

 

C’est de cette multitude dont je souhaite parler.

Why fund it?

La collecte s'étend sur les trente derniers jours avant le départ, et ce n'est pas pour rien, puisqu'elle correspond au dernier apport de fonds dont j'ai besoin pour boucler le financement de mon projet. Elle me permettra de répondre à deux types de frais :

 

- Du matériel photographique (900euro). Les contreparties étant régulièrement sous forme de tirages photographiques, il est logique qu'une partie du financement aille au matériel ! Je pars équipé de trois appareils, un numérique, le Fuji XE 1 , compact semi-professionnel à objectif interchangeable), et deux argentiques (un reflex 24x36, le Nikon F2  et un reflex moyen format, le Yashica Mat 124  et . Les 1000 euro récoltés me permettront d'acheter :

 

1) une optique de portrait dédiée pour mon appareil numérique, un 60mm f2.4 Fuji XF, d'une valeur de 620 euro.

 

2) les films argentiques nécessaires à la couverture des premiers reportages (cinquante rouleaux environ) d'une valeur de 280 euro

 

Et du matériel de prise de son (600 euro)

 

1) un micro de reportage LEM DO21B d'une valeur de 300 euro

2)  un casque professionnel de prise de son, leSennheiser HD 25, d'une valeur de 200 euro

3) une perche télescopique de voyage, d'une valeur de 100 euro

Newest comments

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Avec toute notre amitié et nos souhaits de réussite ! Affectueusement, B & Y
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Chère Nina et Antonin Nous vous souhaitons un super voyage et la réalisation de ce projet ambitieux car il y a du pain sur la planche ! ..Bisou. Patricia et Emilio
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Salut Antonin, Françoise et moi te souhaitons bons vents dans tes investigations. Les cousins spinaliens.