A la demande des photographes de la ville de Koudougou au Burkina Faso, Jean de La Tour, photographe et formateur français, partira fin février 2012 pour une formation de trois semaines. Cette formation sera assurée dans une perspective de développement durable adaptée au monde de la photographie africain.

Large_burkina

Présentation détaillée du projet

     

 

Contexte

Le contexte de la photographie burkinabé est évidemment marqué par les facteurs socio-économiques : niveau d'éducation très faible (80% d'analphabétisme), pauvreté extrême (PIB de 1200$) et une tradition picturale pour ainsi dire insignifiante. Etant donné le très faible taux d'équipement des ménages, les photographes rencontrent une demande constante (mariage, baptemes, photos d'identité) qui souffre néanmoins de l'apparition croissante des compacts numériques depuis cinq ou six ans. Les photographes sont généralement équipés avec des appareils argentiques anciens (boitiers reflex des années 70) bien qu'un certain nombre dans les grandes villes soient arrivés à s'équiper en numérique.

Leur niveau technique est généralement très faible à l'exception des anciens qui ont pratiqué en labo noir&blanc.

 

 

Quelques boitiers utilisés par les photographes burkinabés : Zénit, Fujica et un Brown en bakélite.

 

Quelques photographes (Nestor Da, Michel Talato Zangré, Ibrahim Regtoumda) se sont lancés dans une pratique artistique, notamment grâce au soutien d'institutions ou de particuliers venus d'Europe. Leur pratique est cependant très peu considérée localement. Pour l'immense majorité de la population, faire une photo se limite à appuyer sur un bouton et à cadrer le sujet en entier. On peut dire que le métier de photographe est globalement précaire, instable et assez peu valorisé au Burkina.

 

Le programme

La formation portera sur les techniques de base de la photographie, une initiation à la chaine numérique ainsi que la mise en place d'une case à lumière. Les formateurs seront Jean de La Tour (moi-même), Guy Richard (autofinancé) et Ibrahim Regtoumda, photographe de l'association YamPhoto à Ouagadougou. L'intervention de ce dernier est primordiale : ayant bénéficié de quatre formations au sein de l'association YamPhoto, sa mission est de transmettre ses acquis et témoigner de son expérience. A l'issue de cette formation, les photographes effectueront un reportage sur le festival des masques de Dédougou.

 

Des réalisations concrètes

L'objectif de cette formation se place avant tout dans une perspective de développement durable. Il s'agit d'aider les photographes à améliorer leurs conditions de vie.

Concrètement, ce projet débouchera pour le grand public sur les réalisations suivantes :

 

  1. une exposition à vocation pédagogique sur les masques réalisée sur la base des photos réalisées par les photographes burkinabés qui circulera au Burkina et en France (organisation en cours).
  2. un livre sur la vie des photographes burkinabés à partir des photos des formateurs ainsi que celles des photographes burkinabés.
  3. un docuweb témoignant de la mission et relatant la vie quotidienne des photographes.

Vous pouvez réserver dès à présent ces produits en soutenant notre action sur KissKissBankBank.

 

Les partenaires

 

Cette mission est une initiative lancée par l'association CADSUD (Guy Richard) et sera chapeautée par l'association Camélia-Burkina, l'association de photographes burkinabés YamPhoto ainsi que par la radio communautaire burkinabé SALAKI, en partenariat avec la mairie de Dédougou et le festival FESTIMA.

 

Philosophie

 

Grâce à l'expérience acquise à travers les formations en faveur des photographes de YamPhoto, nous avons pu dégager des axes méthodologiques pertinents par rapport au contexte : 1. une formation adaptée : la réalité des photographes burkinabés n'est pas celle des photographes européens. La pédagogie des formateurs doit impérativement être adaptée tant au niveau de la forme que du contenu. 2. une perspective de développement durable : avant de pouvoir se permettre le luxe de penser à la photographie artistique, les photographes ont besoin de nourrir leurs familles. Dont acte : nous travaillerons donc en priorité sur l'optimisation des marchés locaux, la recherche de niches sous-exploitées, la valorisation d'outils adaptés au terrain (case à lumière, labo N&B argentique). 3. la transmission de valeurs positive : à travers cette formation, nous tenterons de promouvoir des valeurs de solidarité à travers la mutualisation, un esprit d'autonomie et de débrouillardise, l'émulation collective et la mise en avant d'une identité africaine.  

 

YamPhoto, un collectif de photographes africains

- 2007, prise de contact avec les photographes de la banlieue de Ouagadougou à l'occasion d'un voyage privé.

- 2008, je reviens avec 30 boitiers argentiques et objectifs récoltés sur les forums de photographes francophonnes et propose une formation d'un mois à quinze photographes de quartier. A l'issue de cette formation (technique photographique, portrait, reportage, gestion), les photographes prennent la décision de se regrouper sous l'égide du collectif YamPhoto. Cette première formation a notamment débouché sur la mise en place de techniques pédagogiques adaptées au contexte (niveau scolaire très faible).

- 2009, deuxième formation d'un mois, axée sur la technique mais surtout sur la pratique commerciale : mutualisation des outils de production (ordinateurs, imprimantes), recherche et dévellopement de marchés (portrait de particuliers, reportage d'entreprise, communication des ONG, couverture photographique des activités culturelles du Centre Culturel Français), mise en place d'un systême d'autoformation et d'autoévaluation, mais surtout la réalisation de la case à lumière, premier studio photographique en lumière naturelle à destination des photographes africains. Les photographes ont été encouragés à la production de travaux personnels à vocation artistique.

Michel Talato Zangré, président de l'association expose son travail dans le cadre du festival international de la photo de nature de Montiers en Der.

- 2010, formation assurée par Jessica Choupis, élève à l'école Penninghen de Paris.

- 2010-2011 : premiers contrats assurés par les photographes de YamPhoto au bénéfice de la Fondation L'Occitane en Provence sur le principe du commerce équitable : sous ma supervision (coordination commerciale, logistique et artistique), les photographes ont assuré la couverture de voyages de presse.

La case à lumière, un studio en lumière naturelle pour les photographes africains

Très rapidement l'un des enjeu qui nous est apparu lors de ces formations est la recherche de solutions adaptées localement plutôt que de s'inspirer de modèles occidentaux inadéquat dans un contexte d’extrême pauvreté et de manque d'infrastructures. Au contraire, nous avions là l'opportunité de revendiquer une différence, valoriser une identité. Transformer le négatif en positif, voilà le secret des photographes ! La principale activité des photographes étant le portrait, nous avons donc eu l'idée d'un studio en lumière naturelle, facilement démontable et transportable, afin de permettre la prise de photo en qualité studio. L'un des impératifs était bien sur que le cout de la structure soit accessible à un photographe africain. De là est né le concept de la case à lumière.

 

Pour accéder à un dossier complet sur la case à lumière, cliquez sur ce lien.

Les fétiches photographiques

Grâce à la générosité de nombreux donateurs occidentaux, nous avons pu renouveler l'intégralité du parc photographique des membres de l'association YamPhoto. Question : que faire des anciens boitiers ? Pour la plupart inutilisables, ils n'avaient aucune valeur marchande. Il nous apparaissait inenvisageable de les jeter. Un musée de la photographie ? Voilà bien une idée de toubab. Et si nous en faisions des fétiches ? Nous avons donc confié un boitier à un sculpteur local en lui donnant carte libre pour le transformer en sculpture. Ce qui fut fait.

Si les fétiches vous séduisent et que vous aimeriez en acquérir un, rien de plus facile : commandez-en un sur le site kisskissbankbank et vous participerez ainsi à financer la prochaine formation !

 

 

On pense déjà à la suite !

Cette formation n'est qu'une étape sur un chemin commencé voilà des années. Petit à petit, le chemin se construit, des rencontres se nouent, des projets se réalisent, d'autres montent en graine et un avenir se profile. D'ores et déjà une prochaine formation est en préparation pour septembre 2012. N'oubliez pas de vous abonner à la newsletter pour être tenu informé des futurs développements.

 

Si vous êtes photographe et que vous aimeriez vous lancer dans un projet similaire, n'hésitez pas à me contacter.

Qui suis-je ?

 

Jean de La Tour, photographe auteur depuis 1999.


Agé de 36 ans, je suis venu à la photographie après une série de voyages en Birmanie et des études d'Ethnologie à l'Université Paris-X Nanterre.

 

Passionné de voyage et de cultures étrangères, je me suis notamment interessé aux phénomènes millénaristes chez les Karens de Birmanie. Mes reportages ont été publiés sur de nombreux supports presse et ont fait l'objet d'expositions (Musée des Arts Asiatiques de Nice, Abbaye du Chalard). J'exerce en indépendant à Paris depuis 2005, où j'effectue couramment des reportages pour le bénéfice d'entreprises et de particuliers (Fondation l'Occitane, Clarins, IMCD, Air liquide, KPMG, etc... ).
Je travaille également dans le domaine de la photographie equestre.
Enfin, je mène en parallèle un travail de recherche personnelle autour du thême de la perception et de la représentation.

 

Pour plus d'informations, veuillez consulter les liens.

www.johnofthetower.com

À quoi servira la collecte ?

Les fonds seront répartis ainsi :

 

- Avion depuis Paris : 780 €

- Hébergement, frais de bouche, déplacement sur une durée de trois semaines pour les formateurs : 700 €

- Visas, vaccins, téléphone, frais divers : 300 €

- Réalisation d'une case à lumière : 250 €

- Dédommagement journalier des photographes formés : 300 €
Les photographes concernés par le projet étant pour la plupart chefs de famille, ils ne peuvent se permettre de ne pas gagner leur vie sur une durée de 3 semaines. Il a donc été décidé de leur accorder un dédommagement inférieur à leur revenu habituel mais qui leur permet de suivre l'intégralité de la formation sans trop de dommage (soit 2000 CFA/jour/personne)

- Frais de développement, pellicules, consommables, tirages en vue de la mise sur pied d'une exposition locale : 800 €
Une exposition sur le festival des masques sera organisée à l'issue du reportage effectué par les photographes. Elle sera présentée à la Mairie de Koudougou, Dédougou et à l'Institut Français de Bobo Dioulasso.


Total : 3130 €


Ne sont pas comptés : les salaires ou indemnités des formateurs, la mise en page d'un livre relatant la mission, le montage vidéo d'un docuweb sur la vie des photographes burkinabés.

Thumb_320673_2589339251951_1208689371_3160703_376444755_n
John of The Tower

John of The Tower... is a photographer. Comme tout bon photographe qui se respecte, je fais donc des photos. Des trucs bizarres, des petits riens.

Derniers commentaires

Thumb_320673_2589339251951_1208689371_3160703_376444755_n
Hop là ! parti pour parti, me voilà à Ouaga. Vu le montant récolté à ce jour, je présage que cette collecte n'atteindra pas le plafond des 3160€. Peu importe : n'hésitez pas à contribuer quoi qu'il en soit. Dans le cas probable ou le plafond ne serait pas atteint à la date limite, vous ne serez pas débités... et vous pourrez alors financer une prochaine formation (à priori septembre 2012) ! Bien à vous et encore merci à tous ceux qui ont manifesté leur générosité. jean
Thumb_320673_2589339251951_1208689371_3160703_376444755_n
Quelques petites niouzes et corrections sur le projet : 1. la formation sera entièrement consacrée aux photographes de Dédougou. Ceux de Koudougou seront invités à s'y joindre mais il n'y aura aucune intervention sur place de ma part (Guy Richard en revanche y interviendra). 2. un grand merci aux contributeurs qui ont soutenu le projet. Pour la plupart, je sais qui vous êtes ou je m'en doute très fortement. Sachez que j'y suis extremement sensible. 3. ayant décroché un contrat pour le compte d'une société (L'Occitane en Provence pour ne pas les nommer), le billet est assuré de toutes les façons. Le fonctionnement du site ne permettant pas de modifier le budget en cours de route, le montant du billet sera consacré à une nouvelle formation courant septembre. Un grand merci à Mary pour son soutien. 4. il fait 35° à Ouaga. Hâte d'y être !