Aidez-nous à partager l'histoire de la rencontre des habitants de la vallée de la Roya avec des réfugiés... et leur aventure collective !

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Présentation détaillée du projet

Cher tous, 

Merci à vous pour votre soutien renouvelé, nous avons atteint notre objectif et le film va pouvoir continuer sa route ! 

À très vite ! 

L'équipe du film

À TOUS VENTS JOUE LES PROLONGATIONS

 

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Notre première campagne a été un succès. Aussi, face à l'engouement que suscite le projet, nous lançons une nouvelle collecte pour les personnes désireuses de nous apporter leur soutien. Nous vous remercions chaleureusement pour l'intérêt toujours plus grand que vous nous témoignez.

 

Actualité - mercredi 9 août

 

Michel Toesca et Cédric Herrou seront les invités de Philippe Bertrand mercredi 9 août sur France Inter dans son émission Le débat de midi.

 

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Après sa diffusion, l'émission sera disponible en replay ici

 

PRÉSENTATION DU PROJET

 

 

Résumé

 

À TOUS VENTS, retrace la rencontre des habitants de la vallée de la Roya et des réfugiés qui arrivent dans cette vallée en tentant de passer la frontière franco-italienne.

 

Michel Toesca est cinéaste. Il habite dans cette vallée et filme depuis deux ans des hommes et des femmes qui ont décidé d'agir face à une situation humaine révoltante, malgré les risques judiciaires encourus. Des gens qui se connaissaient à peine se rassemblent et s’organisent pour exiger un droit à l’humanité.

 

Cédric Herrou, agriculteur dans la vallée, est rapidement devenu une figure centrale de l’aide aux exilés. Il est un des personnages principaux du film.

 

De leur relation, des risques pris en commun en filmant des actions considérées au début comme illégales, naît une solide complicité.

 

À TOUS VENTS est l’histoire de leur amitié et de tous les liens qui se tissent entre les habitants de la vallée et ces réfugiés qui ont choisi de tout risquer dans l’espoir de connaître une vie meilleure...

 

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Nous avons décidé d'auto financer ce film et de faire appel aux dons. L’objectif de 15 000 € est une base minimum pour nous permettre d’avancer dans la fabrication du film. Le budget nécessaire à la réalisation de ce film est évaluée à 150 000 €.

 

Chaque soutien compte, un grand merci à tous ceux qui nous accompagnent !!

 

Plus vous serez nombreux à partager ce lien et plus nous aurons de chance d'atteindre notre objectif de faire une levée de fonds de 150 000 €. 

 

 

Naissance du projet, par Michel Toesca, réalisateur du film

 

J'habite dans la vallée de la Roya depuis huit ans.

 

À trente kilomètres à vol d'oiseau de la mer Méditerranée, les montagnes de la Roya déroulent leurs reliefs à 3 300 mètres d'altitude.

 

Cette vallée frontalière entre la France et l'Italie, je la connais depuis l'enfance. C'est dans la petite maison dans laquelle je passais mes vacances enfant que je vis aujourd'hui avec ma femme et ma fille.

 

Je connais les gens d'ici et j'aime profondément cette terre. J'y ai réalisé trois long métrages de 2009 à 2015 : Per sempre, Le Village et Démocratie Zéro6.

 

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Quand on vit dans cette vallée, on fait ses courses en Italie à Vintimille, c'est la ville la plus proche. Dès le mois d'avril 2015, des centaines de migrants venus d’Afrique et du Moyen Orient sont apparus dans cette ville.

 

J'étais au courant de la situation en Grèce, en Italie, à Lampeduza, en Sicile et en Méditerranée, mais ce qui se passait à Vintimille n'était pas du tout médiatisé. Lorsque la France a fermé ses frontières en juin 2015, ils sont devenus des milliers à attendre à Vintimille de pouvoir passer, cherchant à contourner la frontière par le bord de mer et ses environs.

 

En fermant sa frontière à Menton, la France impose à l'Italie à Vintimille ce que l'Angleterre impose à la France à Calais. Les accords de Dublin de 2013 obligent les migrants à demander l'asile dans le premier pays d'Europe où ils posent le pied. La plupart d'entre eux n'ont aucune envie de rester en Italie et s'y retrouvent bloqués.

 

C'est lorsque j'ai vu ces réfugiés massés près de la gare, sous les ponts, et sur les rochers de la plage frontalière Vintimille/Menton que j'ai compris qu'il était en train de se passer quelque chose et que j’ai commencé à filmer de temps à autre, sans vraiment me poser la question d'un film.

 

Je filme régulièrement ce qui m'entoure, j'aime poser mon regard par le biais de la caméra sur ce que je vois. J'aime ce geste-là : filmer.

  

 

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Du côté de la frontière italienne, les migrants peuvent voir les côtes françaises... mais la frontière est fermée. La plupart d'entre eux tentent de passer à pied par les montagnes. Ils sont régulièrement arrêtés par la police et l'armée française et italienne, et ré-expulsés en Sicile ou dans le Sud de l'Italie. Pourtant, rares sont ceux qui se découragent : ils reviennent à Vintimille et tentent à nouveau de franchir la frontière. Certains font jusqu'à vingt-deux passages. De quoi laisser songeur quand on sait que le nombre de migrants officiel correspond au nombre de passages recensés à la frontière et non au nombre de personnes...

 

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Crédit photo : © Sinawi Medine

 

À partir de l'automne 2015, comme tous ceux qui vivent dans la Roya, je croise des hommes, des femmes et des enfants épuisés et affamés, qui marchent sur les routes et sur la voie ferrée en tongs et en T-shirt dans le froid. Ils dorment à même la terre, sous la pluie, dans les jardins, dans les tunnels ferroviaires avec des enfants en bas âge. Depuis plusieurs mois, les réfugiés s'entassaient à Vintimille cherchant un moyen de passer en France. À partir de septembre, ils ont compris qu'il y avait un moyen de franchir la frontière en passant par les montagnes. Traversées précaires et périlleuses. Beaucoup se perdent, où se trompent de chemin à cause de la particularité géographique de cette vallée, qui est une sorte d'enclave française en Italie : en prenant vers le Nord, pensant se diriger vers Paris, ils repassent en fait du côté italien (cf carte).

 

Nous sommes désemparés face à une telle affluence et un tel dénuement. Comme beaucoup, je m'arrête, je leur donne à manger, parfois je donne des vêtements. Je cherche à comprendre qui ils sont, où ils vont. Certains parlent anglais alors ils me racontent pourquoi ils ont quitté leur pays. La guerre, la dictature, la traversée des déserts, la Libye...

 

Je suis bouleversé par leur récit et leur extrême précarité. Ils ont survécu aux guerres, aux déserts, aux tortures, aux viols, et enfin au passage de la Méditerranée. Ils arrivent là en état de survie.

 

 

De leur côté, les pouvoirs publics locaux ainsi que la préfecture encouragent ouvertement les reconduites des migrants en Italie, dont celles - pourtant illégales - des mineurs isolés, tout en renforçant la surveillance et en refusant de mettre en place des structures d'accueil. Les gendarmes, la police aux frontières et la Force Sentinelle patrouillent en permanence dans la vallée. Des checkpoints sont installés et les arrestations se multiplient. La priorité est d'empêcher les réfugiés d'atteindre la préfecture pour déposer leur demande d'asile, ce qui est pourtant leur droit.

 

Un peu plus bas dans la vallée, à Breil sur Roya, vit Cédric Herrou ; nous sommes de vieux copains. Il connaît mon travail et a même organisé une projection de mon film précédent Démocratie Zéro6 dans un hameau voisin. Cédric Herrou élève des poules, cultive des oliviers, et vend ses œufs et son huile dans des AMAP et sur les marchés. Il s'est toujours investi dans les combats auxquels la vallée fait face, et il est convaincu qu'être citoyen, c'est être prêt à s’impliquer au quotidien sur le territoire.

 

Rapidement, Cédric Herrou et beaucoup d'autres décident d’héberger, de nourrir et parfois de transporter les réfugiés hors de la vallée pour qu'ils puissent poursuivre leur voyage. Pour cela, ils risquent cinq ans de prison et 50 000 € d'amende.

 

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Salle à manger en palettes, corde à linge et toile de tente... Sur le terrain de Cédric, une vie quotidienne collective s'est improvisée avec les migrants.

 

 

Lorsque de son côté, il commence à héberger et à faire passer les migrants, du mien, je commence à filmer.

D'abord à Vintimille avec les réfugiés et les associations italiennes. J'ai filmé la police aux frontières, la gendarmerie, les politiques italiens et français. L'impuissance, les ordres internes contradictoires, les contournements de la loi sur le droit d'asile, les faux en écriture publique pour que les mineurs trouvés en France soient ré-expulsés en Italie... Les réfugiés font face à une situation qui les dépasse et subissent les déviances d’institutions administratives et policières livrées à elles-mêmes, en l’absence de directives claires et de compétences juridiques adaptées à la situation.

J’ai ensuite suivi le mouvement des migrants et je suis remonté dans la Roya. Là j'ai filmé l'organisation de l'entre-aide, les passages clandestins.

 

Cédric Herrou est alors venu me voir et m’a proposé de filmer et de participer aux actions du collectif d'associations qui s'organise pour faire face à cette situation qui bouleverse le quotidien de la vallée.

Il s'agit entre autres de mettre en évidence les irrégularités de la préfecture et de tenter de bouger les lignes politiques pour obtenir une réponse administrative et juridique décente à la situation. À ce moment-là, les actions ne sont pas du tout médiatisées et Cédric Herrou encore moins. J'accepte avec enthousiasme.

 

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Au fil des mois, notre amitié s'étoffe dans l'action, et dans le partage. Nous avons, lui et moi, vu les mêmes choses au même moment. Nous nous sommes émus et scandalisés de cette situation brutale et absurde. Je trouve en Cédric un frère qui vibre à l’unisson d'une certaine idée de la justice, de la vie et de la dérision. Notre confiance et notre complicité mutuelle me permet de filmer au plus près des actions et des gens.

 

Cela fait maintenant deux ans que nous avons aperçu pour la première fois des migrants dans la Roya. Depuis ils ont été des centaines à traverser notre région, et il continue d’en arriver tous les jours. Il s’est passé beaucoup de choses durant cette période. Suite à un article du NewYorkTimes, Cédric est devenu un personnage médiatique, symbole international des solidaires aux réfugiés.

 

Pendant deux ans, plus d'une quinzaine d'acteurs de cette lutte ont été arrêtés, jugés condamnés, d'autres attendent encore leur procès.

 

Ce qui est à mes yeux profondément réjouissant et jubilatoire, c'est que par ces actions menées et filmées, par notre combat, nous sommes parvenus à faire changer une petite partie du monde. Un groupe d'avocats s'est constitué pour mettre la préfecture et le département face à leurs responsabilités. L'aide n'est plus seulement humanitaire mais juridique et politique. Les abus préfectoraux et policiers ont été dénoncés, suite à quoi une ordonnance du tribunal administratif a condamné le préfet pour entrave grave à la demande d'asile. Notre démarche a été reconnue comme légitime et la loi est désormais respectée. Une victoire sans-doute modeste face à l'envergure de la question des réfugiés en Europe, mais à notre échelle savoureuse, parce que ces changements ont été obtenus dans la joie et la dérision. Nous sommes fiers d’avoir été de petits grains de sable qui ont ralenti le grand rouage. Ce mélange de légèreté et de lucidité nous a permis de retourner la situation sans violence et avec le sourire.

 

Malgré cela, la préfecture persiste et utilise tous les moyens répressifs dont elle dispose pour contenir les réfugiés dans la Roya et les empêcher de faire leur demande d'asile.

 

 

Aujourd’hui nous faisons appel à vous pour nous aider à aboutir ce film.

 

L'argent collecté permettra de terminer "À TOUS VENTS"  en finançant les derniers tournages (les premiers ont été auto-produits par le réalisateur), la post production et la promotion de ce film. Nous souhaitons qu'il serve aussi à sensibiliser les pouvoirs publics et les citoyens français et européens sur cette page de l'histoire de l'émigration qui s'écrit depuis deux ans à Vintimille et dans la Vallée de Roya.

 

 

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Brève Chronologie des événements

 

Printemps 2015

Des centaines de réfugiés arrivent à Vintimille. La France ferme ses frontières.

 

Été 2015

Des camps improvisés se montent à Vintimille. Le maire de la ville interdit de distribuer de la nourriture aux réfugiés.

 

 

Automne 2015

Les camps de Vintimille sont démantelés les uns après les autres.

 

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Crédits photos : © Sinawi Medine

 

Les habitants de la Roya commencent à voir des migrants qui marchent dans la vallée sur les routes, sur la voie ferrée et dans les sentiers. Des hommes des femmes et des enfants épuisés et affamés en état de survie.

 

L'ensemble de la vallée se retrouve face à cette présence. Chacun réagit comme il sent, comme il peut. Il y a ceux qui les aide spontanément, ceux qui ne savent pas trop quoi faire, ceux qui restent en retrait (la  majorité), et ceux qui se sentent envahis. Au début la peur d'héberger est grande, on découvre par hasard qu'untel héberge, on en parle entre nous discrètement parce que ceux qui se sentent envahis le font ouvertement savoir. Très vite les quelques maisons qui ont décidé d’accueillir les migrants se remplissent du sud au nord de la vallée. Ces gestes de solidarités spontanés se multiplient, en Italie comme en France. Ce « réseau » complètement improvisé se constitue de lui-même, sans aucune concertation. C'est une réponse instinctive à une situation absurde. Personne ne sait vraiment à ce moment ce qui est légal ou pas, mais la question se pose peu face à l'urgence.

 

 

Mai 2016

Suite à l’affluence de plus en plus massive de personnes très vulnérables dans la Roya, suite aux expulsions de tous les réfugiés des camps de Vintimille et dans un contexte de fermeture répressive des frontières françaises, les habitants de la Roya sont de plus en plus nombreux à se mobiliser face à cette situation. Ils décident de s’organiser et réactivent l’association Roya Citoyenne en modifiant les statuts : « la défense des citoyens du monde » devient une priorité. La communauté se mobilise pour organiser l'entraide, des avocats, dont Mireille Damiano, Zia Oloumi et Maeva Binimelis, se regroupent pour établir une stratégie juridique, des médecins et des infirmières sous l'égide de Médecins du monde circulent bénévolement parmi les lieux d'hébergement pour soigner les réfugiés.

 

Fatigués d’être dans une constante urgence humanitaire, ce collectif est déterminé à faire bouger les lignes politiques et administratives : la médiatisation des actions devient une stratégie.

 

 

Françoise Cotta, avocate au barreau de Paris, elle vit à mi-temps dans la Roya et est membre de l’association Roya Citoyenne.

 

Juillet 2016.

Cédric Herrou et Michel Toesca rencontrent Adam Nossiter, prix Pulitzer et journaliste au New York Times venu faire un reportage sur l’afflux de migrants dans la région. Dans leur entretien, Cédric Herrou assume ses actes d’hébergeur et de passeur solidaire. L’après-midi, Cédric et Michel montrent à Adam les chemins de montagne et les tunnels de la voie ferrée empruntés par les migrants.

Quelques semaines plus tard, Cédric fait la une du New York Times. Dès lors, tout s'accélère : Cédric devient rapidemment un personnage médiatique international. Il incarne la figure des solidaires dans les medias et l’utilise avec ses compagnons et l’association Roya Citoyenne pour mener une action politique extérieure à tous partis. Cette médiatisation lui permettra de faire exister la question des migrants dans le domaine politique et public, jusqu’à en dialoguer en direct sur France 2 avec Manuel Valls. Interrogé par les journalistes, il ne se définit pas comme militant, mais comme simple être humain qui agit face à une situation humaine déplorable.

 

Suite à l’article paru dans le New York Times, les politiques locaux et en particulier Messieurs Ciotti et Estrosi dénoncent la Roya dans les journaux et à la télévision comme étant une vallée peuplée de dangereux extrémistes. Ils portent plainte contre eux, leur reprochant de favoriser l'entrée illégale d'étrangers et de terroristes sur le territoire national. Dans la vallée aussi, la population est divisée sur l’attitude à adopter face aux réfugiés.

 

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Octobre 2016

Les capacités d’hébergement chez les habitants deviennent insuffisantes face au nombre de migrants. Plus de 80 personnes vivent sur le terrain de Cédric. Pour pallier à ce problème, plusieurs habitants, Cédric en tête, ouvrent un squat dans un bâtiment désaffecté de la SNCF au nord de la vallée pour mettre une centaine de réfugiés à l'abri du froid et de la pluie.

Trois jours plus tard, le directeur de cabinet du préfet M.François Xavier Lauch et le procureur général de la république M. Jean Michel Prêtre (magistrat en charge du dossier de l’accusation au nom de l’État) viennent sur les lieux avec 200 gardes mobiles qui démantèlent le squat et évacuent les personnes qui sont restées à l’intérieur.

Cédric les prend à partie sur l’illégalité du traitement qu’ils infligent aux mineurs isolés, en les reconduisant en Italie au lieu de les prendre en charge. « D'accord on ne respecte pas la loi, mais vous non plus. Et tant que vous ne la respecterez pas, nous ne la respecterons pas non plus ! » Cédric exige que les derniers mineurs présents dans le squat soient placés en centre d’accueil. Le préfet ne peut pas refuser.

Une heure plus tard Cédric est arrêté et mis en garde à vue pour la troisième fois... Michel filme cette scène avec sa caméra calée discrètement sous le bras et confie les rushes à un complice avant d'être évacué à son tour.

 

 

Janvier 2017

Palais de justice à Nice. Une foule considérable est venue soutenir Cédric dans son procès. Beaucoup de media se sont également déplacés.

Huit mois de prison avec sursis sont requis contre lui suite à ses déclarations dans l'article du New York Times et l'ouverture du squat dans la vallée. Le jugement est prononcé en février 2017. Finalement, Cédric aura 3 000 euros d'amende avec sursis pour aide à l'immigration clandestine sur le sol italien, mais il est relaxé des autres faits qui lui étaient reprochés, notamment l'installation de migrants dans un centre désaffecté de la SNCF et l'aide au séjour et à la circulation de migrants en situation illégale.

En août 2016, Cédric Herrou avait déjà été inquiété pour le transport de huit Érythréens, mais la plainte avait été classée sans suite sur le motif « d'immunité humanitaire ».

 

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Avril 2017

Par ordonnance du tribunal administratif, le préfet est condamné pour avoir « porté une atteinte grave au droit d’asile ». L'illégalité des prises de position du préfet et de la police est dénoncée.

Dès lors, la préfecture et le département placent Cédric dans une position absurde. Il est le seul à pouvoir conduire de façon journalière une dizaine de demandeurs d'asile de la Roya à Nice sans se faire arrêter. Il pallie aux manquements de l'administration qui s'arrange de cette situation sans réagir.

 

 

Aujourd'hui

 

L'affluence des réfugiés augmente. La SNCF se refuse à transporter gracieusement les migrants de Breil sur Roya à Nice. La surveillance policière et militaire est considérablement accrue, ce qui conduit l'association Roya Citoyenne, Cédric en tête, à faire le trajet à pied par les sentiers de montagne. Trois jours de marche, plus de 80 kilomètres; avec une centaine de réfugiés sur l'ancestrale route du sel pour atteindre Nice.

 

Deux jours plus tard, la propriété de Cédric est cernée par la police et l'armée, et il est quasi impossible désormais de quitter la Roya. Une sorte d'état de siège contient les réfugiés dans la vallée avec des capacités d'hébergement plus que saturées. L'Etat se doit de faire face à cet afflux Ce n'est pas aux associations d'y suppléer. L'inaction et la répression de la préfecture sont tout bonnement inadéquates et surréalistes.

 

Lundi 19 juin 2017

L'avocat général Christophe Raffin requiert devant la cour d'appel des Bouches du Rhône huit mois de prison avec sursis à l'encontre de Cédric Herrou pour aide à l'immigration clandestine de migrants à la frontière franco-italienne.

 

Mercredi 21 juin 2017

Cédric Herrou est placé une nouvelle fois en garde à vue pour avoir aidé des étrangers en situation irrégulière. Il est libéré le 22 juin. Les deux mineurs arrêtés en même temps que lui sont pris en charge par l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE) du département.  

 

Lundi 26 juin 2017

L'avocat général de la cours d'appel d'Aix-en-Provence requiert trois mois de prison avec sursis contre Pierre-Alain Mannoni, enseignant-chercheur, pour avoir aidé des migrants. 

 

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À quoi servira la collecte ?

Michel a commencé à tourner il y a deux ans. Aujourd'hui nous avons besoin de vous pour donner vie à ce film.

 

Pour le finir, nous devons financer les derniers tournages, le montage image et son, le mixage, l'étalonnage, les sous-titrages et le mastering. Cela représente environ huit mois de travail encore. Ces étapes, indispensables à la sortie du film en salle, nécessitent la location de studios avec des techniciens.

 

L’argent collecté grâce à ce financement participatif permettra de poursuivre cette aventure jusqu’au bout.

 

Merci à tous ceux qui soutiennent notre démarche et ce projet !!

 

Grâce à la précédente campagne, l’objectif de 15 000 € a été atteint et nous remercions chaleureusement tous ceux qui nous ont déjà soutenus. Mais pour nous accompagner jusqu’au bout, il nous faudra un peu plus de sous !

 

PREMIER PALIER/ 15 000 € : ATTEINT

On finance une partie du tournage et de la préparation du montage, avec 10 000 euros de salaires et 1 000 euros de prestations (et on consacre 2 800 euros aux contreparties et 1 200 euros de commission Kiss Kiss Bank Bank) 

 

DEUXIÈME PALIER/ 30 000 €

On finance aussi une partie du montage, avec 20 000 euros de salaires en tout, et 2 000 euros de prestations (et  5 600 euros pour les contreparties et 2 400 euros de commission Kiss Kiss Bank Bank).

 

TROISIÈME PALIER/ 60 000 €

On finance aussi une partie du montage son avec un total de 34 000 euros de salaire, et 10 000 euros de prestations (et 11 200 euros en tout pour les contreparties et 4 800 euros de commission Kiss Kiss Bank Bank).

 

QUATRIÈME PALIER/ 90 000 €

On finance aussi la plupart des finitions avec le mixage, l'étalonnage, les sous-titrages… avec 46 000 euros de salaire en tout, 20 000 euros de prestations (et un total de 16 800 euros aux contreparties et 7 200 euros de commission Kiss Kiss Bank Bank).

 

CINQUIÈME PALIER/ 120 000 €

On participe au financement des dernières finitions et on commence à penser à la promotion / diffusion… avec 58 000 euros de salaire, 30 000 euros de prestations (et 22 400 euros aux contreparties et 9 600 euros de commission Kiss Kiss Bank Bank).

 

SIXIÈME PALIER/ 150 000 €

Nous approchons d'un financement suffisant pour assurer la totalité de la production du film en toute liberté et anticiper au mieux sa distribution en salles pour toucher le plus large public possible, avec 70 000 euros de salaires et 40 000 euros de prestations (et 28 000 euros aux contreparties et 12 000 euros de commission Kiss Kiss Bank Bank)

 

La société de production du film, SaNoSi Productions, percevra l’intégralité de la collecte après déduction des frais de commission.

 

Le film est attendu pour mai 2018 !

 

 

L'équipe du film

 

Jean-Marie Gigon

Producteur de SaNoSi Productions

 

SaNoSi Productions est une société de production cinématographique et audiovisuelle indépendante établie en région Centre-Val de Loire. Créée par Jean-Marie Gigon en 2005, elle propose des projets originaux, porteurs de questionnements sur le monde et sa diversité.

 

SaNoSi Productions produit des programmes courts, des documentaires et des fictions pour la télévision et le cinéma.

 

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« J’ai connu Michel en 1986. Notre rencontre s’est faite autour de l’écriture d’un film et à la suite de cette collaboration nous sommes devenu amis. Par la suite Michel m’a invité à suivre son travail à de nombreuses occasions.

 

En juin 2016, Michel m’annonce qu’il a pris sa camera  et qu’il filme ce qui se vit chez lui, dans la vallée de la Roya avec les réfugiés et les habitants de cette vallée. Il m’appelle régulièrement pour me parler de son travail de sa relation avec les exilés et des habitants de la vallée dont il recueille les témoignages.

 

Michel est souvent bouleversé par les récits des exilés, par ce qu’ils ont enduré pour arriver jusqu’ici. Michel me parle des difficultés rencontrées par les habitants pour venir en aide à ces nouveaux arrivants souvent affamés, épuisés. Il me parle de son ami Cédric Herrou, de sa révolte et de son refus de fermer sa porte aux exilés.

 

À l’automne 2016, Michel me demande si je veux bien l’accompagner dans la production de son film en devenir. La situation dans la vallée évolue rapidement, elle se médiatise. Je suis touché par sa démarche, un acte fort aux cotés des migrants et des habitants de la vallée et je m’engage à produire son film.

 

Pour Michel, prendre la caméra a été un moyen de réagir au malaise que nous éprouvons devant cette situation incroyable : notre société riche est dans l’incapacité de recevoir des réfugiés dignement. Sa démarche interroge ce qui fait humanité. Il questionne notre position ambiguë face à ces personnes venues d’autres pays, d’autres réalités, où la mort, la violence et la misère sont connus de tous.

 

La plupart d’entre nous restent mal à l’aise face à la situation des migrants et surtout à ce qu’ils nous renvoient de nous-même, de notre part de responsabilité et de culpabilité, de nos contradictions. Nous souhaiterions pouvoir les aider mais nous restons peu à le faire…

 

Ce que ces gens ont vécu, peu d’entre nous peuvent vraiment l’imaginer et combien le veulent ? Ce qu’ils ont traversé nous fait peur. Ils remettent en cause notre position de confort, viennent nous rappeler ce que la vie peut aussi être une survie. Ils nous confrontent à notre part d’impuissance, à notre part de complaisance. 

 

Les politiques sont dans une grande ambiguïté sur cette question qu’ils évitent autant que possible ou qu’ils instrumentalisent.

Nos échanges avec Michel m’ont convaincu que son film était nécessaire et que ce serait un film engagé, non pas dans un enjeu militant, mais dans la confrontation lucide des questions qui se posent à nous en tant qu’individus et en tant que nation dans le contexte politique actuel.

 

Le film reste à faire. Nous avons cherché avec Michel la personne qui saurait tirer le meilleur des nombreuses heures d’images réalisées à titre conservatoire, filmées sur l’instant, parfois dans de mauvaises conditions techniques, tout en apportant le regard nécessaire pour prolonger cette ébauche dans le film qu’il faut encore tourner et construire. En nous voyant tous les trois avec Catherine Libert, nous nous sommes trouvés face à une évidence : elle saurait être la partenaire de travail dont Michel avait besoin. »

 

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Cinéaste, monteuse, étalonneuse, Catherine a travaillé sur des films documentaires, expérimentaux, et sur ses propres projets où elle aime utiliser la pellicule et l’argentique qu’elle développe elle-même en laboratoire. Elle a rencontré Michel à la Villa d’Arson, le Centre National d’Art Contemporain à Nice.

 

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« Quand Michel m’a demandé de monter son film, il m’a fait découvrir ses images et j’ai eu tout de suite envie de m’investir et de défendre son projet.

Je me sens comme les gens de la Roya. Il y a un an et demi, un squat a ouvert dans un collège à côté de chez moi. Des migrants sans papiers s’abritaient là. Petit à petit, j’ai fait connaissance avec certains d’entre eux. On a compris qu’ils ne pouvaient pas obtenir de papiers parce qu’ils ne parlaient pas suffisamment bien français pour raconter tout ce qui leur était arrivés depuis qu’ils avaient dû fuir leur pays. J'ai donné des cours à une quinzaine d’entre eux pour les aider dans leurs démarches administratives. Ce qui m’a surprise, c’est les réactions autour de moi : des gens viennent vous voir discrètement, vous font un clin d’œil et vous disent « moi aussi je leur donne un coup de main ». Comme ce gérant de la boutique où je faisais des photocopies pour mes cours : quand il a compris pour qui je les faisais, il arrêté de me les faire payer. Ce sont tous ces petits gestes d’entraide qui me touchent. Depuis cette expérience, je sais que les gens solidaires sont beaucoup plus nombreux que ce qu’on ne pense. Ça peut être n’importe qui, la boulangère, le voisin d’en face. Les gens sont capables d’ouvrir leur porte. »

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SaNoSi Productions

Michel Toesca est cinéaste indépendant. Né à Nice en 1960, il mène d'abord sa carrière de réalisateur à Paris. En 2008, il quitte Paris pour s'installer avec sa famille à Saorge, dans les montagnes proches de la mer et de la frontière italienne. Il y poursuit son travail avec passion et enthousiasme. À tous vents est son cinquième long métrage.

Derniers commentaires

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Excellente idée ! Merci
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Bravo! Deux agriculteurs (un peu plus au Nord-Ouest) vous saluent!
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En espérant que cette belle histoire se termine bien...