"Maître des kabars diseur de mots sorciers garde cette parole en mémoire"; et si la poésie réunionnaise, le Fonnkèr pouvait changer le monde?

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Présentation détaillée du projet

Un grand merci à nos Kissbankers qui nous ont permis d'atteindre notre premier objectif. Maintenant cap sur le deuxième objectif : 6000 euros.

 

 

A La Réunion la poésie se nomme fonnkèr (fond d'coeur), les poètes sont des fonnkézers et les kabars fonnkèr sont des soirées dans lesquelles on déclame en public des poèmes.

 

Résumé:

 

Dann fon mon kèr est un documentaire de création qui vous invite dans l’intimité de l’histoire réunionnaise et de sa langue créole, au sein d'un kabar fonnkèr là où les mots vivent grâce aux fonnkézers.

« Oté Fonnkézer Rant Dann Ron, fé bat la lang ! » (Poète rentre sur la scène, fait claquer ta langue !)

Depuis quarante ans les textes de ces poètes nous invitent à la résistance. Leurs âmes, leurs corps vibrants, nous murmureraient-ils subtilement une manière de voir le monde de façon poétique, afin de décaler notre regard, tel un pouvoir intime et ultime.

 

Dann fon mon kèr lé in film i invit azot dan in kabar fonnkèr ousa bann poèt i fé viv lo mo.

Oté fonnkézer rant dann ron, fé bat la lang!

Dopi karant an fonnkézer-la i invit anou rezisté. Kan nou oi lo kor, lam bann moun-la i vib kan zot i larg in fonnkèr riskap sé in linvitasion pou agard pli loin, pou oir lo monn kom in poèm, Kom si tousala lété in pouvoir tout domoun i gingn trouvé dan tréfon son kér.

 

 

 

La forme du film

 

Dann fon mon kér, propose de poser une caméra intimiste au cœur d’un kabar fonnker.

 

Dans un jeu d’allers-retours, par glissements, échos et résonances, cet univers de kabar fonnker laissera place, par intermittence, à des échappées poétiques faites de musiques, de silences, d’images d’archives, d’instants du quotidien et d’images de la nature qui s'opposera au cliché de l'eden. Dans une association libre d’idées et d’images ce film prendra la forme d’un fonnkèr.

 

Je m’inspire des questionnements et des pensées qu’expriment les fonnkézers à travers leurs poèmes depuis plus de quarante ans. Au fil des rimes et des années, c’est le témoignage d’une quête qui s’offre à nous. Une quête identitaire, une quête sur le pouvoir de la langue, une recherche sur ce que La Réunion nous  raconte de l’histoire du monde, tel un contre-chant à la grande histoire.

 

Comme un deuxième fil rouge, la nature incarnera une évolution du rapport de l’homme à son milieu.

En s'opposant au regard édulcoré, décrite par la poésie colonialiste du dix-huitième siècle, le fonnkèr remet l'humain et son histoire au cœur de l'île.Cette nature fera petit à petit corps avec le poète qui se réappropriera alors cette terre réunionnaise qui fut, aux premières heures de sa colonisation, une terre d’exil.

 

 

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In fonnkèr 

 

In fonnkèr pou « détak la lang »

In fonnkèr pou « démavouz la vi »

In fonnkèr, in rèv, i ral nout lam

In fonnkèr kont lo zamalam

In fanafoute pou bann boubou kashèt dann fénwar

‘Rézilians ’, mémwar, priér, in lespwar 

Oté fonnkézèr, ral awmin dann toute kalité somin néna 

Pou in akoz, in kestion i rézone kom in traka...

Somanké nou sa gaingn touzour rézist èk la poèsi ek nout fond'kèr ?

 

Un poème pour « débloquer » la langue.

Un poème pour libérer la vie des filets.

Un poème, un rêve, imprègne notre âme.

Un poème contre de tristes spectres.

Une tisane médicinale qui soignerait les blessures cachées.

Une résilience, une mémoire, une prière, un espoir.

Ô poète réunionnais, entraîne-moi vers tous les chemins possibles.

Pour un pourquoi, puis une question, qui résonne comme une angoisse...

Réussirons-nous toujours à résister avec la poésie, avec notre « fond de cœur » ?

 

 

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Le contexte:

 

A La Réunion, en regardant la mer, derièr la line tèr laba, (derrière la ligne là-bas), on voit l’Océan Indien et on imagine, au-delà de l'horizon courbé, des terres mères qui sont à l’origine du peuplement réunionnais, datant de seulement trois siècles. Ces terres, ce sont l’Afrique, l’Europe, Madagascar, les Comores, l’Inde, la Chine. Le peuplement de l'île s'est construit autour de l'exploitation du café et de la canne à sucre. Il est lié aux tragédies de l'esclavage, de l'engagisme et de la colonisation.

 

Les kabars fonnkers sont des réunions dédiées à la déclamation de poèmes. Ils ont été créés dans les années soixante-dix par des intellectuels et des artistes pour lutter contre la politique assimilationniste de l'époque, qui avait pour vocation d’effacer tout particularisme culturel sur cette île devenue département français. La langue créole, le Maloya et les kabars étaient alors officieusement prohibés.

 

L’objectif du kabar fonnker était de faire vivre la langue créole, de reconnaître l'histoire douloureuse longtemps étouffée et de prendre conscience d'une identité réunionnaise faite de multiples origines. Le fonnker est alors devenu une arme de résistance qui a permis de prendre conscience qu'une culture réunionnaise existait et que la langue créole avait un véritable pouvoir. 

 

Aujourd'hui les kabars fonnkers existent toujours. Les poètes sont des fonnkézers et le public est appelé « l’entourage pintade ». Sur la scène, que l'on nomme un ron, les fonnkézers se succèdent pour déclamer leurs textes. Le maître de kabar est celui qui anime la soirée. Pendant ces kabars, la langue claque en créole et en français. La langue est belle et puissante, le lieu est intimiste, on aime se retrouver ensemble pour l’amour de la poésie, pour comprendre aussi kisa nou lé (qui nous sommes) ?

 

 

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Pourquoi ce film ? :

 

Cela me fascine, que des femmes et des hommes réunionnais aient choisi d’utiliser les armes de la poésie pour se battre contre la politique assimilationniste de l’époque, afin de garder leur mémoire et leur identité. Leurs questionnements poétiques nous proposent de retrouver l’essentiel : l’humour, la quête spirituelle, le rapport à la vie, à la nature, à l’autre, au monde et à ses pouvoirs jamais anodins.

 

C’est pour cela que le fonnkèr me touche, car sa démarche, loin d’être manichéenne, me paraît courageuse. De plus, son histoire est universelle, l’interdiction de parler sa langue maternelle, la non-reconnaissance de l’histoire, semble être une expérience vécue par de nombreux peuples avec de lourdes répercussions sur les générations actuelles. 

 

C’est de fouiller, ce qu’il y a au fond du cœur et de nos tripes qui m’intéresse. Je pense que bon nombre de conflits actuels sont liés à ce manque de courage de regarder réellement ce que nous portons en nous et de reconnaître l’histoire telle qu’elle a été dans toute sa complexité. C’est dans cette démarche saine que la rencontre avec soi et avec l’autre devient réellement possible, et que la frustration génératrice de renfermement sur soi, de communautarisme et de mouvements extrémistes laisse la place à des rapports plus harmonieux. Libérés des illusions de la puissance et des systèmes de hiérarchisation, nous pouvons alors toucher du doigt une autre manière d’appréhender l’humanité et d’y donner une espérance.

 

Je souhaite rendre compte de la dignité d’un peuple réunionnais capable de poser un regard poétique sur le monde et qui met aujourd’hui tout en œuvre pour vivre ensemble afin de ne plus souffrir. Les poètes que nous avons eu la chance de filmer témoignent du fait qu'il est possible de vivre en poésie afin d'ouvrir notre regard et effleurer le subtil.

 

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LES POÈTES : Anne Cheynet, Judith Profil, Claire Karm, Annie Darencourt, Patrice Treuthardt, Carpanin Marimoutou, Sully Andoche, André Robèr, Axel Gauvin, Chistian Jalma (dit Pink Floyd ou Floyd Dog), Christophe Barret (dit Kafyab lo maronèr), Mikaèl Kourto, Franky Lauret, Willy Techer (dit Babou B'jalah), Stéphane Gilles...  

 

L'ÉQUIPE :

Réalisatrice : Sophie Louÿs

Assistante-réalisatrice : Nathalie Vindevogel

Image : Raphaël O’Byrne,  Francois Kotlarski

Assistante-caméra : Erika Etangsalé

Assistant lumière: Alain Cadivel, Virginie Briand

Son : Alain Rosenfeld, Thierry Desseaux

Assistant-son : Savinien Lévêque

Compositeur de la musique originale : Jako Maron

Montage : Jean-Michel Perez

Production : François Magal & Jonathan Rubin (We Film) 

avec la participation de Palaviré Productions et Les films du haut d'un arbre

 

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Ce projet a reçu le soutien du Centre National du Cinéma et de l'image animée, de la région Réunion, du ministère des Outre-Mer et de la SCAM « Brouillon d’un rêve ».

 

Ce projet a bénéficié d'une résidence d'écriture Doc Monde (Lussas).

 

Ce documentaire sera diffusé sur le réseau Réunion 1ère / France O.

 

QUI SOMMES NOUS ? :

 

Sophie Louÿs 

Je suis une réalisatrice vivant à La Réunion, Dann fon mon kèr est mon premier film produit, je porte ce projet depuis maintenant cinq ans. Je suis persuadée, comme le dit Aimé Césaire, que la poésie est « une arme miraculeuse ». Aidez nous dans cette aventure poétique et cinématographique afin d’entendre ces fonnkézèrs qui font grandir nos mondes en nous parlant du fond de leur cœur (Je les en remercie).

 

We Film 

Toute nouvelle société de production basée à La Réunion, We Film ambitionne de promouvoir le cinéma d’auteur et de le développer au cœur du département ultra marin, mais aussi de rayonner dans sa zone géographique ; comprendre Madagascar, les Comores, Maurice, l’Afrique du Sud. Devenir force d’accompagnement et de développement de gestes cinématographiques dont l’existence est parfois très ténue. C’est une tâche excitante et intimidante à la fois. Forts de notre ferveur et de notre expérience, nous ferons tout pour nous montrer à la hauteur de l’enjeu !

 

À quoi servira la collecte ?

Nous organisons cette campagne de financement participatif pour couvrir l’ensemble des dépenses de postproduction de ce film.

 

Le tournage de ce projet a eu lieu en novembre dernier à La Réunion et nous devons livrer ce film à France Télévisions pour le 1er septembre 2017.

 

10 000 € sont nécessaires pour couvrir les dépenses de postproduction de ce projet.

 

SI NOUS RÉCOLTONS 4000 € :

 

Nous allons pouvoir entreprendre les dépenses suivantes :

 

Faire le montage de ce projet avec un monteur professionnel :

 

Jean Michel Pérez est un monteur d’expérience qui m’a toujours encouragé dans l’écriture et la réalisation de ce projet. Il pratique le montage des documentaires de création depuis une trentaine d’années. Il a collaboré avec des cinéastes aussi variés que Robert Kramer, Paul Carpita, Jean Louis Comoli, ou encore Robert Guédigian. Il a notamment été monteur pour Yann Le Masson et Simone Bitton dont le film « Mur » fut présenté à la quinzaine des réalisateurs de Cannes et primé au FID Marseille.

 

À acheter des archives à l’INA :

 

En plus des images que j’ai tournées, je souhaiterais utiliser des images d’archives pour mon montage. Ces images apparaîtront entre les instants de Kabar. Elles seront principalement extraites de deux documentaires d’époque. Le premier, intitulé L’île de la Réunion, terre sucrière française a été réalisé en 1933 par le ministère de l’Agriculture. On y voit toutes les étapes de fabrication du sucre. Les images de cannes transportées, coupées, broyées… Ces images représenteront ce système d’acculturation.

L’autre documentaire : Sucre amer de Yann Le Masson réalisé en 1963 suit la campagne électorale de Michel Debré.

 

 

SI NOUS RÉCOLTONS 6000 € :

 

Nous allons pouvoir entreprendre les dépenses suivantes :

 

Travailler avec un monteur son professionnel :

 

Pour moi, au cinéma, le son a une place essentielle. Il est, à mon sens, même plus important que l’image. En effet, c’est par le son que l’on peut évoquer les autres sens (goût, toucher, odorat....) C’est ce son qui nous amène à des souvenirs sensoriels propres à chacun. Par exemple en entendant la mer se briser sur le basalte noir chacun d’entre nous a un souvenir particulier qui remonte à la surface.

 

Travailler avec un monteur son nous permettrait :

De mettre au mieux en valeur les poèmes et les paroles des fonnkézers, afin de laisser couler et raisonner leurs paroles aux fonds de nos cœurs.

De désynchroniser par moment le son et l’image afin d’entrer dans une autre réalité, dans un univers poétique.

Évoquer les cinq sens pour sortir d’un traumatisme de société.

C’est en activant le sensoriel que l’on peut faire remonter les souvenirs heureux et les blessures. Je souhaite utiliser le son pour son effet cathartique. Afin de faire remonter les souvenirs sensoriels liés à l’histoire de la Réunion. Le souvenir traumatique ne s’inscrit pas dans un souvenir intellectuel, mais bel et bien dans un souvenir sensoriel.

 

Faire l’étalonnage et les masters numériques de ce projet :

 

Une fois le montage terminé, l’étalonnage permet d’affiner les couleurs et les contrastes des images tournées. Cette étape importante de la postproduction permet d’harmoniser les différents plans et de donner un certain « cachet » graphique et artistique, en accord avec les souhaits du Directeur de la Photographie et du Réalisateur. Ce travail d’étalonnage sera réalisé à Paris au laboratoire Éclair, un des plus anciens laboratoires pour la postproduction d’images en France.

 

Diffuser un film nécessite également la fabrication de plusieurs masters numériques. Pour permettre la diffusion de ce film en festival et à la télévision, nous allons fabriquer un DCP 2K et un PAD HD.

 

SI NOUS RÉCOLTONS 10 000 € :

 

Nous allons pouvoir entreprendre les dépenses suivantes :

 

Faire le sous-titrage de ce film en anglais :

 

Afin de favoriser la diffusion de ce film dans les festivals à l’étranger, nous souhaiterions réaliser une version sous-titrée en anglais. Pour ce travail qui nécessite savoir-faire et expertise, nous souhaiterions faire appel à Titra Film à Paris, spécialiste du sous-titrage pour le cinéma.

 

Éditer un DVD en édition limitée de ce projet :

 

La fabrication d’un DVD de ce film favoriserait la diffusion de ce projet auprès des particuliers et des médiathèques.

 

 

Les fonds collectés lors de cette campagne de financement participatif seront perçus par la société We Film, productrice de ce projet. Cette société se chargera d’utiliser cet argent pour prendre en charge les dépenses citées ci-dessus en fonction du montant de l’argent récolté.

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Sophie Louÿs

Sophie Louÿs est une jeune auteure réalisatrice de l’île de La Réunion. La pratique de la maïeutique et de la vidéo l’ont conduite dans divers coins du monde, Mali, Madagascar, île de Pâques, Terres australes... chaque bout de terre touché est une chance d’observer comment l’histoire des colonisations s’inscrit dans l’inconscient collectif. Son travail... Voir la suite

Derniers commentaires

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yeah baby ! et voici une autre étape de franchie Bravo Sophie tu surfes sur la bonne vague et la bonne vibe ! ;) larg' pas ;)
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Coucou Sophie fiou!!!!! Alors je vois que tu es toujours dans tes projets de film et que celui la est bien avancé . Je te felicite !!! Et sage femme tu as laissé tomber? J'espère te revoir bientôt !!!! Je t'embrasse bien fort . Ta coéquipière de l'île aux grues ! Ostie de tabernacle !!!
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Wayo bann fonnkézers